"En 2007, je ferai les départs d'une façon ou d'une autre, par la fenêtre ou par la porte" (Didier Lombard, alors PDG de France-Télécom, extrait d'un document interne de 2006, révélé par la presse).
En 2006, le processus est déjà bien engagé par les prédécesseurs de Lombard, selon une méthode de "gestion du personnel" par la souffrance, connue, dénoncée et combattue.
Nous vous renvoyons ci-dessous à notre dossier et à nos interventions sur la question.
Souffrance au travail à France Telecom : toujours la machine à broyer le service public
Faire très attention lorsqu'on évoque les suicides "professionnels"
Dans les années 2003/2004, avec Marie-Claude Beaudeau, alors sénatrice communiste du Val d’Oise, nous avons été amenés à étudier le
développement de la souffrance au travail à France Telecom et ses causes. Ce travail a conduit notamment à la plusieurs actions, et à la publication du livre de Dominique Decèze, « France
Telecom, la machine à broyer », conçu comme témoignage et comme outil politique.
Nous sommes en effet arrivés à la conclusion que les méthodes de « gestion des ressources humaines » utilisées à France-Télécom, souvent aberrantes au premier regard quels que soient les critères d’efficacité envisageables, visaient avant tout à casser irrémédiablement le service public, sa culture et les personnels qui la portent, notamment vu la proportion, toujours majoritaire aujourd’hui, de fonctionnaires parmi eux.
Nous vous renvoyons vers plusieurs de nos tracts qui le décrivent et sont toujours d’actualité.
Lutter contre la souffrance au travail à France-Télécom, c’est toujours lutter contre le processus de privatisation, France-Télécom étant des grands services publics, l’un des premiers à avoir été attaqué, notamment à cause de la rapidité des changements technologiques.
Un point très important par rapport à la médiatisation, à nouveau, ces jours-ci des cas de suicides. Le suicide est à la fois un drame et un acte totalement contreproductif.
Rien n’est plus faux et irresponsable que de laisser courir l’idée que les suicides seraient des signaux d’alerte qui permettraient d’accélérer la recherche d’une solution. C’est le contraire.
Un suicide a toujours plusieurs origines, même quand une cause professionnelle est évidente. C’est un acte désespéré de renoncement, aussi à la lutte. Même s’il fait parler, il n’aide pas à la riposte collective mais contribue à aggraver le climat de fatalisme et de résignation.
Syndicalistes de terrain, médecins du travail, le savent et savent combien il est délicat d’accompagner le deuil des familles et des collègues tout en poursuivant et amplifiant l’action collective.
Aucun politicien responsable, même croyant bien faire, ne saurait utiliser les cas de suicides.
Seul le développement de la lutte dans et hors de l’entreprise, en pointant le processus de privatisation dans tous ses caractères, permet de contrecarrer la « machine à broyer ».
Orange en panne : un drame national ? Renationaliser France Télécom !
Pcf Paris 15, 8 juillet 2012
Le vendredi 6 juillet 2012, jour de départ en vacances, de résultats du bac : Orange ne répond plus. C’est la panique dans le pays. Même plus de téléphoniste à qui se plaindre de la coupure de la ligne. 20 à 30 millions d’utilisateurs de portable, d’internet sont privés pendant 10 heures d’outils de télécommunication devenus essentiels à leur vie quotidienne comme à celle de l’économie.
Echaudé par les précédents de la canicule ou de la grippe aviaire, le nouveau gouvernement délègue en pleine nuit Mme Fleur Pellerin, ministre à l’économie numérique, au central téléphonique de France Télécom dans le 14ème arrondissement de Paris.
Interviewée par le JDD, Mme Pellerin souligne « le très forte dépendance de notre économie et de notre société à l’égard des infrastructures de télécommunications » puis admet que « c’est tout à la fait le rôle de l’Etat » en tant qu’actionnaire que « d’imposer à l’opérateur d’investir dans des réseaux plus solides et plus fiables ».
Eh oui, l’Etat, avec 27% du capital, demeure le seul actionnaire de référence.
Mais alors pourquoi le gouvernement de « gauche » vient-il, début juin, de laisser verser par FT un dividende de 3,7 milliards d’euros, les deux tiers au profit de spéculateurs d’on ne sait où ? Pourquoi la « gauche » plurielle a-t-elle lancé la privatisation de FT en 1997 ?
Depuis, c’est pratiquement 40 milliards d’euros qui sont partis dans les poches de actionnaires en dividendes, autant dans celles de la finance en remboursement des rachats absurdes, au prix le plus fort, de marques et de réseaux étrangers, complètement surévalués. La dette de FT a culminé en 2003 à 70 milliards d’euros (30 milliards aujourd’hui).
A l’heure où l’on enterre la prouesse d’avant-garde du service public que fut le minitel il y 30 ans, il faut constater combien la téléphonie mobile et l’accès à internet se sont développés dans des conditions de surfacturation et d’inégalité scandaleuses pour les usagers et le pays.
Les bénéfices détournés de FT, les profits colossaux du cartel de la concurrence (FT avec SFR, Bouygues et maintenant Free qui parasite le réseau FT), sont la contrepartie des abonnements prohibitifs, de l’abandon des territoires ruraux (à moins d’augmenter les impôts locaux), des SMS si longtemps à 15 centimes alors qu’ils ne coûtent quasiment rien etc. La facture globale de télécommunication a explosé d’une façon totalement injustifiée. L’investissement productif, la recherche en France sont maintenant menacés.
Voilà aussi maintenant 10 ans que le scandale de la gestion des ressources humaines de FT par le harcèlement a éclaté, grâce
notamment à des communistes (le livre « FT : La Machine à broyer » dont nous, PCF Paris 15, sommes à l’origine). Mais depuis 10 ans, les mêmes pratiques continuent d’être couvertes
par les gouvernements successifs, leur médiatisation, celle du drame des suicides, d’être utilisée pour démotiver encore un peu plus les salariés, fonctionnaires ou non.
Vraiment, cela suffit, cette hypocrisie ! Communistes, pour nous, une revendication centrale s’impose :
LA RENATIONALISATION INTEGRALE DE FRANCE TELECOM, sans indemnité pour les personnes morales actionnaires, LA DENONCIATION UNILATERALE AU NOM DE L’INTERET PUBLIC DES DIRECTIVES EUROPENNES DE CONCURRENCE.
POUR UN GRAND SERVICE PUBLIC NATIONAL DES TELECOMMUNICATIONS DU 21EME SIECLE!
France Telecom : enrayer la machine à broyer par la lutte. Renationalisation intégrale !
Par Emmanuel Dang Tran
Une nouvelle fois, à Bordeaux, dans des conditions particulièrement atroces, un salarié de France Telecom a mis fin à ses jours à cause de son travail. La presse donne un large écho à cet acte personnel qui suscite une importante émotion.
Il faut marquer le coup syndicalement, politiquement après un tel acte, sans oublier que le suicide est la négation de la lutte, qu’il renvoie à la désespérance et à la résignation individuelle.
En 2004, avec Marie-Claude Beaudeau, alors sénatrice du Val-d’Oise, avec qui je travaillais, nous avons brusquement découvert l’étendue de la souffrance au travail à France Télécom. A la suite d’une question parlementaire alertant contre l’existence de système de fichage illégal, nous avons reçu des centaines de mails et de courriers qui voulaient dénoncer, briser le silence. Nous avons rencontré des dizaines de salariés de toutes les catégories, des responsables syndicaux. Nous avons organisé plusieurs réunions, sorti des tracts. Notre travail est à l’origine du livre de Dominique Decèze, auquel j’ai contribué, « France Telecom, la machine à broyer ». Depuis, beaucoup d’autres livres sont sortis sur le sujet.
Mais notre préoccupation n’était pas de faire de la compassion mais bien d’alimenter une lutte collective, à tous les niveaux, contre le processus de privatisation et ses conséquences.
En 2011, le constat est que le problème malheureusement se pose toujours de la même façon. La création d’un « observatoire du stress », la reconnaissance par l’entreprise
de sa responsabilité dans certains cas de dégâts humains représentent peu de chose. Mais 30.000 emplois en France ont été supprimés.
Nous avons identifié que la souffrance presque généralisée au travail résultait d’une stratégique réfléchie de « gestion des ressources humaines ». Mutations forcées, déqualification, entretiens d’évaluation humiliants, objectifs professionnels inaccessibles… tout cela est organisé dans deux objectifs : renforcer l’exploitation pour dégager plus de profits mais aussi casser l’emploi en France, éradiquer l’esprit de service public. Les fonctionnaires, qui représentent encore plus de 60% du personnel aujourd’hui, sont particulièrement la cible d’une politique dont les contractuels sont tout autant victimes.
France Telecom reste le laboratoire avancé du processus de privatisation des grands services publics.
Dans ce contexte de médiatisation, les luttes syndicales sont parvenues à améliorer la situation localement, à recréer des solidarités. Le PDG Lombard a dû quand même démissionner après avoir parlé en 2009 de « mode du suicide ». Mais la politique de l’entreprise reste la même et le fatalisme et le repli individuel continuent à peser.
Quelles revendications devons-nous porter sur le plan politique, également pour élargir la lutte ?
Je pense que poser la question de la renationalisation intégrale est plus que jamais d’actualité. L’Etat reste le premier actionnaire (à 25%) et les gouvernements successifs sont pleinement responsables de la situation à France Telecom. Il est nécessaire de le rappeler.
D’ « ouvertures du capital » en « privatisations partielles », ils ont réussi à faire prédominer l’intérêt capitaliste dans ce service public historique. N’oublions pas au passage que c’est la gauche plurielle, reniant la promesse de Jospin, qui a lancé la privatisation du capital en 1997.
Depuis 10 ans, tel une vache à lait, France Telecom a rapporté près de 30 milliards d’euros de dividendes aux actionnaires. Elle a aussi rapporté 30 milliards d’euros d’intérêts à la finance suite à la politique délibérée d’endettement et de rachats au prix fort d’opérateurs étrangers. Les marges réalisées notamment sur les portables, sur le dos des usagers, sont éhontées, alors que l’accès le plus large aux nouvelles technologies de la communication est décisif pour le développement du pays.
Autant d’éléments qui peuvent faire, à côté des batailles courageuses site par site pour les conditions de travail, de la revendication politique de la renationalisation de France Télécom une lutte rassembleuse et efficace.
Et que l’on ne nous resserve pas le prétexte « européen » pour s’y opposer !
Le scandale continue : France-Télécom donne à ses actionnaires des dividendes supérieurs à ses bénéfices !
L’entreprise France-Télécom fait beaucoup parler d’elle à propos de la souffrance au travail, des formes d’exploitation du personnel mises en place pour accélérer la privatisation, vider le statut de fonctionnaire de la majorité des agents*.
A l’autre bout de sa gestion, elle devrait faire parler, plutôt hurler, par la décision de ses PDG, Lombard l’ancien, Richard le nouveau, adoubé par le gouvernement, de distribuer aux actionnaires un dividende pour 2009, supérieur même au bénéfice de l’entreprise : 1,4 euro par action, représentant un total de 3,65 milliards d’euros pour un bénéfice net consolidé de 3,47 milliards d’euros (2,997 pour la maison mère seule).
Qui va toucher les dividendes ? Les grands gagnants sont les « investisseurs », dont on tait le nom, qui détiennent 70% du capital. Parmi eux, certainement des fonds de pension, des groupes financiers internationaux, etc. Aucun ne dépasserait les 5% du capital les obligeant à se faire connaître. Avec leurs 3% du capital, les salariés ne récupéreront chacun que des miettes du produit de leur propre exploitation.
L’Etat détient 27% du capital et reste, de loin, le principal actionnaire et celui qui contrôle la gestion de l’entreprise. Il faut le dire et le répéter. Dans le droit fil du processus de privatisation engagé dès le début des années 90 avec l’éclatement des PTT, en passant par le changement de statut en 1996 (Fillon), puis par l’ouverture du capital en 1997 sous Jospin, le gouvernement reste totalement responsable d’une gestion qui casse le service public pour finir de transformer une activité cruciale pour le pays, une entreprise de pointe, ses salariés et ses usagers, en vaches à lait pour les capitalistes.
Les comptes de l’entreprise pour 2009 montrent en effet, au-delà du bénéfice net, un excédent d’exploitation de 17 milliards d’euros, un bénéfice net d’exploitation de 7,8 milliards d’euros, dont 7 milliards en France, et un « cash flow » (en français : flux net de trésorerie généré par l’activité) de 8,35 milliards d’euros. Des sommes colossales qui vont très peu à l’investissement productif. Outre le bénéfice brut, 1 milliard d’euros ont été provisionnés dans le cadre du litige sur la taxe professionnelle passée due et 600 millions pour préparer l’éviction des « salariés seniors » de l’entreprise en France.
2 milliards d’euros sont aussi partis vers la finance en 2009 avec la diminution de la dette, qui se monte encore à 32,9 milliards d’euros. A la fin des années 90 et au début des années 2000, une politique délibérément irresponsable d’acquisitions d’entreprises à l’étranger, largement au-dessus de leur valeur, a permis de plomber durablement France-Télécom d’une dette qui a atteint les 70 milliards d’euros.
La dette a servi et sert toujours de prétexte à des plans de contraction des effectifs, de pression sur les conditions de travail au nom de la productivité.
Les dividendes pour les actionnaires sont directement aussi le résultat d’une politique d’écrémage de la clientèle et de surtarification des services, notamment pour les mobiles, strictement inverses aux principes du service public. Usagers, quand vous pensez que vous êtes volés (par France Télécom aussi bien que par les autres opérateurs) sur vos factures de portable, ou avec votre « box » qui ne marche pas bien etc., vous ne vous trompez pas !
Plus que jamais, France Télécom apparaît comme le laboratoire de la privatisation des grands services publics et de l’Etat lui-même.
La politique qui a creusé la dette publique au nom de la « crise », à coup d’aides massives au patronat, rappelle le précédent de France-Télécom. De même que les attaques contre le statut de la fonction publique. En 1991, les agents de France-Télécom ont, pour la plupart, été basculés du statut de fonctionnaires d’Etat à celui de « fonctionnaires de France Télécom ». Après le changement de statut de 1996, on a découvert que France Télécom paiyait des cotisations chômage pour ses « fonctionnaires », c'est-à-dire que de fait ils avaient perdu la sécurité de l’emploi. La mobilité forcée, comme un décret la prépare pour l’ensemble de la fonction publique, a été un des principaux instruments pour pressurer et éliminer des agents de France-Télécom.
Un salarié averti en vaut deux. Après la phase de black-out sur la souffrance au travail à France Télécom, on est passé à la médiatisation à outrance. L’effet recherché par les media au service du pouvoir est maintenant de pousser à la résignation, au sauve-qui-peut individuel dans l’entreprise comme ailleurs. Certains syndicats l’ont très bien analysé.
Au contraire, notre objectif ne peut être que le développement de la lutte collective. L’expérience de France Télécom doit servir à tous, aux luttes dans le secteur public, dans la fonction publique, à France Télécom même.
Déjouons les manipulations du pouvoir et de la direction de FT !
Soulignons les responsabilités politiques !
Dénonçons le scandale des dividendes aux actionnaires !
Battons-nous pour le retour du service public, dans l’intérêt des usagers, particuliers et professionnels, et du pays, avec les conditions de travail correspondant !
Exigeons la renationalisation intégrale de France Télécom !
* Nous en savons quelque chose pour avoir été à l’origine en 2005, avec la sénatrice communiste Marie-Claude Beaudeau, du livre de Dominique Decèze « France-télécom : la machine à broyer ».
Souffrance au travail à France Telecom : toujours la machine à broyer le service public
Faire très attention lorsqu'on évoque les suicides "professionnels"
Dans les années 2003/2004, avec Marie-Claude Beaudeau, alors sénatrice communiste du Val d’Oise, nous avons été amenés à étudier le
développement de la souffrance au travail à France Telecom et ses causes. Ce travail a conduit notamment à la plusieurs actions, et à la publication du livre de Dominique Decèze, « France
Telecom, la machine à broyer », conçu comme témoignage et comme outil politique.
Nous sommes en effet arrivés à la conclusion que les méthodes de « gestion des ressources humaines » utilisées à France-Télécom, souvent aberrantes au premier regard quels que soient les critères d’efficacité envisageables, visaient avant tout à casser irrémédiablement le service public, sa culture et les personnels qui la portent, notamment vu la proportion, toujours majoritaire aujourd’hui, de fonctionnaires parmi eux.
Nous vous renvoyons vers plusieurs de nos tracts qui le décrivent et sont toujours d’actualité.
Lutter contre la souffrance au travail à France-Télécom, c’est toujours lutter contre le processus de privatisation, France-Télécom étant des grands services publics, l’un des premiers à avoir été attaqué, notamment à cause de la rapidité des changements technologiques.
Un point très important par rapport à la médiatisation, à nouveau, ces jours-ci des cas de suicides. Le suicide est à la fois un drame et un acte totalement contreproductif.
Rien n’est plus faux et irresponsable que de laisser courir l’idée que les suicides seraient des signaux d’alerte qui permettraient d’accélérer la recherche d’une solution. C’est le contraire.
Un suicide a toujours plusieurs origines, même quand une cause professionnelle est évidente. C’est un acte désespéré de renoncement, aussi à la lutte. Même s’il fait parler, il n’aide pas à la riposte collective mais contribue à aggraver le climat de fatalisme et de résignation.
Syndicalistes de terrain, médecins du travail, le savent et savent combien il est délicat d’accompagner le deuil des familles et des collègues tout en poursuivant et amplifiant l’action collective.
Aucun politicien responsable, même croyant bien faire, ne saurait utiliser les cas de suicides.
Seul le développement de la lutte dans et hors de l’entreprise, en pointant le processus de privatisation dans tous ses caractères, permet de contrecarrer la « machine à broyer ».
Plus de 40% de grévistes à France-Télécom décidés à enrayer la « machine à broyer » de la privatisation
Jeudi 31 mai, la journée d’action et de grève, à l’appel des organisations syndicales, a été particulièrement bien suivie à France Télécom : plus de 40% de grévistes et plusieurs rassemblements importants dont celui place d’Alleray dans le 15ème devant la direction générale. Les agents s’opposent à un plan de suppression de 22000 emplois sur 108000 en France d’ici fin 2008.
Cette journée peut marquer le passage à une nouvelle étape dans la riposte face au sabotage qui n’en finit pas de l’entreprise de service public. Elle appelle à de larges convergences d’action avec tous les salariés du secteur public frappés par le même processus, la privatisation, que FT a inauguré, dramatiquement.
Notre section a participé étroitement à l’élaboration, à la publication et à la diffusion en 2004 du livre « France-Télécom , la machine à broyer ». Ce livre a prouvé et démonté l’existence d’un système de gestion du personnel confinant au harcèlement généralisé, prenant des formes multiples souvent a priori incohérentes pour les intéressés. Le livre les analyse. Mis en place dans le cadre du processus de privatisation, ce mode de « démolition » des ressources humaines poursuit un objectif précis. Il vise non seulement à renforcer la rentabilité financière à court terme, à rembourser l’endettement vertigineux fabriqué au début de la privatisation, mais aussi à se débarrasser d’une partie des personnels, notamment ayant le statut de fonctionnaires.
La présence de 80% de fonctionnaires dans l’entreprise, proportion qui diminue peu vu le peu d’embauches, constitue toujours en effet un obstacle à la privatisation totale. L’Etat reste actionnaire de référence. Les patrons successifs, dont François Bon puis Thierry Breton, maintenant Louis-Pierre Wenes ont couvert et organisé ce système qui perdure pour également éradiquer l’esprit de service public dans l’entreprise.
De meilleures conditions existent objectivement pour s’opposer à la poursuite du processus de liquidation du service public et de ses agents. Aujourd’hui la crise sociale dans l’entreprise, son origine et ses fins, sont clairement identifiées par les salariés dans leur globalité. La persistance de 80000 fonctionnaires dans l’entreprise est aussi un facteur de résistance. L’expérience désastreuse de la dérégulation et de la mise en bourse a été faite aussi bien par les agents que par les usagers, en France comme dans les autres pays. Pour les usagers : l’explosion des tarifs des abonnements et du fixe, multiplication des services payants, la fermeture des agences, le déficit d’entretien des lignes, des cabines, les annuaires ou les renseignements devenus sources de profit jusqu’à la caricature. Ils paient aussi lourdement le développement sous les règles anarchiques du privé des nouvelles technologies, portables, internet : un véritable gâchis que traduit l’explosion injustifiée des dépenses globales de télécommunication.
Les grandes similitudes de situation et de vécu, avec un décalage dans le temps, avec les autres grands services publics, Poste, SNCF, RATP, GDF, EDF… avec la fonction publique, se manifestent et ouvrent davantage la voie aux nécessaires convergences de lutte et d’action. Sur la bataille qui s’annonce contre la casse des régimes spéciaux, on sait que la privatisation de FT avait aussi commencé par la sortie de l’entreprise du financement des retraites des agents. Les directives européennes de mise en concurrence servent dans tous les secteurs de prétexte et d’instrument à la déréglementation en France et à la privatisation, comme cela a été le cas en premier à FT.
Sur le plan politique, le peuple a fait son expérience aussi. La privatisation de FT est l’œuvre conjointe des gouvernements successifs depuis la division des PTT par le ministre PS Quilès. La première loi de privatisation a été élaborée par le ministre Fillon du gouvernement Juppé et votée en 1996. Les mêmes sont de nouveau aux affaires avec Sarkozy. Rappelons aussi que, contrairement à ses promesses électorales, Jospin décidait en juin 1997, Fabius étant ministre de l’économie, d’appliquer cette loi « en ouvrant le capital ». L’alternative politique est pour l’instant dans la lutte, dans la construction du rapport de forces et des convergences d’action. Les communistes de Paris 15ème sont bien décidés à ne pas attendre 2012 pour y contribuer. La grève et les manifestations du 31 mai démontrent que l’heure est la riposte également à France Télécom.
Pour se procurer le livre « France Télécom, la machine à Broyer », envoyer un chèque de 12 euros à l’ordre de J. Gawsewitch, 130 rue Castagnary, 75015 PARIS. Un exemplaire vous
sera envoyé par retour du courrier.
Notre secrétaire, candidat aux législatives dans la 12ème circonscription a étroitement participé à l'élaboration de ce livre.
Voir aussi 2004. Conditions de travail et privatisation: le personnel relève la tête!
France-Télécom: Résister à la privatisation, à la casse du service public et à l’écrasement des femmes et des hommes qui le font vivre
Juste au moment où le gouvernement annonce la vente de 9,6% supplémentaires du capital de France-Télécom et le passage de la part de l’Etat en dessous de la barre des 50%, est publié le livre « France Télécom, la machine à broyer » dénonçant la dégradation dramatique de la situation sanitaire et sociale des salariés de FT. Ce sont deux aspects d’un même processus mis en œuvre depuis 1997 par les gouvernements successifs et les dirigeants de FT qu’ils ont nommés: la privatisation.
Brisons enfin le silence sur le drame humain qui se déroule à France-Télécom dans la perspective de la privatisation totale!
Sur la base de centaines de témoignages et de documents provenant de salariés, de syndicalistes, de membres de CHSCT, de médecins du travail, « la machine à broyer » fait le diagnostic et l’analyse de l’explosion du « phénomène global de souffrance au travail » dénoncé par les syndicats, allant du développement du stress, de la dépression, des maladies, jusqu’à des actes suicidaires.
L’auteur, Dominique DECEZE, journaliste, avait déjà écrit « Les truands du patronat » au sujet des conditions de travail et des méthodes de répressions chez Citroën à la fin des années 70.
Pour FT, il établit le lien entre cette situation subie par les salariés et les méthodes de gestion des « ressources humaines » mises en œuvre dans l’entreprise depuis le début de la privatisation, notamment: les restructurations incessantes, la casse des collectifs pour pousser à l’extrême l’individualisation et la compétition entre salariés (ex: les PIC, indices de « performance individuelle comparée ») mais aussi les fichages, mutations d’office, pressions hiérarchiques, placardisation, harcèlement…
« Cette violence délibérée avec laquelle la direction de l’entreprise s’est attaquée à son personnel » résulte directement de la volonté du gouvernement d’achever la privatisation et de casser définitivement, d’éradiquer le service public des télécommunications.
C’est ce que Marie-Claude BEAUDEAU, sénatrice communiste, interpellant à plusieurs reprises cette année le gouvernement pour dénoncer la situation des salariés de FT, a pointé soulignant entre autres 2 objectifs des pratiques de « gestion » du personnel sans états d’âme à FT:
1- Faire payer par les salariés le plus rapidement possible 15 milliards d’euros de la dette accumulée depuis le début de la privatisation (le plan TOP). Rappelons que cette dette colossale (69 milliards fin 2002), immense cadeau aux banques, est le résultat de la politique de rachats tout azimut d’opérateurs à l’étranger et n’a rien à voir avec l’activité des salariés en France (le résultat opérationnel a toujours été positif). Le reste de la dette est apuré par les contribuables et les usagers.
2– Se débarrasser de milliers d’agents fonctionnaires par tous les moyens parce qu’ils constituent une large majorité des personnels (75%) et que leur statut est un obstacle à la privatisation et à la prise de contrôle par un opérateur privé. Cet objectif va de pair avec la volonté d’éradiquer l’esprit de service public de l’entreprise.
Le 9 juillet, la direction de FT, mal à l’aise, a refusé d’auditionner Marie-Claude BEAUDEAU à la réunion du CHSCT national où elle avait été dûment invitée en qualité de personnalité qualifiée par les syndicats CGT, SUD et CFTC.
Aujourd’hui, la direction de France Télécom et le gouvernement ne peuvent plus faire la sourde oreille.
Lorsque le PDG de FT, M. Thierry BRETON, se vante partout des performances notamment financières de sa gestion et se prépare même à gratifier quelques « hauts dirigeants » de « stock options », c’est une insulte à l’égard des personnels. Comment peut-il parader notamment dans les media alors que c’est précisément ses choix de « gestion », à la suite de ceux de Michel BON qui détruisent le service public, broient les salariés de FT, leurs compétences et hypothèquent l’avenir de l’entreprise?
ARRETONS LE GACHIS HUMAIN, RESISTONS A LA PRIVATISATION :
Exigeons de la direction de FT et du gouvernement le respect et la considération des salariés, l’arrêt immédiat des plans de suppressions d’emploi, de délocalisations, de la mobilité forcée, de toutes les méthodes, et pratiques d’organisation du personnel , vécues comme du harcèlement moral, basées sur la mise en concurrence, la fragilisation des individus. Dénonçons les systématiquement sur chaque site de FT!
A l’heure où le gouvernement entend accélérer le démantèlement de tout le secteur public et de la fonction publique, France Télécom représente un laboratoire qui préfigure directement ce qui commence à La Poste, à EDF-GDF, au ministère des finances… Cette situation appelle plus que jamais une riposte convergente des salariés, des usagers.
L’alternative politique, c’est plus que jamais la réappropriation publique intégrale de FT avec sa renationalisation. Les personnels qu’on veut écraser constituent l’atout décisif du service public pour l’intérêt général.
C’est dans cet esprit que la section du PCF15ème, dont plusieurs membres ont étroitement collaboré au livre la « machine à broyer » entend continuer à militer. L’expérience de 1997 avec le choix, dès son arrivée, de « la gauche plurielle » que nous avons ouvertement combattu, d’entamer la privatisation de FT, (avec le soutien appuyé de JC Gayssot), montre que l’alternative politique se construit avant tout dans la lutte.
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