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REGIONALES 2010

Mercredi 16 mars 2011 3 16 /03 /Mars /2011 11:34

Elections cantonales : l’importance du vote communiste

  

Le 1er tour des élections cantonales aura lieu le 20 mars 2011. A Paris, nous ne votons pas puisque les Conseillers de Paris sont à la fois conseillers municipaux et généraux. Mais une partie des salariés travaillant dans le 15ème vote dans des cantons renouvelables de banlieue.

Nous les avons appelés à voter pour les candidats présentés ou soutenus par le PCF.

Tous les enjeux du scrutin soulignent l’importance du vote communiste.

Il est le moyen de confirmer le discrédit de la politique gouvernementale, après les luttes pour les retraites, de rejeter le consensus droite/PS sur les questions économiques principales.

Il est le moyen décisif de ne pas laisser le FN, dont le système fait la promotion de façon éhontée, détourner une partie de la colère populaire par sa démagogie sociale, dévoyer des positions fondamentales comme le rejet de l’UE du capital.

Le vote communiste est le moyen d’exprimer le refus du recul démocratique que représentent la réforme territoriale, inspirée par l’UE, et la disparition programmée des départements, éléments importants de l’égalité des territoires, notamment en matière de services publics et sociaux.

Il est le moyen, avec l’élection de conseillers communistes, de peser sur la gestion des conseils généraux, dont 58 sont tenus par la gauche, responsables notamment des collèges, de politiques sociales comme le RSA, l’Allocation personnalisée d’autonomie. Il porte par exemple le refus des subventions non obligatoires aux collèges privés, des aides au patronat dans une logique de concurrence entre territoires. La question de l’APA est particulièrement importante dans la perspective d’une nouvelle loi antisociale sur la « dépendance ».

Les candidats communistes portent le refus du hold-up sur les finances locales par le gouvernement qui ne compense pas financièrement les prérogatives décentralisées.

Les communistes ont toujours suivi une démarche de rassemblement à l’occasion des élections cantonales que le vote communiste a permis aussi de traduire.

Il sera temps, mais seulement après le vote, de mesurer combien la stratégie du « Front de gauche », forcée par la direction de notre parti, d’alliances étriquées avec surtout le Pg de Mélenchon, sur une ligne nationale de « gauche », aura pesé sur l’utilité du vote communiste.

Nous apportons notre plein soutien à nos camarades, qui partout en France, à l’occasion de cette campagne, font vivre et renforcent les organisations du PCF dont le peuple aura plus que jamais besoin.

 

RAPPEL: en 2008, aux élections portant sur l'autre moitié des cantons, les candidats présentés ou soutenus par le PCF ont obtenu 1,157 million de voix soit 8,9% des suffrages exprimés (35% d'abstention)

Par PCF - Section Paris 15ème - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 26 mars 2010 5 26 /03 /Mars /2010 19:05

Régionales 2ème tour : très basses eaux pour l’UMP mais où est la marée rose ?

 

Ces 25 et 26 mars 2010, des présidents de gauche ont été élus dans 21 des 22 régions métropolitaines.

Seule l’Alsace conserve un président UMP.

En ce qui concerne la Corse, la gauche était déjà majoritaire en 2004 mais diverses tractations avaient fait élire un président de droite par l’assemblée territoriale. Cette année, les choses se sont déroulées autrement. Notre camarade Dominique Bucchini est élu président de l’assemblée et un radical, très modéré, Paul Giacobbi, président de l’exécutif.

Pour le 20 autres régions, tous les présidents sortants PS sont reconduits.

 

C’est donc plutôt le « statu quo » que la « marée rose », expression volontiers reprise par les commentateurs mais qui ne correspond pas aux résultats du 2nd tour du scrutin.

 

Le 21 mars a confirmé les constatations du 1er tour et d’abord l’importance de l’abstention. A peine en recul, elle atteint encore 48,8% auxquels s’ajoutent 2,3% de votes blancs et nuls.

 

La droite au pouvoir est aussi lourdement sanctionnée. Elle n’obtient que 35,4% des suffrages exprimés. Même au 2ème tour, elle ne peut se prévaloir que du soutien d’un électeur inscrit sur 6.

 

Mais l’abstention touche aussi la gauche. Les listes de gauche (unies dans 20 régions, séparées dans 2) sont partout en recul en voix par rapport au deuxième tour de 2004, sauf en Alsace.

A peine un électeur sur 4 a voté à gauche. Par rapport au nombre des électeurs inscrits, la gauche passe de 31,7% en 2004 à 26,4% en 2010 (ex : Nord-Pas-de-Calais, de 31,7 à 24,5% ; Ile-de-France, de 31,3 à 25,4% ; PACA, de 28,7 à 22,3% etc.).

 

Les listes, autres que celles de droite ou de gauche unie, qui se sont maintenues au 2nd tour obtiennent toutes de bons résultats par rapport au 1er tour.

C’est le cas des seuls rescapés du Modem en Aquitaine : ils passent de 10,4% à 15,7% des exprimés.

C’est le cas des écologistes en Bretagne qui passent de 12,2% à 17,4%.

C’est le cas de la liste Front-de-gauche+NPA en Limousin qui passe de 13,1% à 19,1% et obtient autant de sièges qu’elle en aurait eu en fusionnant avec le PS et les Verts.

 

Le même constat doit être fait en ce qui concerne le vote FN.

Les listes du FN ont pu se maintenir au 2ème tour dans 12 régions. Dans ces 12 régions, le FN atteint 17,8% des suffrages exprimés et progresse de 4% et de 484.000 voix par rapport au 1er tour. Il rejoint le même niveau qu’au second tour en 2004. Mais en 2004, le FN perdait des voix entre les deux tours.

Après ces constatations pour le 2ème tour, nous conservons notre analyse du scrutin du 1er54% d’abstention : une sanction générale. tour :

Le seul élément plus prononcé est la progression du FN entre les deux tours qui confirme, de façon très inquiétante, son rôle de déversoir de la colère populaire que les récents discours de Sarkozy sur la sécurité et le voile intégral viennent de confirmer.

L’attente d’une alternative au jeu politicien et au consensus des forces politiques de l’alternance s’est confirmée au 2nd tour.

 

La stratégie du « Front de gauche » a fait largement passer notre parti, le PCF, à côté de la réponse à cette attente (voir notre analyse du 1er tour).

Le FdG s’est globalement aligné sur le PS entre les deux tours, dans la suite de ses orientations précédentes (sauf nos camarades dans le Nord-Pas-de-Calais qui ont répété leur refus de participer à l’exécutif et la situation mentionnée du Limousin). Pour le PCF, le bilan de cette fausse « autonomie » et de l’effacement du Parti dans le « Front da gauche », en mettant en avant des partenaires groupusculaires et les ex-PS du PG, se traduit en outre  par la perte nationalement de la moitié des sièges de conseillers régionaux communistes.

 

La force des manifestations du 23 mars, en contradiction apparente avec l’abstention aux élections, nous confirme que notre parti, le PCF, doit se dégager de cette voie.

 

Voir aussi nos analyses plus précises après le second tour sur l’Ile-de-France et Paris :

·  Ile-de-France : la droite battue, la lutte contre toute politique de droite continue

·  Régionales 2ème tour. Le 15ème : l’Alsace à Paris ?

Par PCF - Section Paris 15ème - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 22 mars 2010 1 22 /03 /Mars /2010 16:47

Ile-de-France : la droite battue, la lutte contre toute politique de droite continue

 

La droite est battue aux régionales en Ile-de-France. Ce n’est pas du tout une surprise.

Comme partout dans le pays, elle subit le vote, annoncé depuis des mois, sanction de la politique gouvernementale. Les chiffres du second tour sont sans appel : 43,31% pour les listes Pécresse, 56,69% pour les listes Huchon.

 

Pour autant, le succès de la « gauche » doit être relativisé. L’abstention a été à peine moins élevée qu’au 1er tour, 52,86% auxquels s’ajoutent le double de votes blancs et nuls, 2,26%. Par rapport au 2nd tour des régionales de 2004, Huchon perd 220.000 voix et recule lourdement de 31,27% à 25,43% des électeurs inscrits.

 

C’est une victoire par défaut. A gagné celui qui a le moins perdu.

La sanction de l’UMP a suffi à assurer une reconduction pépère à Huchon et à son équipe en les exonérant d’avoir à défendre leur bilan, à assumer leurs orientations au-delà d’un affichage minimal « à gauche ».

Il n’y a pas eu de véritable affrontement politique. Les débats de fond, nationaux et régionaux, ont été soigneusement esquivés par les principaux candidats pendant la campagne.

C’est une des raisons de l’abstention, une manifestation du large espace de consensus entre UMP et PS.

 

Huchon est réélu sans que sa politique « sociale-libérale » ait été contestée ni même discutée. Du coup, elle n’est pas légitimée par le vote. Il est plus que jamais temps de la combattre, d’autant plus vigoureusement que la droite est battue.

 

La profession de foi de la « gauche unie » pour le second tour, dans la suite du « programme » (si on peut appeler ainsi ce document) de la liste Huchon au 1er le confirme.

 

Va-t-on laisser Huchon et sa future majorité continuer à participer à la marchandisation des transports en commun, à développer la concurrence, à accompagner le processus de privatisation de la RATP et de la SNCF ? (voir nos articles précédents en lien)

L’examen du projet de loi sur le « Grand Paris » reprend début avril. Il va être vite emballé. La « gauche » s’est bien abstenue de créer un rapport de force pour s’y opposer pendant la campagne. Huchon ne trouve de détermination que pour contester la gouvernance du projet parce qu’elle lui échappe. Il faut s’y opposer sur la conception même.

Au lendemain du 1er tour, la « gauche unie » a annoncé le passage progressif au tarif unique du Pass Navigo. Oui, mais à quel niveau ? Et qui va payer ? Avec la proposition entendue d’un tarif à 75 euros (au lieu de 56 euros aujourd’hui pour les zones 1 et 2), on ferait le choix de faire payer les habitants de Paris et de proche banlieue tout en allégeant, en valeur absolue, le remboursement des entreprises. C’est d’ailleurs la proposition de la droite…

 

Va-t-on laisser Huchon et sa majorité continuer à accompagner, à revendiquer l’éclatement et la régionalisation de l’éducation nationale ? continuer à financer la construction de lycées privés ?

 

Va-t-on laisser Huchon et sa majorité augmenter les aides publiques régionales, les cadeaux pour alimenter les profits du patronat, toujours distribués au nom de « l’emploi », voire bientôt de l’accompagnement des plans de licenciement ?

 

Fervent partisan de l’Europe des régions, contre les principes du service public national, notamment l’égalité, Huchon cherche-t-il maintenant à régionaliser l’hôpital public ?

On a vu apparaître dans le document d’entre les deux tours la proposition de « consacrer un milliard d’euros à la santé, notamment aux urgences hospitalières ». C’est trompeur et dangereux ! La région n’a déjà pas assez de ressources pour s’occuper de ses prérogatives pour les transports et les lycées. Va-t-on laisser Huchon et son équipe faire payer le contribuable régional, l’endetter encore plus, pour financer l’hôpital public à la place de l’assurance maladie, au lieu de se battre pour qu’elle retrouve ses ressources légitimes, les cotisations sociales patronales ?

 

Sur toutes ces questions et bien d’autres, on doit pourvoir compter sur les communistes pour dire non, pour se battre, pour informer, pour mobiliser.

 

Il faudra le faire avec un PCF affaibli. Nous en faisons le constat et la critique.

 

Notre parti retrouve seulement 11 sièges sur 209 dans le nouveau Conseil régional au lieu de 17 (un seul élu PCF pour Paris). En pourcentages, la liste du « Front de gauche », portée essentiellement par l’électorat communiste, n’a pourtant reculé que de 7,20 à 6,55%.

C’est le résultat d’une tendance hégémonique du PS, des prétentions nouvelles des Verts. C’est aussi le résultat à nouveau du choix que nous ne nous partageons pas de laisser 7 sièges sur 18 à des « partenaires » du Front de gauche d’organisations insignifiantes ou transfuges récents du PS.

En s’abstenant de porter la critique de fond sur le bilan de la majorité sortante, le « Front de gauche » s’est également privé d’autonomie et d’efficacité politiques. Il n’a été qu’une force d’appoint, une caution de gauche, dans le ralliement, sans conditions, pour le second tour. Le PCF est dangereusement effacé, ignoré même des studios de télévision. 

100321 gauche unie

 

Dans la mandature régionale qui commence, les travailleurs Franciliens ont besoin d’un PCF qui, au contraire, s’affirme, qui mette ses positions en avant.

Aussi nous nous prononçons pour que les élus de notre parti refusent la ou les places de vice-présidents (1 ou 2 au lieu de 3 précédemment) que Huchon va laisser pour mieux les lier à sa gestion.

 

Pour tout ce qui nous concerne, nous continuerons à combattre toute politique de droite, d’où qu’elle vienne.

Par PCF - Section Paris 15ème - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 22 mars 2010 1 22 /03 /Mars /2010 11:00

Régionales 2ème tour. Le 15ème : l’Alsace à Paris ?

 

L’UMP conduite par Mme Pécresse essuie un nouveau revers à Paris au deuxième tour des élections régionales. Comme ailleurs, avec 49% d’abstention, cette défaite ne correspond pas à un véritable succès de la liste menée par M.Huchon et Mme Hidalgo.

 

La « gauche » obtient 57,95% des suffrages exprimés contre 50,44% en 2004. Mais par rapport aux inscrits, elle recule avec 28,46% contre 33,02% en 2004.

La droite baisse de 43,45% à 42,05% des exprimés. Le FN n’a pas pu se maintenir contrairement à 2004.

 

Le mouvement observé depuis une quinzaine d’années se confirme. Une partie croissante des couches moyennes aisées, qui forment à Paris une proportion inégalée en France de la population, vote pour la « gauche », pour le Ps de Delanoë/Huchon ou les écologistes.

Au 2ème tour de ces régionales, la « gauche » est ainsi majoritaire dans deux arrondissements du centre ville dont les municipalités sont restées à droite en 2008.

Dans le 1er arrondissement, la liste Huchon atteint 50,02% des voix. On n’y compte pourtant que 5,2% de logements sociaux et le prix de l’immobilier dans l’ancien y atteint 8200 euros le m2 (4ème rang à Paris).

Dans le 5ème arrondissement, celui de Jean Tiberi, la proportion de logements sociaux est à peine supérieure, 6,8% et le prix de l’immobilier à peine inférieur, 8000 euros le m2 (5ème rang). La liste Huchon y atteint 58,01% des voix. C’est aussi un des arrondissements où l’abstention est la plus faible : 43,7%.

 

Dans d’autres arrondissements, à la composition sociale plus équilibrée, notamment par la présence d’un parc HLM plus conséquent, la liste Huchon atteint 63%, dans le 14ème, 69% dans le 13ème.

 

Dans ce contexte, le résultat du 15ème arrondissement, le plus peuplé (232.000 habitants) passe presque pour un soulagement pour la droite, un peu comme l'Alsace.

La liste Pécresse arrive en tête avec 53,35% des voix. C’est le seul arrondissement socialement un peu équilibrée (15% de logements sociaux), avec une majorité de salariés, où la droite l’emporte encore.

Les cinq autres, 6ème, 7ème, 8ème, 16ème et 17ème sont uniformément bourgeois (sauf l’est du 17ème), concentrant un tiers des plus grosses fortunes de France…

 

Visiblement inquiète devant la perspective de se retrouver minoritaire pour la première fois depuis des décennies, la droite du 15ème a fait fonctionner ses réseaux mieux que d’autres. Il y avait un enjeu local alors que la partie était déjà perdue régionalement.

L’abstention recule de 49,4% à 46,1%.

Le 15ème est aussi l’arrondissement d’Anne Hidalgo, tête de liste PS départementale.

Son action locale, ses projets de bétonnage à Beaugrenelle, à la Porte de Versailles, demain peut-être à Montparnasse, dans l’intérêt de la spéculation immobilière, ont probablement desservi sa liste. Ils ont éloigné d’elle certaines couches de la population qui ont pu voter à « gauche » ailleurs, pendant que l’abstention s’est étendue dans les secteurs plus populaires qui votent habituellement à gauche.

Son résultat au 1er tour est comparativement médiocre, 23,71%, alors que celui des écologistes atteint 15,84% (et que le Front de gauche dans lequel se trouvaient des communistes progresse légèrement à 3,47%).

 

Mais ce que nous retenons principalement pour notre action à venir ne réside pas dans ces constatations.

Dans le 15ème comme ailleurs, une majorité des salariés, retraités, jeunes, qui y habitent ou qui y travaillent, n’a pas trouvé d’alternative politique dans le choix électoral proposé.

Au nom de la « crise », avec la politique gouvernementale, l’exploitation capitaliste devient encore plus dure, directement dans l’entreprise, indirectement comme avec le niveau des loyers ou l’envolée des tarifs des services publics. La souffrance, la colère gagnent des catégories de salariés, dites « intermédiaires », nombreuses dans le 15ème.

 

Communistes du 15ème, nous entendons, plus que jamais, poursuivre et intensifier nos actions dans les quartiers et les entreprises, renforcer notre parti, le PCF, en lançant une nouvelle campagne d’adhésion.

Par PCF - Section Paris 15ème - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 17 mars 2010 3 17 /03 /Mars /2010 20:47

Régionales 2nd tour : le PCF réduit à portion congrue sur la liste Huchon en Ile-de-France. Inacceptable !

 

On ne demande pas leur avis aux communistes. Communistes du 15ème, nous donnons le nôtre !

 

Les communistes de la section du PCF Paris 15ème tenaient leur assemblée lundi 15 mars 2010 au lendemain du 1er tour des régionales. Ils ont mandaté les membres du Conseil départemental pour communiquer leur point de vue quand toutes les données pour le second tour seront connues.

 

Nous constatons que les communistes parisiens et sans doute franciliens sont à nouveau tenus complètement à l’écart des négociations pour le 2nd tour. Le Conseil départemental de Paris est convoqué le lendemain de la clôture des listes. C’est une preuve de plus que le « Front de gauche » supplante le PCF pour les directions du Parti. Nous émettons une vive protestation et ne nous sentons retenus par rien pour diffuser notre propre position.

 

L’attitude pour le second tour doit tenir compte des enseignements du 1er.

Le fait marquant, avant tout, est le niveau alarmant de l’abstention, en particulier dans les quartiers populaires, puis la remontée inquiétante de l’extrême droite.

La droite au pouvoir est désavouée.

Mais la gauche et le PS obtiennent un résultat faible en voix. En Ile-de-France, la liste du président sortant Huchon, en ballottage très favorable, n’obtient pourtant que 25,26% des exprimés et seulement 10,79% des inscrits.

Il se vérifie que beaucoup de travailleurs, de jeunes ne voient pas de perspective dans le schéma de l’alternance et sont conscients de l’étendue du consensus sur le fond des deux principales forces politiques.

 

Dans ces conditions, nous estimons que la stratégie du « Front de gauche » porte une lourde responsabilité dans le niveau d’abstention, qu’elle fait passer notre parti à côté de sa raison d’être, de l’exigence d’alternative politique qu’appellent le développement des luttes, la souffrance et la colère devant la dégradation des conditions de vie que nous entendons de plus en plus fort.

 

En Ile-de-France, le recul est net par rapport à 2004 où le PCF était déjà dilué dans une liste « de gauche populaire et citoyenne ». En tenant compte de l’abstention, dans certaines banlieues populaires, la liste de 2010 perd près de la moitié des voix de 2004. Au plan régional, elle recule même en pourcentage ; de 7,2 à 6,5%.

Dans le 15ème arrondissement, la perte de voix est moindre, 2297 contre 2512, avec une légère progression en pourcentage, de 3,10% à 3,47%, dans un contexte où la droite reste dominante. L’activité que notre section n’a pas cessé de déployer, comme bien d’autres, en lien avec les luttes (hôpital, éducation, retraites…), sur le contenu du vote communiste, a certainement contribué à ce résultat. Mais le moindre recul résulte surtout de la composition sociale de la population de notre arrondissement, ce qui est confirmé bureau par bureau.

 

Le « Front de gauche » a effacé l’identification historique du vote communiste. Il a dilué notre parti. Il l’a enfermé dans une démarche politicienne. Les tractations ont été interminables avec Mélenchon et les groupuscules, sans que le contenu d’un projet soit défini.

La perspective politique s’est limitée à une notion qui devient abstraite et vide dans ces conditions : la « gauche ». 2012 et le retour d’une alternance avec une nouvelle « gauche plurielle », dont le Front de gauche serait une caution, pointent à nouveau.

 

En Ile-de-France, aucune rupture n’a été annoncée avec la gestion social-libérale de Huchon. Depuis des mois, nous avons jugé important de faire connaître le bilan et les orientations de Jean-Paul Huchon qui n’ont rien à envier à celle du Modem. De la régionalisation de l’éducation nationale, à l’acceptation de toutes les privatisations, sans parler de l’anticommunisme : son livre de 2008 « de battre ma gauche s’est arrêtée » est éloquent. 

 

Pour le second tour, la position des directions du PCF aurait dû tenir compte de tout cela.

Pour nous, l’objectif est bien sûr de battre la droite mais il est aussi de se donner les moyens de combattre la politique au service du capital d’où qu’elle vienne.

Les négociations pour la fusion de la liste du « Front de gauche » avec le PS de Huchon et les écologistes auraient dû avoir pour objectif d’obtenir le maximum d’élus PCF et des engagements de rupture, par exemple avec le financement des écoles privées, ou la mise en concurrence des transports.

 

Nous constatons aujourd’hui 17 mars 2010, en prenant connaissance de la presse et de la liste pour le second tour sur le site du ministère de l’Intérieur, qu’on en est très loin.

 

On entend parler d’aucun engagement de Huchon à l’égard du PCF ou du « Front de gauche », contrairement aux écologistes. Huchon laisse entendre que le Front de gauche continuera pourtant à participer à l’exécutif régional et à la poursuite de sa politique.

Quant aux élus communistes, ils seront réduits à portion congrue : une dizaine, au mieux 12 sur 209 conseillers régionaux dont probablement 130 à 140 élus de « gauche » et sur 18 à 21 élus du « Front de gauche » (contre 27 aujourd’hui).

 

Cette perspective est inacceptable et même humiliante pour les communistes.

La tête de liste régionale PCF, Pierre Laurent, sera élue mais est reléguée en 8ème place sur la liste de Paris.

Pour les communistes qui ont représenté 90%, au moins, du « Front de gauche », de l’effort militant et financier, comment accepter que la moitié des places soient laissées, par nos directions, aux groupuscules du Front de gauche ou à des sortants ,élus en 2004 sur la liste du PS. 

 

Avant le 2ème tour, nous porterons cette analyse à la connaissance de nos adhérents et sympathisants.

Nous concentrons notre action sur la préparation de la journée interprofessionnelle de grève et de manifestation du 23 mars.

Nous estimons qu’une mobilisation des communistes s’impose pour que notre parti cesse d’être transformé en parti « comme les autres », maintenant avec le « Front de gauche », aligné sur la social-démocratie, englué dans la politique politicienne, à l’image de JL.Mélenchon.

Tout pourtant, la « crise » du capitalisme, les luttes, la souffrance et la colère populaires constatées tout au long de la campagne exige au contraire qu’il réinvestisse les entreprises, les quartiers populaires sur une ligne anticapitaliste de lutte.

Par PCF - Section Paris 15ème - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mercredi 17 mars 2010 3 17 /03 /Mars /2010 15:57

Résultats du 1er tour des régionales. 54% d’abstention : une sanction générale.

Communistes, regardons en face la défaillance du PCF avec le « Front de gauche » !

 

Le 1er tour des élections régionales est marqué avant tout par le niveau impressionnant atteint par l’abstention. Tous les autres résultats doivent être relativisés.

Cette abstention record contraste, de manière frappante, avec le développement de grandes luttes sociales dans le pays, dans des secteurs très divers mais sur des objectifs de plus en plus communs.  

Les souffrances, la colère populaires devant l’aggravation des conditions de travail et de vie ne trouvent pas d’expression électorale. L’exigence, les conditions d’une alternative politique que portent les luttes, ne trouvent pas de relais.

Les luttes butent, plus que jamais, sur l’enfermement de la vie politique dans le cadre institutionnel et sur le consensus sur le fond entre les partis de l’alternance, UMP, PS.

Il faut être aveugle pour le nier, le « Front de gauche » a subi tout autant le désaveu de l’abstention. L’alliance avec une partie de la social-démocratie a aggravé l’effacement du PCF et du vote communiste. La seule perspective avancée reste désespérément l’alignement sur le PS dans une nouvelle « gauche plurielle ». L’éloignement du PCF du monde du travail, des couches populaires, s’accentue encore gravement. Communistes, dans les mois prochains, nous allons pousser le débat et l’action pour que notre parti retrouve pleinement sa raison d’être. C’est une priorité que les élections régionales sont venues souligner.

 

 

Les élections régionales de 2010 sont comparables avec celles de 2004 par leur objet et par le situation en cours de quinquennat. L’abstention est passée de 39,1% en 2004 à 53,6% en 2010. En comptant les 1,7% de bulletins blancs ou nuls, seuls 44,6 % des électeurs inscrits se sont exprimés.

La hausse de l’abstention est générale et assez uniforme dans le pays. Mais on arrive à des records de non vote dans les zones les plus populaires, jusqu’à 70% d’abstention (comme à Bobigny), 80% dans certains bureaux.

 

Dans ce contexte, la sanction électorale que subit le pouvoir est à la fois cinglante et relative.

Le gouvernement ne peut se prévaloir que du soutien de même pas un Français sur 8. C’est un véritable désaveu.

Mais, dans le même temps, moins d’un Français sur 4 a voté pour l’opposition de gauche. La gauche est certes passée de 40% en 2004 à 50% en 2010 mais elle ne gagne aucune voix. S’il y a vote sanction, c’est par défaut.

 

Une première explication de l’abstention réside dans la campagne électorale. Elle a été réductrice et politicienne, esquivant les enjeux principaux.

C’est un choix des deux grandes forces politiques.

La droite, pour minimiser le désaveu prévisible, a concentré sa campagne sur des questions régionales. Le gouvernement a ouvert une diversion, un imposant des débats nauséabonds sur l’identité nationale et la sécurité, avec des concours inattendus (Burqa, minarets…).

Il a ainsi délibérément contribué à remettre en selle le Front national. Les résultats de notamment de Marine Le Pen dans les villes ouvrières du Nord-Pas-de-Calais (18,3% dans la région) sont littéralement effrayants.

De son côté, le PS, à peu près assuré de gagner l’épisode des régionales, a soigneusement évité de pousser le débat sur le fond. Sortant dans 20 régions sur 22, il est mal placé pour montrer l’efficacité de sa gestion comme contre-pouvoir à la politique nationale de la droite. Dans l’optique de 2012, le PS n’a aucun intérêt à trop ébruiter sa proximité avec le gouvernement sur des choix cruciaux comme le report de l’âge de départ à la retraite, le plan de soutien à la finance ou les directives européennes.

En décidant, avec retard, de diaboliser Georges Frèche, figure du social-libéralisme populiste à exorciser, la direction du PS a pu redorer son blason de « gauche » à bon compte. Les colistiers de Frèche seront promptement réintégrés dans le parti…

 

La campagne électorale a traduit, à nouveau, le consensus sur le fond des forces politiques de l’alternance. Ceux qui sont dans les luttes, ceux qui ont le plus intérêt à combattre la politique au service du capital ne s’y retrouvent pas. Fondamentalement, c’est ce que traduit l’abstention.

 

Les régionales marquent une nouvelle étape de la mise en place du jeu politicien de l’alternance pour 2012.

Sarkozy a annoncé pendant la campagne qu’il arrêterait les « réformes » au deuxième semestre 2011, six mois avant les présidentielles… D’ici cette date et l’ouverture d’une nouvelle période de démagogie effrénée, l’UMP boit la tasse. C’est logique : c’est la période du quinquennat où il lui faut faire passer les pires contre-réformes. Mais dans la perspective de ratisser plus large en 2012, la droite installe d’autres doigts à son râteau. Villepin est déguisé en opposant à Sarkozy, Fillon en concurrent potentiel. Beaucoup plus grave, la droite fait du FN un déversoir de la colère populaire.

 

Côté PS, les régionales marquent un tournant politicien. La tentation du Modem s’éloigne, malgré quelques dissonances. Les symboles et identifiants de la « gauche » reviennent. On l’a vu face à Frèche. On le voit avec Europe-écologie.

Les « écolos » apparaissent comme un rabatteur plus efficace pour le camp social-démocrate que le Modem en vue de 2012. Europe-écologie permet de capter la préoccupation environnementale, cultivée et détournée par l’idéologie dominante. En même temps, ce rassemblement très hétéroclite et attrape-tout peut passer pour être à « gauche » tout en associant des personnalités qui ne le cèdent en rien à Bayrou en termes de « libéralisme » ou d’engagement « européen » (Eva Joly, Cohn-Bendit).

Le résultat donne raison à ce raisonnement : 12,2% pour Europe-écologie, 3,9% pour le Modem.

 

Le « Front de gauche » ne s’est pas démarqué ; il n’a pas échappé au désaveu de l’abstention. Il en porte une part de responsabilité.

 

Selon les façons de compter les différentes combinaisons régionales, il obtient entre 5,8 et 6,5%. Dans les régions où il y avait des listes « Front de gauche », il reste à peu près au niveau des européennes de juin 2009 malgré le ralliement dans 3 régions du NPA.

La carte du vote « font de gauche » recoupe largement la carte du vote communiste mais il est loin, pour une élection à caractère locale, des 9% enregistrés par le seul PCF aux cantonales de 2008.

Par rapport à 2004, une comparaison est possible dans certaines régions.

Dans le Nord-Pas-de-Calais, la liste toujours conduite par Alain Bocquet maintient le bon score en 2010, 10,7%, obtenu par la liste PCF de 2004 mais perd quand même 1/5ème de ses voix (malgré l’apport du député Pg, ex-PS, Dolez).

En Ile-de-France, la liste conduite par Pierre Laurent perd en pourcentage par rapport à la « gauche populaire et citoyenne » de 2004, passant de 7,2 à 6,5% (malgré l’alliance avec plusieurs élus PS de 2004). En voix, elle chute de 264.000 à 189.000 avec des reculs considérables dans les banlieues populaires. En Seine-Saint-Denis, elle ne représente plus que 4,0% des inscrits contre 7,8% en 2004, dans le Val d’Oise 2,1% contre 4%.

L’action militante des communistes, le rayonnement de certaines personnalités (comme A. Chassaigne dans le Puy-de-Dôme), ont joué. Le PCF représentant 90% des forces du « Front », ils ont permis de récuser les discours sur le déclin inéluctable du PCF.

 

Mais communistes, il nous importe, bien plus qu’à tous les autres, d’être objectifs et de ne pas se payer de mots.

Ce n’est pas parce que le NPA régresse et que le Modem s’effondre que, pour autant, la stratégie du « Front de gauche » est validée.

La constatation qui s’impose, c’est que la stratégie du « Front de gauche » ne permet pas au PCF de répondre à la colère populaire et aux perspectives politiques ouvertes par les luttes.

Ce débat crucial doit enfin avoir lieu dans notre parti.

 

Pour nous, il se confirme combien le « Front de gauche », alliance fusionnelle mettant en valeur des éléments de la social-démocratie (Mélenchon), accentue l’effacement du PCF et de ce qu’il représente, entre autres du vote communiste. Combien d’électeurs communistes ont été en peine de trouver le bulletin du Parti ?

Le « Front de gauche » poursuit et aggrave l’alignement des directions du PCF sur la social-démocratie. Aucune rupture n’a été mise en avant avec la participation loyale à la gestion par le PS des régions depuis 2004 (sauf dans le Nord-Pas-de-Calais).

La notion de plus en plus vidée de sens de « gauche », de rassemblement de la « gauche », est systématiquement mise en avant aux dépens du contenu et de l’action. Le « Front » sert objectivement de caution de « gauche » à la social-démocratie et enferme le PCF dans la perspective institutionnelle de 2012, dans le cadre d’une « gauche plurielle » en reconstitution. Le ralliement sans condition au 2nd tour le montre encore.

Le « Front de gauche » a également paralysé le PCF, en particulier ses directions, pendant de longs mois de tractation sur la composition des listes, de calculs politiciens dont Mélenchon est si friand. En cherchant à additionner les sigles d’organisations groupusculaires de « gauche », il a gravement divisé le PCF.

Cette stratégie politicienne continue à détourner le PCF des entreprises et des quartiers populaires, dramatiquement quand on mesure l’explosion de l’abstention et la remontée du FN.

 

Il faudra que les choses soient dites et entendues dans le Parti. La méthode Coué de la direction et son autoritarisme ne peuvent plus durer. C’est une priorité pour l’avenir de notre parti mais aussi pour le pays, pour débloquer la perspective politique.

 

Les mauvais résultats du NPA et de LO montrent ce que ces organisations gauchistes représentent réellement sans le soutien des media.

 

Par son ancrage dans le pays, sa théorie et sa forme d’organisation historiques, le PCF peut et doit répondre aux exigences de l’alternative politique anticapitaliste qu’appellent les luttes et des fractions de plus en plus larges des couches populaires et intermédiaires. A condition que les communistes ne laissent plus la direction de notre parti tourner le dos à sa raison d’être, en faire un parti comme les autres.

 

Deux jours après le deuxième tour, le 23 mars, aura lieu la journée de grève et de manifestation interprofessionnelle à l’appel de cinq centrales syndicales. Pour défendre les retraites, les services publics, l’hôpital, l’école ou l’industrie, il s’agit plus que jamais pour les communistes d’être au cœur, à l’impulsion des luttes et non « à leur côté », de redonner entièrement son indépendance du PCF pour la remettre au service des travailleurs.

 

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Samedi 13 mars 2010 6 13 /03 /Mars /2010 20:18

Régions/transports. L’alternative, c’est s’opposer au processus de privatisation et cesser de l'accompagner.

 

L’organisation des transports régionaux constitue l’une des principales prérogatives de la Région. En Ile-de-France, cette responsabilité est beaucoup plus considérable parce qu’elle recoupe celle des transports urbains de l’agglomération parisienne. Depuis 2005, le contrôle du Syndicat des transports d’Ile-de-France a été transféré au Conseil régional. JP.Huchon est devenu président du STIF.

 

Il ne faut pas se leurrer sur les objectifs de cette décentralisation depuis le départ telle qu’elle a été mise en place par les gouvernements successifs. Le souci « démocratique » du rapprochement des centres de décision des usagers n’est qu’un prétexte.

Le transfert de la charge financière de lourds investissements de transports sur les contribuables régionaux, notamment par la montée exponentielle de la dette publique régionale, est la première vraie raison. Elle conduit, et va conduire de plus en plus, à des ruptures d’égalité au plan national, suivant les moyens de chaque région.

La deuxième raison est de faire des régions « les autorités de régulation » de la concurrence dans le processus de marchandisation des transports orchestré par les directives et règlements européens.

L’éclatement et la privatisation de la SNCF est par exemple bien plus facile à amorcer par l’échelon régional. Avec le règlement européen sur les transports de voyageurs (dit « OSP »), applicable théoriquement depuis le 3 décembre 2009, l’exploitation des TER, déjà régionalisée, pourrait et même devrait être confiée à des groupes privés (par exemple des filiales privées de la SNCF…). La direction de la SNCF commence, en cohérence, à avancer l’idée d’un statut dégradé pour les cheminots affectés aux TER, etc.

 

Ce contexte, ses conséquences et les responsabilités passées et présentes des conseils régionaux sont largement esquivés de la campagne des élections régionales, notamment en Ile-de-France.

Le débat public sommaire s’attache aux questions d’aménagement et de politique tarifaire. Mais là encore, ses termes sont complètement tronqués.

 

Tout cela ne doit rien au hasard mais tout au profond consensus qui réunit la droite et la majorité régionale sortante de Huchon. Ce dernier ne s’abstient pas de se répandre sur le non sens de la propriété publique des services publics.

 

Alors que la victoire de la « gauche » semble jouée d’avance, malgré une abstention forte de rejet, la question est plus que jamais, notamment sur les questions de transport, de rompre avec les choix qui servent l’intérêt du patronat et préparent la privatisation de la RATP et de la SNCF.

Communistes, nous portons, de façon incessante, dans les luttes cet objectif d’alternative politique. Mais la question est aussi posée, avant le second tour, comme après le second tour : comment les élus PCF au Conseil régional vont-ils cesser de cautionner les choix de Huchon, que ce soit par le silence ou par la posture de témoignage gauchiste telle que les ex PS du Pg ou les NPA qui annoncent déjà leur ralliement à Huchon ne vont pas manquer de la pratiquer.

 

En lien, nos analyses (et celles de nos camarades du Collectif RATP Bus) sur les sujets suivants:

 

Les aménagements de transports en Ile-de-France : le « Grand Paris » placé hors débat électoral !

Politique tarifaire des transports en commun : pour la justice sociale et développement équilibré du territoire francilien !

Régionales 2010 : La région doit cesser d’accompagner le processus de mise en concurrence et de privatisation (Collectif PCF RATP BUS) !

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Samedi 13 mars 2010 6 13 /03 /Mars /2010 19:20

Aménagement de transports : le « Grand Paris » placé hors débat électoral !

 

Le gouvernement, représenté par l’UMP Pécresse aux élections, a poussé les limites du mépris des citoyens jusqu’à interrompre la discussion du projet de loi sur le « Grand Paris » pour la reporter à l’après-campagne. C’est aussi incroyable que scandaleux.

A « gauche », côté Huchon, on exprime mollement son désaccord en se gardant d’aller très loin.

Il faut dire, à y regarder de plus près, que les divergences portent avant tout sur la « gouvernance » du projet, que le gouvernement veut placer sous le contrôle de l’Etat via un établissement public, que sur sa conception. Il est même frappant de constater les similitudes entre les tracés des nouvelles voies de transport prévus dans les projets, un moment concurrents, du « Grand Paris » (Blanc), de « Paris métropole » (Delanoë) ou de « Région capitale » (Huchon).

Dans tous les cas, de fait, la priorité est accordée au renforcement des liaisons, déjà favorisées, entre les « pôles de compétitivité » régionaux : aéroports, Défense, Plateau de Saclay, Marne-la-Vallée... Le « Grand Paris » se place résolument dans la compétition mondiale des capitales de la finance, c’est à dire dans la satisfaction des besoins des grands trusts. Cet objectif a comme contrepartie, le maintien et l’aggravation des inégalités de dessertes, de la ségrégation spatiale, du refoulement de millions de salariés encore plus loin de leur lieu de travail.

 

La plupart des candidats aux régionales s’en défendent et reconnaissent la nécessité d’améliorer les liaisons de banlieue à banlieue, de lever la saturation technique des RER A, B et C. Au PCF, ce sont nos priorités plus que jamais.

Mais des paroles aux actes, il y a plus qu’un pas… et gouverner, ce sera choisir, surtout en termes financiers. La majorité sortante en a fait la preuve.

 

On retrouve ainsi dans le programme de Huchon 2010 la plus grande partie du programme de Huchon 2004, souvent mot à mot. Il ferait mieux de donner des raisons, éventuellement valables, pour expliquer pourquoi sa majorité n’en a presque rien fait.

Dans son bilan pour les élections, en termes de nouveaux transports (période 2004-2010), il ne se prévaut que d’une réalisation : le nouveau tramway. Il n’y a pas de quoi.

La très couteuse ligne de tramway T3 (400 millions d’euros) a été inaugurée dans sa partie « Maréchaux sud » en 2006. Dans Paris intra-muros, à peine plus rapide que les bus en voie propre, ce magnifique matériel n’avait rien d’une priorité et est d’un faible avantage, sinon pour valoriser les futurs sièges de grands groupes à la Porte de Versailles et à Balard (voir l’article en lien sur ce sujet).

Nous n’oublions pas non plus qu’en 2003, la majorité régionale avait approuvé le projet scandaleux de train privé, direct entre l’aéroport de Roissy et la Gare de l’est, du nom de CDG Express, doublant le RERB mais ne s’arrêtant pas sur le parcours et pratiquant des tarifs prohibitifs. Heureusement ce projet semble avoir du plomb dans l’aile (mais la municipalité de Paris a voté son aménagement en 2009).

En termes d’investissement lourd, Huchon s’est aussi distingué en livrant en 2006 le « marché du siècle » (2 milliards d’euros), celui du renouvellement des trains de banlieue, au groupe canadien Bombardier plutôt qu’à Alstom dont les activités restent beaucoup plus localisées en France.    

 

Le prochain conseil régional doit entièrement changer de logique : combattre le projet de « Grand Paris » dans sa conception, développer réellement des transports de qualité de banlieue à banlieue.

Sur le plan financier, aucun investissement régional ne peut être inclus dans un « partenariat public-privé ». Cette formule enchaîne pour de très longues durées les collectivités à l’intérêt des groupes privés et leur coûtent finalement beaucoup plus cher. Les communistes se préparent à amplifier la mobilisation (ça le Conseil régional actuel le fait) pour faire payer l’Etat à 50%, à hauteur de ce que représente la région Ile-de-France pour l’intérêt national. Enfin, nous nous battons pour le doublement de « versement transports » dont s’acquitte le patronat, principal bénéficiaire des infrastructures de transports.

 

Toutes ces propositions sont indissociables de la bataille pour la défense et l’extension des services publics nationalisés RATP et SNCF.

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Samedi 13 mars 2010 6 13 /03 /Mars /2010 19:18

Politique tarifaire des transports en commun : pour la justice sociale et développement équilibré du territoire francilien !

 

Le sujet qui est le plus discuté dans la campagne électorale est celui de la politique tarifaire.

 

Il s’agit à la fois d’une question de justice sociale et d’une question d’aménagement du territoire. Le « pass Navigo » pour les zones 1 à 5 (de Paris aux villes nouvelles) se monte à 109,90 euros par mois. C’est un prélèvement insupportable pour les salariés et les habitants déjà refoulés du centre de l’agglomération et de ses fonctions (emplois, aussi culture...) par le niveau des loyers.

Curieusement, comme d’ailleurs en 2004, communistes nous nous retrouvons en apparence sur la même proposition que la droite : celle de la suppression du zonage et d’un tarif unique de tous abonnements équivalent à l’actuel pass valable pour les zones 1 à 2, soit 56 euros par mois. Europe-écologie propose un abonnement unique à 65 euros. Besancenot, qui a déjà annoncé son ralliement à Huchon, joue, comme d’habitude, son rôle de « Monsieur plus » en avançant la gratuité des transports. Huchon est encore plus prudent en 2010 qu’en 2004 sur la question. En 2004, précisant « qu’il n’en faisait pas une priorité », il se prononçait pour l’établissement de deux tarifs seulement (40 et 65 euros). Il n’en a rien fait en dehors de faire porter une augmentation supérieur sur la carte 2 zones (de 45 à 56 euros, +20% en 6 ans !).

 

Mais toute la question est de savoir qui doit payer la modération tarifaire et le passage au tarif unique.

Pour l’UMP, la proposition vise en fait à exonérer les employeurs. Pour leurs salariés, ils s’acquittent de 50% de la carte d’abonnement au titre du trajet domicile-travail. Si l’on passe de 110 à 56 euros…, c’est 27 euros de gagnés pour le patron ! Mais c’est les contribuables, principalement les salariés eux-mêmes qui paient la note.

Tout au contraire, pour les communistes, le passage au tarif unique doit coïncider non seulement avec le maintien de la contribution patronale, mais avec son passage à 100%.

 

Pour l’instant les mesures de gratuité prises en faveur des rmistes et des chômeurs pèsent (120 millions d’euros par an) sur les contribuables régionaux, au lieu d’être prélevés sur les cotisations patronales chômage comme cela serait logique.

De même, les dispositifs en faveur des jeunes, la carte imagine R (qui ont repris les avantages que donnaient les conseils généraux à présidence communiste) dispensent le patronat qui va bénéficier de leur formation et les entreprises SNCF et RATP de l’effort de solidarité.  

 

La bataille pour des tarifs socialement justes et économiquement efficaces ne peut évidemment pas être coupée de la bataille pour le maintien et la reconquête du service public nationalisé de la RATP et de la SNCF, de leur monopole public, contre la logique lucrative du profit privé.

 

Interrogé à la télévision, Huchon a été incapable de donner le prix d’un carnet de ticket et l’a fixé à 15 euros au lieu de 11,6 euros : c’est un présage inquiétant !

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Mardi 9 mars 2010 2 09 /03 /Mars /2010 21:44

Régionales 2010 : à quelques jours du vote…

 

A quelques jours du premier tour des élections régionales, le constat s’impose. Rarement, une échéance électorale, une campagne électorale, auront été à ce point en déconnexion avec le développement des luttes.

9 mars, les travailleurs de la justice, 11 mars, ceux de la petite enfance et les infirmières, 12 mars, l’ensemble des agents des hôpitaux, les personnels de l’enseignement secondaire, toute la semaine, ceux de Total… : les luttes sociales continuent à se multiplier alors que le 1er tour a lieu le 14. La journée de grève et de manifestation interprofessionnelle du 23 mars, à l’appel de cinq centrales syndicales, peut devenir le point de départ de larges mobilisations convergentes pour faire reculer le patronat mais aussi et directement la politique du gouvernement.  


Rarement, « l’offre » des partis politiques se sera située autant en dehors de l’exigence d’alternative. Nous avons déjà analysé la « campagne de diversion » (voir Infos 15 n° 68).

La droite cherche à minimiser l’impact du vote sanction prévisible. Le PS et la nouvelle « gauche plurielle » derrière lui sont déjà à la tête de la plupart des régions depuis 6 ans, sans y avoir manifesté une véritable opposition aux gouvernements successifs. Plusieurs déclarations des dirigeants du PS sur les retraites, comme sur l’Europe et la crise, attestent, si besoin était, de l’ampleur du consensus avec la droite sur les questions économiques et sociales principales. Aussi, pour se maintenir à la tête des régions, comme pour préparer l’alternance en 2012, le camp social-démocrate n’a aucun intérêt à mettre en avant ses contradictions politiques. La nomination du PS Didier Migaud à la tête de la Cour des comptes, par Sarkozy, est un révélateur de plus.

 

L’abstention s’apprête à être le moyen principal du vote sanction, du vote par défaut.

Communistes, nous ne pouvons nous satisfaire de cette situation.

 

Ces dernières semaines, nous nous sommes efforcés, encore plus, d’aller vers les salariés et les habitants du 15ème avec des analyses, des propositions, des propositions d’action contribuant à la convergence des luttes. Nous l’avons fait en particulier sur les retraites, contre la propagande dominante, en mettant inlassablement au centre la cotisation sociale et ce qu’elle représente dans l’affrontement avec le patronat. Nous l’avons fait sur les questions d’éducation et de transports, du service public en général, liées aux prérogatives des conseils régionaux. Au centre de notre initiative publique du 26 février, dans l’échange entre militants syndicaux CGT, ont été mises en question les responsabilités politiques, celles des communistes, pour ouvrir une perspective aux luttes.

 

Nous avons fait comme de très nombreux communistes dans tout le pays, comme de nombreuses cellules, sections, fédérations du Parti dans tout le pays, en fonction de notre configuration électorale, régionale et départementale.

 

Pour nous comme pour beaucoup, la stratégie politicienne du « Front de gauche » passe complètement à côté des exigences de la situation sociale.

 

Une fois de plus des militants communistes, mais aussi des sympathisants sont mis en porte-à-faux.

Le « Front de gauche » prive les électeurs de l’utilité du vote communiste mais il n’y a pas d’autre moyen de voter pour des candidats communistes. Tout mauvais résultat ne manquera pas d’être mis au compte du « déclin du PCF » quand tout résultat plus correct servira à valider une stratégie qui efface le PCF tout en faisant le lit d’opportunistes socio-démocrates tels que le Maastrichien Mélenchon.

Poser pour la photo avec son écharpe aux « cotés » de ceux qui luttent ou bien impulser les luttes avec les militants, le décalage est béant entre des socio-démocrates au sens historique du terme ou des militants communistes que devraient d’abord être nos élus.

Précisément dans la campagne en Ile-de-France, le « Front de gauche » a permis de faire l’impasse sur le bilan de 6 ans de participation à l’exécutif du social-libéral Huchon, partisan des privatisations comme de l’éclatement de l’éducation nationale. Nous nous étonnons d’avoir été les seuls ou presque à faire connaître dès le mois d’août la profession de foi libérale et anticommuniste de Huchon dans son opuscule de 2008 « de battre, ma gauche s’est arrêtée ».


Aucune condition n’a été définie pour le ralliement au second tour. Les Pg, avec leurs affiches affligeantes (« votez à gauche! »), poussent la formule jusqu’au bout, jusqu’à la posture gauchisante pour canaliser pour le compte de la maison-mère sociale-démocrate, du social-libéralisme à la sauce Huchon. Les Pg, s’ils ne s’en privent pas, sont bien les plus mal placés pour dénoncer le choix de Robert Hue, ou d’Alain L’Hostis, à Paris se s’aligner dès le 1er tour derrière le PS de Huchon et Hidalgo.

 

Foin de ces combines ! Laissons-les au PS, au Pg et aux « écologistes » !

 

Nous avons décidé, parce que nous jugeons que c’est une position communiste responsable, de dire les choses à tous les camarades, aux sympathisants, de ne pas les cacher aux salariés, habitants et électeurs notamment quand ils nous prennent à partie.


Tous les communistes de la section du 15ème se prononcent pour le contenu du vote communiste. Beaucoup voteront, malgré tout, pour les candidats communistes, donc pour les listes du « Front de gauche ». Lundi 15 mars, nous déciderons de notre attitude pour le second tour. Un accord précis, improbable, avec Huchon sera indispensable à toute caution à ses listes.

 

Mais notre priorité, c’est la préparation de la journée d’action du 23 mars.

 

 

9 mars 2010,

 

Secrétariat de la section du PCF Paris 15ème

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