Non à l’aventure guerrière de l’impérialisme français au Mali !
Pcf Paris 15, 13 janvier 2013
Le pays et la représentation nationale sont devant le fait accompli.
François Hollande a déclaré que la France était en guerre au Mali le lendemain des premiers affrontements. Depuis des semaines, il préparait l’opinion à cette intervention. Mais il promettait de placer de la chair à canon africaine en première ligne, ce qui s’est révélé impossible. Il y a déjà un soldat français mort au Mali et au moins deux dans le ratage de l’opération coordonnée en Somalie. Hollande se réjouit de « lourdes pertes chez les adversaires ». Oui la guerre, ça coûte et ça tue !
Personne ne peut être dupe des raisons avancées le Président. On connaît trop les refrains à la George Bush sur la guerre « humanitaire » et la « lutte contre le terrorisme » et les résultats des guerres d’Irak, d’Afghanistan ou d’ailleurs.
En Libye, les impérialistes français et britanniques ont servi de sous-traitants à l’impérialisme américain pour des questions principalement de pétrole. Cette guerre a décomposé le pays, ravivé et militarisé des conflits préexistants dans plusieurs pays d’Afrique noire dont le Mali. Elle a fait le lit d’une radicalisation politique « islamiste ».
Maintenant, les intérêts impérialistes, notamment français, l’accès aux minerais, à l’uranium du Niger par exemple, se trouvent menacés par la déstabilisation de toute la région. C’est là qu’il faut chercher les vrais objectifs de guerre de l’Etat français. Certainement pas dans les appels à l’aide du président fantoche placé par l’Occident à Bamako.
Le déroulement militaire et les conséquences politiques de cette nouvelle aventure guerrière , en Afrique mais aussi
ailleurs, sont imprévisibles. Afghanistan, Irak, Libye : la terreur de la guerre n’a fait que renforcer les
« terroristes » ou les « islamistes » que l’OTAN prétendait combattre. La population du Mali, dans toutes ses composantes, du nord et du sud, vit des heures sombres. Mais
l’issue d’une guerre menée par la puissance néocoloniale qui poursuit l’exploitation du pays, le maintient dans une extrême pauvreté et une dépendance politique, condamne une partie de sa
jeunesse à l’émigration est douteuse.
François Hollande se prévaut d’un appui international général. Les puissances impérialistes chinoise et russe n’ont pas d’intérêts économiques et géopolitiques divergents avec les Etats-Unis et l’UE , dans le cas du Mali, contrairement à celui de la Syrie. Elles ne bloqueront pas les résolutions de l’ONU.
En France, les médias prétendent qu’il existe un consensus en faveur de cette guerre, de la gauche à l’extrême-droite. Là encore, le changement, ce n’est vraiment pas pour maintenant. Hollande met ses pas dans ceux de ses prédécesseurs, Sarkozy en Libye et en Côte d’Ivoire, Jospin en Afghanistan, sans remonter la sinistre guerre mitterrandienne au Tchad.
Communistes, nous ne rentrerons pas dans cette « Union sacrée », pas plus aujourd’hui qu’hier.
Nous demandons l’arrêt immédiat des opérations militaires françaises au Mali et l’ouverture de pourparlers de paix entre tous les belligérants.
Plus que jamais, nous demandons le retour en France de tous les soldats déployés en « opérations extérieures » : Plus un seul soldat français hors de France !
Nous demandons la sortie de la France de l’OTAN et de la politique extérieure intégrée de l’Union européenne.
Plus un homme, plus un sou pour la guerre impérialiste !
88ème militaire mort en Afghanistan : la mort, la guerre, l’hypocrisie impérialistes, jusqu’au bout. Sans fin ?
Pcf Paris 15, 12 août 2012- Notre dossier: "Troupes françaises hors d'Afghanistan"
Un 88ème militaire français a été tué en Afghanistan le 7 août 2012, laissant une veuve et trois orphelins. Le mort a eu le droit à une cérémonie à Paris et à un discours présidentiel le 11 août dans l’Isère.
Là encore, nouveau président mais pas changement. François Hollande a repris les mêmes expressions que celles de Nicolas Sarkozy, mélangeant compassion, grandiloquence, mais surtout réaffirmation, sans aucune autocritique, de la politique d’intervention militaire française dans le monde.
Selon François Hollande : « La France se bat, non pas
pour son influence dans le monde, non pas pour ses intérêts, mais au nom de valeurs et de principes. C'était le sens de la présence de la France en Afghanistan. Elle avait été décidée au
lendemain de l'attaque terroriste du 11 septembre 2001 qui avait frappé les Etats-Unis d'Amérique. …
Il s'agissait à l'époque d'en terminer avec un régime lié à Al Quaïda et qui abritait Ben Laden. A l'égard de forces obscures qui menaçaient la sécurité du monde. Nous avions un but, un seul :
permettre aux Afghans de prendre souverainement en charge leur propre destinée. Cette mission est aujourd'hui accomplie. »
Quel beau bilan en effet ! 11 ans de guerre d’occupation ont détruit, tué partout dans le pays. La résistance nationale, menée par des « talibans », ceux-là qui tenaient le régime précédent, n’a cessé d’enregistrer des victoires politiques et militaires. Le pouvoir intronisé par les Américains est totalement fantoche et ne se distingue que par sa corruption sans égale. Quant à Ben Laden, il a été tardivement liquidé, dans sa résidence pakistanaise, alors que l’administration américaine avait déjà décidé le retrait.
Dans la campagne électorale, gauche et droite se sont disputées la primeur de la sortie des troupes françaises de cette guerre impopulaire. En réalité, l’une et l’autre n’ont fait que s’inscrire docilement dans le calendrier de retrait fixé par les Etats-Unis.
Hollande ne se prévaut aujourd’hui du retrait auquel il se serait « engagé » que pour mieux justifier de nouvelles interventions. Notons que le militaire dont on vient de célébrer les obsèques n’aurait pas fait partie des 2000 qui rentreront normalement d’ici la fin de l’année, mais des 1000 autres qui comme lui, major et « conseiller militaire », resteront encore.
Rien des objectifs officiels de la guerre en Afghanistan n’a été atteint mais était-ce les vrais objectifs ? Evidemment non.
Le lobby militaro-industriel occidental s’est gorgé de centaine de milliards de dollars. La guerre est le principal moteur de la « croissance » US ! L’Afghanistan aura aussi coûté aux contribuables français entre 5 et 10 milliards d’euros.
Les puissances impérialistes occidentales ont poursuivi leur travail de déstabilisation d’une zone géostratégique majeure, carrefour du transport du pétrole. Ils ont fait une démonstration de forces non loin de la Chine et de la Russie. L’Afghanistan, après l’Irak, avant la Syrie ? Mêmes si les conditions afghanes se sont avérées particulièrement retorses.
Voilà les véritables raisons pour lesquelles la France a fait la guerre alignée derrière les Etats-Unis avec les autres pays de l’UE pour défendre, n’en déplaise à M. Hollande, les intérêts de l’impérialisme français liés à ceux du capitalisme US et UE.
La mise en scène toujours plus accentuée des obsèques des soldats français tombés en Afghanistan appelle la réflexion. Le pouvoir redoute visiblement l’opinion publique. Prépare-t-il ou du moins n’exclut-il pas, après la coûteuse opération libyenne de 2011, l’engagement de troupes sur de nouveaux théâtres d’opération ?
Dans son discours du 11 août, devant la dépouille du soldat français, François Hollande, affirme : « Cette semaine encore, nos forces déploient un groupement médico-chirurgical dans le nord de la Jordanie. J'en ai ainsi décidé sur la proposition du ministre de la Défense. Au plus près de la frontière avec la Syrie, pour venir en aide aux réfugiés mais aussi aux combattants… » : Aveu que la France intervient déjà du côté d’un belligérant.
Plus que jamais, communistes français, nous voulons agir contre la guerre impérialiste, casser le consensus des forces politiques derrières les « interventions » hypocrites, coûteuses et meurtrières.
L’intervention en Afghanistan derrière les Etats-Unis a été décidée en 2001 par Chirac et la gauche « plurielle ». Son intensification et sa prolongation ont reçu l’accord de la droite et de la gauche parlementaires. Elles surenchérissent maintenant sur la forme d’une intervention en Syrie. Aucune véritable contestation nationale de la guerre en Afghanistan n’a été organisée en France, malgré des initiatives, comme la pétition lancée en 2008 pour le retrait d’Afghanistan émanant de plusieurs organisations du PCF, dont la nôtre, à l’appel d’Henri Alleg.
Plus que jamais, nous appelons et contribuons à des actions nationales pour :
- Le rejet de toute forme d’ingérence française à l’étranger, notamment en Syrie, l’arrêt immédiat de toutes les interventions militaires françaises en cours hors de France, le retour en France de tous les militaires français « en mission » à l’étranger, la sortie unilatérale de la France de l’OTAN et des politiques extérieures de l’UE.
Hollande finit son discours en se référant à « la force de l’âme française » vantée par Clémenceau pour accompagner des millions de jeunes à la grande boucherie de 14-18. Nous préférons une autre citation : « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels » (Anatole France).
Pas d’argent pour l’école mais de l’argent pour la guerre !
Pcf Paris 15 – 25 novembre 2011
Le deuxième plan Fillon d’austérité sera discuté par le Parlement à partir de la fin novembre 2011. Dans le projet de « collectif budgétaire », il n’y a pas que des impôts
injustes en plus (TVA) et des dépenses sociales en moins. Il y a aussi des dépenses en plus.
391 millions d’euros sont ainsi inscrits pour compléter le budget militaire au titre des opérations à l’extérieur (opex). Il s’agit de la partie avouée du coût de la guerre en Libye. Ces 391 millions s’ajoutent aux 900 millions d’euros déjà budgétisés cette année pour les « opex » en Afghanistan, en Côte d’Ivoire et un peu partout dans le monde.
L’armée obtient aussi pour Noël 75 millions d’euros pour payer des compléments de solde aux soldats engagés dans les « opex ». Peut-être pour offrir des chocolats aux familles des 76 morts français dans la guerre d’Afghanistan. Sûrement pas pour les milliers de morts afghans !
Au total, les guerres extérieures coûtent, officiellement, 1,5 milliards d’euros, le double si l’on tient compte des dépenses d’armement inscrites dans le budget « normal » de la défense.
3 milliards d’euros : c’est la somme, présentée comme exorbitante par le pouvoir, que représenterait la recréation des 65.000 postes dans l’éducation nationale supprimés depuis 2007.
Plus un soldat français à l’étranger ! Retrait des troupes d’Afghanistan ! Sortie de la France de l’OTAN et de la défense européenne !
14 juillet 2011 : retrait immédiat et unilatéral des troupes françaises d’Afghanistan ! Arrêt des frappes françaises sur la Libye !
« La Nation est fière de ce que vous faites ici, pour la France, au nom de la France » a asséné, une fois de plus, Nicolas Sarkozy, sur place en Afghanistan, le 12 juillet.
Deux jours plus tard, 6 soldats de plus périssaient portant à 70 le nombre total de morts français depuis le début de l’intervention militaire.
La Fête nationale a reposé la question politique de façon brûlante.
Et cela loin de la polémique née des postures électoralistes des uns et des autres1 sur le défilé. Nous sommes les premiers à dénoncer tout ce qui fait du 14 juillet, de la fête du peuple, du souvenir du peuple en armes pour sa liberté, un défilé militariste.
Mais cela ne saurait masquer le problème imminent.
La Nation peut-elle être « fière » de ce que ses gouvernants font faire à ses soldats un peu partout dans le monde ? Au nom de la France peut-être mais « pour la France », certainement pas !
Les propos tour à tour lénifiants ou grandiloquents du Président ne peuvent convaincre, pas plus qu’ils ne rendront les soldats morts à leur famille.
Pourquoi sont-ils en Afghanistan depuis la décision de MM. Chirac et Jospin en 2001 ?
Pour suivre la politique de puissance des USA, défendre les intérêts des multinationales pétrolières et du lobby militaro-industriel.
Tous les objectifs affichés à l’origine sont tombés. L’occupation du pays par les troupes de l’OTAN s’est traduite par des destructions, le maintien du pays dans le pire sous-développement et la corruption. Des accords sont maintenant en vue avec des « talibans modérés ».
Au fait, combien de morts civils ? En dehors des quelques « bavures » reconnues, on le saura peut-être dans quelques dizaines d’années, pour l’Afghanistan comme pour la Libye ?
Pourquoi nos pilotes bombardent-ils la Libye, avec l’approbation significative le 12 juillet, largement en contradiction avec l’opinion publique, de la quasi-totalité des députés de droite et de gauche, hormis les communistes ?
Pour protéger le peuple avec des bombes ? Bien plutôt pour dépecer un pays, pour remplacer un dictateur, accueilli hier en grandes pompes à l’Elysée, par ses anciens ministres afin de trouver des partenaires plus accommodants pour les grands groupes pétroliers !
Le gouvernement a dû concéder lors du débat parlementaire que la guerre en Libye avait déjà coûté 104 millions d’euros, s’ajoutant aux 600 millions budgétisés pour les « opérations extérieures ». Les chiffres réels se monteraient à 1,2 milliard d’euros par an. Cela fait l’équivalent de 50.000 postes dans l’éducation nationale !
Assez ! La mobilisation du peuple français doit croître pour la fin de la participation française à ces guerres impérialistes. Et peu importe pour les peuples qu’elles se fassent sous l’égide des USA, de l’OTAN ou de l’UE2 ou de tous ensemble!
Depuis trois ans déjà, communistes, avec d’autres pacifistes, nous faisons signer une pétition pour le retrait des troupes françaises d’Afghanistan.
A la suite d’Obama, Sarkozy promet un départ échelonné à partir de la fin 2012, d’ici 2014. Non ! Le retrait de toutes les troupes françaises doit être immédiat et unilatéral !
De plus en plus de voix se font entendre, avec celles des communistes, pour l’arrêt des frappes aériennes françaises en Libye, prélude à une solution politique. Amplifions le mouvement !
L’intérêt de la France, c’est l’intérêt du peuple français, c’est celui des autres peuples, celui de la paix ! Le 14 juillet 1789, bien d’autres pages de notre histoire ont montré que c’est le peuple lui-même, les travailleurs qui sont le mieux à même de le défendre.
SOUVENONS-NOUS DES INVITES D'HONNEUR AU DEFILE DU 14 JUILLET 2008!
Oussama Ben Laden est mort : l’injustice de l’ordre impérialiste persiste !
Oussama Ben Laden est mort. Nous ne regretterons pas le propagandiste de l’obscurantisme, de la haine, du crime terroriste.
Mais la disparition de l’ancien agent de la CIA dans la guerre antisoviétique ne règle rien. Non, justice n’est pas faite, contrairement à ce que prétend le nouveau visage de l’impérialisme américain, Barak Obama.
Quelle conception « civilisée » de la justice est-ce déjà que d’assassiner un assassin, en évitant soigneusement toute autre forme de procès !
Justice ? L’impérialisme, avec l’impérialisme américain toujours en tête, fait plus que jamais régner un ordre mondial basé sur l’exploitation, la domination, la guerre, toutes ces formes de terreur contre les peuples.
Les attentats du 11 septembre 2001 ont servi à justifier la guerre, depuis 10 ans, en Afghanistan, l’anéantissement de l’Irak, le recours à la force étendu partout dans le monde.
Le lobby militaro-industriel américain a réussi à faire passer les dépenses militaires de 305 à 750 milliards de dollars de 2001 à 2011. Quelle belle croissance économique ! Que de profits !
L’injustice, la négation du droit des peuples persistent et s’aggravent, notamment pour le malheur du peuple palestinien, toujours à l’épicentre des tensions impérialistes.
L’élimination de Ben Laden permettra-t-il aux Etats-Unis de se sortir du bourbier afghan, en arrivant faire passer un accord avec les Talibans ? Rien n’est moins sûr.
Ici comme ailleurs, la préoccupation de l’impérialisme est la défense et la consolidation des intérêts des multinationales.
En Tunisie, en Egypte, au Yémen, au Bahreïn, des révoltes sociales ont commencé à changer la donne. L’impérialisme s’efforce, pour l’instant avec succès, de maintenir l’ordre capitaliste quitte à changer d’équipe dirigeante.
En Libye, il compte y gagner en pétrole en remplaçant un dictateur récalcitrant par des fantoches plus dociles.
Mais rien n’y fait. Même dépourvus d’organisations révolutionnaires, les peuples arabes indiquent à nouveau aux peuples du monde une voie : celle de l’émancipation sociale, de la révolution.
A mille lieues du terrorisme impérialiste et de son fils le terroriste Ben Laden.
Voilà qui vaut aussi pour le peuple français.
Continuons à nous battre pour le retrait des troupes françaises d’Afghanistan, pour l’arrêt de la guerre française en Libye et en Côte d’Ivoire, pour la sortie de la France de l’OTAN !
Continuons à nous battre pour la libération de notre peuple de l’impérialisme et du capitalisme, d’où qu’ils viennent !
51ème et 52ème morts français en Afghanistan : sacrifiés à l’allégeance à l’OTAN et à l’impérialisme
On a appris la mort les 15 et 16 décembre 2010 de deux soldats français du corps expéditionnaire envoyé seconder l’armée américaine dans sa guerre en Afghanistan. Cela porte à 52 le nombre de morts français depuis le début de l’opération.
L’un, capitaine du génie, venait de Touraine, avait 34 ans et était père d’une petite fille. L’autre, sous officier de marine, était originaire de Lorraine et avait 28 ans.
Ils avaient reçu des décorations pour des actes certainement bien réels mais qui rappellent tant les citations attribuées aux soldats de 14-18 envoyés au casse-pipe. Par exemple : a permis à son groupe de « repousser les insurgés grâce à son sang froid et à sa juste appréciation de la situation ».
Comme à chaque fois, les plus hautes autorité de l’Etat, Président en tête, y sont allées de leur message de condoléances grandiloquent. Ce n’est pas cela non plus qui rendra leur enfant, mari ou père à leur famille.
« Devenez-vous-même ! » : tel est le titre de la campagne de publicité de l’armée pour enrôler des jeunes, menacés par le chômage et la précarité. Elle est encore plus choquante quand nos jeunes tombent pour des causes si éloignées de la défense nationale.
Sarkozy a réaffirmé, encore une fois, « la détermination de la France à œuvrer » en Afghanistan au sein de la force internationale, c'est-à-dire derrière l’OTAN et les Etats-Unis.
Pourtant, depuis bientôt 10 ans, l’échec est total par rapport aux objectifs affichés par la propagande. Le dernier rapport rendu à M. Obama le 15 décembre doit le reconnaître : aucune victoire militaire n’est en vue et la situation politique se dégrade.
La guerre, l’occupation étrangère a semé encore plus de morts, de destructions dans le pays, bien loin du relèvement économique promis. Le régime fantoche de Kaboul pointe en 1ère place des gouvernements corrompus du monde. Les « insurgés », « extrémistes » que combattent les forces de l’OTAN reçoivent un soutien populaire toujours plus grand.
La réalité apparaît sans fard : l’impérialisme américain, avec ses vassaux européens, a besoin de mener des croisades contre le « terrorisme » pour montrer sa force, pour défendre ses intérêts dans des régions du monde si riches notamment en pétrole, pour enrichir les marchands de canons aux frais des peuples.
Les Français n’ont rien à faire dans cette guerre.
En 2010, le gouvernement a pourtant porté à 3750 hommes le contingent français.
Le Parlement vote ces jours-ci dans le collectif budgétaire une rallonge de 287 millions d’euros pour les opérations militaires à l’extérieur (OPEX). Les surcoûts au budget de la défense de ces OPEX auront représenté officiellement 867 millions d’euros en 2010, l’équivalent de 30.000 postes d’enseignants.
Assez ! Plus que jamais, exigeons le retrait des troupes françaises d’Afghanistan, la sortie de la France de l’OTAN !
46ème et 47ème morts français : plus que jamais l’exigence du retrait des troupes d’Afghanistan
Si Sarkozy s’est déplacé lui-même à Fréjus pour présider les obsèques des soldats du 21ème régiment d’infanterie de Marine morts le 23 août 2010, ce n’est pas pour consoler les familles. Leur drame est irréparable.
Non, il vient pour préparer l’opinion à d’autres morts, à d’autres sacrifices humains (et financiers – 700 millions d’euros par an).
47 morts mais pour quoi ?
Sarkozy laisse à d’autres le soin de se départir de la langue de bois guerrière. Il garde pour lui les arguments primaires :
- La guerre pour la paix ?Depuis 9 ans que les troupes françaises suivent l’intervention américaine, la guerre ne cesse de s’intensifier et de s’étendre dans toute l’Afghanistan. Les plus hauts stratèges américains reconnaissent l’impasse militaire.
- La guerre contre le terrorisme ?Al Qaïda reste tout autant invisible. Les Talibans sont renforcés politiquement dans la population. Ils apparaissent pour les défenseurs du pays contre l’envahisseur étranger et ses alliés locaux fantoches.
- La guerre pour le bien du peuple afghan ? De révélations en « fuites », la liste des bavures, des exactions, des morts entraînées par les armées d’occupation s’allonge. Toutes les conditions d’un développement économique et social sont annihilées par les destructions, la corruption qu’amènent la guerre et l’occupation.
Les objectifs véritables de la guerre américaine sont de plus en plus visibles pour l’opinion publique internationale. L’impérialisme américain et ses alliés européens ont besoin de maintenir un état de guerre dans cette région stratégique, qu’ils sont prêts à étendre contre l’Iran. Ils ont besoin à des fins de politiques externes et internes d’instrumentaliser la « menace terroriste ». La participation de la France, avec tout ce que notre pays représente encore internationalement, leur apporte une caution importante.
Devant l’enlisement militaire, l’émoi devant la multiplication des morts dans les armées occidentales, le pouvoir aux Etats-Unis commence à amorcer une modulation de discours, toujours pour poursuivre les mêmes objectifs. Obama évoque une « afghanisation » de la guerre un début de retrait en juillet 2011. Mais déjà le Général Patraeus, commandant des forces internationales (OTAN), a jugé cette date prématurée…
En France, certains se démarquent du discours de Sarkozy mais en prenant garde de ne pas aller jusqu’au bout.
On se souvient que c’est le gouvernement de la « gauche plurielle » qui céda en 2001 aux injonctions de Bush d’envoyer un corps expéditionnaire français.
Aujourd’hui certains appellent à une modification des missions de l’intervention internationale. D’autres demandent la tenue d’une « conférence internationale ». D’autres encore agitent l’illusion de la transformation de l’intervention en intervention humanitaire, éventuellement sous l’égide de l’UE (dont les intérêts sont étroitement liés pourtant à ceux de l’impérialisme US).
Pour la paix, dans l’intérêt de la France, dans l’intérêt du peuple afghan, pour notre part, nous n’avons qu’un seul mot d’ordre :
Retrait unilatéral immédiat des troupes françaises d’Afghanistan !
Sortie de la France de l’OTAN !
Pas un sou français pour la guerre US en Afghanistan !
La pression de l’opinion publique aux Pays-Bas est parvenue à gagner le retrait des troupes de ce pays. Gagnons la même chose en France !
45ème soldat français mort en Afghanistan. Le pouvoir envoie 250 hommes de plus au casse-pipe.
Mardi 6 juillet 2010, un 45ème soldat français est mort en Afghanistan des suites de ses blessures dans une opération qui avait déjà coûté la vie à un de ses compagnons. Il était sergent-chef, basé dans le Doubs, à Valdahon.
Les « sincères condoléances » du communiqué de Nicolas Sarkozy ne rendront pas le leur à sa famille.
Il est mort pour quoi ? A chaque drame, la question doit être posée avec encore plus d’insistance.
L’intervention de l’OTAN est une impasse politique. La guerre étrangère, l’occupation, les destructions et les crimes, la corruption du gouvernement afghan fantoche à la solde de l’occupant, renforcent les oppositions nationales, en premier lieu les talibans que l’on prétend combattre.
L’intervention de l’OTAN est une impasse militaire. Des officiers américains le reconnaissent eux-mêmes. Les Britanniques préfèrent se retirer, après 100 morts chez les leurs, d’un secteur difficile. Un général français, le gal Desportes, vient de mettre en cause la stratégie américaine avant d’être rappelé à l’ordre par le ministre français Morin.
Peu importe semble-t-il pour le pouvoir français. Sarkozy a d’autres communiqués en réserves pour les familles des prochains tués. Il n’en a pas besoin pour les victimes afghanes.
Ce qui compte pour les gouvernements français depuis 2001, c’est de montrer à l’impérialisme US et à l’OTAN leur fidélité en Afghanistan, en attendant peut-être un nouveau foyer de guerre en Iran.
A l’occasion, on apprend incidemment de la bouche de l’amiral Guillaud le 4 juillet 2010 que le corps expéditionnaire français va être porté de 3750 à 4000 hommes. Sans débat, sans consultation du Parlement, en plein été. On ne change pas une politique qui tue !
RETRAIT DES FORCES FRANCAISES D’AFGHANISTAN ! RETRAI DE LA FRANCE DE L’OTAN !
N’attendons pas les prochaines morts !

44ème soldat français mort en Afghanistan : le Quai d’Orsay a « confiance » en Petraus, le nouveau commandant en chef des armées de l’OTAN !
Vendredi 18 juin 2010, un soldat français, a été tué par un tir d’artillerie au nord de Kaboul en Afghanistan. Il s’appelait Steeve Cocol. Il était âgé de 29 ans. Il était originaire de Guadeloupe. C’est le 44ème mort français depuis la décision de 2001 de participer à la guerre américaine sous l’égide de l’OTAN.
Ce nouveau drame repose la même question : « que font nos soldats en Afghanistan ? ».
Lors des obsèques de Steeve Cocol à Tarbes, le ministre de la défense s’est déplacé lui-même. Cela devient de plus en plus difficile de justifier aux familles endeuillées, à la population, le sacrifice de leurs enfants. Alors Hervé Morin a cru bon de déclamer ces phrases ronflantes: « Il entre dans la cohorte glorieuse des héros, ceux qui ont payé le prix du sang pour que vive la France. … C'était un combattant de la liberté, de ceux qui ont choisi de dire non au terrorisme et de donner leur vie pour cet idéal. » Cela ne leur rendra pas leur fils !
Non ! Il est mort parce que le gouvernement français l’a envoyé au casse-pipe, parce que le gouvernement français veut montrer sa subordination loyale à l’impérialisme américain qui défend ses intérêts dans cette zone importante en géopolitique.
Morin s’est permis de rajouter devant le cercueil que le jeune mort était « un petit gars de Bigeard », en allusion au général décédé le même jour : le lien est fait entre les guerres colonialistes d’hier et les guerres « préventives » d’aujourd’hui.
Rien ne va plus en Afghanistan du côté de l’OTAN.
L’impasse militaire est totale. Les Talibans, loin d’être brisés, étendent leur zone d’action et infligent de lourdes pertes aux armées étrangères.
L’impasse politique est totale. Les « bavures », exactions, pour ne pas dire crimes, de l’armée d’occupation renvoient les populations vers les talibans. Le gouvernement fantoche et corrompu de Karzaï tend la main aux « talibans modérés ». Le pays reste enfoncé dans le pire sous-développement alors que l’opération américaine coûte 65 milliards de dollars par an.
La Francegaspille « seulement » 500 millions d’euros par an, l’équivalent de 20.000 enseignants ou infirmières.
Signe de la situation de crise, le président Obama vient de limoger le commandant en chef de l’OTAN en Afghanistan, le général Mac Chrystal pour le remplacer par le général Petraeus, jusqu’alors commandant des forces américaines en Irak et Afghanistan. Obama a réaffirmé que la stratégie militaire reste la même.
Le gouvernement français s’est empressé de déclarer, par la voix du porte-parole du Quay d’Orsay : « nous faisons pleinement confiance au général Patraeus pour mettre en œuvre la stratégie décidée par les alliés ».
Assez !
Exigeons avec plus de force le retrait unilatéral des 3750 soldats français d’Afghanistan et la sortie de la France de l’OTAN ! Pas un homme, pas un sou pour la guerre impérialiste en Afghanistan !
7000 pétitions déposées au ministère de la défense pour le retrait des troupes françaises d’Afghanistan

Mercredi 5 mai 2010, une délégation de la section du PCF Paris 15ème s’est rendue au ministère de la Défense. Elle a rejoint une délégation de nos amis de l’association « Combattre le colonialisme aujourd’hui » (ACCA), comprenant notamment Henri Alleg (de dos sur la photo), Jean Clavel, Alban Liechti.
Au total, plus de 7000 pétitions ont été déposées (2600 collectées par nous) demandant le retrait des troupes françaises d’Afghanistan.
Notre pétition, lancée en 2009, s’oppose aussi à la présence de la France dans l’alliance militaire impérialiste qu’est l’OTAN, dont l’UE est de plus en plus nettement l’antenne européenne.
Celle de l’ACCA demande le retrait de toutes les troupes françaises déployées hors des frontières.
Dans le silence, le pouvoir a ainsi ouvert en 2009 une nouvelle base militaire à Abu Dhabi, aux Emirats arabes unis, dont la seule vocation est d’être un point de soutien à une éventuelle agression américaine contre l’Iran. Sans parler du reste du monde et notamment de l’Afrique.
La mort d’un 41ème soldat français, un légionnaire du 2ème régiment de parachutiste de Calvi, le 8 avril 2010, l’aveu d’une « bavure » (combien d’autres ?) le 6 avril où un missile français a tué quatre civils sont venus dramatiquement rappeler l’horreur de la guerre impérialiste américaine à laquelle les gouvernements depuis 2001 ont associé notre pays.
Le Président Sarkozy et le ministre Morin ne cessent de rassurer Obama sur la fidélité de la France au suzerain US. Des renforts de « formateurs » viennent d’être envoyés.
Il faut que ça s’arrête ! Il faut que notre pays puisse décider, que la chape de plomb soit ôtée sur les faits et leurs motivations qui trahissent la volonté du peuple français, sa quête de paix et de justice, de respect du droit des peuples, de solidarité pour un développement de l’Afghanistan.
Les opérations militaires françaises à l’extérieur du pays coûtent aussi plus d’un milliard d’euros par an, l’équivalent de 50.000 enseignants ou infirmières…
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