Grève chez Castro : enfin une première victoire.
Ce matin, 24 juillet, se tenait un jugement en référé concernant les salariés de l’entreprise Castro Nettoyage (rue Mademoiselle) en grève depuis 8 semaines pour leur régularisation. Le patron Castro assignait les grévistes pour demander l’évacuation du local qu’ils occupent. Echec pour lui. Au contraire, il a été amené, enfin, à entendre raison sur le fond. Après conciliation, il a accepté de faire le minimum qu’il se refusait à faire depuis le début : remplir les formulaires administratifs et payer les frais de timbre pour compléter les demandes de régularisation déposées en Préfecture. Vu la situation des grévistes, salariés depuis presque 10 ans de l’entreprise, payant cotisations sociales, impôts…, la régularisation a des chances réelles d’aboutir. En attendant, n’en déplaise à M. Castro, l’occupation des locaux continuera en semaine.
La mobilisation, à laquelle nous avons participé par plusieurs tracts de masse, aura été décisive dans ce premier succès. Elle aura eu raison de l’obstination de M.Castro. Son entêtement imbécile aura aussi permis d’illustrer, par un exemple flagrant, le véritable scandale de l’emploi des travailleurs sans-papiers. Des patrons profitent du statut de faiblesse des sans-papiers pour jongler avec le droit du travail, le droit des entreprises, pour accroître l’exploitation de tous leurs salariés, avec ou sans papiers, étrangers ou français.
Défendre les sans-papiers, ce n’est pas faire une « bonne action », politiquement correcte à « gauche ».
C’est en tant que travailleurs, nous-mêmes, s’unir avec d’autres travailleurs pour contrer ensemble les entreprises de division du patronat, pour combattre ses prétentions à exploiter toujours plus et à défaire les droits acquis par nos luttes en France.
C’est en tant que militants politiques, déjouer la logique de la Loi Hortefeux, celle de « l’immigration » choisie, légale et en fait aussi illégale, répondant aux besoins du capital, contre l’intérêt de tous les travailleurs et au mépris souvent des droits élémentaires de la personne humaine.
Continuons !
Continuons à être vigilants sur les suites de l’affaire Castro.
Liens vers nos interventions pécédentes:
Grève pour des régularisations: plus il s’obstine, plus on découvre ce bon patron nommé Castro
Comment doit-on appeler un patron comme M. Castro ?
Intensifier le soutien aux grévistes de chez Castro
Plus de 7 semaines de grève pour les grévistes de Castro nettoyage qui occupent un petit local professionnel, 10 rue Mademoiselle. Le patron joue le pourrissement du mouvement avec l’été.
Depuis le départ, il pratique l’intimidation et l’agression verbale, comme nous l’avons relaté.
Dans la nuit du 8 au 9 juillet, des personnes inconnues sont passées à un nouveau stade. On ne peut certes pas établir formellement le lien avec M. Castro…
Après avoir arraché les fanions et affiches de la CGT, ils ont aspergé les occupant de gaz lacrymogène. Trois plaintes ont été déposées.
Nous appelons à intensifier le mouvement de solidarité avec les organisations parties prenantes, UD et UL CGT, Mrap… N’hésitez pas à prendre contact directement avec les grévistes rue Mademoiselle pour être impliqué dans les initiatives à venir.
Il faire entendre raison même à des patrons comme Castro, surtout à des patrons comme Castro !
6ème semaine de grève, rue Mademoiselle, pour des régularisations.
Plus il s’obstine, plus on découvre ce bon patron nommé Castro…
Cinq salariés de la société de nettoyage Castro entament leur 6ème semaine de grève pour la régularisation de leur situation. Leur employeur, M. Castro refuse toujours de remplir les formulaires pour la Préfecture qui leur permettraient de faire avancer leurs dossiers. Pourtant, cela fait des années, parfois 10, qu’ils travaillent pour lui, paient des cotisations sociales et des impôts…
Pourquoi cette obstination de M. Castro ? De quoi a-t-il peur ? De ne plus pouvoir employer à l’avenir une main d’œuvre sans papiers, malléable et corvéable parce ce qu’elle vit sous la menace ? De ne pas pouvoir licencier les grévistes qui donnent le « mauvais exemple » de revendiquer leurs droits aux autres salariés de sa société ?
Plus il tente de laisser pourrir la grève, plus on découvre quel type de patrons sont M. Castro, son épouse et SES fils. Le lendemain du début de la grève, ils déversaient de l’eau de Javel dans le petit local occupé du 10 rue Mademoiselle pour le rendre irrespirable aux grévistes. Récidive la semaine dernière, avec des jets de gravats. Dans un papier que ces patrons ont distribué contre la CGT, ils admettent les faits :
« Concernant les violences dont ces employés disent avoir été victimes, si jamais elles eurent lieu, elles ont commencé lundi matin, jamais avant. … Ce n’est pas de gaîté de cœur que nous avons dû réagir de façon véhémente, mais nous nous sommes vus pris dans un engrenage de violence fomenté par les délégués de la CGT… ». Eberluant mais authentique ! Des patrons du 19ème siècle !
Dans le même papier, on trouve la confirmation frappante de candeur patronale de leur conception des relations sociales : « Nous avons depuis le début accepté de signer les formulaires (faux – ndlr), mais bien évidemment pas de payer les frais de procédure (ce que les grévistes ne leur demandent pas – ndlr), tout simplement parce que les grévistes sont arrivés, arborant des discours de « luttes des classes », de « conflit social », alors que dans notre entreprise familiale, il n’a jamais été question de tels rapports… ». Comme M. Jourdain faisait de la prose, M. Castro pratique la lutte des classes sans le savoir, et du mauvais côté comme exploiteur.
Cela ne peut plus durer. La détermination des grévistes ne faiblit pas. Le mouvement de soutien non plus, au contraire. Mercredi 25 juin, Nous étions une centaine devant la Mairie du 15ème. Même le collaborateur du Maire UMP a utilisé l’expression de « patron voyou » avec la délégation de la CGT, des associations et partis qui soutiennent les sans papiers de Castro.
M. Castro n’a vraisemblablement pas intérêt à ce que l’on parle de lui.
Les clients de sa société, principalement des conseils syndicaux de copropriété, sont amenés à regarder de plus près comment fonctionne leur prestataire, où vont leurs charges de copropriétaire.
Peu à peu on découvre aussi l’étendue de la « famille » des sociétés de cette brave famille de patrons qui admet demander de ses employés un « travail assez important ». Entendre comment ils traitent ses salariés donne envie d’y regarder de plus près dans les registres de commerce par exemple.
A quoi correspondent toutes ces sociétés retrouvées après une brève recherche sur internet, d'après le registre du commerce?
- Rénovation peinture Castro, SARL, 10 rue Mademoiselle
- Société civile immobilière Saint-Jacques, 25 rue Mademoiselle, gérant : Joaquim Castro
- Castro SARL, 25 rue Mademoiselle, employeur des grévistes
- SCI Castro Fernandez, 63 rue de la Croix-Nivert, gérant : Joaquim Castro
- Nettoyage Paris IDF, SARL, 63 rue de la Croix-Nivert
- SCI Nivert, 63 rue de la Croix-Nivert, associé-gérant : Joaquim Castro
- Castro Fidel (!), 25 rue Mademoiselle, Affaire personnelle radiée en janvier 2008
Ces sociétés bénéficient-elles d’aides, de déductions de charges ? Va savoir…
Les grévistes ne comprennent pas que M. Castro, qui l’avait en plus promis, qui semble bien maîtriser les formalités commerciales, ne veuille toujours pas remplir « le document CERFA, destiné à établir le contrat de travail officiel permettant de régulariser leur situation ».
On les comprend !
Sans-papiers, Vélibs: la municipalité de Paris doit cesser de donner le contre-exemple en matière de précarisation de l’emploi
Un sous-traitant de Vinci dans un cas, une filiale de JC.Decaux dans l’autre : la responsabilité de la Municipalité de Paris est posée dans deux exemples d’actualité d’extension de la précarité, de remise en cause des droits des salariés. Delanoë a révélé son « libéralisme ». Nous sommes nombreux à l’avoir repéré depuis le début et à le combattre !
1- TRAVAILLEURS SANS-PAPIERS EN GREVE SUR DES CHANTIERS MUNICIPAUX: DELANOE DOIT ASSUMER SES
RESPONSABILITES
Dans le 17ème, plusieurs travailleurs, employés au chantier de la nouvelle crèche municipale, sont en grève pour des conditions de travail décentes et pour leur régularisation.
Ils ont occupé une partie de la mairie d’arrondissement voisine. Leur bataille, de même que les autres mouvements similaires en cours dans le nettoyage et la restauration, porte une exigence de dignité en même temps qu’une accusation des pratiques patronales et de la politique hypocrite du gouvernement : criminaliser les travailleurs sans papiers, les faire vivre sous la menace pour mieux les surexploiter et abaisser les conditions et contrats de travail de l’ensemble des travailleurs.
Dans ce cas du 17ème, les ouvriers sont officiellement salariés de la société CDT. Celle-ci n’est en fait qu’un sous-traitant du géant du BTP Vinci Construction. 668 millions d’euros de bénéfice net en 2007, en hausse de 34% ; 1,46 milliard pour l’ensemble du groupe : combien de sans papiers, de salariés sous-payés, précarisés ont contribué à ce résultat ?
Afficher son soutien aux luttes des sans-papiers, c’est bien. Dans le 17ème, de nombreuses associations et tous les partis de gauche l’ont fait. Mais, pour être conséquent et efficace à terme, il est indispensable de souligner toutes les responsabilités, celles de tous ceux qui couvrent ce système hypocrite et antisocial et qui pourraient intervenir pour y mettre fin.
Dans le cas de la crèche du 17ème, il s’agit d’un chantier municipal, commandé par la Mairie de Paris, dont la maîtrise d’ouvrage devrait être du ressort des services municipaux.
Depuis son avènement, Delanoë et son équipe ont poursuivi et amplifié la politique d’externalisation des services techniques de la Ville. Ils ont encore étendu la logique des appels d’offres privilégiant les offres en apparence les moins coûteuses, souvent celles des groupes les plus influents qui pratiquent à outrance la sous-traitance en cascade. Pour bien des chantiers, l’utilisation de la procédure « simplifiée » d’appel d’offres limite encore les possibilités de contrôle. Un groupe comme Vinci, également privilégié dans la gestion des parcs de stationnement concédés, figure parmi les principaux bénéficiaires des contrats parisiens.
La municipalité a le pouvoir de faire le choix de la responsabilité sociale, d’être un modèle de gestion pour toutes les collectivités locales. Elle peut choisir et justifier, dans ses appels d’offres, de recourir à des fournisseurs « socialement responsables ». Elle peut faire le choix de redévelopper les compétences des services municipaux en matière de maîtrise d’ouvrage et de contrôle réel des chantiers. Elle en a aussi les moyens financiers.
M. Delanoë s’est borné pour l’instant à écrire au Préfet de police pour lui demander un examen « avec humanité » des demandes de régularisation. Dans la même lettre, il insiste sur « les difficultés économiques » qu’entraînerait un « durcissement des politiques migratoires ». S’inquiète-t-il pour les possibilités de recrutement à bas prix de Vinci et CDT ?
Nous demandons à M.Delanoë d’intervenir personnellement pour la régularisation des salariés « sans papiers » du chantier de la crèche municipale du 17ème. Nous lui demandons de garantir que tous les salariés « sans papiers » employés sur un chantier municipal bénéficieront du soutien politique de la municipalité pour leur régularisation.
Nous demandons l’adoption de règles pour les avis d’appel d’offre définissant systématiquement les conditions de travail et de rémunérations des salariés des entreprises retenues. Nous demandons la réinternalisation dans les services municipalisés de l’ensemble des activités délaissées au privé depuis 1995.
Le PCF Paris 15 s'associe à l'appel de l'Union locale CGT du 15ème
Rassemblement de soutien aux salariés grévistes de la SARL Castro
Jeudi 29 mai 2008, entre 12h00 et 13h00, au siège de la société,
63 rue de la Croix-Nivert
Castro, nettoyeur de sans-papiers
Article de l’Humanité du 28 mai 2008
Occupation. Six victimes d’une société de nettoyage parisienne sont victimes d’un patron dangereux.
Il ne reste pas grand-chose du matériel entreposé dans le modeste local de la société de nettoyage Castro, rue Mademoiselle dans le quinzième arrondissement de Paris. « Le patron a loué un camion et a tout emporté », raconte Gory Lamba, en grève car sans papiers comme un salarié sur deux des vingt employés de Castro. Depuis l’occupation de ses murs, l’entrepreneur s’est montré particulièrement violent avec ses salariés. Comme d’ailleurs plusieurs patrons concernés par la deuxième vague de grèves lancée le 20 mai. Après avoir coupé l’électricité et condamné la porte des toilettes, l’employeur, d’origine espagnole, a lancé dix litres d’eau de Javel sur la moquette, aux pieds des six grévistes maliens.
« Je suis chez moi, je fais ce que je veux. Vous n’êtes pas mes fils. Je m’en fous de vous. Je ne vous connais pas », aurait-il dit à ses salariés auxquels il refuse tout soutien à leur demande de régularisation. « Je préfère mourir ou fermer l’entreprise plutôt que vous aider à avoir des papiers », aurait-il ajouté, selon des témoins. Un comportement non-conforme au droit, signalé par la CGT à l’inspection du travail. Pour ne pas s’intoxiquer, Gory, Dansoko, Diarra et les autres ont laissé la porte ouverte toute la nuit. « Le patron est passé nous voir ce matin pour nous demander si on avait bien dormi », raconte l’un d’entre eux. Tous en contrat à durée indéterminée, à l’exception du dernier venu, ils travaillent chez Castro depuis plusieurs années, sont arrivés en France entre 1997 et 2004 et ont entre 31 et 38 ans. « Il dit qu’il ne savait pas qu’ils étaient sans papiers alors que depuis un an la loi oblige l’employeur à vérifier la situation de ses salariés », rappelle Jacky Auchères, de la CGT. « Il a déjà cherché à nous remplacer. Il s’est tourné vers d’autres sans papiers », ajoute Gory Lamba, confirmant l’hypocrisie patronale. Une main-d’œuvre contrainte à la soumission, c’est en effet ce que recherche Castro.
« Il nous fait faire des choses qui ne sont pas dans nos contrats. En plus de nettoyer les parties communes de vingt à trente immeubles par semaine, on ramasse les gravats s’il y a des travaux, on passe le Kärscher dans les parkings. Si quelqu’un est malade, on le remplace. Lui n’est pas payé et nous pas davantage. Cela va dans la poche du patron. On ne prend pas nos congés payés. On travaille tous les jours. On est censé travailler huit heures par jour, mais en fait on en fait entre dix et onze. On n’est pas payé pareil entre 1100 et 1500 euros, mais on ne sait pas pourquoi. Parfois, il nous appelle à n’importe quelle heure de la nuit », témoignent en vrac les salariés.
« Bonjour, j’habite le quartier, qu’est-ce que je peux faire pour vous aider ? », demande une passante. « On voudrait bien de l’eau chaude. », répond Dansoko en tendant deux Thermos. La dame revient au bout de quelques minutes, avec aussi des duvets. « Vous savez, votre patron habite dans mon immeuble. » Et Diarra dironiser : « Eh bien, nous sommes ses valets. »
Ludovic Thomas
Soutien à la lutte des salariés de la SARL Castro, 25 rue Mademoiselle
Faire respecter la dignité, les droits de tous les salariés !
Ils ont des papiers : fiches de paie, cartes de sécurité sociale et
avis d’imposition. Ils travaillent depuis parfois des années pour la SARL Castro.
Mais ils vivent la peur au ventre, sous la menace permanente d’un contrôle policier.
Et ils racontent comment les employeurs profitent de leur statut de « sans papiers » pour leur faire faire des semaines de 60 heures ou plus (payées 35 !), des horaires totalement flexibles,…
Le mouvement a dévoilé au grand public une situation scandaleuse.
Des représentants de la section du PCF Paris 15ème sont venus apporter leur soutien aux salariés grévistes de la SARL de nettoyage Castro. Ces travailleurs « sans papiers », soutenus par l’Union locale CGT occupent les locaux de leur entreprise, 25 rue Mademoiselle dans le 15ème (métro Félix Faure), comme 400 autres dans une trentaine d’entreprises d’Ile-de-France, principalement des secteurs de la restauration et du nettoyage.
Ils exigent leur régularisation, l’obtention immédiate de titres de séjour. Ce n’est que justice. Il est inadmissible que le gouvernement et les préfets laissent traîner les choses depuis des semaines et ne délivrent des papiers qu’au compte-gouttes.
Les pratiques d’employeurs peu scrupuleux rejoint une politique d’ensemble. Le patronat utilise ce volant de centaines de milliers de « sans papiers », presque corvéables à merci, pour contourner le droit du travail dans des branches entières, remettre en cause, dans les faits, tous les conditions de travail et les acquis sociaux, renforcer l’exploitation de tous les salariés, tout en les dressant les uns contre les autres.
Le gouvernement actuel est passé à un nouveau stade dans l’organisation de cette politique, avec le ministère de « l’immigration et de l’identité nationale ». Une hypocrisie écoeurante en est la marque.
D’un côté, il organise la criminalisation et la répression des sans papiers et les jette à la vindicte populaire.
De l’autre, au nom du concept révoltant « d’immigration choisie », il organise une immigration massive. La Commission européenne prévoit de faire rentrer 20 millions de travailleurs immigrés dans l’UE dans les vingt prochaines années.
Les travailleurs français, ou étrangers en situation régulière, ont tout intérêt à développer la solidarité avec les travailleurs sans-papiers. Leur lutte est aussi la nôtre.
Intensifions la mobilisation pour leur régularisation immédiate !
Exigeons des sanctions à l’encontre des patrons fraudeurs !
Dénonçons et mettons en échec la politique du gouvernement !
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