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REGIONALES 2010

Lundi 16 novembre 2009

Conférences régionales du PCF : la mascarade continue.

 

Exemple en Ile-de-France.

 

Analyse et compte-rendu du PCF Paris 15

 

 

La conférence régionale du PCF en Ile-de-France des 14 et 15 novembre était entièrement prévisible.

Les quelque 350 participants avaient été soigneusement choisis par les directions départementales, peut-être trop bien au vu du résultat caricatural : 94% d’approbation de « l’offre de la direction nationale pour le Front de gauche.

Les adhérents sont maintenant appelés à plébisciter à leur tour ce choix entre le 19 et le 21 novembre. En toute ignorance de cause !

Car de véritable débat dans le Parti avec les communistes sur la stratégie aux régionales, il n’y en pas eu et il n’y en aura pas avant le vote interne.

Prudemment, la direction a annulé le Conseil national de fin septembre qui devait lancer la discussion.

Après le CN des 24 et 25 octobre, les communistes ont disposé de quelques jours pour prendre connaissance de « l’offre politique » avant désignation des délégués à la conférence régionale. Maintenant ils ont 4 jours pour se prononcer sur ses conclusions, par ailleurs toujours aussi troubles.

La conférence régionale a donné lieu à un interminable verbiage destiné à escamoter les questions de fond que notre unique délégué, avec 2 autres camarades des sections de Paris 5ème et de Meaux ont été presque seuls à soulever.

D’abord sur le bilan des régions de gauche à participation communiste. C’est devenu une formule rituelle notamment des élus sortants : « on ne gagne pas les élections sur des bilans ». On doit conclure qu’on les gagne sur des promesses que l’on n’est pas obligé de tenir !

Il y a une réalité que la direction du Parti, en particulier en Ile-de-France, ne veut pas entendre, ne veut surtout pas que les communistes entendent : c’est que les élus de la liste de la « gauche populaire et citoyenne » en 2004, conçue exactement suivant le principe du Front de gauche, ont cautionné jusqu’au bout, au sein de l’exécutif avec leurs vice-présidences, toutes les orientations sociales-libérales de la majorité du Président PS, Jean-Paul Huchon.

Nous avons pris, les premiers, l’initiative de propager très largement depuis août les conceptions politiques de Huchon exprimées dans son livre de 2008 (voir en lien). Elles sont si « énormes », si outrancières dans l’approbation du libéralisme et de l’Europe des régions, qu’enfin, le rapport introductif de la Conférence régionale les a citées.

Mais en oubliant la participation active des élus du Front de gauche (PCF, PG, alternatifs, divers…) !

Sur les rapports avec le PS à l’avenir, la conférence régionale, comme « l’offre politique » s’efforcent de tromper sur la marchandise. Le « Front de gauche » est présenté comme une façon de s’émanciper du PS, mais pour mieux construire des majorités dans les institutions derrière lui, autant dire pour ratisser plus large à gauche, aux régionales puis en vue d’une nouvelle alternance stérile en 2012.

Quelles sont les conditions d’une participation éventuelle au prochain exécutif régional après les élections ? Il n’y en a pas !  Des esprits fumeux vont même jusqu’à prétendre que négocier un accord sur les contenus avec le PS, ce serait s’enchaîner ! Non, il faut pouvoir continuer à tout se permettre comme depuis 2004, sans contrôle des communistes.

Très drôle : pour essayer de démarquer le « Front de gauche » de la social-démocratie, la tribune de la conférence a proposé de mettre sur le bulletin de vote une case pour une liste d’union de toute la gauche dès le 1er tour. Mais problème : comme l’a judicieusement fait remarquer le camarade de Meaux à l’assistance, il faudrait qu’au moins un délégué l’ait proposé. Aucun de ceux qui collaborent avec le PS dans les institutions n’a bien entendu voulu se mouiller et se discréditer ! Il a fallu qu’une déléguée quasi inconnue se dévoue !

Il faut dire aussi qu’en Ile-de-France, contrairement à d’autres régions, les sondages garantissent un score au dessus de 5% permettant la fusion avec le PS et Europe-écologie et qu’une répartition des places a eu lieu en 2004.

C’est de nouveau, comme d’habitude, sur les questions de candidatures que le débat s’est avivé.

Autant les communistes sont privés de débat de fond, autant les débats entre composantes du Front de gauche, même complètement groupusculaires, font rage et autant ils sont abreuvés de prises de position personnelles dans les media, notamment l’Huma.

Il y a de quoi complètement s’y perdre.

Il y a d’un côté Robert Hue qui s’affiche avec Peillon, le Modem et Huchon et qui devrait être candidat dès le 1er tour sur sa liste.

D’un autre côté, il y a le maire de Sevran, Stéphane Gattignon, maire PCF mais qui conteste la raison d’être du PCF depuis vingt ans, qui annonce qu’il figurera sur la liste d’Europe-Ecologie.

Il y a aussi Mélenchon qui évoque sa candidature en Ile-de-France comme chef de file, histoire d’ajouter au trouble des communistes.

Il y a encore Patrice Braouezec qui fait don de sa personne comme chef de file du Front de gauche dans notre région parce que, en somme, il est communiste, un peu mais pas trop et que donc il peut mieux incarner le Front de gauche. Parmi ses soutiens, on trouve Jean-Jacques Karman d’Aubervilliers dont la seule cohérence est de changer tout le temps de camp (on voit quel crédit accorder à de tels « opposants » de « gauche » au processus de disparition du Parti).

Dans tout ce micmac, apparaît au grand jour la nature et l’objectif du « Front de gauche », dans la suite des collectifs antilibéraux, de la candidature de la « gauche populaire antilibérale » de MG.Buffet en 2007 : au nom d’un pseudo rassemblement, il s’agit d’accélérer l’effacement et la décomposition du PCF.

Avec ses alliances à géométrie variable au plan national, avec ce que nos propres partenaires vont dénoncer comme des compromissions avec le PS, avec un tel spectacle, notre parti, le PCF, sortira encore un peu plus discrédité des élections régionales. D’autant plus que les préoccupations institutionnelles et politiciennes l’écarte des fronts de lutte et de ses positions fondamentales.

Pour les communistes désorientés, mais qui veulent que leur Parti continue d’exister et se renforce, la direction tend une fausse perche. Elle les invite à peser dans le Front de gauche pour que Pierre Laurent, futur secrétaire national, soit tête de liste du Front en Ile-de-France. Implicitement, c’est essayer l’impliquer les communistes attachés à leur parti au processus qui le saborde.

A la conférence, à peu près un quart des délégués, défendant plus ou moins Braouezec se sont prononcés pour que la tête de liste régionale ne soit pas un dirigeant communiste. Dans l’autre sens, défendant Pierre Laurent, la tribune a fait ajouter au bulletin de vote sur la case « front de gauche » cette phrase étonnante : « Considérant la place et l’influence du PCF en Île de France, les communistes proposent que la tête de liste soit issue du PCF dans une conception de campagne collective et à plusieurs voix. »

Destinée à rassurer trompeusement les communistes, cette phrase devrait susciter une réaction de bon sens : mais pourquoi donc si l’on veut une tête de liste communiste, la direction du PCF se place-t-elle elle-même dans la situation de ne pas l’avoir ?

Le choix de bon sens pour ces élections serait logiquement de présenter et de conduire une liste PCF largement ouverte aux acteurs des luttes. C’est ce qu’ont défendu notre camarade du 15ème (voir son intervention) et un camarade du 5ème. C’est l’option que nous défendons depuis le début.

La direction régionale, en Ile-de-France, comme dans d’autres régions, a décidé de la laisser apparaître (avec un intitulé déformé) sur le bulletin de vote. Ne pas le faire l’aurait déconsidérée et elle peut escompter influencer suffisamment le résultat du vote pour minimiser cette position naturelle.

Pour prendre une précaution de plus dans ce sens, elle a strictement rejeté que le bulletin de vote soit accompagné de quelques explications des partisans de cette option, spécialement en Ile-de-France où elle ne veut certainement pas qu’on montre que le Front de gauche existe déjà depuis 2004.

Conscients du contexte antidémocratique, en cohérence avec nos positions exprimées en Assemblée, nous appelons les camarades à voter pour des listes de rassemblement présentées et conduites par le PCF.

Plus que jamais, nous voulons tout faire pour contribuer à ce que les communistes, à cette nouvelle étape intermédiaire du processus de disparition du PCF, se réapproprient leur parti, prennent dans leurs fédérations, leurs sections, leurs localités la responsabilité de le faire vivre et de le renforcer.

C’est pourquoi notre ordre du jour prioritaire de la semaine est la préparation des grands mouvements programmés la semaine prochaine : grève des postiers, des enseignants, etc…

L’essentiel n’était pas à la conférence régionale !

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Mercredi 28 octobre 2009

Conseil national du PCF des 24 et 25 octobre 2009, intervention d’Emmanuel DANG TRAN, fédération de Paris

Une nouvelle fois, la réunion du CN largement en dehors des réalités de la lutte des classes dans le pays, du développement d’un rapport de force pour commencer à rompre avec la politique du pouvoir. Le terme détestable, je l’avais déjà dit, « d’offre politique », traduit par lui-même le caractère politicien de la démarche proposée pour les élections régionales.

 

La perspective proposée reste toujours la même : le rassemblement institutionnel de la « gauche » dans les exécutifs régionaux en attendant 2012.

La stratégie proposée aussi : la poursuite du processus d’effacement du PCF au nom d’un « Front de gauche », sans contenu, élargi à rien, associant le PCF aux mêmes petits partenaires qu’en juin, pour ne pas dire groupuscules.

 

La bataille actuelle de La Poste, illustre exactement l’impasse que représente la stratégie reprise dans « l’offre ».

Que propose-t-on aux postiers qui étaient dans l’action à près de 100.000 le 22 septembre, qui poursuivent de multiples luttes locales, aux centaines de milliers d’usagers, qui, pour reprendre le mot du rapport, ont manifesté leur disponibilité à agir ?

On leur répond « union de la gauche ». On les renvoie aux parlementaires de gauche, à un référendum virtuel. On ne gagnera pas cette bataille de La Poste, c'est-à-dire le retrait du projet de loi, en esquivant les questions qui dérangent le PS, la mise en concurrence par les directives européennes qu’ils ont approuvées, l’expérience de l’ouverture du capital de France Télécom par la « gauche » ou de la loi Quilès, etc.

Les collectifs de défense de La Poste ont un penchant à l’alignement des sigles d’organisation, comme les collectifs antilibéraux ou le Front de gauche mais pas davantage à la mise en avant des axes de lutte décisifs. Le PG de Mélenchon donne le ton en renvoyant dès le titre de son tract au futur « gouvernement de gauche qui rétablira le service public postal ». D’ici là…

 

Alors que la journée d’action des cheminots du 20 octobre a été un vrai succès qui en annonce d’autres, que les syndicats enseignants appellent à une grève le 24 novembre, on en a parlé, que les salariés de l’industrie sont mobilisés, ne devrions-nous pas mettre au centre de nos préoccupations la convergence des luttes, notamment autour de La Poste, en portant les contenus pour gagner ?

 

La même logique pourrait et devrait inspirer notre préparation des élections régionales. Ce n’est pas le cas.

 

Le texte proposé exclut d’emblée l’option qui y correspond et qui devrait être un choix naturel : celle de présenter, en tant que PCF, partant des positions communistes, des listes de rassemblement, largement ouvertes au mouvement social.

 

J’entends qu’on veut élargir le Front de gauche à des syndicalistes, des personnalités du monde associatif. Mais qu’est-ce qui nous empêche de le faire, comme nous l’avons toujours fait, sur des listes présentées par le PCF ? Rien sinon la poursuite d’un schéma de recomposition politique et de reclassement politique d’ici 2012.

Rien d’autre ne peut expliquer l’option du « Front de gauche » où le PCF a tout à perdre et qui rentrent dans les calculs de Mélenchon, et peut-être demain du NPA.

 

Que soit proposée et défendue, ici comme dans les régions, l’option de se ranger dès le 1er tour sur les listes dirigées par le PS, me paraît au contraire logique et cohérent. Mais c’est un choix que je ne peux que rejeter, par rapport à la situation nationale et aux bilans des régions de gauche, du moins ceux que je connais.

 

En Ile-de-France, le bilan de la majorité Huchon est éloquent. Huchon tend la main au Modem. Mais même sans le Modem, son programme et son action sont « sociales-libérales ». Partisan entre autres de la régionalisation de l’éducation nationale, Huchon cherche aussi à s’emparer de la propriété des infrastructures de la RATP pour organiser la mise en concurrence, malgré l’opposition de la CGT et des autres syndicats. Les conseillers régionaux, dont les communistes, élus en 2004 sur la liste de la « gauche populaire et citoyenne », préfiguration du « Front de gauche », ont tout cautionné dans l’exécutif. C’est à méditer !

 

Pour finir, puisque mon temps est compté : il n’est pas acceptable que les communistes ne puissent pas se prononcer sur la base d’un bilan des régions de gauche et de la participation des élus de leur parti. Il n’est pas acceptable que soit éliminée l’option de listes de rassemblement présentées par le PCF sur des positions communistes. Il faudra l’imposer dans les conférences régionales. Il n’est pas acceptable que le contenu de la campagne se limite à quelques formules générales. Ce devrait être le point de départ de notre réflexion, avant les combinaisons de liste.

 

Encore un point [le président de séance presse l’orateur]: dans notre rejet de la réforme territoriale, nous devons absolument expliciter notre refus de l’Europe des régions.

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Vendredi 23 octobre 2009
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Jeudi 8 octobre 2009
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Mardi 18 août 2009

Une première réflexion sur les élections régionales.


Aux élections régionales de 2004, les partis de gauche emportent la majorité dans 20 régions métropolitaines sur 22.

Ce résultat marquait un vote sanction, du moins par défaut, à l’égard du gouvernement Raffarin et de sa politique antisociale.


Dans la campagne des élections régionales de 2010, il sera beaucoup plus difficile d’utiliser l’argument des contre-pouvoirs régionaux à gauche à la politique nationale de la droite.


L’expérience est faite. Les régions de « gauche » n’ont pas représenté un point d’appui politique conséquent pour combattre la politique des gouvernements de droite successifs, sans mésestimer certaines réalisations (Nous aurons beaucoup d’occasions d’y revenir dans les mois qui viennent).


Cette incapacité à être un contre-pouvoir à la droite tient à deux raisons.


La première, c’est le rôle même dévolu aux régions dans le processus de décentralisation. L’accroissement des prérogatives régionales, qui restent encore limitées, rentre dans une logique d’affaiblissement des acquis nationaux, en particulier des services publics. Cette évolution en cours est vivement encouragée au niveau de l’UE : « l’Europe des régions » est le moyen de contourner l’obstacle de l’expression des peuples et de leurs conquêtes démocratiques.


Les régions de gauche ou de droite, leurs exécutifs et leurs présidents ont joué le jeu en exprimant des réticences ou non, mais sans s’opposer réellement.


Lorsque les postes des agents techniques des lycées, les TOS, ont été transférés aux régions, soulevant une large protestation dans le cadre d’un grand mouvement de lutte pour défendre l’école publique, en quoi les régions de gauche ont-elle aidé à la mobilisation ?

Dans le domaine des transports, quelle région a affronté plutôt qu’accompagner la logique de mise en concurrence et de casse du monopole public de la SNCF (et de la RATP) ?

Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y ait pas à distinguer des options différentes dans ce cadre, comme le refus de certaines régions de gauche des PPP « partenariats publics privés » pour les lignes à grande vitesse.


La deuxième raison de l’absence de contre-pouvoirs régionaux est là : dans l’intégration du PS, de ses féodaux régionaux, par suite de leurs satellites, au consensus (social-) «libéral ».


Notre région, l’Ile-de-France, la plus grande avec 11,5 millions d’habitants et 4,5 milliards d’euros de budget annuel, en est sans doute une des meilleures illustrations, avec son président Jean-Paul Huchon.

Le mérite de Huchon, c’est d’être, parmi les éléphants du PS, celui qui n’hésite jamais à mettre les pieds dans le plat. Dans un livre, publié en 2008, « De battre ma gauche s’est arrêtée », il explique les réflexions politiques qui guident son action.


Sa conception de la « gauche » est incompatible avec celle des communistes, c’est peu de le dire. Cela vaut la peine de citer quelques extraits de son livre.


Avant de le faire, ayons une première réflexion sur les listes aux régionales qui commencent déjà à préoccuper certains dans notre parti.

Les situations régionales sont différentes et tous les présidents PS de région n’ont pas le même profil et le même bilan que Jean-Paul Huchon ou Georges Frèche en Languedoc-Roussillon.


Faire liste commune au 1er tour derrière ces derniers, c’est assurément renoncer à une grande part de crédibilité et de possibilité de peser réellement à l’avenir.

Pour autant en 2004, avait été présentée au 1er tour en Ile-de-France une liste de la « gauche populaire et citoyenne », un véritable prototype du « Front de gauche ». Des « personnalités » de petits groupes, recyclés du PS ou de la « gauche alternative » ont eu la part belle dans les élus, gagnés principalement grâce au vote communiste. Ces élus participent depuis 2004 à l’exécutif de Huchon auquel ils apportent un soutien indéfectible qui confine à la docilité.


Effacement derrière la social-démocratie dès le 1er tour, ou liste vaguement de « gauche alternative » finissant par canaliser dans la même direction au 2nd ?


Il existe un 3ème choix : que les communistes présentent des listes de rassemblement sur un contenu clair de résistance à la politique au service du Medef nationalement comme régionalement.

C’est ce qui avait été fait en 2004 en Picardie et dans le Nord-Pas-de-Calais avec de bons résultats.

La question de la participation aux exécutifs se pose seulement ensuite.

Refuser par principe de participer à des exécutifs régionaux menés par le PS, comme le pose le NPA, n’a pas de sens. Mais l’inverse non plus.

Depuis 2004, nos camarades du Nord-Pas-de-Calais ont jugé qu’il n’allait plus dans l’intérêt des salariés et de la population de continuer à faire partie de la majorité PS. Une partie de nos camarades de Picardie sont arrivés au même résultat en 2006.

Pas les élus de la « gauche populaire et citoyenne en Ile-de-France » malgré les orientations de Huchon.

Ce débat doit être conduit avec le temps et la transparence nécessaires et surtout en partant d’un bilan et d’un programme sérieux. Nous y prendrons toute notre part.

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Mardi 18 août 2009

Florilège politique de Jean-Paul HUCHON, président PS de la Région Ile-de-France

 

Sélection d’extraits de son livre « De battre ma gauche s’est arrêtée », Seuil, mars 2008

  Education/école :

 

« Il faudra quand même, un jour, oser poser la question de la régionalisation de l’Education nationale. Je sais bien que je brise, là, un tabou fondamental de la gauche, mais on vient de nous confier les personnels techniques, on va certainement nous confier dans la foulée les personnels administratifs, c'est-à-dire les intendants et les personnes qui font tourner la boutique, qu’est-ce qui empêche que l’on nous confie les professeurs dès lors qu’il existe toujours des programmes élaborés au plan national par une cellule de prospective intelligente de l’Education ? Franchement, je ne vois rien qui puisse s’opposer à cette mutation ! » - p 125

« Il n’y a aucune raison que des milliers de fonctionnaires de la recherche relèvent de l’Etat » - p 137

« Au sein du Conseil régional d’Ile-de-France, par exemple, j’ai fait voter par les socialistes, l’UMP, l’UDF et le Front national une aide à l’enseignement privé dans les lycées. Les chevènementistes ont voté contre mais les communistes et les Verts se sont, eux, abstenus, ce qui, en soi, est déjà un progrès ! » p 72

 

Services publics :

 

« Il ne faut pas confondre service public et entreprise publique. Je pense qu’il n’y a plus tellement de justification à l’existence d’entreprises publiques. On peut imposer à certaines entreprises un cahier des charges, l’Etat peut disposer de Golden shares pour faire entendre sa voix, bref on peut imaginer des dispositifs qui font que l’Etat a son mot à dire, pour autant on ne peut ignorer le marché et maintenir à tout prix une entreprise dans le secteur public lorsqu’elle est soumise aux impératifs de la concurrence. … » - p 135

 

« Tout débat sur la renationalisation est de nature à nous renvoyer 25 ans en arrière, donc je n’y suis pas favorable. On peut encadrer très strictement une entreprise concessionnaire sans la nationaliser. C’est ce qu’il faudrait faire si on privatisait complètement EDF. Au fond, la question, désormais, est ailleurs. Les problèmes de taille d’entreprises, d’investissement et de rapprochement qui s’imposent du fait de la mondialisation rendent le débat sur les nationalisations caduc. » - p 136

 

Cadeaux au grand patronat :

 

« La région Ile-de-France vote des crédits, y compris pour des grands groupes, pour développer des pôles de compétitivité. Sincèrement, il y a encore 3 ans, je n’aurais pas été capable de faire adopter ces mesures par ma majorité. … puisque les crédits sont versés dans des zones qui marchent. » - p 72

 

Institutions : à bas le département, l’unicité de la Loi !

 

« Mais, globalement, si une collectivité devait disparaître, à long terme ce serait évidemment le département. Non parce qu’il gère la proximité (au contraire) mais parce qu’il est devenu, en fait, le refuge du jacobinisme. C’est là que s’installent les services de l’Etat pour se développer. » - p 127

 

Question de Denis Jeambar : « Sur quel territoire pourrait-on rompre le principe d’unicité de la loi ? ». Réponse de Huchon : « le seul possible, aujourd’hui, c’est la région. » - p 132

 

« Une sous-préfecture ne sert pratiquement à rien ». – p 134

 

Vive l’Europe des régions ! A bas la France !

 

«  Je vous livre le fond de ma pensée : je me sens plus européen que français. Il m’est très facile d’imaginer une cosmogonie institutionnelle dans laquelle il y aurait l’Europe, directement branchée sur les régions, et les régions sur des communes regroupées par l’intercommunalité. C’est la logique à venir de la chaîne du pouvoir. Je n’ai pas d’attachement national. Je me sens plus à l’aise dans certains pays qui sont moins violents, moins durs, moins discutailleurs. J’ai une sympathie naturelle pour les Anglo-Saxons, les Scandinaves : ce sont des gens qui font la queue, qui ne vous klaxonnent pas quand vous êtes perdus, il y a une discipline. Cette civilisation n’existe malheureusement pas en France ! Autrement dit, je n’aurais aucune difficulté à vivre dans une patrie qui serait l’Europe, avec une patrie secondaire qui serait la région dans laquelle je vis, à condition qu’elle ait un dessein culturel suffisamment compréhensible et partagé. La Nation ? Je ne crois pas à son avenir parce que je n’ai jamais cru à cette histoire d’identité nationale. Je ne m’accroche pas à ces idées-là ! » - p142 & 143

 

PCF : hier redouté, aujourd’hui méprisé

 

«  La SFIO puis le nouveau parti socialiste, à partir du congrès d’Epinay, ont toujours dû prouver qu’ils étaient à gauche. Le PCF a contraint les socialistes à une permanente surenchère. » - p 28

«  Nous sommes un parti d’élus relativement pragmatiques. Le socialisme municipal ne s’est, en effet, jamais soumis au communiste ou au marxisme. » - p 29

«  La stratégie d’Union de la gauche a été d’une redoutable efficacité. Elle a inversé très vite le rapport de force entre PS et PC. Mais nous avons payé un prix idéologique très élevé. » - p 54

 

« Les communistes peuvent évoluer mais ce n’est plus un parti véritablement national : il contrôle des poches électorales, il n’a plus de doctrine, ses dirigeants sont perdus, une partie d’entre eux pensent qu’ils sont encore les porte-parole des damnés de la terre mais cela ne va pas au-delà. Et plus personne ne croit, par ailleurs, au communisme salvateur. Dans une certaine mesure, on peut dire, tant pis si ça choque, que le communisme, au sens historique, messianique, a disparu. »  p 85

«  Donc le seul chemin possible, c’est de continuer à refuser la domination idéologique des communistes…

J’ai la conviction que nous n’avons jamais été aussi proches de cette alliance entre la gauche et le centre. Avec les communistes, il faut leur proposer un chemin commun, les aider à évoluer : ce n’est pas impossible, ils représentent une sensibilité réelle, mais ils doivent avec nous assumer le monde d’aujourd’hui et les contraintes du pouvoir, au rebours d’une tradition purement tribunitienne. » - p 86 & 87

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