Pour la défense de l’éducation nationale : manifestation 14h00 place d’Italie (direction Bastille)
Les chiffres ne disent pas toute la politique d’abandon de l’éducation nationale mais en donne un raccourci frappant :
Budget 2009 de l’éducation nationale: 63 milliards d’euros, en baisse de 2% en euros constants, pour 12 millions d’élèves...
Suppression de 13.500 postes, dont 6.000 dans le primaire (60.000 d’ici 2012): 300 millions d’euros « économisés » au prix de la désorganisation de nos lycées et école.
Plan pour renflouer les spéculateurs : 360 milliards d’euros!!!
Parents, jeunes, les autres coupes sombres dans le budget de l’éducation nationale ne nous passeront pas inaperçues.
Enseignements supprimés, fermetures de classes, élèves en sureffectifs, dégradation des conditions d’accueil : voilà ce à quoi nous allons être confrontés, à quoi nous sommes déjà confrontés, établissement par établissement, et que nous devrons combattre. Moins d’école, c’est moins d’instruction, moins de chances pour nos enfants ! Ainsi les deux heures d’école supprimées le samedi, les restrictions de la scolarisation à l’école maternelle, sujette à une attaque en règle du ministre Darcos.
Le gouvernement aggrave et planifie un véritable démantèlement du service public d’enseignement. Son projet suit plusieurs objectifs :
- Transformer l’éducation en marché lucratif, pour que des groupes privés fassent de l’argent sur le dos de l’éducation nationale. L’investissement pour la nation devient un coût pour les familles.
- Attaquer la cohésion sociale en creusant les inégalités, en renforçant les logiques de ségrégations, par l’argent, par la disparition de la carte scolaire, en attaquant le caractère laïque et républicain de l’école.
- Mettre l’école sous la coupe réglée du Medef et de ses besoins à court terme. La casse de l’enseignement professionnel avec la remise en cause des BEP, de filières entières, les bacs pro en 3 ans au lieu de 4 correspondent par exemple à la volonté de saboter l’industrie du pays au profit de la finance. La remise en cause des concours nationaux pour les enseignants et de leur contenu appartient à la même logique.
- Casser les conditions de l’acquisition de l’esprit critique, de la culture générale, sources d’épanouissent pour l’individu mais menace pour l’ordre établi. L’attaque contre les IUFM, Instituts universitaires de formations des maîtres, anciennes écoles normales d’instituteurs reflète, entre autres, cette volonté.
Ces objectifs font partie d’un projet cohérent de démantèlement de l’éducation nationale qui répond à la cohérence de la politique gouvernementale au service du capitalisme mondialisé. L’Union européenne en a tracé la feuille de route de la marchandisation de l’éducation en 2000 dans « l’agenda » de Lisbonne (dont le gouvernement Ps avait également approuvé les conclusions).
Aujourd’hui, plus que jamais, l’heure est à la résistance. De très fortes luttes se sont développés ces dernières années, tant la situation vécue devient critique et les menaces se précisent. Elles ont atteint un niveau très élevé au printemps 2008, avant d’être interrompues avec la période des examens, associant enseignants, parents et lycéens (dans le 15ème, grosses mobilisations à Buffon, Camille Sée, Louis Armand, Beaugrenelle …). Tous les motifs de l’action pour défendre l’école demeurent et s’aggravent.
Etablissement par établissement, la vigilance et la mobilisation sont de mise, notamment sur la mise en place des « heures de soutien » et contre de probables suppressions d’enseignements et de classes. Dans le 1er degré, jeudi 16 octobre à Paris, plus de 50% des enseignants, un niveau historique, étaient en grève pour dénoncer es pressions du rectorat, l’atteinte aux droits syndicaux, la pénurie de personnels, notamment de remplacement.
La manifestation nationale du 19 octobre, unissant organisations syndicales, fédérations de parents d’élève et de multiples associations, constitue une nouvelle étape dans la mobilisation du pays pour son école, parallèlement au développement de luttes dans d’autres secteurs d’activité.
Quelle lutte revêt plus un caractère d’intérêt général que la lutte pour l’éducation nationale !
Le gouvernement doit rendre l’argent à l’école !
Communistes, nous entendons contribuer pleinement à ce combat décisif, à faire plier le pouvoir tout de suite, à construire l’alternative politique sans attendre 2012.
Vive l’école de la réussite de chacun pour l’intérêt de tout le pays !
Rentrée scolaire : Sarkozy et Darcos torpillent l’éducation nationale
De l’argent pour l’école ou de l’argent pour la guerre ? Former les jeunes pour qu’ils construisent le pays et s’épanouissent ou les envoyer au casse-pipe pour l’intérêt des multinationales et des trusts pétroliers ?
L’actualité illustre malheureusement ce raccourci. Les opérations militaires extérieures auront coûté un milliard d’euros en 2008 (640 millions en 2007). Le renforcement de l’expédition française en Afghanistan derrières l’impérialisme américain près de 300 millions et tragiquement, pour l’instant, la vie de dix soldats.
300 millions d’euros, c’est précisément le montant des « économies » escomptées par le gouvernement avec la suppression des 11500 postes d’enseignants et de personnels de l’éducation nationale en 2008. Déjà, le ministre a annoncé la destruction de 13500 autres emplois en 2009 (60.000 d’ici 6 ans !). Une véritable saignée !
Parents, jeunes, les autres coupes sombres dans le budget de l’éducation nationale ne nous passeront pas inaperçues.
Enseignements supprimés, fermetures de classes, élèves en sureffectifs, dégradation des conditions d’accueil : voilà ce à quoi nous allons être confrontés dès cette rentrée, établissement par établissement, et que nous devrons combattre. Moins d’école, c’est moins d’instruction, moins de chances pour nos enfants ! Ainsi les deux heures d’école supprimées le samedi, les restrictions de la scolarisation en maternelle.
Le gouvernement aggrave et planifie un véritable démantèlement du service public d’enseignement. Son projet suit plusieurs objectifs :
- Transformer l’éducation en marché lucratif, pour que des groupes privés fassent de l’argent sur le dos de l’éducation nationale. L’investissement pour la nation devient un coût pour les familles.
- Attaquer la cohésion sociale en creusant les inégalités, en renforçant les logiques de ségrégations, par l’argent, par la disparition de la carte scolaire, en attaquant le caractère laïque et républicain de l’école.
- Mettre l’école sous la coupe réglée du Medef et de ses besoins à court terme. La casse de l’enseignement professionnel avec la remise en cause des BEP, de filières entières, les bacs pro en 3 ans au lieu de 4 correspondent par exemple à la volonté de saboter l’industrie du pays au profit de la finance.
- Casser les conditions de l’acquisition de l’esprit critique, de la culture générale, sources d’épanouissent pour l’individu mais menace pour l’ordre établi. L’attaque contre les IUFM, Instituts universitaires de formations des maîtres, anciennes écoles normales d’instituteurs reflète, entre autres, cette volonté.
Ces objectifs font partie d’un projet cohérent de démantèlement de l’éducation nationale qui répond à la cohérence de la politique gouvernementale au service du capitalisme mondialisé. L’Union européenne en a tracé la feuille de route de la marchandisation de l’éducation en 2000 dans « l’agenda » de Lisbonne (dont le gouvernement Ps avait également approuvé les conclusions).
Aujourd’hui, plus que jamais, l’heure est à la résistance. De très fortes luttes se sont développés ces dernières années, tant la situation vécue devient critique et les menaces se précisent. Elles ont atteint un niveau très élevé au printemps 2008, avant d’être interrompues avec la période des examens, associant enseignants, parents et lycéens (dans le 15ème, grosses mobilisations à Buffon, Camille Sée, Louis Armand, Beaugrenelle …). Tous les motifs de l’action pour défendre l’école demeurent et s’aggravent.
Etablissement par établissement, la vigilance et la mobilisation seront de mise dès la rentrée, notamment sur la mise en place des « heures de soutien » et contre de probables suppressions d’enseignements et de classes. En juin, dans plusieurs écoles du 15ème, des fermetures de classe ont été laissées en suspens pour la rentrée.
Une première journée nationale d’action (d’information et de sensibilisation pour ce premier temps) est prévue le 11 septembre par les organisations syndicales.
Le 7 octobre se dessine une mobilisation générale interprofessionnelle. L’aspiration à la jonction des luttes monte devant leur caractère d’intérêt général.
Le gouvernement doit rendre l’argent à l’école ! Celui des 15 milliards de déductions fiscales au profit des plus riches et des actionnaires ! Celui de la guerre !
Communistes, nous entendons contribuer pleinement à ce combat décisif, à faire plier le pouvoir tout de suite, à construire l’alternative politique sans attendre 2012.
Vive l’école de la réussite de chacun pour l’intérêt de tout le pays !
Mouvement des enseignants et des lycéens : répondre à la provocation par l’unité d’action
La provocation n’est pas un trait de caractère chez Sarkozy. Elle répond à une stratégie politique. Quand il annonce une loi sur le « service minimum » dans les écoles, il tente d’opposer les parents aux enseignants. En ignorant totalement les revendications exprimées depuis des mois maintenant par le monde de l’éducation, par 300000 manifestants hier, y compris les fonctionnaires des autres services publics, il veut afficher un mépris tel qu’il nourrisse la résignation.
Dans le même temps, cette réaction, ce refus de répondre sur le fond des problèmes posés, est un signe de faiblesse. Le pouvoir est conscient que la défense de l’école publique est une question qui mobilise fortement et qui peut rassembler le pays entier. Qui n’est pas concerné ? L’éducation nationale peut être le point de convergence de l’ensemble des luttes contre la destruction du service public, des statuts et du droit du travail, des acquis sociaux et démocratiques.
A propos du « service minimum », du souci de l’encadrement des enfants et de la vie de famille, qui est plus mal placé que Sarkozy ? Sa politique supprime une demi-journée de cours dans les écoles primaires, des heures d’enseignement dans le secondaire. Sa politique veut faire travailler les parents en soirée, le samedi et le dimanche.
Au contraire, les enseignants, les lycéens se battent pour défendre l’intégrité du service public, pour les conditions de formation réelle pour tous, correspondant à la fois aux aspirations des individus et aux besoins du pays.
Ils ont raison. Il n’y a rien à céder sur leurs revendications. Non aux 1120 suppressions de postes ! Non aux bacs pro en 3 ans et à la dévalorisation des BEP !
Dimanche 18 mai, une grande manifestation nationale est organisée par les syndicats enseignants, avec le soutien des associations progressistes de parents d’élèves. Allons-y tous ! Rassemblement à partir de 13h00 à Opéra !
Manifestation du 15 mai : une étape dans le nécessaire renforcement du mouvement lycéen et enseignant
Darcos n’est peut-être pas un
« bouffon » mais il veut payer les lycéens en monnaie de singe
Après avoir dénigré les enseignants grévistes, qui « râlent » et ne sont pas un « bon modèle » pour la jeunesse, Darcos a récidivé contre les manifestants lycéens qu’il qualifie de « bouffons » dans les colonnes du Figaro-Magazine. La provocation, la tentative d’humiliation de l’adversaire, fait décidément partie de sa méthode.
Comme la poudre aux yeux. Les media, toujours dociles, quoiqu’en dise Sarkozy, relaient abondamment les « résultats » de sa rencontre avec les syndicats lycéens le 9 mai. Ceux-ci auraient obtenu des avancées. Lesquelles ?
Sur les 11200 suppressions de poste en 2009 (90 000 d’ici 2012) : rien !
Quelle signification peut avoir dans ces conditions l’annonce d’un dispositif d’heures de soutien scolaire dans 200 lycées « en difficulté » ? Aucune sinon de répartir la pénurie, de dévaloriser la fonction enseignante (recrutement de 1500 précaires mais à budget constant), de rentrer dans la logique de stigmatisation de certains lycéens.
Sur la remise en cause des diplômes de l’enseignement professionnel : rien !
La généralisation des bacs pro en 3 ans reste programmée. Les garanties verbales sur la pérennité des BEP dans ce cadre nouveau ne rassurent que ceux qui y croient. Seul l’annonce d’une session de rattrapage (pour les bacs) est valable.
Les lycéens, comme les enseignants, ne se contenteront pas de cette monnaie de singe. Loin des « bouffonneries », ils luttent avec un grand sens de la responsabilité pour préserver leur avenir, les conditions de leur formation et de leur réussite, sans hypothéquer le présent. Il y a une conscience de classe de ce mouvement.
Après le 15 mai, viendra le dimanche 18 avec la manifestation nationale à Paris pour l’école (13h00 Opéra, direction République puis Bastille). La bataille doit continuer jusqu’à l’abandon des suppressions de postes.
La défense de l’enseignement professionnel public : une priorité
La mobilisation des lycéens tient bon malgré les campagnes de dénigrement. Le retour de vacances a été marqué dans chaque académie par des actions significatives. La manifestation du 6 mai à Paris a réuni près de 6000 lycéens. Elle constitue un jalon dans la préparation de la journée de grève du 15 mai qui s’annonce décisive, réunissant lycéens, enseignants, personnels techniques en convergence avec l’action des autres agents de la fonction publique.
N’en déplaise à M. Darcos, l’action des lycéens montre un sens élevé de la responsabilité. Ceux qui les taxent d’inconscience savent bien qu’ils veulent défendre leur avenir, défendre les conditions de leur formation et de leur réussite, dans l’intérêt du pays.
La mise en échec du plan de suppressions de 11200 postes, préalable à celle de 85000 autres d’ici 4 ans, est l’objectif capital (voir notre tract).
La défense de l’enseignement professionnel public est également un souci prioritaire.
Le projet de généralisation à partir de 2009 des bac pro en 3 ans, au lieu de 4 aujourd’hui, fait en effet peser une lourde menace pour l’ensemble du système.
Aujourd’hui, la préparation du bac professionnel comprend 2 ans de BEP puis 2 ans pour le bac pro proprement dit.
Le passage général à 3 ans, avec soi-disant le même contenu du diplôme (est-ce possible ?), va conduire à diminuer la qualification moyenne, à laisser encore davantage de jeunes sur le bord de la route. Pour deux raisons :
- Un grand nombre d’élèves risquent de ne plus décrocher le bac. Déjà aujourd’hui, 61% des titulaires du BEP ne vont pas jusqu’au bac et 20% ont besoin de 5 ans pour construire leur qualification professionnelle et y arriver. Ce sera encore plus difficile en trois ans.
- L’avenir et la valeur des BEP sont directement menacés. Après avoir laissé entendre leur disparition pure et simple, le ministère reste dans le flou et évoque un système d’obtention automatique par contrôle continu. Le BEP risque en fait de cesser d’être un diplôme en tant que tel, valorisable dans la vie active. La recréation éventuelle de CAP marquerait le recul de la qualification polyvalente.
Pour former 3 ans au lieu de 4, il y aura besoin de moins d’enseignants et de moins de moyens. Il n’est pas difficile de voir là une des motivations principales du gouvernement. Faire des
économies pour compenser les cadeaux fiscaux consentis aux plus riches. Des milliers de postes, des établissements entiers sont menacés
L’autre objectif est de drainer des élèves vers les formations privées, payantes, entièrement contrôlées par le Medef suivant ses intérêts immédiats, à l’image de l’apprentissage à 14 ans, aux dépens notamment de la formation générale.
Le Medef déjà guidait en 2001 le gouvernement de « gauche plurielle » vers l’ouverture de filières « expérimentales » de préparation du bac pro en 3 ans. Les résultats traduisent le développement d’une forme de sélection. Les rapports officiels eux-mêmes estiment que l’expérience n’est pas généralisable.
Devant la mobilisation des lycéens et des enseignants, le pouvoir essaye de louvoyer. Il reporte certains transferts de 4 à 3 ans à 2009, suivant les rectorats. Il temporise pour laisser passer l’orage de la mobilisation générale de l’éducation nationale pour le maintien des 11200 postes.
Raison de plus pour amplifier et élargir la mobilisation, pour que le 15 mai sonne le recul de Sarkozy et Darcos.
JEUDI 17 AVRIL: LES LYCEES BUFFON, CAMILLE SEE ET LOUIS ARMAND SONT FORTEMENT MOBILISES ET PREPARENT LA CONTINUATION DU MOUVEMENT APRES LES VACANCES. LA SECTION DU PCF PARIS 15EME LEUR APPORTE SON SOUTIEN TOTAL.
Mettre un coup d’arrêt à la casse de l’éducation nationale téléguidée par le MEDEF:
Maintien des 11200 postes menacés à la rentrée 2009 !
Dans la politique de casse sociale du gouvernement et du président, l’éducation nationale est une cible prioritaire. Ils s’y attaquent par tous les bouts en cherchant à :
- Affaiblir le service public de l’éducation par de nouvelles restrictions budgétaires. La suppression annoncée de 11200 postes d’enseignants et personnels techniques à la rentrée sape les moyens humains. Le ministre Darcos n’a pas démenti que ce chiffre pourrait augmenter à l’automne (20000 ?) et dans les années suivantes suivant le mot d’ordre de Sarkozy de suppression d’un poste de fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Classes encore plus surchargées et réduction de l’offre publique d’enseignement (ex : cours du samedi, 1ère année de maternelle, options) en sont logiquement les premières conséquences.
- Faire le lit de la privatisation à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de l’école publique. Certaines disciplines tendent à être externalisées (sports, voire langues). Le « plan banlieue » prévoit de subventionner spécialement encore les écoles privées. Les cours privés bénéficient de nouvelles défiscalisations et déductions de cotisations sociales. Comme quoi de l’argent public, il y en a !
- Remettre en cause la laïcité. Les discours de Sarkozy au Vatican, vantant le rôle d’éducateurs des religieux, sont des provocations.
- Attaquer les statuts des écoles et des personnels. Le pouvoir tente d’introduire, comme pour les universités, la concurrence entre les établissements en cherchant à les « autonomiser » et à les organiser comme des entreprises. Après la territorialisation des postes techniques, les enseignants sont frappés par l’offensive contre le statut de la fonction publique comme le rapport Pochard le préfigure.
- Renforcer la logique de ségrégation scolaire avec la suppression de la carte scolaire ou les enseignements de « soutien » stigmatisant certains élèves.
- Remettre en cause le contenu des enseignements avec un retour à des méthodes réactionnaires et les pressions pour modifier les programmes.
Les prétextes avancés par Darcos ne tiennent pas une seconde.
- La baisse prévisionnelle des effectifs des lycées va s’inverser dès 2009 selon les démographes. Il n’y a aucune raison qu’elle ne soit pas utilisée pour alléger les classes.
- Le recours aux heures supplémentaires pour remplacer 5000 postes d’enseignants est impraticable et inacceptable. Leur temps de travail est déjà pleinement occupé. Nombreux, ils refusent le chantage consistant à les faire travailler plus mais moins bien pour gagner à peine plus ou même moins.
- Les « contraintes » du déficit du budget de l’Etat sont un argument irrecevable après les 15 milliards d’euros (par an) accordés par le « Paquet fiscal » aux plus riches et aux grandes entreprises.
Le MEDEF pense pouvoir imposer dans la période son projet d’évolution du système scolaire : la régression, l’inégalité et la marchandisation.Le patronat veut une main d’œuvre adaptée à sa conception de l’avenir économique de la France. Les fermetures d’entreprises, les délocalisations, les pratiques des faibles rémunérations, de la précarité en donnent l’idée.
Schématiquement, il lui faut d’une part des salariés hautement qualifiés en nombre restreint (en plus d’une éducation élitiste pour les rejetons des classes dominantes). D’autre part, une main d’œuvre déqualifiée, très spécialisée et donc subordonnée, à faible prétention salariale.
Tous les acquis de l’école laïque et républicaine en terme de développement de la culture générale, de l’esprit critique, de la citoyenneté lui ont toujours été insupportables. Il tente de profiter du rapport de force social pour les remettre en cause.
Dans le même temps, le patronat entend transformer, davantage encore, l’éducation en activité lucrative et source de profits financiers.
Il est gagnant financièrement sur tous les plans avec la politique du gouvernement. Il est le principal bénéficiaire des baisses d’impôts. Il est bénéficiaire de la casse de l’école publique qu’elles entraînent. Les familles solvables, angoissées par l’avenir de leurs enfants, sont invitées à se sacrifier pour payer des cours complémentaires, des écoles privées, des frais de scolarité galopants…
Les forces existent dans le pays pour mettre un coup d’arrêt à cette politique.
Le mouvement des enseignants et des lycéens est très fort et surtout très conscient des enjeux. Il suit les grandes mobilisations de 2003 ou bien dernièrement des étudiants contre la loi LRU, inspirée du même esprit que l’attaque contre l’école.
La résistance sociale se développe dans de multiples secteurs frappés par la politique au service du capital, qu’ils s’agissent des autres services publics (transports, énergie…) ou du secteur privé où les luttes pour l’emploi et les salaires s’organisent.
Le gouvernement et Darcos en particulier dans sa ville de Périgueux viennent d’essuyer un désaveu électoral. Ils ne peuvent plus se prévaloir d’un soutien majoritaire.
La perspective politique réside aujourd’hui dans ses luttes et dans leur convergence.
On se souvient des propos de Ségolène Royal sur les professeurs pendant la campagne électorale. Sa pensée est la même que celle de Sarkozy. Le soutien du PS à la ratification du nouveau traité européen de Sarkozy traduit son absence d’alternative politique. Le projet concerté de marchandisation de l’éducation et de la formation remonte au Conseil européen de Lisbonne en 2000 où siégeaient Chirac et Jospin. Ses conclusions sont en filigrane dans le nouveau traité.
En tout cas, comme lycéen, étudiant, enseignant, salariés… on ne peut pas se permettre d’attendre un éventuel (et improbable) changement de politique en 2012 et de se contenter des postures d’opposants des dirigeants du PS.
Militants communistes, nous entendons contribuer aux luttes, mettons nos organisations à la disposition de ceux qui les portent pour gagner tout de suite.
Maintien des 11200 postes menacés à la rentrée 2009 !Maintien du bac pro en 4 ans et des BEP !
Priorité budgétaire à l’éducation et à la formation !
Non aux écoles ghettos !
Fin des aides à l’enseignement privé !
Défendre l’école laïque et républicaine, c’est défendre la réussite pour tous, l’avenir de chaque jeune et celui du pays.
« dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, même s’il est important qu’il s’en rapproche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance » Nicolas Sarkozy
A l’occasion de sa visite au pape, Nicolas Sarkozy a tenu un discours sur la religion au Palais de Latran à Rome le 20 décembre. Comme l’ont relevé trop peu d’observateurs, ce discours représente une remise en cause de la laïcité républicaine sans précédent et inacceptable dans la bouche d’un président, élu pour la défendre, quelle que soit sa conviction personnelle.
Sarkozy a exalté, sans retenue, la religion comme morale et même comme idéologie. Il a outrageusement subordonné la République et la laïcité à la religion. Extraits : « …la République a intérêt à ce qu’il existe aussi une réflexion morale inspirée de convictions religieuses. D’abord parce que la morale laïque risque toujours de s’épuiser ou de se changer en fanatisme quand elle n’est pas adossée à une espérance qui comble l’aspiration à l’infini ». Ou encore « un homme qui croit, c’est un homme qui espère. Et l’intérêt de la République, c’est qu’il y ait beaucoup d’hommes et de femmes qui espèrent ».
Affublée du qualificatif de « positive », la laïcité selon Sarkozy n’a plus rien à voir avec la laïcité républicaine. Tout en se défendant de « modifier les grands équilibres de la loi de 1905 », le discours de Sarkozy prépare le terrain au soutien, sous de multiples formes, de l’Etat à l’Eglise et à une intrusion de l’Eglise dans la vie publique. « Il s’agit d’avoir pour principe de faciliter la vie quotidienne des grands courants spirituels » a-t-il dit. Plus loin : « partout où vous agirez, dans les banlieues, dans les institutions, auprès des jeunes, dans le dialogue inter-religieux, dans les universités, je vous soutiendrai ». Tout le contraire de la laïcité républicaine qui garantit la liberté des cultes mais renvoie la religion à la sphère privée.
Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, avait été encore plus explicite dans un livre publié en 2004 dans lequel il revendiquait des financements publics directs aux églises y compris les sectes évangélistes d’origine américaine. Cette préoccupation constante est hautement politique et a bien peu à voir avec la foi. Le modèle que suit Sarkozy, celui des régimes capitalistes « néolibéraux » promu par les Etats-Unis, suivis par l’UE, a besoin des religions (instrumentalisée) comme auxiliaires de sa politique. La propagation du communautarisme, notamment religieux, cherche à casser la cohésion nationale et à diviser les travailleurs. La religion doit jouer le rôle d’opium du peuple.
Sarkozy s’attaque au pouvoir d’achat des travailleurs pour donner aux plus riches. Mais il leur explique que ce ne sont que des biens terrestres, des « facilités matérielles » dérisoires devant « l’aspiration profonde des femmes et des hommes à une dimension qui les dépasse ».
La laïcité républicaine française est un obstacle politique historique au capitalisme « ultra-libéral » que Sarkozy s’efforce d’abattre. L’école publique, laïque et républicaine, en est l’un des éléments fondamentaux. Sarkozy ne manque pas de s’y attaquer. Restrictions budgétaires, suppressions de dizaines de milliers de postes, réduction des horaires d’enseignement… constituent un premier angle. Son discours de Latran en indique un autre : la dévalorisation de la raison d’être de l’école laïque : « dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, même s’il est important qu’il s’en rapproche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance ».
Mesurons la gravité de la menace pour l’un des fondements essentiels de notre société, de sa cohésion, de la démocratie fondée sur l’apprentissage de l’esprit critique et de la tolérance, la liberté de conscience et de la liberté de pensée. C’est une menace pour tous les citoyens qu’ils soient non-croyants ou croyants.
La bataille pour défendre la laïcité en général, l’école publique en particulier, ne peut se réduire à des débats de théoriciens ou de spécialistes. Tout le pays est concerné. Le 16 janvier 1994, plus d’un million de citoyens manifestaient à Paris contre l’abrogation de la loi Falloux, en vue de détourner encore davantage d’argent public vers les écoles privées confessionnelles. Le PCF y avait appelé avec beaucoup d’autres organisations. Militants communistes, nous appelons, face à une attaque encore plus grave, à réagir de nouveau massivement. Ce sera pour nous une composante de notre expression lors de la manifestation des enseignants avec les autres agents de la fonction publique le 24 janvier.
- Exigeons les moyens nécessaires à l’accomplissement de ses missions par l’école publique, laïque et républicaine!
- Défendons l’intégrité et les acquis de la loi de 1905 de séparation de l’Eglise et de l’Etat !
- Ne laissons pas passer l’agression de l’idéologie cléricale et communautariste !
OUI à une université au service de l'économie et de
la société
Non à une université au service du MEDEF et du profit
Abrogation de la loi Pécresse!
Le Gouvernement voulait faire passer à la dérobée la Loi Précresse - loi LRU « relative aux libertés et responsabilités des universités » en la faisant voter « en urgence » au cœur des vacances universitaires et éviter tout débat public. Les étudiants ne sont pas tombés dans le piège. Faisant preuve d’une grande maturité et de leur capacité d’analyse, ils s’y opposent et mettent en évidence son extrême gravité.
Leur mobilisation et leur détermination ne faiblissent pas. Le pouvoir veut les désamorcer en ouvrant des « négociations » de diversion sur des sujets annexes, des « compensations », excluant toute remise en cause de sa loi. Comme dans son attaque contre les retraites du secteur public, il peut compter sur l’absence d’opposition politique sur le fond du côté du PS et de ses satellites (dont l’UNEF).
Mais dans un cas comme dans l’autre, la conscience de la gravité des enjeux, qui engagent l’avenir de tout le pays, la force de la mobilisation, le développement des convergences de lutte peuvent et doivent déjouer les calculs du pouvoir et le faire plier.
En fait « d’autonomie » des universités, la loi organise leur mise sous la tutelle du MEDEF
La loi LRU autorise les universités « autonomes » à solliciter des financements privés. Dans un contexte de grande misère et de rationnement depuis des années des dotations publiques, situation à laquelle le budget 2008 ne change rien, elles y seront en fait incitées.
Les investisseurs privés ne donnent rien sans contrepartie. La loi est faite pour leur permettre d’imposer leurs exigences. Leurs représentants auront une influence prépondérante dans les « fondations » de financement créées par les universités. Ces « fondations » pourront prendre en charge précisément une formation ou une unité de recherche et même devenir elles-mêmes employeurs au sein d’une faculté. Dans le même esprit que les licences professionnelles, le MEDEF pourra prendre le contrôle du contenu et de l’organisation des formations ou laboratoires de recherche qui l’intéressent.
Le comble est atteint quand on sait l’Etat remboursera à 60% par des déductions d’impôts les dons des « mécènes ». La collectivité paie, le MEDEF décide !
Au centre de la Loi : la concurrence, la sélection, l’inégalité
« L’autonomie financière » conduit à l’université à plusieurs vitesses. Il y aura des facs pauvres et/ou il y aura des facs dépendantes de « bienfaiteurs » privés.
Le patronat n’est pas intéressé à toutes universités ni à toutes les formations. L’inégalité des financements va accentuer la mise en concurrence des facs entre elles et la marchandisation des formations supérieures. Mme Pécresse espérait esquiver la colère des étudiants en évitant d’intégrer dans sa loi les questions sensibles de la sélection et des frais d’inscription à son projet de loi. C’est raté !
Les étudiants ont compris qu’elles en découlaient en droite ligne, suivant l’exemple anglo-saxon. Il faudra payer cher, s’endetter, pour avoir une place dans une « bonne » université. L’accès des jeunes dont les familles ont des revenus modestes sera encore plus restreint. Une « bonne université » ne misera que sur des étudiants a priori rentables. La Loi Pécresse comprend déjà une formule préinscription des lycéens en terminale qui préfigure la future sélection. La même logique de concurrence et de sélection s’abattra sur les enseignants et chercheurs.
Sur le plan financier, les directions auront aussi le « droit » de vendre le patrimoine immobilier de leur université. C’est la porte ouverte au désengagement de l’Etat de la construction et de l’entretien des facultés. On incite certaines universités à la spéculation immobilière, on conduit les autres à l’endettement « autonome » voire aux facs « taudis ».
La casse du statut public de l’université va de pair avec la privatisation du financement.
Les directions d’université pourront supprimer des postes de fonctionnaires mais pas en créer. Au contraire, elles sont incitées à leur substituer des personnels contractuels, dans les emplois techniques et administratifs, ainsi que pour assurer des « emplois d’enseignements et des emplois scientifiques ». C’est la porte ouverte au développement de la précarité à l’université et une attaque directe et historique sur la mission de service public des personnels.
La composition des Conseil d’administration fera la part belle aux représentants du privé. Les CA pourront nommer directement les enseignants chercheurs et supprimer certaines unités d’enseignement. Le Président pourra désormais être une personnalité extérieure au corps enseignant dotée d’un quasi-statut de PDG, manager omnipotent, notamment sur les personnels.
L’intérêt du MEDEF et l’intérêt du pays sont fondamentalement contradictoires.
Le gouvernement joue sur la peur du chômage pour justifier la « professionnalisation » des enseignements sous l’égide du MEDEF. Mais qui licencie, délocalise à tour de bras et liquide des filières d’activités d’excellence dans le pays sinon le MEDEF ? Ses besoins en terme d’enseignement supérieur n’ont rien à voir avec ceux de l’économie et de la société de notre pays.
Il veut faire main basse sur l’université pour faire de l’enseignement supérieur une source de profit en soi. Il veut adapter les formations à ses besoins immédiats, à la recherche de profits à court terme pour les actionnaires.
La recherche fondamentale, sans laquelle le pays n’aurait pas de prix Nobel, ne correspond pas à sa logique. L’accès des masses à la culture et au savoir, le développement de la formation générale, de l’esprit critique, nécessaires non seulement à l’épanouissement de l’individu mais aussi à sa polyvalence professionnelle sont pour lui une charge insupportable.
D’autant plus insupportable qu’ils portent la contestation de la mainmise de l’idéologie patronale sur l’Université et sur le pays.
Pour l’avenir de l’université dont le pays a besoin, exigeons avec les étudiants et enseignants en lutte :
- l’abrogation inconditionnelle de la loi Pécresse
- le doublement du budget de fonctionnement des universités
- un vaste plan de rénovation, de construction et d’équipement
- le maintien des diplômes nationaux
- de nouveaux moyens pour l’orientation
- le recrutement massif d’enseignants-chercheurs et de personnels techniques et administratifs pour faire face aux besoins criants
- la véritable gratuité de l’université avec la suppression des frais d’inscription.
Le pays a besoin d’une formation supérieure de masse pour assurer son développement devant les défis majeurs de notre époque !
Une nouvelle provocation de Sarkozy:Dans son intervention sur le « pouvoir d’achat », Sarkozy a subordonner l’octroi de fonds nouveaux à l’Université à la privatisation de 3% d’EDF! Opposer l’avenir de l’enseignement supérieur au maintien de l’indépendance énergétique de la France: quelle trouvaille!
Non à une université au service du MEDEF et du profit
Abrogation de la loi Pécresse !
Dans la bataille pour l’avenir de l’université, qui fait preuve de maturité et de responsabilité ? Le Gouvernement qui voulait faire passer à la dérobée la Loi Précresse en la faisant voter « en urgence » au cœur des vacances universitaire et éviter tout débat public ? Ou bien plutôt les étudiants qui ont montré leur capacité d’analyse en décryptant la loi LRU « relative aux libertés et responsabilités des universités » et en mettant en évidence son extrême gravité et qui s’y opposent aujourd’hui.
Voilà un mois que le mouvement des étudiants et des enseignants du supérieur gagne faculté par faculté. Leur mobilisation et leur détermination ne faiblissent pas. Le pouvoir applique les mêmes méthodes que face à la grève dans les services publics. Il fait donner les media pour minimiser l’action. Il essaie de la désamorcer en ouvrant des « négociations » de diversion sur des sujets annexes, des « compensations », excluant toute remise en cause de sa loi. Comme dans son attaque contre les retraites du secteur public, il peut compter sur l’absence d’opposition politique sur le fond du côté du PS et de ses satellites.
Mais dans un cas comme dans l’autre, la conscience de la gravité des enjeux, qui engagent l’avenir de tout le pays, la force de la mobilisation, le développement des convergences de lutte peuvent et doivent déjouer les calculs du pouvoir et le faire plier.
En fait « d’autonomie » des universités, la loi organise leur mise sous la tutelle du MEDEF.
La loi LRU autorise chaque université à rechercher des fonds de façon « autonome » auprès de financeurs privés, éventuellement de collectivités locales.
Elles y seront d’autant plus incitées que l’Université française connaît une misère aiguë. Depuis des années, les gouvernements rationnent les dotations publiques et le gouvernement actuel ne manquera pas d’aggraver la situation malgré ses promesses. L’ « autonomie » financière servira de prétexte à de nouvelles diminutions des dotations d’Etat.
Le trompe-l’œil du budget 2008 pour faire passer la pilule de la loi LRU ne peut pas faire illusion. Après déduction de l’inflation, des retards de paiement, l’affichage de 1,8 milliards de crédits supplémentaires se réduit à moins de 200 millions d’euros. C’est dérisoire comparé aux besoins.
Pour attirer des « investisseurs », il faudra bien les séduire en répondant à leurs exigences. La loi est faite pour cela ! Les universités pourront faire appel au mécénat d’entreprises privées en créant des fondations. Les « fondations partenariales », rattachées aux « fondations d’entreprise », pourront prendre en charge précisément une formation ou une unité de recherche et même devenir elles-mêmes employeurs au sein de l’université. Dans le même esprit que les licences professionnelles, le MEDEF pourra prendre le contrôle du contenu et de l’organisation des formations ou laboratoires de recherche qui l’intéressent.
La concurrence, la sélection, l’inégalité au centre de la loi !
Il y aura des facs pauvres et il y aura des facs dépendantes de « bienfaiteurs » privés, ou bien les deux à la fois.
Le patronat n’est pas intéressé à toutes universités ni à toutes les formations. « L’autonomie financière » conduit à l’université à plusieurs vitesses. L’inégalité des financements va accentuer la mise en concurrence des facs entre elles et la marchandisation des formations supérieures.
Mme Pécresse espérait esquiver la colère des étudiants en évitant d’intégrer dans sa loi les questions sensibles de la sélection et des frais d’inscription à son projet de loi. C’est raté ! Les étudiants ont compris qu’elles en découlaient en droite ligne, suivant l’exemple anglo-saxon. Il faudra payer cher, s’endetter, pour avoir une place dans une « bonne » université. L’accès des jeunes dont les familles ont des revenus modestes sera encore plus restreint. Une « bonne université » ne misera que sur des étudiants a priori rentables. La Loi Pécresse comprend déjà une formule préinscription des lycéens en terminale qui préfigure la future sélection. La même logique de concurrence et de sélection s’abattra sur les enseignants et chercheurs.
Sur le plan financier, les directions auront aussi le « droit » de vendre le patrimoine immobilier de leur université. C’est la porte ouverte au désengagement de l’Etat de la construction et de l’entretien des facultés. On incite certaines universités à la spéculation immobilière, on conduit les autres à l’endettement « autonome » voire aux facs « taudis ».
Le comble est atteint quand on lit dans la loi que les subventions des mécènes seront déduites des impôts des entreprises à hauteur de 60%. La collectivité paie, le MEDEF décide. Pendant ce temps, M. Fillon nous parle de faillite de l’Etat !
La casse du statut public de l’université va de pair avec la privatisation du financement.
La loi remet directement en cause le statut de fonctionnaire des personnels de l’université. Les directions d’université pourront supprimer des postes de fonctionnaires mais pas en créer. Au contraire, elles sont autorisées et incitées à leur substituer des personnels contractuels, CDI ou CDD, dans les emplois techniques et administratifs, et également pour assurer des « emplois d’enseignements et des emplois scientifiques ». C’est la porte ouverte au développement de la précarité à l’université et une attaque directe et historique sur la mission de service public des personnels.
Les enseignants chercheurs ne seront plus nommés par des spécialistes de leur discipline mais par une émanation du Conseil d’administration. La nouvelle composition des organes de direction, dont le Conseil d’administration fera la part belle aux représentants du privé. Ses pouvoirs sont considérablement renforcés, notamment avec la possibilité de supprimer certaines unités d’enseignement. Le Président, qui pourra désormais être une personnalité extérieure au corps enseignant de l’université, est doté d’un quasi-statut de PDG, manager omnipotent, notamment sur les personnels.
L’intérêt du MEDEF et l’intérêt du pays sont fondamentalement contradictoires.
Le gouvernement joue sur les difficultés réelles de l’université dont ses choix politiques sont responsables pour légitimer sa nouvelle loi. Il joue sur la peur du chômage pour justifier la « professionnalisation » des enseignements sous l’égide du MEDEF.
Mais qui licencie, délocalise à tour de bras et liquide des filières d’activités d’excellence dans le pays sinon le MEDEF ? Ses besoins en terme d’enseignement supérieur n’ont rien à voir avec ceux de l’économie et de la société de notre pays.
Il veut faire main basse sur l’université pour faire de l’enseignement supérieur une source de profit en lui-même.
Il veut adapter les formations à ses besoins immédiats, à la recherche de profits à court terme pour les actionnaires.
La recherche fondamentale, sans laquelle le pays n’aurait pas de prix Nobel, ne correspond pas à sa recherche du profit à court terme. Le développement de la formation générale, de l’esprit critique, nécessaires non seulement à l’épanouissement de l’individu mais aussi à sa polyvalence professionnelle sont pour lui une charge insupportable.
D’autant plus insupportable qu’ils portent la contestation la mainmise de l’idéologie patronale sur l’Université et sur le pays.
Pour l’avenir de l’université dont le pays a besoin, exigeons avec les étudiants et enseignants en lutte :
- l’abrogation inconditionnelle de la loi Pécresse
- le doublement du budget de fonctionnement des universités
- un vaste plan de rénovation, de construction et d’équipement
- le maintien des diplômes nationaux
- de nouveaux moyens pour l’orientation
- le recrutement massif d’enseignants-chercheurs et de personnels techniques et administratifs pour faire face aux besoins criants
- la véritable gratuité de l’université avec la suppression des frais d’inscription.
Le pays a besoin d’une formation supérieure de masse pour assurer son développement devant les défis majeurs de notre époque !
Le b a ba : moins d’école, c’est moins d’éducation et plus d’inégalités !
Le ministre de l’éducation, Xavier Darcos a atteint un sommet dans la démagogie avec l’annonce de la suppression, dès la rentrée 2008, des cours le samedi matin dans les écoles primaires et maternelles. Le ministre prétend permettre « aux familles à se retrouver » alors que son gouvernement s’applique à augmenter la durée du temps de travail des parents et à étendre le travail du week-end.
Un transfert vers le mercredi matin pourrait être discuté, en tenant compte à la fois du rythme des enfants et de la semaine des parents.
Mais le ministre a choisi de décider unilatéralement, au mépris de toute concertation notamment des enseignants et des parents d’élèves et de leurs organisations représentatives. Après s’être gardé de le préciser au départ, il a dévoilé qu’il compte purement et simplement supprimer 3 heures d’enseignement par semaine, présentant l’éducation comme une « charge ».
Cette réduction des horaires d’enseignement est directement à mettre en relation avec les 8000 suppressions de postes à l’éducation nationale cette année et les 11200 prévues dans le budget pour 2008. On assiste à un début de démantèlement par tous les bouts de l’éducation nationale, de l’école laïque et républicaine, gratuite pour tous.
Comment assurer les programmes avec des moyens, maintenant des horaires sans cesse rognés ? Les premières victimes de cette remise en cause du service public de l’éducation sont les enfants des familles les moins favorisées. Les activités sportives et artistiques, partie intégrante de l’enseignement gratuit pour tous, risquent d’être externalisées, c'est-à-dire privatisées et déqualifiées sur le plan pédagogique. Réserver l’école du samedi « aux élèves en difficultés », coupés des autres, revient à les stigmatiser. Pour les enseignants, la charge de travail va devenir encore plus lourde avec l’obligation d’essayer de faire en huit demies journées ce qui était fait en neuf, tout en assumant une nouvelle fonction de soutien scolaire.
Professeurs, parents, citoyens, ne laissons pas passer ce coup de forces ! Démasquons la démagogie ! L’enseignement primaire public, la maternelle pour tous, spécificité française que tous les peuples d’Europe nous envient, jouent un rôle fondamental dans l’acquisition des connaissances, l’accès à la culture et la formation de l’esprit. Ne laissons pas opérer le sabotage de l’avenir du pays !
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