Agenda

15 mai 2008: journée nationale d'action des agents de la fonction publique, des personnels de l'Education nationale, des lycéens. Manifestation parisienne - départ 14h00 - place d'Italie

22 mai 2008: mobilisation pour la défense de la retraite solidaire par répartition.

Nos initiatives:

17 mai 2008
: débat public
"état et avenir du mouvement communiste en Italie" avec Andrea Catone, 16h30, 46 rue d'Ulm, Paris 5ème.
28 mai 2008: réunion publique dans le 15ème. "Organiser sa colère pour lutter et gagner une alternative politique". Propositions des communistes du 15ème. 18h30 au Patronage Laïque, 72 avenue Félix Faure, paris 15ème.


Mardi 6 mai 2008

La défense de l’enseignement professionnel public : une priorité

 

La mobilisation des lycéens tient bon malgré les campagnes de dénigrement. Le retour de vacances a été marqué dans chaque académie par des actions significatives. La manifestation du 6 mai à Paris a réuni près de 6000 lycéens. Elle constitue un jalon dans la préparation de la journée de grève du 15 mai qui s’annonce décisive, réunissant lycéens, enseignants, personnels techniques en convergence avec l’action des autres agents de la fonction publique.

N’en déplaise à M. Darcos, l’action des lycéens montre un sens élevé de la responsabilité. Ceux qui les taxent d’inconscience savent bien qu’ils veulent défendre leur avenir, défendre les conditions de leur formation et de leur réussite, dans l’intérêt du pays.

La mise en échec du plan de suppressions de 11200 postes, préalable à celle de 85000 autres d’ici 4 ans, est l’objectif capital (voir notre tract).

La défense de l’enseignement professionnel public est également un souci prioritaire.

Le projet de généralisation à partir de 2009 des bac pro en 3 ans, au lieu de 4 aujourd’hui, fait en effet peser une lourde menace pour l’ensemble du système.

Aujourd’hui, la préparation du bac professionnel comprend 2 ans de BEP puis 2 ans pour le bac pro proprement dit.

Le passage général à 3 ans, avec soi-disant le même contenu du diplôme (est-ce possible ?), va conduire à diminuer la qualification moyenne, à laisser encore davantage de jeunes sur le bord de la route. Pour deux raisons :

-         Un grand nombre d’élèves risquent de ne plus décrocher le bac. Déjà aujourd’hui, 61% des titulaires du BEP ne vont pas jusqu’au bac et 20% ont besoin de 5 ans pour construire leur qualification professionnelle et y arriver. Ce sera encore plus difficile en trois ans.

-         L’avenir et la valeur des BEP sont directement menacés. Après avoir laissé entendre leur disparition pure et simple, le ministère reste dans le flou et évoque un système d’obtention automatique par contrôle continu. Le BEP risque en fait de cesser d’être un diplôme en tant que tel, valorisable dans la vie active. La recréation éventuelle de CAP marquerait le recul de la qualification polyvalente.


Pour former 3 ans au lieu de 4, il y aura besoin de moins d’enseignants et de moins de moyens. Il n’est pas difficile de voir là une des motivations principales du gouvernement. Faire des économies pour compenser les cadeaux fiscaux consentis aux plus riches. Des milliers de postes, des établissements entiers sont menacés

L’autre objectif est de drainer des élèves vers les formations privées, payantes, entièrement contrôlées par le Medef suivant ses intérêts immédiats, à l’image de l’apprentissage à 14 ans, aux dépens notamment de la formation générale.

Le Medef déjà guidait en 2001 le gouvernement de « gauche plurielle » vers l’ouverture de filières « expérimentales » de préparation du bac pro en 3 ans. Les résultats traduisent le développement d’une forme de sélection. Les rapports officiels eux-mêmes estiment que l’expérience n’est pas généralisable.

Devant la mobilisation des lycéens et des enseignants, le pouvoir essaye de louvoyer. Il reporte certains transferts de 4 à 3 ans à 2009, suivant les rectorats. Il temporise pour laisser passer l’orage de la mobilisation générale de l’éducation nationale pour le maintien des 11200 postes.

Raison de plus pour amplifier et élargir la mobilisation, pour que le 15 mai sonne le recul de Sarkozy et Darcos.

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Mardi 15 avril 2008

JEUDI 17 AVRIL: LES LYCEES BUFFON, CAMILLE SEE ET LOUIS ARMAND SONT FORTEMENT MOBILISES ET PREPARENT LA CONTINUATION DU MOUVEMENT APRES LES VACANCES. LA SECTION DU PCF PARIS 15EME LEUR APPORTE SON SOUTIEN TOTAL.

Mettre un coup d’arrêt à la casse de l’éducation nationale téléguidée par le MEDEF:

Maintien des 11200 postes menacés à la rentrée 2009 !


Dans la politique de casse sociale du gouvernement et du président, l’éducation nationale est une cible prioritaire. Ils s’y attaquent par tous les bouts en cherchant à :

 

- Affaiblir le service public de l’éducation par de nouvelles restrictions budgétaires. La suppression annoncée de 11200 postes d’enseignants et personnels techniques à la rentrée sape les moyens humains. Le ministre Darcos n’a pas démenti que ce chiffre pourrait augmenter à l’automne (20000 ?) et dans les années suivantes suivant le mot d’ordre de Sarkozy de suppression d’un poste de fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Classes encore plus surchargées et réduction de l’offre publique d’enseignement (ex : cours du samedi, 1ère année de maternelle, options) en sont logiquement les premières conséquences.

- Faire le lit de la privatisation à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de l’école publique. Certaines disciplines tendent à être externalisées (sports, voire langues). Le « plan banlieue » prévoit de subventionner spécialement encore les écoles privées. Les cours privés bénéficient de nouvelles défiscalisations et déductions de cotisations sociales. Comme quoi de l’argent public, il y en a !

- Remettre en cause la laïcité. Les discours de Sarkozy au Vatican, vantant le rôle d’éducateurs des religieux, sont des provocations.

- Attaquer les statuts des écoles et des personnels. Le pouvoir tente d’introduire, comme pour les universités, la concurrence entre les établissements en cherchant à les « autonomiser » et à les organiser comme des entreprises. Après la territorialisation des postes techniques, les enseignants sont frappés par l’offensive contre le statut de la fonction publique comme le rapport Pochard le préfigure.

- Renforcer la logique de ségrégation scolaire avec la suppression de la carte scolaire ou les enseignements de « soutien » stigmatisant certains élèves.

- Remettre en cause le contenu des enseignements avec un retour à des méthodes réactionnaires et les pressions pour modifier les programmes.


La disparité des mesures ne masque pas la cohérence de l’attaque. L’objectif est de mettre l’avenir des jeunes et du pays sous la coupe réglée du MEDEF.

Les prétextes avancés par Darcos ne tiennent pas une seconde.

- La baisse prévisionnelle des effectifs des lycées va s’inverser dès 2009 selon les démographes. Il n’y a aucune raison qu’elle ne soit pas utilisée pour alléger les classes.

- Le recours aux heures supplémentaires pour remplacer 5000 postes d’enseignants est impraticable et inacceptable. Leur temps de travail est déjà pleinement occupé. Nombreux, ils refusent le chantage consistant à les faire travailler plus mais moins bien pour gagner à peine plus ou même moins.

- Les « contraintes » du déficit du budget de l’Etat sont un argument irrecevable après les 15 milliards d’euros (par an) accordés par le « Paquet fiscal » aux plus riches et aux grandes entreprises.

Le MEDEF pense pouvoir imposer dans la période son projet d’évolution du système scolaire : la régression, l’inégalité et la marchandisation.  

Le patronat veut une main d’œuvre adaptée à sa conception de l’avenir économique de la France. Les fermetures d’entreprises, les délocalisations, les pratiques des faibles rémunérations, de la précarité en donnent l’idée.

Schématiquement, il lui faut d’une part des salariés hautement qualifiés en nombre restreint (en plus d’une éducation élitiste pour les rejetons des classes dominantes). D’autre part, une main d’œuvre déqualifiée, très spécialisée et donc subordonnée, à faible prétention salariale.

Tous les acquis de l’école laïque et républicaine en terme de développement de la culture générale, de l’esprit critique, de la citoyenneté lui ont toujours été insupportables. Il tente de profiter du rapport de force social pour les remettre en cause.

Dans le même temps, le patronat entend transformer, davantage encore, l’éducation en activité lucrative et source de profits financiers.

Il est gagnant financièrement sur tous les plans avec la politique du gouvernement. Il est le principal bénéficiaire des baisses d’impôts. Il est bénéficiaire de la casse de l’école publique qu’elles entraînent. Les familles solvables, angoissées par l’avenir de leurs enfants, sont invitées à se sacrifier pour payer des cours complémentaires, des écoles privées, des frais de scolarité galopants…

Les forces existent dans le pays pour mettre un coup d’arrêt à cette politique.

Le mouvement des enseignants et des lycéens est très fort et surtout très conscient des enjeux. Il suit les grandes mobilisations de 2003 ou bien dernièrement des étudiants contre la loi LRU, inspirée du même esprit que l’attaque contre l’école.

La résistance sociale se développe dans de multiples secteurs frappés par la politique au service du capital, qu’ils s’agissent des autres services publics (transports, énergie…) ou du secteur privé où les luttes pour l’emploi et les salaires s’organisent.

Le gouvernement et Darcos en particulier dans sa ville de Périgueux viennent d’essuyer un désaveu électoral. Ils ne peuvent plus se prévaloir d’un soutien majoritaire.

La perspective politique réside aujourd’hui dans ses luttes et dans leur convergence.

On se souvient des propos de Ségolène Royal sur les professeurs pendant la campagne électorale. Sa pensée est la même que celle de Sarkozy. Le soutien du PS à la ratification du nouveau traité européen de Sarkozy traduit son absence d’alternative politique. Le projet concerté de marchandisation de l’éducation et de la formation remonte au Conseil européen de Lisbonne en 2000 où siégeaient Chirac et Jospin. Ses conclusions sont en filigrane dans le nouveau traité.

En tout cas, comme lycéen, étudiant, enseignant, salariés… on ne peut pas se permettre d’attendre un éventuel (et improbable) changement de politique en 2012 et de se contenter des postures d’opposants des dirigeants du PS.

Militants communistes, nous entendons contribuer aux luttes, mettons nos organisations à la disposition de ceux qui les portent pour gagner tout de suite.

Maintien des 11200 postes menacés à la rentrée 2009 !

Maintien du bac pro en 4 ans et des BEP !

Priorité budgétaire à l’éducation et à la formation !

Non aux écoles ghettos !

Fin des aides à l’enseignement privé !

Défendre l’école laïque et républicaine, c’est défendre la réussite pour tous, l’avenir de chaque jeune et celui du pays.

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Lundi 7 janvier 2008
L’école laïque à nouveau gravement menacée !
« dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, même s’il est important qu’il s’en rapproche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance »                                   Nicolas Sarkozy

A l’occasion de sa visite au pape, Nicolas Sarkozy a tenu un discours sur la religion au Palais de Latran à Rome le 20 décembre. Comme l’ont relevé trop peu d’observateurs, ce discours représente une remise en cause de la laïcité républicaine sans précédent et inacceptable dans la bouche d’un président, élu pour la défendre, quelle que soit sa conviction personnelle.

 

Sarkozy a exalté, sans retenue, la religion comme morale et même comme idéologie. Il a outrageusement subordonné la République et la laïcité à la religion. Extraits : « …la République a intérêt à ce qu’il existe aussi une réflexion morale inspirée de convictions religieuses. D’abord parce que la morale laïque risque toujours de s’épuiser ou de se changer en fanatisme quand elle n’est pas adossée à une espérance qui comble l’aspiration à l’infini ». Ou encore « un homme qui croit, c’est un homme qui espère. Et l’intérêt de la République, c’est qu’il y ait beaucoup d’hommes et de femmes qui espèrent ».

 

Affublée du qualificatif de « positive », la laïcité selon Sarkozy n’a plus rien à voir avec la laïcité républicaine. Tout en se défendant de « modifier les grands équilibres de la loi de 1905 », le discours de Sarkozy prépare le terrain au soutien, sous de multiples formes, de l’Etat à l’Eglise et à une intrusion de l’Eglise dans la vie publique. « Il s’agit d’avoir pour principe de faciliter la vie quotidienne des grands courants spirituels » a-t-il dit. Plus loin : « partout où vous agirez, dans les banlieues, dans les institutions, auprès des jeunes, dans le dialogue inter-religieux, dans les universités, je vous soutiendrai ». Tout le contraire de la laïcité républicaine qui garantit la liberté des cultes mais renvoie la religion à la sphère privée.

 

Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, avait été encore plus explicite dans un livre publié en 2004 dans lequel il revendiquait des financements publics directs aux églises y compris les sectes évangélistes d’origine américaine. Cette préoccupation constante est hautement politique et a bien peu à voir avec la foi. Le modèle que suit Sarkozy, celui des régimes capitalistes « néolibéraux » promu par les Etats-Unis, suivis par l’UE, a besoin des religions (instrumentalisée) comme auxiliaires de sa politique. La propagation du communautarisme, notamment religieux, cherche à casser la cohésion nationale et à diviser les travailleurs. La religion doit jouer le rôle d’opium du peuple.

Sarkozy s’attaque au pouvoir d’achat des travailleurs pour donner aux plus riches. Mais il leur explique que ce ne sont que des biens terrestres, des « facilités matérielles » dérisoires devant « l’aspiration profonde des femmes et des hommes à une dimension qui les dépasse ».

 

La laïcité républicaine française est un obstacle politique historique au capitalisme « ultra-libéral » que Sarkozy s’efforce d’abattre. L’école publique, laïque et républicaine, en est l’un des éléments fondamentaux. Sarkozy ne manque pas de s’y attaquer. Restrictions budgétaires, suppressions de dizaines de milliers de postes, réduction des horaires d’enseignement… constituent un premier angle. Son discours de Latran en indique un autre : la dévalorisation de la raison d’être de l’école laïque : « dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, même s’il est important qu’il s’en rapproche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance ».

 

Mesurons la gravité de la menace pour l’un des fondements essentiels de notre société, de sa cohésion, de la démocratie fondée sur l’apprentissage de l’esprit critique et de la tolérance, la liberté de conscience et de la liberté de pensée. C’est une menace pour tous les citoyens qu’ils soient non-croyants ou croyants.

 

La bataille pour défendre la laïcité en général, l’école publique en particulier, ne peut se réduire à des débats de théoriciens ou de spécialistes. Tout le pays est concerné. Le 16 janvier 1994, plus d’un million de citoyens manifestaient à Paris contre l’abrogation de la loi Falloux, en vue de détourner encore davantage d’argent public vers les écoles privées confessionnelles. Le PCF y avait appelé avec beaucoup d’autres organisations. Militants communistes, nous appelons, face à une attaque encore plus grave, à réagir de nouveau massivement. Ce sera pour nous une composante de notre expression lors de la manifestation des enseignants avec les autres agents de la fonction publique le 24 janvier.

 

-  Exigeons les moyens nécessaires à l’accomplissement de ses missions par l’école publique, laïque et républicaine!

-       Défendons l’intégrité et les acquis de la loi de 1905 de séparation de l’Eglise et de l’Etat !

-  Ne laissons pas passer l’agression de l’idéologie cléricale et communautariste ! 

 
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Dimanche 2 décembre 2007

OUI à une université au service de l'économie et de la société
Non à une université au service du MEDEF et du profit
 

Abrogation de la loi Pécresse!

 

Le Gouvernement voulait faire passer à la dérobée la Loi Précresse - loi LRU « relative aux libertés et responsabilités des universités » en la faisant voter « en urgence » au cœur des vacances universitaires et éviter tout débat public. Les étudiants ne sont pas tombés dans le piège. Faisant preuve d’une grande maturité et de leur capacité d’analyse, ils s’y opposent et mettent en évidence son extrême gravité.

Leur mobilisation et leur détermination ne faiblissent pas. Le pouvoir veut les désamorcer en ouvrant des « négociations » de diversion sur des sujets annexes, des « compensations », excluant toute remise en cause de sa loi. Comme dans son attaque contre les retraites du secteur public, il peut compter sur l’absence d’opposition politique sur le fond du côté du PS et de ses satellites (dont l’UNEF).

Mais dans un cas comme dans l’autre, la conscience de la gravité des enjeux, qui engagent l’avenir de tout le pays, la force de la mobilisation, le développement des convergences de lutte peuvent et doivent déjouer les calculs du pouvoir et le faire plier. 

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En fait « d’autonomie » des universités, la loi organise leur mise sous la tutelle du MEDEF

 

La loi LRU autorise les universités « autonomes » à solliciter des financements privés. Dans un contexte de grande misère et de rationnement depuis des années des dotations publiques, situation à laquelle le budget 2008 ne change rien, elles y seront en fait incitées.

Les investisseurs privés ne donnent rien sans contrepartie. La loi est faite pour leur permettre d’imposer leurs exigences. Leurs représentants auront une influence prépondérante dans les « fondations » de financement créées par les universités. Ces « fondations » pourront prendre en charge précisément une formation ou une unité de recherche et même devenir elles-mêmes employeurs au sein d’une faculté. Dans le même esprit que les licences professionnelles, le MEDEF pourra prendre le contrôle du contenu et de l’organisation des formations ou laboratoires de recherche qui l’intéressent.

Le comble est atteint quand on sait l’Etat remboursera à 60% par des déductions d’impôts les dons des « mécènes ». La collectivité paie, le MEDEF décide !

 

Au centre de la Loi : la concurrence, la sélection, l’inégalité

 

« L’autonomie financière » conduit à l’université à plusieurs vitesses. Il y aura des facs pauvres et/ou il y aura des facs dépendantes de « bienfaiteurs » privés.

Le patronat n’est pas intéressé à toutes universités ni à toutes les formations. L’inégalité des financements va accentuer la mise en concurrence des facs entre elles et la marchandisation des formations supérieures. Mme Pécresse espérait esquiver la colère des étudiants en évitant d’intégrer dans sa loi les questions sensibles de la sélection et des frais d’inscription à son projet de loi. C’est raté !

 

Les étudiants ont compris qu’elles en découlaient en droite ligne, suivant l’exemple anglo-saxon. Il faudra payer cher, s’endetter, pour avoir une place dans une « bonne » université. L’accès des jeunes dont les familles ont des revenus modestes sera encore plus restreint. Une « bonne université » ne misera que sur des étudiants a priori rentables. La Loi Pécresse comprend déjà une formule préinscription des lycéens en terminale qui préfigure la future sélection. La même logique de concurrence et de sélection s’abattra sur les enseignants et chercheurs.

 

Sur le plan financier, les directions auront aussi le « droit » de vendre le patrimoine immobilier de leur université. C’est la porte ouverte au désengagement de l’Etat de la construction et de l’entretien des facultés. On incite certaines universités à la spéculation immobilière, on conduit les autres à l’endettement « autonome » voire aux facs « taudis ».

 

La casse du statut public de l’université va de pair avec la privatisation du financement.

 

Les directions d’université pourront supprimer des postes de fonctionnaires mais pas en créer. Au contraire, elles sont incitées à leur substituer des personnels contractuels, dans les emplois techniques et administratifs, ainsi que pour assurer des « emplois d’enseignements et des emplois scientifiques ». C’est la porte ouverte au développement de la précarité à l’université et une attaque directe et historique sur la mission de service public des personnels.

 

La composition des Conseil d’administration fera la part belle aux représentants du privé. Les CA pourront nommer directement les enseignants chercheurs et supprimer certaines unités d’enseignement. Le Président pourra désormais être une personnalité extérieure au corps enseignant dotée d’un quasi-statut de PDG, manager omnipotent, notamment sur les personnels.

 

L’intérêt du MEDEF et l’intérêt du pays sont fondamentalement contradictoires.

 

Le gouvernement joue sur la peur du chômage pour justifier la « professionnalisation » des enseignements sous l’égide du MEDEF. Mais qui licencie, délocalise à tour de bras et liquide des filières d’activités d’excellence dans le pays sinon le MEDEF ? Ses besoins en terme d’enseignement supérieur n’ont rien à voir avec ceux de l’économie et de la société de notre pays.

Il veut faire main basse sur l’université pour faire de l’enseignement supérieur une source de profit en soi. Il veut adapter les formations à ses besoins immédiats, à la recherche de profits à court terme pour les actionnaires.

La recherche fondamentale, sans laquelle le pays n’aurait pas de prix Nobel, ne correspond pas à sa logique. L’accès des masses à la culture et au savoir, le développement de la formation générale, de l’esprit critique, nécessaires non seulement à l’épanouissement de l’individu mais aussi à sa polyvalence professionnelle sont pour lui une charge insupportable.

D’autant plus insupportable qu’ils portent la contestation de la mainmise de l’idéologie patronale sur l’Université et sur le pays.

 

Pour l’avenir de l’université dont le pays a besoin, exigeons avec les étudiants et enseignants en lutte :

 

-         l’abrogation inconditionnelle de la loi Pécresse

-         le doublement du budget de fonctionnement des universités

-         un vaste plan de rénovation, de construction et d’équipement

-         le maintien des diplômes nationaux

-         de nouveaux moyens pour l’orientation

-         le recrutement massif d’enseignants-chercheurs et de personnels techniques et administratifs pour faire face aux besoins criants

-         la véritable gratuité de l’université avec la suppression des frais d’inscription.

 

Le pays a besoin d’une formation supérieure de masse pour assurer son développement devant les défis majeurs de notre époque !

 

Une nouvelle provocation de Sarkozy:Dans son intervention sur le « pouvoir d’achat », Sarkozy a subordonner l’octroi de fonds nouveaux à l’Université à la privatisation de 3% d’EDF! Opposer l’avenir de l’enseignement supérieur au maintien de l’indépendance énergétique de la France: quelle trouvaille!

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Mercredi 28 novembre 2007
Oui à une université au service de l’économie et de la société

Non à une université au service du MEDEF et du profit

 

Abrogation de la loi Pécresse !

 

Dans la bataille pour l’avenir de l’université, qui fait preuve de maturité et de responsabilité ? Le Gouvernement qui voulait faire passer à la dérobée la Loi Précresse en la faisant voter « en urgence » au cœur des vacances universitaire et éviter tout débat public ? Ou bien plutôt les étudiants qui ont montré leur capacité d’analyse en décryptant la loi LRU « relative aux libertés et responsabilités des universités » et en mettant en évidence son extrême gravité et qui s’y opposent aujourd’hui.

 

Voilà un mois que le mouvement des étudiants et des enseignants du supérieur gagne faculté par faculté. Leur mobilisation et leur détermination ne faiblissent pas. Le pouvoir applique les mêmes méthodes que face à la grève dans les services publics. Il fait donner les media pour minimiser l’action. Il essaie de la désamorcer en ouvrant des « négociations » de diversion sur des sujets annexes, des « compensations », excluant toute remise en cause de sa loi. Comme dans son attaque contre les retraites du secteur public, il peut compter sur l’absence d’opposition politique sur le fond du côté du PS et de ses satellites.

Mais dans un cas comme dans l’autre, la conscience de la gravité des enjeux, qui engagent l’avenir de tout le pays, la force de la mobilisation, le développement des convergences de lutte peuvent et doivent déjouer les calculs du pouvoir et le faire plier.

 

En fait « d’autonomie » des universités, la loi organise leur mise sous la tutelle du MEDEF.

 

La loi LRU autorise chaque université à rechercher des fonds de façon « autonome » auprès de financeurs privés, éventuellement de collectivités locales.

Elles y seront d’autant plus incitées que l’Université française connaît une misère aiguë. Depuis des années, les gouvernements rationnent les dotations publiques et le gouvernement actuel ne manquera pas d’aggraver la situation malgré ses promesses. L’ « autonomie » financière servira de prétexte à de nouvelles diminutions des dotations d’Etat.

Le trompe-l’œil du budget 2008 pour faire passer la pilule de la loi LRU ne peut pas faire illusion. Après déduction de l’inflation, des retards de paiement, l’affichage de 1,8 milliards de crédits supplémentaires se réduit à moins de 200 millions d’euros. C’est dérisoire comparé aux besoins.

 

Pour attirer des « investisseurs », il faudra bien les séduire en répondant à leurs exigences. La loi est faite pour cela ! Les universités pourront faire appel au mécénat d’entreprises privées en créant des fondations. Les « fondations partenariales », rattachées aux « fondations d’entreprise », pourront prendre en charge précisément une formation ou une unité de recherche et même devenir elles-mêmes employeurs au sein de l’université. Dans le même esprit que les licences professionnelles, le MEDEF pourra prendre le contrôle du contenu et de l’organisation des formations ou laboratoires de recherche qui l’intéressent.

 

La concurrence, la sélection, l’inégalité au centre de la loi !

 

Il y aura des facs pauvres et il y aura des facs dépendantes de « bienfaiteurs » privés, ou bien les deux à la fois.

 

Le patronat n’est pas intéressé à toutes universités ni à toutes les formations. « L’autonomie financière » conduit à l’université à plusieurs vitesses. L’inégalité des financements va accentuer la mise en concurrence des facs entre elles et la marchandisation des formations supérieures.

Mme Pécresse espérait esquiver la colère des étudiants en évitant d’intégrer dans sa loi les questions sensibles de la sélection et des frais d’inscription à son projet de loi. C’est raté ! Les étudiants ont compris qu’elles en découlaient en droite ligne, suivant l’exemple anglo-saxon. Il faudra payer cher, s’endetter, pour avoir une place dans une « bonne » université. L’accès des jeunes dont les familles ont des revenus modestes sera encore plus restreint. Une « bonne université » ne misera que sur des étudiants a priori rentables. La Loi Pécresse comprend déjà une formule préinscription des lycéens en terminale qui préfigure la future sélection. La même logique de concurrence et de sélection s’abattra sur les enseignants et chercheurs.

 

Sur le plan financier, les directions auront aussi le « droit » de vendre le patrimoine immobilier de leur université. C’est la porte ouverte au désengagement de l’Etat de la construction et de l’entretien des facultés. On incite certaines universités à la spéculation immobilière, on conduit les autres à l’endettement « autonome » voire aux facs « taudis ».

 

Le comble est atteint quand on lit dans la loi que les subventions des mécènes seront déduites des impôts des entreprises à hauteur de 60%. La collectivité paie, le MEDEF décide. Pendant ce temps, M. Fillon nous parle de faillite de l’Etat !

 

La casse du statut public de l’université va de pair avec la privatisation du financement.

 

La loi remet directement en cause le statut de fonctionnaire des personnels de l’université. Les directions d’université pourront supprimer des postes de fonctionnaires mais pas en créer. Au contraire, elles sont autorisées et incitées à leur substituer des personnels contractuels, CDI ou CDD, dans les emplois techniques et administratifs, et également pour assurer des « emplois d’enseignements et des emplois scientifiques ». C’est la porte ouverte au développement de la précarité à l’université et une attaque directe et historique sur la mission de service public des personnels.

Les enseignants chercheurs ne seront plus nommés par des spécialistes de leur discipline mais par une émanation du Conseil d’administration. La nouvelle composition des organes de direction, dont le Conseil d’administration fera la part belle aux représentants du privé. Ses pouvoirs sont considérablement renforcés, notamment avec la possibilité de supprimer certaines unités d’enseignement. Le Président, qui pourra désormais être une personnalité extérieure au corps enseignant de l’université, est doté d’un quasi-statut de PDG, manager omnipotent, notamment sur les personnels.

 

L’intérêt du MEDEF et l’intérêt du pays sont fondamentalement contradictoires.

 

Le gouvernement joue sur les difficultés réelles de l’université dont ses choix politiques sont responsables pour légitimer sa nouvelle loi. Il joue sur la peur du chômage pour justifier la « professionnalisation » des enseignements sous l’égide du MEDEF.

Mais qui licencie, délocalise à tour de bras et liquide des filières d’activités d’excellence dans le pays sinon le MEDEF ? Ses besoins en terme d’enseignement supérieur n’ont rien à voir avec ceux de l’économie et de la société de notre pays.

Il veut faire main basse sur l’université pour faire de l’enseignement supérieur une source de profit en lui-même.

Il veut adapter les formations à ses besoins immédiats, à la recherche de profits à court terme pour les actionnaires.

La recherche fondamentale, sans laquelle le pays n’aurait pas de prix Nobel, ne correspond pas à sa recherche du profit à court terme. Le développement de la formation générale, de l’esprit critique, nécessaires non seulement à l’épanouissement de l’individu mais aussi à sa polyvalence professionnelle sont pour lui une charge insupportable.

D’autant plus insupportable qu’ils portent la contestation la mainmise de l’idéologie patronale sur l’Université et sur le pays.

 

Pour l’avenir de l’université dont le pays a besoin, exigeons avec les étudiants et enseignants en lutte :

-         l’abrogation inconditionnelle de la loi Pécresse

-         le doublement du budget de fonctionnement des universités

-         un vaste plan de rénovation, de construction et d’équipement

-         le maintien des diplômes nationaux

-         de nouveaux moyens pour l’orientation

-         le recrutement massif d’enseignants-chercheurs et de personnels techniques et administratifs pour faire face aux besoins criants

-         la véritable gratuité de l’université avec la suppression des frais d’inscription.

 

Le pays a besoin d’une formation supérieure de masse pour assurer son développement devant les défis majeurs de notre époque !

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Dimanche 30 septembre 2007

Le b a ba : moins d’école, c’est moins d’éducation et plus d’inégalités !

Le ministre de l’éducation, Xavier Darcos a atteint un sommet dans la démagogie avec l’annonce de la suppression, dès la rentrée 2008, des cours le samedi matin dans les écoles primaires et maternelles. Le ministre prétend permettre « aux familles à se retrouver » alors que son gouvernement s’applique à augmenter la durée du temps de travail des parents et à étendre le travail du week-end.

 

Un transfert vers le mercredi matin pourrait être discuté, en tenant compte à la fois du rythme des enfants et de la semaine des parents.

Mais le ministre a choisi de décider unilatéralement, au mépris de toute concertation notamment des enseignants et des parents d’élèves et de leurs organisations représentatives. Après s’être gardé de le préciser au départ, il a dévoilé qu’il compte purement et simplement supprimer 3 heures d’enseignement par semaine, présentant l’éducation comme une « charge ».

Cette réduction des horaires d’enseignement est directement à mettre en relation avec les 8000 suppressions de postes à l’éducation nationale cette année et les 11200 prévues dans le budget pour 2008. On assiste à un début de démantèlement par tous les bouts de l’éducation nationale, de l’école laïque et républicaine, gratuite pour tous.

Comment assurer les programmes avec des moyens, maintenant des horaires sans cesse rognés ? Les premières victimes de cette remise en cause du service public de l’éducation sont les enfants des familles les moins favorisées. Les activités sportives et artistiques, partie intégrante de l’enseignement gratuit pour tous, risquent d’être externalisées, c'est-à-dire privatisées et déqualifiées sur le plan pédagogique. Réserver l’école du samedi « aux élèves en difficultés », coupés des autres, revient à les stigmatiser. Pour les enseignants, la charge de travail va devenir encore plus lourde avec l’obligation d’essayer de faire en huit demies journées ce qui était fait en neuf, tout en assumant une nouvelle fonction de soutien scolaire.

Professeurs, parents, citoyens, ne laissons pas passer ce coup de forces ! Démasquons la démagogie ! L’enseignement primaire public, la maternelle pour tous, spécificité française que tous les peuples d’Europe nous envient, jouent un rôle fondamental dans l’acquisition des connaissances, l’accès à la culture et la formation de l’esprit. Ne laissons pas opérer le sabotage de l’avenir du pays !

 

 

 

 

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Dimanche 26 août 2007

11200 suppressions de postes pour 2008. L'éducation nationale saignée par la politique de cadeaux aux plus riches et au MEDEF.

A quelques jours de la rentrée, le ministre Darcos vient d’annoncer la suppression de 11200 postes pour le budget 2008. Sarkozy veut liquider autant d’emplois en un an dans l’éducation nationale que Chirac en cinq. Est-ce la rupture annoncée?

Les conséquences sont évidentes: hausse du nombre d’élèves par classe, difficultés accrues pour remplacer les enseignants malades, baisse de l’encadrement des élèves (surveillants…), réduction des horaires d’enseignement et de certaines options (ex: les mêmes qui nous rabattent les oreilles sur la mondialisation démantèlent l’enseignement des langues étrangères). 

 

 

L’hypocrisie est à son comble quand Sarkozy annonce que la priorité pour la rentrée est l’accueil des enfants handicapés et le renforcement de l’encadrement dans les ZEP. Avec 11200 postes en moins!

La vérité, c’est que Sarkozy veut payer les frais de ses milliards de cadeaux fiscaux aux privilégiés sur le dos de l’éducation nationale, qu’il prépare la privatisation rampante et la marchandisation de l’éducation (et de l’université).

A un enseignement visant la qualité pour tous grâce à l’école républicaine, laïque et gratuite, le gouvernement et le MEDEF préfèrent un système inégalitaire, largement payant (pour les familles qui le peuvent), globalement beaucoup plus coûteux (mais source de profit pour les capitalistes).

Cela revient à saper la base de notre société et de notre économie alors que même les « experts internationaux » reconnaissent que la force de la France provient du niveau d’éducation générale et de formation de sa population.

Ne laissons pas faire! Soutenons les enseignants et personnels de l’éducation nationale dans leurs luttes parce qu’elles sont celles de nous tous!

LES MAUVAIS PRESTEXTES DU MINISTRE: L’argument démographique ne tient pas. Les chiffres le contredisent. 8000 postes en moins dans le secondaire pour 20000 élèves attendus en moins, 700 créations de   postes dans le primaire pour 45000 élèves supplémentaires. Pour résumer, il faut, en moyenne, 2 élèves en moins pour supprimer un poste d’enseignant dans le secondaire quand il faut 64 élèves en plus pour créer un poste d’enseignant dans le primaire.

Le ministre prétend faire de nécessaires « économies », sous-entendant que l’éducation serait un fardeau dans un budget où les ressources manquent. Face à ce discours gouvernemental, les syndicats dénoncent, à juste titre, une logique purement comptable. Mais quelle « logique » comptable ? Il n’y aucune « logique » comptable derrière ces coupes budgétaires, le gouvernement annonce, selon des estimations largement gonflées, 800 millions d’économies par an par la suppression de 25000 poste de fonctionnaires dont les 11000 de l’éducation nationale soit à peine 5% des 14 milliards d’euros du paquet fiscal offert gracieusement aux plus riches par Sarkozy cet été.

 

 

810 millions d’euros, c’est exactement la somme globale que les 10000 foyers les plus riches vont récupérer par an avec le « bouclier fiscal ».  25000 agents du service public en moins pour payer un beau cadeau aux 10 000 ménages les plus riches (81000 euros pour chacun en moyenne—comparez avec votre déclaration!). 14 milliards de cadeaux fiscaux votés à la sauvette cet été: qui peut croire ceux qui disent qu’il n’y a pas assez d’argent pour améliorer les conditions du service public de l’éducation? Au lieu d’en supprimer, ce sont des dizaines de milliers de postes qu’il faut créer.  

 

 

 

 

 

 "En réduisant le nombre d'heures effectuées par les élèves, on réduit globalement le nombre d'heures de cours. Donc on pourra économiser des postes". Nicolas Sarkozy. 

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Mercredi 10 mars 2004
Mme Marie-Claude Beaudeau. Monsieur le président, monsieur le ministre, chers collègues, c'est après mûre réflexion que je m'apprête à voter ce projet de loi encadrant, en application du principe de laïcité, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics, et bien consciente du caractère insuffisant, parcellaire de ce texte et des arrière-pensées possibles de ses concepteurs.
 
Mais si l'opportunité d'une loi pouvait faire question, reculer aujourd'hui serait donner raison à ceux qui utilisent la démocratie et les lois de la République pour mieux les combattre.
 
Depuis que la question a fait irruption pour la première fois dans le débat public, en 1989, bien après l'arrivée de populations originaires de pays où la religion musulmane est dominante, je n'ai cessé de m'opposer au port du foulard dit « islamique » à l'école et de penser que cette pratique devait y être proscrite.
 
Le voile imposé à certaines jeunes filles est peut-être une prescription religieuse ; il est avant tout le symbole, le plus souvent revendiqué comme tel par ses promoteurs, ses exégètes devrais-je dire, de l'inégalité entre les sexes, de la soumission des femmes, de la négation de leur droit à choisir leur vie, à assumer leur liberté, à disposer de leur corps.
 
Il participe activement d'une volonté de ségrégation, de discrimination. Des femmes se battent, sont agressées, sont assassinées dans le monde, parce qu'elles refusent de le porter : nous ne pouvons l'oublier.
 
Nous ne pouvons non plus nous méprendre, comme l'explique l'écrivaine iranienne Chahdortt Djavann : ce voile pour les petites Françaises est le même que celui dans lequel les mollahs enturbannés enferment les femmes en Iran, en Egypte et au Maghreb.
 
Citoyennes, nous nous souvenons de n'avoir acquis le droit de vote qu'en 1944, le droit de nous émanciper financièrement que dans les années soixante.
 
Nous pouvons d'autant moins tolérer cet appel à la subordination de la femme, à la régression démocratique et civilisationnelle au coeur même du lieu de la formation à l'esprit critique : l'école de la République.
 
C'est la première raison qui, presque viscéralement, m'amène à voter cette loi.
 
L'édifice législatif actuel aurait peut-être pu suffire à interdire le voile à l'école et à nous épargner ce débat empoisonné qui, depuis des mois, a contribué à dresser une tribune aux propagandistes du voile.
 
Mais maintenant que ce débat a eu lieu, il faut le clore en toute clarté.
 
C'est le manque de fermeté de la part des gouvernements successifs, la jurisprudence hésitante de l'avis du Conseil d'Etat de 1989 qu'il faut corriger. Il est essentiel que soit réaffirmée la norme républicaine. A ce titre, le voile ayant une signification dépassant une éventuelle affirmation religieuse, je considère qu'il doit être interdit de la même façon dans les établissements scolaires privés, confessionnels ou non.
 
Ce projet de loi ne le prévoit pas. C'est une lacune majeure.
Mme Monique Cerisier-ben Guiga. Voilà !
Mme Marie-Claude Beaudeau. Je sais que les motivations des jeunes filles qui voudraient porter le voile à l'école sont diverses, mais il est irresponsable d'y voir une manifestation de la liberté individuelle qu'il faut respecter. (Mme Monique Cerisier-ben Guiga applaudit.)
 
S'il se trouve des jeunes filles, en crise d'adolescence, qui portent le voile uniquement par effet de mode, ce dont je doute, cela leur passera avec la loi. Un point, c'est tout ! Ce qui importe, c'est de protéger celles à qui on veut l'imposer.
 
La loi aidera l'éducation nationale à affranchir les plus nombreuses de la pression d'un entourage induit à confondre tradition et maintien de pratiques rétrogrades.
 
Si, comme c'est parfois le cas paradoxalement, certaines jeunes filles trouvent refuge dans l'extrémisme religieux, dans la servitude volontaire pour échapper à cette pression quotidienne parfois violente, l'école ne peut pas accepter cette impasse dangereuse.
 
Enfin, concernant la petite minorité de jeunes activistes endoctrinées, capables à treize ans de réciter par coeur la jurisprudence du Conseil d'Etat, notre devoir de républicains est de combattre l'idéologie sectaire des individus qui les manipulent. Nous serions naïfs de ne pas voir leur ombre derrière l'ensemble du phénomène.
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