Les contrôleurs SNCF n’en peuvent plus de la politique de destruction du service public
Les circonstances précises de l’horrible agression d’un contrôleur, le 6 octobre 2011, sur le Lyon-Strasbourg seront connues en leur temps.
Mais l’ampleur du mouvement spontané, qui s’est étendu en quelques heures à tout le pays, de ses collègues est révélatrice d’une véritable situation de crise à la SNCF. L’émotion a été d’autant plus forte pour chaque agent de contrôle que le drame a fait écho à des expériences personnelles. En quelques années, les conditions de travail de cette catégorie de personnel, à l’avant-poste des relations avec les usagers, se sont considérablement, dramatiquement, dégradées. Et cet état de fait, que la direction de la SNCF n’ose pas nier, a des causes réelles et sérieuses, au premier titre desquelles sa politique de marchandisation et de privatisation.
La dégradation de la situation sociale en général dans le pays n’est pas seule responsable.
Les tarifs s’envolent et deviennent incompréhensibles. Est-il supportable de payer deux fois plus que le tarif « normal » parce que l’on a certain âge et que l’on a pris son billet à une certaine heure plutôt qu’à une autre ? Pour de plus en plus de personnes, prendre le train devient un luxe.
Les retards deviennent la règle, déréglant les correspondances, la vie des usagers.
Les pannes, les dysfonctionnements se multiplient. Souvenons-nous du train qui l’an dernier a mis 27 heures pour relier Strasbourg à Port-Bou.
Tout cela accroît le mécontentement général des usagers. Les contrôleurs sont en première ligne pour supporter cette tension
nouvelle.
Cela leur est d’autant plus dur que leurs effectifs baissent et que leurs horaires de travail et leurs statuts sont attaqués comme ceux de l’ensemble des cheminots.
Car la dégradation de la qualité du service public a elle aussi ses causes réelles et sérieuses :25.000 suppressions d’emploi depuis 10 ans, le démantèlement des services de maintenance, la politique d’éclatement de l’entreprise.
Plus que jamais, il s’agit pour le gouvernement et la direction de l’entreprise de créer des foyers de profits, dans l’exploitation, pour de futurs actionnaires privés ou pour la concurrence. Plus que jamais, il s’agit de reporter sur l’usager, l’agent, le contribuable national et régional, les frais, les investissements lourds.
La séparation du Réseau (RFF) de la SNCF à la fin des années 90, la régionalisation des TER, l’application (absurde en termes d’organisation du service) des directives européennes de mise en concurrence, la casse du statut des cheminots : voilà la politique qui est responsable de la situation.
Quand cela se traduit par des milliers d’agressions d’agent par an, les fauteurs de privatisation n’osent plus rien dire. Les agents hurlent leur colère et ils ont raison.
Des mesures immédiates sont nécessaires pour assurer la sécurité des contrôleurs sur toutes les lignes.
Mais, on le voit bien, le problème ne pourra pas être réglé de façon « sécuritaire ».
Le service public exige davantage de personnel dans les trains comme dans les gares, littéralement déshumanisée (alors que les commerces privés s’y multiplient).
Il faut inverser la politique de privatisation, de concurrence, de casse des statuts, telle qu’elle s’opère au niveau régional, européen et avant tout national.
Le mouvement spontané des contrôleurs fait écho au succès de la manifestation des cheminots du 16 juin dernier. Face au consensus européen UMP/PS des privatiseurs, seules les luttes et leur convergence, avant et après les élections, permettront d’inverser cette politique.
Avec les cheminots, engageons la bataille du rail contre la privatisation !
Jeudi 16 juin 2011, les cheminots sont appelés à une manifestation nationale à Paris par leurs organisations syndicales pour la défense du service public ferroviaire.
Cette mobilisation est une étape dans la nouvelle bataille du rail qui s’engage.
La mise en concurrence du transport de voyageurs et la privatisation des activités de la SNCF est une priorité du pouvoir pour les toutes prochaines années, avant et après les élections de 2012.
Le processus à l’œuvre suit les exemples plus avancés, désastreux pour les salariés, les usagers et l’intérêt national, de France Télécom ou d’EDF-GDF (voir les augmentations de tarifs !).
L’Union européenne, le traité de Lisbonne et ses directives, servent, à nouveau, à la fois de prétextes et d’instruments à la marchandisation. Ils ont été adoptés en commun par la droite et le PS et sont appliqués de la même façon dans les pays d’Europe que les gouvernements soient de droite ou de « gauche ».
Souvenons-nous que c’est le gouvernement Jospin qui a divisé la SNCF en deux en séparant le réseau de l’exploitation et en créant RFF, Réseau ferré de France. A la collectivité, les investissements coûteux, les pertes, le « déficit », au privé à terme les activités les plus juteuses, les profits.
Autant dire que sur cette question politique comme sur les autres, ce qui sera décisif, c’est la mobilisation des salariés, la convergence de lutte, notamment avec les autres services publics, l’intervention des usagers.
Ce sera tout aussi vrai au niveau des régions, autorités organisatrices des Trains express régionaux, les TER qui pourraient être les premiers à être livrés au privé.
Dégradation de la qualité du service rendu, augmentation des coûts pour satisfaire les actionnaires, dégradation des conditions de travail et du statut de l’emploi : la logique de privatisation aboutit partout aux mêmes résultats.
La mise en concurrence du transport de marchandises en 2006 le confirme. Gouvernement et direction de la SNCF accélèrent le démantèlement de cette activité, abandonnent le système du « wagon isolé » qui permet aux PME/PMI de recourir au rail, encouragent le développement du transport par camion, polluant, effectués par des salariés sous-payés, bientôt aux normes sociales de l’Europe de l’est pour le plus grand profit d’entreprises qui ne paient pratiquement pas pour les infrastructures routières.
Depuis 3 ans, 2,5 millions de camions supplémentaires circulent sur les routes de France, dénonce la CGT.
La préparation de la privatisation se fait déjà largement sentir pour les voyageurs. Les tarifs, de plus en plus incompréhensibles, augmentent plus vite que l’inflation. Les retards se multiplient devant les suppressions de postes et les retards dans l’entretien des voies. Des trains sont supprimés. La direction de la SNCF annonce même le lancement de trains à horaire aléatoire !
Les gares et les guichets ferment.
La pression sur les agents s’accroît avec les suppressions d’emplois mais aussi avec la volonté des privatiseurs d’éradiquer l’esprit de service public qui anime les cheminots. Par exemple, le guichetier ne devrait plus être pour donner le meilleur renseignement mais pour vendre le plus de produits, utiles ou non.
La casse du statut, des retraites, des cheminots, est à la fois un moyen de privatiser et celui d’abaisser les normes sociales de tous les travailleurs.
Cette nouvelle « bataille du rail », pour défendre la nationalisation gagnée au moment du Front populaire, peut et doit devenir l’affaire de tous, salariés de la SNCF, de la RATP, de tous les services publics confrontés à la même politique, usagers, citoyens.
ENSEMBLE,
Le rapport de force existe pour gagner, faire reculer la politique au service de l’argent, d’où qu’elle vienne !
Grève SNCF : Les cheminots montrent une capacité de mobilisation qui sera déterminante pour faire reculer le pouvoir sur les privatisations comme sur les retraites
Les cheminots sont appelés à la grève depuis mardi 6 avril 2010 par la CGT et Sud.
Toutes leurs revendications se heurtent à la politique de privatisation rampante : l’emploi contre les 7.600 suppressions de postes programmées d’ici 2012, la défense du statut, des conditions de travail et de rémunérations, celle de la filière fret, de la qualité du service en général. Nous reproduisons ci-dessous le tract de la CGT en direction des usagers, dont nous partageons pleinement l’analyse. La défense du service public de la SNCF contre la logique de mise en concurrence et de privatisation est une question d’intérêt national.
Cette grève marque une nouvelle étape dans le développement de la riposte à la SNCF, après les grèves du 8 février et du 23 mars, à l’occasion de la journée d’action interprofessionnelle portant particulièrement sur les retraites. Avec plus de 40% de grévistes parmi les agents de conduite et les contrôleurs, le mouvement s’enracine et s’intensifie.
Une propagande, encore plus forte que d’habitude, s’efforce de le dénigrer.
La direction tente de minimiser le taux de grévistes, comme les media, qui parlent d’ailleurs relativement peu du mouvement. Ils minimisent notamment l’impact de la grève sur la circulation des trains, en donnant des chiffres correspondant aux heures où sont réaffectés les personnels non-grévistes.
Surtout, la direction développe sa pédagogie de la résignation.
En refusant de négocier avec les grévistes, elle s’efforce de détourner l’objectif de la lutte, des revendications elles-mêmes à la simple ouverture de négociations. Pour l’opinion publique, les usagers, elle floute ainsi l’enjeu véritable de la grève.
Evidemment, dans l’entreprise, comme elle l’a déjà laissé entendre, elle accordera le bénéfice des quelques concessions qu’elle a prévues aux syndicats réformistes et corporatistes (CFDT, FGAAC, autonomes).
La direction propage allègrement des informations mensongères. L’augmentation générale des salaires qu’elle propose pour 2010 n’est que de 1,3%, inférieure à l’inflation, et non de 3,6% (chiffre intégrant ancienneté et promotion). Le déficit de l’entreprise en 2009, annoncé à 1 milliard d’euros, est seulement le résultat d’une opération comptable, liée à l’application des nouvelles normes du privé. L’exploitation est globalement bénéficiaire. Etc.
La campagne contre les cheminots grévistes dépasse la seule SNCF. Le pouvoir sait que la capacité de mobilisation des agents de la SNCF, comme ils l’ont montré en 1995 et en 2003 (alors qu’officiellement, ils n’étaient pas concernés), est décisive dans la construction des convergences de lutte, en particulier pour défendre le système de retraites par répartition, tous régimes confondus.
Tenter d’épuiser, de démoraliser les cheminots maintenant, c’est chercher à affaiblir le mouvement d’ensemble qui se prépare, peut-être pour les lendemains du 1er mai, alors que les annonces gouvernementales se précisent contre les retraites comme contre les services publics.
Les cheminots ne sont pas dupes. La lutte de ces jours-ci s’inscrit dans un mouvement en progression, d’une haute responsabilité. L’avenir du service public ferroviaire appelle de larges rassemblements dans le pays comme l’avenir des retraites concerne pleinement les cheminots.
Communistes, nous leur apportons notre soutien plein et entier et nous entendons contribuer au même but : faire converger les luttes pour commencer à faire reculer le pouvoir.
TRACT CGT CHEMINOTS EN DIRECTIONS DES USAGERS :
USAGERS, SALARIES, CITOYENS, CE QUE NE VOUS DIRONT PAS LES MEDIAS !
Dans quelques jours, si dans le cadre du dialogue social, les orientations du Gouvernement et de la Direction SNCF ne s’inversent pas quant à l’avenir du Service public ferroviaire, les cheminots pourront envisager de s’engager dans un mouvement social de grève à caractère national.
En effet, il y a urgence à faire entendre d’autres choix de développement pour la SNCF afin d’améliorer la qualité et l’efficacité du Service Public, de répondre aux défis environnementaux, aux enjeux d’aménagement du territoire, aux besoins de la Nation en matière de transport et de stopper les suppressions massives d’emploi qui impactent vos conditions de transport et les conditions de vie et de travail des cheminots.
Vous êtes usagers de la SNCF, salariés, citoyens, vous êtes donc concernés à plusieurs titres par les décisions politiques qui impactent le service public ferroviaire.
Parce que la SNCF appartient à la Nation, les mobilisations sociales des cheminots, à l’appel de la CGT, relèvent de l’intérêt général.
Explications …
Concerné par l’avenir de la SNCF, car usager !
Alors que toutes expériences d’ouverture à la concurrence des services publics tels l’eau, l’énergie, les télécommunications,… ont eu des effets néfastes pour les consommateurs, et pour toute la société en général, répondant aux injonctions de Bruxelles et du Gouvernement français, la direction SNCF entraîne l’entreprise publique sur les voies de la privatisation.
En supprimant près de 22 000 emplois en 7 ans, en réalisant 80% de productivité en 20 ans et en se structurant à l’instar des grands groupes privés, la SNCF se transforme, avec comme seul objectif : la rentabilité financière.
Les usagers deviennent des clients, les tarifs augmentent, la qualité du service se dégrade, les trains deviennent des produits commerciaux, les gares « non rentables » ne sont plus desservies, … c’est le monde « moderne » de la libéralisation.
Dans ce cadre, l’égalité de traitement, l’accès pour tous, le maillage territorial, la sécurité des circulations et la réponse aux besoins sont une entrave aux objectifs purement comptables des dirigeants de la SNCF.
La CGT n’entend pas se résoudre à la dissolution du Service Public dans les lois du marché. Nous sommes là, bel et bien face à un choix de société !
Concerné par l’avenir de la SNCF car salarié !
Au nom de la concurrence, de la compétitivité, de la rentabilité, des dogmes de la technostructure, tout est prétexte pour abaisser les conditions sociales des cheminots.
Contrairement aux idées préconçues, le salaire minimum à la SNCF est à peine 20 € au dessus du SMIC.
Cette situation dégrade les conditions de vie et de travail des cheminots mais c’est aussi une mauvaise nouvelle pour les salariés en général.
Le statut social des cheminots est justifié par les contraintes et les sujétions d’un service public fonctionnant 24h/24, 7j/7 et 365 jours/an en tout point du territoire.
Il est, de plus, un gage d’indépendance dans l’application des règles de sécurité, d’égalité de traitement,...
Souvent stigmatisé par les adversaires du service public, il offre pourtant un point d’appui non négligeable pour l’ensemble du salariat.
Ainsi, en abaissant les garanties sociales des cheminots, ce sont bien les conditions de vie et de travail de tous les salariés qui sont tirées vers le bas !
Les vrais privilégiés ne sont-ils pas du côté de ceux qui touchent 100 à 200 années de SMIC par mois et des retraites « chapeau » de 13 millions d’Euros (PDG de Veolia) ?
Les revendications sociales des cheminots sont légitimes et la CGT n’entend pas se résoudre à l’austérité et à la régression sociale.
Concerné par l’avenir de la SNCF car citoyen !
Dans un contexte où les questions environnementales sont au coeur des préoccupations et alors que des engagements ont été pris dans le cadre du “Grenelle de l’Environnement”, la Direction SNCF et le Gouvernement font le choix catastrophique de sacrifier la part du ferroviaire dans les transports de marchandises. Pire, ils se servent de la SNCF comme banque pour financer le développement des filiales routières FRET du groupe GEODIS.
Ainsi, le plan Fret SNCF se fixe comme objectif de réduire les trafics ferroviaires, d’abandonner la desserte de plusieurs territoires et de se séparer de moyens humains et matériels (locomotives, wagons, installations…).
C’est la logique du business qui prend, là aussi, le pas sur l’intérêt général et le développement durable.
Ce choix politique met à nouveau des millions de camions sur les routes et provoquera d’ici à 2020 une émission supplémentaire de 3 millions de tonnes/équivalent Co2. C’est inacceptable !
La CGT fait de ce dossier un objectif revendicatif prioritaire car au-delà du service public ferroviaire, c’est bien l’avenir de la planète qui est menacé !
Au travers de ces quelques éléments, la Fédération CGT des cheminots souhaitait vous sensibiliser sur les enjeux importants qui nous sont posés, à chacun, au travers des politiques mises en oeuvre à la SNCF.
Parce que les cheminots, seuls, sans l’appui de l’opinion publique et sans l’intervention citoyenne, ne pourront inverser durablement les orientations actuelles, il faut exiger un véritable débat public sur l’avenir du service-public SNCF.
Cheminots, usagers, salariés, citoyens,
Ensemble pour un Service Public SNCF qui réponde à sa mission : l’Intérêt Général.
Montreuil, le 26 mars 2010
3 février 2010 - Les cheminots annoncent la couleur : celle de la lutte, de la détermination à défendre le service public
Il y a quelque chose qui cloche dans la propagande du pouvoir et des media à son service. D’un côté, ils s’efforcent par tous les moyens de minimiser le taux de grévistes à la SNCF ce 3 février 2010 mais, de l’autre, ils ne peuvent s’empêcher de faire parler des usagers sélectionnés pour exprimer leur exaspération face au manque de trains.
La vérité, c’est que les cheminots ont montré leur détermination croissante à s’opposer et faire échec au plan de casse de pans entiers de leur service public avec près de 40% de grévistes (35,65% à 11h00, davantage l’après-midi) à l’appel de 4 organisations syndicales. La direction ne se risque d’ailleurs pas à contester la progression de 5 à 10% en moyenne dans chaque secteur par rapport à la mobilisation du 20 octobre 2009.
Le rejet des plans du PDG Guillaume Pépy est massif. Il y a de quoi !
La marche accélérée à la privatisation qu’il programme doit se traduire par 3713 suppressions de postes pour la seule année 2010. C’est autant de reculs du service public.
La même logique a déjà fait reculer les activités de fret de 18% en 2009. D’ici 2011, 255.000 wagons de marchandises seraient remisés avec l’abandon des dessertes jugées les moins rentables. De quelle rentabilité s’agit-il quand on sait que cela représente plus de 500.000 camions supplémentaires, en pleine contradiction avec les objectifs nationaux de limitation des rejets de CO2 ?
L’abandon de nombreuses lignes interurbaines est également programmé. La direction a commencé à préparer l’opinion à la fermeture de plusieurs lignes de TGV de ville de province à ville de province, alors que les tarifs TGV viennent encore d’être augmentés de 1,9% au 1er janvier. Pourtant la branche voyageurs de la SNCF enregistre un excédent d’exploitation de 1,5 milliard d’euros par an.
La direction ne parvient pas à masquer ces objectifs : créer les conditions d’une rentabilité financière maximale, dégager de nouvelles marges de profit pour préparer la privatisation, rentrer dans la concurrence européenne en rachetant des réseaux à l’étranger, développer des filiales privées (y compris de camions et d’autocars) aux dépens de l’établissement public ferroviaire.
La question des transports et de la SNCF devrait être un sujet central des élections régionales. Le développement de la lutte peut permettre que le débat de fond ne soit pas escamoté comme les principaux partis, par exemple signataires des directives européennes, le voudraient.
Les régions peuvent et doivent s’opposer au processus de mise en concurrence et de privatisation, refuser de rentrer dans la logique de partition de la SNCF, refuser d’appliquer les directives de marchandisation, être un point d’appui de la lutte pour la défense du monopole et la reconquête du monopole public national de la SNCF.
Concrètement, elles peuvent et doivent, entre autres, rejeter la régionalisation des lignes, pas seulement le financement des lignes nouvelles par des PPP (ces « partenariats-public-privé » qui enchaînent la collectivité et le service public aux intérêts financiers privés), mener la bataille contre la fermeture délibérée des centres de maintenance SNCF, refuser ou détourner les procédures d’appel d’offre. Force est de constater qu’avec des différences, les régions de gauche ne l’ont guère fait, l’ont fait insuffisamment.
Le développement du mouvement dans la période n’en est que plus important.
Les mêmes choix politiques nationaux de démantèlement du service public frappe La Poste, la RATP, EDF, GDF, d’une autre façon l’hôpital et l’école etc.
On comprend pourquoi le gouvernement veut absolument dénigrer la force du mouvement à la SNCF. Les cheminots pourraient, comme en novembre-décembre 95, comme au moment des luttes contre la casse des retraites en 2003, être le pivot de larges convergences nationales de lutte des salariés sur ces questions aussi importantes et fédératrices que sont la défense du service public et celle des retraites, à nouveau menacées par une deuxième loi Fillon.
Communistes, dans notre soutien au mouvement, nos priorités sont, dans notre expression et nos initiatives, de démonter la finalité réelle des projets du pouvoir, de contribuer à créer ces convergences de luttes. Elles sont d’intérêt général, elles seront décisives.
PS : à Paris-Montparnasse, plus 500 grévistes ont pris l’initiative de se rassembler devant la direction.
Inauguration plutôt discrète des nouvelles rames du Transilien par G.Pépy et JP.Huchon.
Pas de quoi être fiers de leurs choix politiques en effet !
Le 4 novembre
2009 ont été présentés aux officiels et à la presse les premières rames des 172 nouveaux trains de banlieue qui commenceront à circuler sur la ligne Paris-Luzarches à partir du 13 décembre et
dont la livraison s’étalera jusqu’en 2015.
On aurait pu imaginer inauguration plus fastueuse, plus publique, pour un matériel qui représente, objectivement, une modernisation par rapport aux anciens trains « petits gris » des années 60/70.
Non, les flonflons et les confettis sont restés confinés au « technicentre » de Joncherolles à Villetaneuse.
Nous pouvons aisément imaginer pourquoi.
Les choix d’éclatement de la SNCF, conduisant à des filialisations, notamment de l’activité fret, sont très contestés par les cheminots, dont la première journée nationale de grève le 20 octobre, à l’appel de trois syndicats, a été fortement suivie, notamment sur le réseau Paris-Nord. Les défenseurs du service public auraient pu gâcher la fête du patron, Guillaume Pépy.
Jean-Paul Huchon, président sortant PS de la Région Ile-de-France et du Syndicat des transports, STIF, est, quant à lui, de plus en plus rattrapé par sa décision de 2006 d’attribuer le marché du renouvellement des trains de banlieue au groupe canadien Bombardier contre Alstom.
Huchon, celui-là même qui se vante d’accorder (sans contreparties) des aides publiques aux entreprises franciliennes, a fait le choix de la délocalisation, du dumping social. La conception et la majorité de la fabrication des trains Bombardier sont faites à l’étranger, au Canada et en Europe de l’est, une minorité seulement sur le site de Crespin dans le Nord (auquel Alstom aurait pu sous-traiter une partie du marché, s’il l’avait obtenu).
Avec la crise, l’attribution de ce marché géant, de 2,7 milliards d’euros (4 milliards avec les rames en option) est encore plus gênante politiquement. D’autant que 8 régions de province viennent justement de faire le choix d’Alstom et de la production en France pour une commande groupée de 100 TER.
Pour la deuxième tranche du renouvellement des trains de banlieue parisienne, gagnons que la production en France l’emporte !
Faisons de la politique des commandes publiques un sujet de la campagne des prochaines élections régionales.
De même que la lutte contre la marchandisation des transports en Ile-de-France, pour le monopole public RATP/SNCF.
SNCF : les grèves que les media minimisent, le plus souvent, sont les plus significatives !
Le 20 octobre 2009, les cheminots étaient appelés à la grève par trois organisations syndicales. C’était la première journée de grève nationale à la SNCF depuis un an, suivant de nombreuses luttes locales.
Le succès de cette grève « carrée », d’un seul jour, malgré la compromission active et le travail de sape du syndicat autonome, montre le potentiel de mobilisation des cheminots pour s’opposer à la privatisation rampante, en commençant par celle de l’activité fret.
La direction de l’entreprise, le gouvernement, les media à sa botte, s’en sont bien rendu compte et se sont efforcés d’en minimiser l’impact.
En chiffres d’abord. Après avoir reconnu 30% de grévistes, la direction a revu son chiffre à 21,7%. En réalité, 31,6% du personnel, toutes catégories confondues, a fait grève, jusqu’à 34% à 16h30.
Les media, qui nous ont habitués, même avec des taux de grévistes très inférieurs, à montrer des « usagers » excédés pour les dresser contre les cheminots, ont choisi cette fois, de mettre l’accent sur le niveau de trafic maintenu malgré la grève.
Alors qu’avec le « service minimum », et l’obligation scandaleuse de se signaler 48 heures auparavant, la direction connaissait exactement les conséquences du mouvement, elle a feint de constater un meilleur niveau de circulation que prévu.
Nous ne pouvons y voir qu’une campagne pour démoraliser les cheminots grévistes ou non avant une éventuelle confrontation beaucoup plus dure dans les semaines et mois à venir.
Le mouvement du 20 octobre était en effet fort aussi de son contenu.
Au sujet du fret, il a dénoncé la casse prévisible de 6000 emplois, les effets sur l’environnement des transports par camions remplaçant les wagons isolés, complètement en contradiction avec le discours gouvernemental sur le « Grenelle de l’environnement », la privatisation en voie, le mensonge des 7 milliards d’euros d’investissements annoncés.
Il a su aussi faire le lien avec la poursuite de la privatisation rampante de toute l’entreprise, son éclatement en 5 entités, les conséquences pour les usagers (dégradation du service, tarifs…).
Alors que le mouvement contre le projet de loi de casse du statut de La Poste et de marchandisation du courrier se développe fortement, que des journées de lutte sont prévues, notamment dans l’Education nationale le 24 novembre, que la mobilisation s’étend dans l’industrie, le pouvoir redoute une action de grande ampleur à la SNCF (et à la RATP), un nouveau novembre/décembre 95 en 2009 !
Voilà pourquoi il essaie d’étouffer les conditions objectives qui existent pour le construire.
Plus que jamais, l’heure est à la convergence des luttes !
Mardi 16 décembre, trois wagons transportant du fioul pour la Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU), ont
déraillé des voies ferrées de la gare Montparnasse. L’un d’entre eux a manqué de deux mètres de s’écraser en contrebas sur le trottoir de la rue Castagnary. Fort heureusement, il y a eu
plus de peur que de mal.
Mais les moyens mobilisés pour sécuriser le secteur, bloqué pendant deux jours, la grue spectaculaire utilisée pour dégager le wagon soulignent combien l’accident ne peut pas être rangé au rang des anecdotes.
A nouveau, en pleine ville cette fois, est posée la question de la dégradation de l’état du réseau ferré. Les incidents, les dysfonctionnements se multiplient, notamment sur le réseau secondaire, mais aussi par exemple sur les lignes des RER. Des responsables syndicaux tirent la sonnette d’alarme sur la sécurité et l’avenir du réseau lui-même. Le constat est confirmé par des rapports officiels, plus ou moins bien intentionnés.
Sans moyens nouveaux conséquents, des milliers de kilomètres de voies pourraient ne plus être exploitables d’ici quelques années.
Cette évolution préoccupante a des causes et des responsables : les gouvernements successifs qui préparent le terrain à la privatisation de la SNCF. En 1997, le service public ferroviaire a été éclaté. L’établissement public Réseau ferré de France, coupé du reste de la SNCF, a été créé. A RFF on a confié la propriété et la gestion des infrastructures. En cassant l’unicité du réseau et de l’exploitation, les gouvernements ont l’objectif de préparer la mise en concurrence de l’exploitation, de transformer progressivement la SNCF en opérateur de type privé, de dégager des marges de profit pour de futurs actionnaires.
A RFF public, la majeure partie des dettes et des investissements les plus lourds. Aux opérateurs destinés à être privés, les profits d’exploitation.
Depuis 1997, le RFF a la responsabilité du financement et de la gestion du réseau. Mais seule la SNCF et ses agents, avec les qualifications et l’excellence du service public nationalisé, sont restés en état d’assurer le travail d’entretien, ce qu’elle fait en tant que prestataire de service pour le compte de RFF.
Dans cette nouvelle configuration, l’accélération de la dégradation du réseau provient de deux raisons, toutes les deux liées à la privatisation:
1- RFF ne se voit pas doter des moyens pour entretenir et de développer le réseau selon les besoins du service public. Il manquerait de 500 millions à un milliard d’euros par an. L’investissement public, notamment de l’Etat, est très insuffisant alors que les contribuables régionaux sont lourdement mis à contribution notamment pour l’extension des lignes à grande vitesse. Les bénéfices d’exploitation de la SNCF, qui s’envolent (1 milliard en 2007), issus de tarifs de plus en plus prohibitifs, sont détournés de l’investissement dans les infrastructures de réseau.
2- Dans la perspective de privatisation, la direction de la SNCF fait le choix de sacrifier à la loi du profit la qualité de l’entretien (comme de la maintenance). Des milliers d’emplois qualifiés sont supprimés. Le recours à l’externalisation et à une sous-traitance précaire s’étend… L’immense majorité des retards sont dus à la logique de privatisation que les luttes des personnels dénoncent, et non au terrorisme, ni aux chasseurs !
Le gouvernement actuel veut tirer prétexte du problème que sa politique a alimenté pour l’aggraver en poursuivant le démantèlement du service public SNCF. Il cherche à enlever le travail d’entretien du réseau. Non rentable, cette activité n’intéresse pas les groupes privés qui convoitent la SNCF.
C’est tout le contraire qui s’impose :
- mettre en fin à la politique de désorganisation des services de maintenance et d’entretien de la
SNCF
- reconstituer entièrement l’unicité du service public ferroviaire en réunissant RFF et SNCF, en rétablissant le monopole public sur l’ensemble de
l’activité ferroviaire en France.
- diriger, en cohérence,
l’argent des bénéfices d’exploitation de la SNCF vers l’investissement et l’entretien.
- accroître les investissements publics, beaucoup plus efficaces car correspondant aux besoins, et beaucoup moins
coûteux à l’usager et au contribuable que les financements privés, pour entretenir et développer le réseau et l’ensemble du service public.
C’est tout cela qui se trouve en fait à l’origine d’un accident spectaculaire comme celui de la rue Castagnary. Et il faut le dire et l’expliquer !
La
manifestation occultée des cheminots le 19 juin 2008
Tarifs SNCF : augmentations dans toutes les directions ! Un avant-goût de privatisation.
A l’occasion des départs en vacances, beaucoup d’entre nous vont expérimenter les nouveaux tarifs de la SNCF. A ces prix là, pas intérêt à être déçus du voyage ! Ceux qui pensaient échapper à la hausse des carburants en prenant des trains électriques en seront pour leurs frais. Les privatiseurs du rail comptent bien récupérer leur part du gâteau.
Les nouvelles grilles tarifaires ont un but : tirer globalement le maximum d’argent des voyageurs. En mire : la rentabilité financière et la privatisation.
D’abord, il y a l’augmentation « habituelle », au 1er juillet : 2,5% pour les trains Corail et les TER. Elle préfigure celle des tarifs TGV prévue pour le 1er janvier, avec une certitude, elle sera bien supérieure aux 2% d’augmentation de l’année dernière. 2,5% : c’est déjà bien plus déjà que l’augmentation des salaires.
Mais ces chiffres sont trompeurs et une augmentation peut en cacher beaucoup d’autres, bien plus élevées. La nouvelle politique commerciale de la SNCF est inspirée des pratiques peu scrupuleuses des compagnies aériennes. Officiellement, la modulation des tarifs selon des offres promotionnelles, la date de réservation devraient permettre de remplir davantage les trains et faire faire des économies aux usagers prévoyants. En réalité, sauf cas exceptionnel, ces pratiques ne font décoller que les tarifs.
SOURNOISEMENT ET INSIDIEUSEMENT !
Exemples :
- Les « périodes de pointe » sont étendues ou bien les horaires des TGV sont de plus en plus souvent décalés vers ces heures. Les prix spéciaux qui sont appliqués, sans rapport avec la distance kilométrique, variables d’une minute à l’autre, au gré de l’offre et la demande, sont fréquemment de 30 à 50% plus chers.
- Dans la même logique, la refonte du calendrier « bleu/blanc » pour les corails, qui définit les plages horaires où s’appliquent les tarifs réduits, se traduit par une extension des périodes « blanches » (6h30-8h et 17-18h30) plus chères de 33% pour les voyageurs sans carte et de 50% pour ceux disposant d’une carte commerciale, c’est-à-dire les publics fragiles économiquement: jeunes, enfants accompagnés, personnes âgées !
La majorité des voyageurs n’ont pas véritablement la possibilité de partir hors des « périodes de pointe » qu’ils voyagent pour leur travail ou qu’ils partent en week-end : un week-end qui commence le samedi après midi pour finir le dimanche matin…
- Depuis octobre 2007, changer de billet jusqu’au jour du départ est aussi devenu payant. La direction de la SNCF a trouvé deux formules. Soit le voyageur paie un billet « pro », deux euros plus cher, et peut encore bénéficier des anciennes conditions d’échange et de remboursement. Soit il prend un billet « loisirs » et il est taxé de 10 euros pour un échange, 3 s’il a acheté une carte commerciale.
- La direction de la SNCF joue aussi sur un contingentement des places à tarifs promotionnels, sur lesquelles elle base sa publicité. Elles sont si peu nombreuses que très peu de voyageurs en bénéficient réellement. De plus, s’il faut passer deux heures sur internet pour décocher une réduction, on ne voit pas le gain de la « grande vitesse ».
- Enfin tout est fait pour que les usagers ne maîtrisent pas les grilles tarifaires. Les brochures ont été supprimées. Le site internet est délibérément incompréhensible. Les distributeurs ne donnent pas toutes les possibilités.
LES USAGERS PAIENT LA NOTE DE LA CASSE DES PRINCIPES DU SERVICE PUBLIC devant une logique purement marchande
Tous les principes du service public sont bafoués : l’égalité, l’absence de logique lucrative, l’investissement tourné vers la qualité du service, sa fiabilité, la sécurité…
Les agents de la SNCF, formés à ses principes, restent le rempart principal à la privatisation. Le gouvernement et la direction de l’entreprise l’ont compris en cassant leur statut, en restreignant leur droit de grève au nom du « service minimum ». En ce qui concerne les guichets, la direction fait pression sur les agents, en modulant les primes par exemple pour les inciter les agents à faire du chiffre, à pousser à la dépense, à dissimuler les offres les plus avantageuses… Vainement en général.
OU VA L’ARGENT DES VOYAGEURS ?
A l’investissement pour un meilleur service? Non ! Aux cheminots ? Encore moins ! Ils ont déjà perdu 2% de pouvoir d’achat cette année.
Aux profits financiers actuels et futurs !
En 2007, la SNCF a déjà dégagé près d’1 milliard d’euros de bénéfices. Guillaume Pépy, son PDG, a annoncé les objectifs pour 2012 : 50% de croissance du chiffre d’affaires ! Il se flatte que la SNCF dispose de « 3 à 4 milliards pour aller à la conquête de l’Europe et d’entreprises mondiales » dans le cadre de la mise en concurrence généralisée du secteur ferroviaire, avec l’application des directives européennes.
Le but est de transformer la SNCF, entreprise nationalisée par le Front populaire, structurante pour toute l’économie du pays, en une multinationale rapportant le plus haut taux de profit possible et le maximum de dividendes à quelques groupes capitalistes et se disputant avec d’autres groupes comme Véolia ou la Bundesbahn les marchés les plus juteux.
Dans cette perspective, toutes les activités jugées moins lucratives à court terme, sont de plus en plus délaissées. Les lignes secondaires et régionales sont sinistrées au niveau de l’entretien. Les gares secondaires ferment. Des milliers d’emplois qualifiés sont supprimés. Les conditions de travail se dégradent dangereusement. Les retards se généralisent ? On va vers des accidents graves comme en Grande-Bretagne.
De plus en plus souvent, on fait payer les investissements par les contribuables régionaux, les mêmes que les usagers. La séparation artificielle entre 1996 et 1998 de l’exploitation, laissée à la SNCF, et du réseau confié à la nouvelle entité RFF, Réseau ferré de France, visait déjà à isoler les activités les plus rentables et à renvoyer les investissements lourds vers la collectivité. La même intention préside au démantèlement de l’activité Fret L’augmentation des péages ferroviaires demandés par RFF à la SNCF, 30% du prix des billets, est directement répercutée aussi sur les tarifs. La création de RFF a cherché en outre à rendre possible la mise en concurrence, sur les mêmes voies d’exploitants différents.
Il est grand temps d’entrer tous en résistance, d’inverser cette logique, de reconquérir le service public.
Vous en avez assez de payer plus pour avoir moins de service. Vous en avez assez d’être pressurés. Vous en avez assez qu’un climat de défiance s’instaure entre chacun.
Les cheminots luttent pour défendre leur service public. Comme les postiers, les agents de la RATP, les personnels hospitaliers, les enseignants, les personnels de France télévisions. Tous, ils défendent des causes d’intérêt général. Salariés du privé, du public, chômeurs ou retraités, nous sommes tous concernés.
Réagissons ! Ne laissons plus faire ! Faisons monter la pression contre les tarifs injustes de la SNCF ! Défendons nos gares, nos guichets et nos lignes ! Défendons l’unicité du transport ferroviaire, l’intégrité de la SNCF contre les filialisations et les régionalisations ! Soutenons les cheminots !
Mettons en échec l’application en France en 2010 de la directive avec laquelle le gouvernement veut casser le monopole public national conquis en 1936 !
Casse des régimes spéciaux, mise en concurrence, privatisation : tout est lié !
Le gouvernement vient d’autoriser la RATP à concurrencer la SNCF sur le transport ferroviaire.
Par un arrêté daté du 5 octobre publié au journal officiel, le ministre Borloo vient de délivrer une « licence d’entreprise ferroviaire valable pour effectuer des services de transports de voyageurs » à la société Eurailco. Eurailco n’est autre qu’une filiale du « groupe » RATP et de Transdev, elle-même filiale de la RATP et de la Caisse des dépôts et consignations. Il s’agit donc d’une société de droit privé à capitaux 100% publics, mais complètement hors statut. L’argent et les savoirs faire du service public sont ainsi dévoyés pour rentrer dans la logique de marchandisation des transports et de privatisation. Eurailco exploite déjà un réseau de trains régionaux en Allemagne contre la Deutsche Bahn dont les conducteurs de locomotives font justement grève pour les salaires et contre la casse du service public. Avec l’arrêté de Borloo, Eurailco, donc la RATP, obtient l’autorisation de s’attaquer au réseau public de la SNCF, dès que le gouvernement aura transposé et fait appliquer les directives et règlements européens. Les services publics de la RATP et la SNCF devraient s’entredévorer pour préparer la privatisation du secteur ! Cette idée est tellement aberrante que le gouvernement procède en toute discrétion. Les ambitions étrangères, hors Ile-de-France, du « groupe RATP » servent aussi de prétexte à la perspective de mise en concurrence de nos propres dépôts de bus et lignes de métro, déjà activement préparée aux dépens de nos conditions de travail et de la qualité du service rendu. La casse de nos régimes de retraite, à la RATP comme à la SNCF, est un élément crucial du processus de privatisation. Aucun groupe privé ne peut convoiter une entreprise qui assume ses responsabilités de retraites vis-à-vis de ses agents âgés. Tout est lié. Notre lutte contre la casse de nos retraites est aussi une lutte contre la privatisation. Communistes de la RATP-Bus, nous exigeons l’intégration pleine et entière, sous statut RATP, des réseaux de Transdev en Ile-de-France. Nous exigeons la suppression d’Eurailco. Nous alertons d’ici là nos camarades de la SNCF et dénonçons l’arrêté du ministre.
Libérez nos camarades ! Des camarades de la CGT cheminots sont retenus isolés au dépôt TGV du Landy à l’occasion de la visite de Sarkozy ce matin, 26 octobre.
Apprenant à la dernière minute le coup médiatique que Sarkozy tente de faire ce matin au dépôt TGV du Landy, plusieurs camarades syndiqués de la Gare du Nord ont décidé, de façon hautement responsable, de relever le défi du débat dans ce qui est encore leur entreprise, l’entreprise de tout la nation et non la propriété de Sarkozy. A peine ont-ils commencé à distribuer les tracts expliquant pourquoi le régime spécial de retraite de la SNCF doit être maintenu, une troupe de CRS trois fois supérieure en nombre les encercle, les empêche de diffuser et les isolent dans un coin du dépôt où nul ne peut les voir, ni les entendre.
Intervenons le plus tôt possible! Pour ceux qui le peuvent, les camarades « retenus » les appellent à venir au dépôt du Landy en soutien (RER Stade de France). Tous nous pouvons intervenir auprès des media.
Sarkozy ne veut pas entendre les arguments des cheminots qui défendent leurs droits, la retraite par répartition de tous et le service public nationalisé. Il n’entendra que la lutte !
France 3 Ile-de-France (standard) : 01 41 09 33 33
Le Parisien : 01 40 10 30 30
L’Huma : 01 49 22 72 72 (nous envoyons par internet)
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