Rencontre militante RATP-SNCF dans le 15ème
La section du PCF Paris 15, en lien avec les camarades du dépôt RATP de Croix-Nivert et des camarades cheminots de l’arrondissement, a pris l’initiative d’une rencontre, le 7 juin, entre militants communistes et cégétistes de la RATP et de la SNCF. 26 camarades y ont participé.
Tous ont jugé cette initiative intéressante et importante eu égard aux similitudes de situation, à l’exigence d’une convergence et d’une coordination des analyses et des luttes.
Le contexte a souligné cette nécessité et ouvert une nouvelle perspective.
La veille, les camarades machinistes et ouvriers des dépôts de bus RATP avaient mené une journée de grève contre des augmentations du
temps de travail. Ils ont gagné une mobilisation – 55% à Croix-Nivert – inédite depuis 2007.
Les camarades cheminots préparaient la grève du 13 contre la « réforme ferroviaire » et le projet d’éclatement de la SNCF, ouvrant à la privatisation de l’exploitation. A notre rencontre, le succès de la grève se profilait déjà. Il s’est avéré : 50% de grévistes sur toute l’entreprise, de 70 à 80% dans l’exécution, le contrôle et la maintenance.
L’échange d’expériences et d’analyses a confirmé la possibilité et la nécessité de rapprochements.
Le nouveau gouvernement – sans surprise – poursuit la politique de marchandisation et de casse du service public. Symboliquement, il a maintenu en place les PDG Mongin et Pépy.
Nous sommes en possibilité comme jamais de mettre à terre les deux arguments idéologiques « massues » du pouvoir : la concurrence et l’Europe.
L’UE du capital, ses directives, ses règlements (OSP) sont totalement disqualifiés avec la « crise », combattus par les peuples. Les gouvernements nationaux ne peuvent plus s’appuyer sur ces prétextes. Concurrence, en 2019 pour les transports ferroviaires de voyageurs, en 2024 pour les lignes de bus parisiennes ? A cause de l’Europe, on ne pourrait pas faire autrement ? Quelle fumisterie !
Dans le domaine des transports, objectivement, vu les niveaux d’investissements, le secteur public, les financements publics sont omniprésents. La concurrence est une création idéologique. En fait, il n’y a de concurrence qu’entre entreprises publiques !
Les opérateurs (hors régies) des transports urbains dans les grandes villes appartiennent tous soit à la RATP, soit à Kéolis, filiale de la SNCF, soit à Transdev, filiale de la Caisse des dépôts. Véolia a jeté l’éponge.
Dans le fret, le dépeçage du rail SNCF se fait au profit de groupes routiers comme Géodis, qui sont filiales de la même SNCF !
La concurrence fictive ou fabriquée n’a pour but que d’écraser les conditions de travail et de rémunération, de réduire le service aux besoins minimums du patronat. Sinon, elle ne vise qu’à répercuter les politiques d’austérité de l’Etat et des collectivités locales sur les salariés et les usagers, tout en créant et externalisant des foyers de profit pour les capitalistes.
Que ce soit à la RATP ou à la SNCF, nous ne manquons pas d’arguments pour amener les usagers avec nous. Le courant de sympathie pour les grèves de 1995, retrouvé, quoi que l’on dise, en 2007, contredit la propagande télévisuelle. Un camarade cheminot pose la question : Qui connaissait le mot « caténaire » il y a vingt ans ? Les avaries dans les bus, qui font descendre, attendre et remonter les voyageurs ont aussi des raisons que seule la politique de privatisation explique.
Pour les camarades de la RATP comme de la SNCF, la lutte pour les droits sociaux, la lutte pour le service public, la lutte pour la défense et la reconquête des monopoles publics sont indissociables. La lutte politique se construit à partir des revendications immédiates, en l’occurrence aujourd’hui particulièrement le temps de travail journalier et annuel.
On mesure les calculs du pouvoir, secondé parfois par certaines organisations syndicales. En 2007, la casse des régimes « spéciaux », le court-circuitage de la lutte par l’annonce prématurée de « négociations tripartites » sur la base du gouvernement ont ouvert la voie à la loi Woerth de 2010.
Aujourd’hui comme hier, certains, les mêmes, tentent de persuader les agents de la SNCF et de la RATP qu’ils auraient intérêt à marchander le maintien d’une partie de leur statut, à court terme. Le dialogue social est la formule magique pour accepter la résignation. Hollande reprend l’attaque sarkoziste contre les retraites de tous, en opposant les travailleurs les uns aux autres. L’idéologie dominante fustige plus que jamais le secteur public. La campagne d’intimidation est en route à la SNCF : accepter la réforme ferroviaire et l’on vous laissera un répit sur les maigres avantages de retraite.
Heureusement cela ne prend pas ! Aussi parce que les militants comme nous interviennent !
A la SNCF, le pouvoir propose de négocier un statut du travailleur du rail, intermédiaire entre les acquis du statut cheminot et le droit commun. Limiter les dégâts, négocier les reculs sociaux, accepter la fatalité de la concurrence ? Non, pas question ! Notre lutte entend défendre chou pour chou notre statut et rétablir ce qui lui a été volé. Cela au bénéfice de tous les salariés !
Idem à la RATP ! Pas question d’accepter tel double statut ou triple statut, existant suite aux abandons de 2007, visant à opposer les anciens aux nouveaux embauchés, notamment en termes de prise en compte de la pénibilité pour la retraite !
La discussion a souligné l’importance de l’organisation politique communiste à l’entreprise pour diffuser des idées et théories qui dépassent le seul objectif revendicatif. Elle a montré à nouveau que la politique ne pouvait se réduire aux institutions, à laisser les travailleurs tomber dans le jeu politicien de l’alternance ou des postures tribuniciennes.
La politique est directement leur affaire ! Le PCF doit être leur organisation pour jouer ce rôle dans la lutte des classes. Nécessairement sur des positions claires :
Pas d’enfumage avec un « pôle public des transports », « eurocompatible » : des monopoles publics, s’appuyant sur de grandes entreprises nationalisées et le rétablissement des statuts sociaux SNCF et la RATP !
Nouveau service de (mini)bus dans le sud du 15ème : la municipalité de Paris choisit le privé contre la RATP !
Pcf Paris 15, 16 juin 2013
Un nouveau service de bus, de minibus, va être créé dans le sud du 15ème reliant les stations des différentes lignes de métro sur les Maréchaux entre elles ainsi
qu’avec le centre de l’arrondissement. On devrait pouvoir se féliciter de cette innovation. Le remplacement des bus PC par le tramway a en effet entraîné la suppression de la moitié des arrêts
pénalisant particulièrement la population la moins mobile. Nous l’avions dénoncé. Les nouveaux minibus corrigeront la dégradation des conditions locales de transport.
Mais voilà que la Ville de Paris a fait le choix d’attribuer l’exploitation de cette nouvelle ligne à un groupe privé, B.E. Green, contre la RATP. L’arbitrage, après « appel d’offre », est absurde. Comme les décideurs ne peuvent le nier eux-mêmes, la RATP avec son dépôt de Croix-Nivert dans l’arrondissement propose la meilleure organisation de l’exploitation et de la maintenance pour le meilleur service rendu. C’est incontestable effectivement.
Mais ce n’est pas l’orientation idéologique de la municipalité de « gauche ». Le gouvernement de « gauche » choisit avec la réforme ferroviaire d’accélérer le processus de mise en concurrence du rail tout en continuant celui des transports urbains. Jean-Paul Huchon et son équipe de « gauche » à la tête du Conseil régional font ouvertement le choix de la concurrence contre les agents de la RATP.
La municipalité de « gauche » à Paris n’entend pas être de reste. Au cœur du réseau historique de la RATP, elle veut ouvrir la voie au privé et au dumping social. B.E. Green, filiale des autocars Dominique, ne présente qu’un « avantage » pour elle : des salaires et des conditions sociales dégradées qui permettent (de promettre) un coût moins élevé.
Comme si les conditions de travail, le statut n’étaient pas des facteurs déterminants dans la supériorité technique et organisationnelle de l’offre publique de la RATP !
La direction de la Régie cache à peine sa satisfaction devant le choix de sa tutelle : cela va lui permettre de mettre encore davantage la pression sur les agents et notamment ceux de Croix-Nivert.
Problème, avec la CGT, ils ont compris le calcul depuis le départ. Le 6 juin, ils ont fait grève à 55% contre l’allongement des temps de conduits et la remise en cause des repos.
Communistes, nous les soutenons.
Nous dénonçons le choix du privé pour le minibus du Sud-15ème, appelons à contester l’attribution de l’exploitation, à gagner pour les conducteurs et agents d’entretien des nouveaux minibus leur intégration au statut RATP.
C’est ça le choix du service public !
55% de grévistes au dépôt bus RATP de Croix-Nivert
Pcf Paris 15, 6 juin 2013
Régulièrement la direction de la RATP et son département bus s’engagent à « réduire la véritable pénibilité du métier de machiniste et à la compenser quand elle subsiste ».
Dans les faits, elle fait tout le contraire, ajoute de la pénibilité à la pénibilité, au nom de la « compétitivité ». Les services sont renforcés, notamment en soirée et le dimanche, mais sans les embauches correspondantes, voire avec diminution d’effectifs. 705 postes ont été détruits en 2012 dans l’ensemble de la RATP.
Suivant sa logique comptable, la direction multiplie les pressions sur les agents. Elle les pousse à ne pas s’arrêter quand ils sont malades en jouant sur les primes (celle de « présentéisme !), sur le déroulement de carrière. Elle les presse de travailler sur leurs repos, aussi bien les journées de récupération que les temps « morts » etc. Le blocage des salaires et la perte de pouvoir d’achat des agents est un instrument de ce chantage. Tout est bon pour augmenter le temps de travail.
Evidemment, la qualité du service rendu s’en trouve dégradée. Les
dysfonctionnements se
multiplient dans la régularité du
trafic, sans parler des problèmes dus aux « économies » sur la maintenance. Les machinistes se retrouvent en première ligne devant le mécontentement des usagers. Cela aussi, c’est une
dégradation grave et intolérable des conditions de travail.
La direction vient de préciser son intention d’annualiser le temps de travail, de remettre en cause les compensations pour dépassement du temps de travail journalier (retards, embouteillages…). Là, trop, c’est trop !
La riposte des agents, avec leurs organisations syndicales (CGT), s’annonce à la hauteur de ce nouveau mauvais coup. Au dépôt bus de Croix-Nivert dans le 15ème, on compte 55% de grévistes ce matin*. Les camarades du dépôt de Flandre en dénombrent 85% ! Cette journée de grève en annonce d’autres.
L’ensemble de la section du PCF du 15ème soutient et relaie sans réserve l’action des camarades communistes et syndiqués de la RATP.
Les arguments politiques de la direction de la RATP sont fallacieux. Se préparer à la « concurrence », anticiper l’application des directives et règlements européens, dit-elle ? Ce ne sont que des prétextes pour écraser les salaires, créer des foyers de profits pour de futurs actionnaires privés, relayer la politique nationale et régionale d’austérité au bénéfice du patronat et du capital !
De quelle concurrence parle-t-on lorsque les réseaux de bus « privés » d’Ile-de-France sont principalement des filiales de … la RATP elle-même ? Dans les grandes villes, les transports urbains sont assurés (hors régie municipale) par trois groupes à capitaux publics : RATP-Dev, Kéolis (SNCF), Transdev (Caisse des dépôts). L’objectif réel de la mise en concurrence n’en est que plus flagrant : le moins disant social sous les procédures d’appel d’offres.
A la RATP, encore moins qu’ailleurs, les agents n’avaient de raison de se faire des illusions sur le changement de gouvernement en 2012. C’est la gauche régionale, derrière le président PS de la Région et du STIF, Jean-Paul Huchon, qui pilote la mise en concurrence et les reculs sociaux. Le PDG Mongin a d’ailleurs été reconduit.
Quant au prétexte « européen », il vole en éclats devant le rejet massif des travailleurs et de la population, 55% au référendum de 2005 (80% aujourd’hui ?), de l’UE, de la BCE, du FMI, ces saigneurs des peuples partout dans le continent.
Pour organiser les transports en Ile-de-France, on n’a que faire des conseils et directives des larbins du capital à Bruxelles ! Il faut faire reculer la politique de privatisation des gouvernements successifs en France, relayée par la Région et la direction de la RATP.
Nous reprenons à notre compte les revendications immédiates des agents parce qu’elles sont aussi politiques :
- Retrait du plan d’annualisation du temps de travail à la RATP
- Rétablissement pour les nouveaux embauchés depuis 2009 dans des métiers pénibles des années de bonification de retraite (le 1/5ème).
- Rattrapage des salaires.
Plus que jamais, nous mettons en avant l’exigence du rétablissement et de l’extension du monopole public RATP/SNCF sur les transports urbains d’Ile-de-France, avec intégration des filiales et alignement des statuts des personnels sur ceux des établissements publics.
SNCF, RATP, et bien au-delà, pour le service public, pour la protection sociale : de grandes convergences de lutte sont possibles !
* La baisse de circulation des autobus ne correspond pas au taux de grévistes car la direction fait travailler, avec carotte et bâton, des « jaunes », en repos normalement, sur les postes des grévistes.
En septembre, nous avions dénoncé le vote des "emplois d'avenir" par les parlementaires socialistes, auxquels s'étaient associés les élus du front de gauche :
Nous reprenons ci-dessous un article de la CGT du dépôt Croix-Nivert de la RATP, qui illustre les menaces que fait peser ce dispositif sur l'emploi statutaire et le service public :
Des mécanos et des conducteurs de bus au SMIC, voici les « emplois d’avenir » !
Créés à l’automne dernier, la RATP annonce l’embauche de plusieurs centaines d’ « emplois d’avenir » en 2013-2014. Nous alertons l’ensemble des agents sur l’extrême dangerosité de cette manoeuvre contre l’emploi statutaire à la Régie.
Sous prétexte de faciliter l’emploi des jeunes en difficulté, les « emplois d’avenir » sont en fait des CDD de 12 mois, renouvelables 3 fois, ultra-précaires. Payés sur la base du SMIC, ils seront pris en charge à 75% par le contribuable !
Une aubaine à l’heure où la direction de la RATP ne cesse de parler d’économie et de productivité. Bien évidement la possibilité d’embaucher ces jeunes à l’issue de leur contrat est laissé au bon vouloir de l’employeur.
On est plus très loin du CPE de M. de Villepin.
Bien pires que les emplois-jeunes de 1997, ces contrats n’ont
pas vocation à créer de nouveaux postes d’agents non-qualifiés, mais bien de remplacer des postes
d’agents qualifiés, sous statut, à la RATP-Bus, sur le réseau ferré !
Sont concernés dans un premier temps les métiers de mécanicien d’entretien, d’électromécanicien, de poseur de voie, de contrôleur… Mais la direction annonce aussi l’embauche d’ « emplois d’avenir » pour les postes de « régulateur de proximité » et de machinistes (conducteurs de bus).
C’est donc avec une main-d’oeuvre sous-payée et corvéable à merci que la RATP compte pallier au sous-effectif ?
Aujourd’hui les « emplois d’avenir », demain les CDD et l’intérim !
Laisser faire revient à mettre le doigt dans un engrenage qui conduira inévitablement à l’arrêt des embauches statutaires, comme cela a été le cas à la Poste il y a 12 ans. En tant qu’entreprise publique, la RATP a le devoir de montrer l’exemple en terme de salaire, de formation, de non-discrimination et de stabilité de l’emploi. Au contraire, aujourd’hui, main dans la main avec le gouvernement et le patronat, elle fait office de précurseur dans la précarisation de l’emploi des jeunes.
La majorité des jeunes rentre sur le marché du travail avant 21 ans, mais ils n’obtiennent un emploi stable qu’après 27 ans. Pour nous, la précarité qu’ils subissent entre temps ne résulte pas d’un problème « d’employabilité » qui justifierait des aides publiques et des statuts spéciaux comme le patronat le demande. Mais c’est au contraire l’existence de ces contrats précaires qui permet au patronat d’être en position de force par rapport aux jeunes.
Le « contrat d’avenir » est une nouvelle arme, contre les jeunes, contre le statut, contre l’entreprise publique.
A Croix-Nivert, nous nous opposerons résolument à sa mise en application !
Hausse inadmissible des transports d’Ile-de-France.
Le Syndicat des transports d’Ile-de-France (STIF), présidé par le président PS de la Région, Jean-Paul Huchon, a décidé le 3 juin 2010 d’une augmentation considérable des tarifs des transports en commun. En moyenne, l’augmentation serait de 3,9%. Pour les titulaires d’abonnement 2 zones, comprenant la grande majorité des usagers Parisiens, le coût supplémentaire (le coup !) s’élève à 6,7% avec un passage du Pass Navigo à 60,40 euros par mois. La hausse représente 50 euros par an et par personne pour les titulaires des forfaits 2, 3 et 4 zones. C’est énorme et inacceptable.
Deux mois à peine après les élections régionales, cette augmentation est une vraie douche froide pour les Franciliens.
Qui pendant une campagne électorale, où tous les sujets de fond ont été esquivés, a évoqué les tarifs des transports ?
Le candidat président sortant Huchon a été très évasif. La droite, sachant qu’elle n’avait aucune chance d’être élue, a multiplié les déclarations démagogiques faisant fi du désengagement de son gouvernement dans les financements. M. Besancenot a fait campagne prioritairement sur la gratuité avant de se désister sur M. Huchon. Les Verts et le Front de gauche ont milité pour un tarif unique des abonnements en Ile-de-France. Entre les deux tours, M.Huchon a, de façon très imprécise, repris cette proposition mais comme un objectif d’ici plusieurs années.
Nous avons là été de ceux qui ont dénoncé l’entourloupe. L’accord entre le PS et les Verts envisage bien un tarif unique mais sans fixer le montant, laissant la possibilité qu’il soit aligné sur les plus chers.
Et en effet, au prétexte du tarif unique, Huchon et le STIF augmentent aujourd’hui considérablement tous les tarifs intermédiaires suivant une logique de rattrapage aux dépens de la grande majorité des usagers.
Au STIF, l’élue PCF membre du Conseil d’administration s’est élevée contre les augmentations. Au contraire, le vice-président Verts aux transports du Conseil régional les a justifiées au nom de la compensation de la baisse du versement transport patronal. Quelle cohérence pour ces ennemis prétendus de l’automobile !
Notre position est claire. Ce n’est pas aux usagers Franciliens, notamment parisiens de payer. Non au rançonnement ! Un grand nombre de ménages parisiens ne pourra pas supporter 50 euros de plus par membre pour le bus et le métro, 100 pour le gaz, 100 peut-être pour l’électricité etc.
L’argent, il faut le prendre là où il est.
L’Etat doit prendre toute sa responsabilité dans les investissements lourds.
La course à la privatisation de la RATP et la SNCF qui détourne des marges de profit doit cesser et la Région et le STIF doivent cesser de l’encourager. Ce n’est pas, par exemple, aux usagers de payer pour les « rénovations » des stations de métro qui les privent des guichets !
Toutes les forces doivent être mobilisées pour obtenir une augmentation du versement transport acquitté par les employeurs, premiers bénéficiaires de nos réseaux de transports en commun.
La bataille contre l’augmentation des tarifs publics, SNCF, RATP, EDF, GDG, Poste… doit devenir une bataille nationale.
Transports franciliens/Grand Paris : réflexions sur l’expérience du tramway T3 Maréchaux-Sud
Le tramway T3, sur les boulevards des maréchaux, rive gauche, roule depuis fin 2006. Les (rares) débats sur la politique régionale des transports dans
la campagne électorale en cours et le projet du « Grand Paris » appellent une réflexion sur cette expérience de la dernière mandature.
Comme habitants et salariés (et automobilistes) du 15ème, maintenant que les souvenirs pénibles des années de construction s’effacent, nous apprécions la qualité du matériel du nouveau tramway. Elle est indéniable.
Cependant le bilan au bout de trois ans vient parfaitement étayer les raisons de notre opposition au projet.
Comme doivent le reconnaître un récent rapport (12/09) de la Cour des comptes et la direction de la RATP, la vitesse moyenne des tramways atteint seulement 16,5 km par heure.
Les faits confirment l’avis des agents et de leurs syndicats. L’objectif de 20 km/h puis de 18 km/h était irréaliste, l’organisation du travail en découlant injustifiée avec ses suppressions d’emploi et de temps de pause.
Cette vitesse de 16,5 km/h est à comparer avec celle des anciens bus PC. Les bus roulaient en moyenne à 14,5 km/h, à peine plus lentement, tout en s’arrêtant à plusieurs stations supprimées depuis et en ne bénéficiant pas du système automatique de changement des feux de circulation.
Ces 2 km/h de différence représentent un gain de temps d’une seule minute par trajet moyen. Cela justifiait-il, même pour un peu plus de confort, un investissement de 311 millions d’euros, alors que de surcroît, la mise en site propre du bus venait d’être financée quelques années plus tôt ?
Vraiment non !
Le contre-projet que nous défendions, avec notamment l’Union départementale CGT de Paris, consistait, d’une part, à améliorer les bus pour les transports de proximité et, d’autre part, à relancer les voies abandonnées de la « petite ceinture ferroviaire » pour installer un train urbain rapide reliant circulairement les lignes de métro 7, 4, 13, 12 et 8 et servant aussi, dans une perspective de désengorgent de la ville, au transport de fret ferroviaire. Après coup, comme souvent, la Cour des comptes reconnaît maintenant les mérites de cette solution visionnaire.
L’empressement des acteurs, Ville de Paris (30% de l’investissement), Région (26%) et Etat (17%) se comprend de mieux en mieux.
La volonté de faire une vitrine était apparue dès le départ, également du côté de la direction de la RATP qui cherche à exploiter des tramways en province et à l’étranger dans sa stratégie de privatisation.
Les projets de nouvelle zone d’affaires à la Porte de Versailles avec la Tour Triangle, futur « sommet de Paris » et d’établissement du « Pentagone à la française » à Balard précisent les motivations des pouvoirs, municipalité, exécutif régional comme gouvernement. On est exactement dans la logique du Grand Paris : renforcer les transports et les équipements dans les quartiers déjà favorisés (nous ne parlons pas des habitants), les « pôles » de « compétitivité ». Même si l’investissement est d’un faible rapport en termes d’amélioration du service public et très coûteux pour les contribuables, parisiens comme franciliens, aux dépens d’autres projets.
La part critique de notre analyse ne porte pas sur la prolongation du tramway T2 qui vient de la Défense jusqu’à la Porte de Versailles. De même, nous ne contestons pas, maintenant que le T3 est un fait accompli, sa prolongation dans les arrondissements de l’est.
Mais l’exemple du lancement du « Tramway des maréchaux sud » est un exemple concret de la logique néfaste de l’aménagement de la capitale selon l’intérêt de la finance, dans le cadre de la concurrence des villes d’affaires.
Aujourd’hui nous demandons que les effectifs et les conditions de travail des agents du T3 soient adaptées aux réalités et non à la propagande de la RATP. Nous faisons campagne pour que les grandes compagnies privées qui vont s’installer sur le trajet (notamment dans la Tour Triangle) remboursent une partie de l’investissement comme l’Etat et le ministère de la Défense pour son « Pentagone ».
11 février 2010 : grève d'avertissement des machinistes de la RATP (source Collectif pcf RATP Bus)
Les machinistes des bus RATP étaient appelés à faire grève ce 11 février 2010 par la CGT et FO.
Cette action vise précisément à dénoncer les dispositifs complexes et pervers mis en place par la direction pour alourdir le temps de travail, revenir dans les faits sur les temps de repos.
Comme les suppressions d’emplois au niveau de l’ensemble de la régie, le blocage de fait des salaires, cette politique de la RATP s’inscrit dans la recherche de la rentabilité financière maximale, en vue de la privatisation, aux dépens de la santé des agents, de la qualité du service rendu et de la sécurité.
Les méthodes de gestion du personnel traduisent la même obsession. Les pressions de toutes sortes se multiplient sur les agents, allant jusqu’à essayer de les dissuader de prendre des arrêts pour maladie. Des sanctions arbitraires et injustifiées sont prises pour dégrader l’ambiance au travail. Trois tentatives de suicide dont une d’un ouvrier du dépôt de Croix-Nivert (voir notre article) viennent d’en témoigner.
La grève est un premier avertissement en 2010 que les machinistes n’accepteront pas. Elle a été suivie par plus de 20% des machinistes. Les taux de grévistes de plus de 30% au dépôt de Croix-Nivert, plus de 50% aux dépôts de Saint-Maur ou de Flandre indiquent combien le mouvement peut et va se renforcer.
Les autorités politiques, donc aussi le Stif et la Région, ne peuvent se désintéresser de cette situation.
Vont-ils continuer à suivre la même logique de privatisation, d’appels d’offre et de concurrence, de pression à l’abaissement des coûts, sans regard sur la dégradation des conditions de travail ? Le contrat liant la Région à la RATP va-t-il être renouvelé dans ce sens ?
Voilà une question qui devrait être au cœur de la campagne des élections régionales. Pour nous, communistes, le respect et l’amélioration des conditions de travail sont un des éléments indispensables à la qualité du service public.
Gestion des ressources humaines ou harcèlement à la RATP – Croix-Nivert ?
Un ouvrier de la RATP Croix-Nivert a été retrouvé dans une pièce du dépôt lundi 7 décembre 2009 les veines entaillées. Il va bien maintenant malgré le choc psychologique.
Mais partons du contexte dans l’entreprise.
Dans les
ateliers d’entretien des bus de la RATP (division MRB, pour Maintenance-Réseau-Bus), la privatisation rampante se traduit par l’externalisation de toujours plus d’activités professionnelles
(ex : abandon des forges) et par la recherche de « gains de productivité » aux dépens, comme partout, de l’emploi, des conditions de travail et de la qualité du travail.
L’augmentation du nombre de pannes en est un signe.
La direction de la RATP cherche à dégager des foyers de profit pour préparer la privatisation, acheter d’autres réseaux en province ou à l’étranger, etc.
Maintenant, depuis août 2009, ça s’appelle le projet « de modernisation des activités de maintenance en centre bus ».
Cette politique a un coût humain. Il est lourd pour la santé comme pour la vie des ouvriers : augmentation de la charge de travail, multiplication des horaires atypiques, baisse des rémunérations réelles… Depuis le 1er janvier 2009, les agents sont embauchés sous un statut dégradé qui ne prend plus en compte la pénibilité pour les retraites.
La gestion du personnel, pardon des « ressources humaines », relaie cette politique dans les dépôts. La pression augmente dans l’organisation du travail collectivement et individuellement.
L’ouvrier de Croix-Nivert a 54 ans. Il est à deux ans de sa retraite normale. Il travaille depuis des décennies au dépôt où sa personnalité est connue de tous, y compris dans ses traits que certains qualifient de « pittoresques ». Il est apprécié de ses collègues.
Depuis plusieurs mois, la direction tente de le révoquer, de le contraindre à un départ anticipé, pour un motif, non professionnel, contesté par l’organisation syndicale et ses collègues.
Cette situation, vécue comme une terrible injustice, est très vraisemblablement en lien avec son acte.
On peut se poser des questions. Son éviction signifierait-il la suppression d’un emploi au dépôt? Que gagne la direction de la RATP à remplacer un ouvrier sous l’ancien statut par un ouvrier sous le nouveau statut ? Que gagne la nouvelle caisse de retraite à ce type de départ anticipé ?
Ce que perdrait l’ouvrier de Croix-Nivert, dont les revenus seraient fortement amputés !
Précisons qu’il est marié et a quatre enfants qui ont entre 4 ans et 15 ans.
L’organisation syndicale CGT se mobilise pour son maintien à son poste.
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