Inauguration plutôt discrète des nouvelles rames du Transilien par G.Pépy et JP.Huchon.
Pas de quoi être fiers de leurs choix politiques en effet !
Le 4 novembre
2009 ont été présentés aux officiels et à la presse les premières rames des 172 nouveaux trains de banlieue qui commenceront à circuler sur la ligne Paris-Luzarches à partir du 13 décembre et
dont la livraison s’étalera jusqu’en 2015.
On aurait pu imaginer inauguration plus fastueuse, plus publique, pour un matériel qui représente, objectivement, une modernisation par rapport aux anciens trains « petits gris » des années 60/70.
Non, les flonflons et les confettis sont restés confinés au « technicentre » de Joncherolles à Villetaneuse.
Nous pouvons aisément imaginer pourquoi.
Les choix d’éclatement de la SNCF, conduisant à des filialisations, notamment de l’activité fret, sont très contestés par les cheminots, dont la première journée nationale de grève le 20 octobre, à l’appel de trois syndicats, a été fortement suivie, notamment sur le réseau Paris-Nord. Les défenseurs du service public auraient pu gâcher la fête du patron, Guillaume Pépy.
Jean-Paul Huchon, président sortant PS de la Région Ile-de-France et du Syndicat des transports, STIF, est, quant à lui, de plus en plus rattrapé par sa décision de 2006 d’attribuer le marché du renouvellement des trains de banlieue au groupe canadien Bombardier contre Alstom.
Huchon, celui-là même qui se vante d’accorder (sans contreparties) des aides publiques aux entreprises franciliennes, a fait le choix de la délocalisation, du dumping social. La conception et la majorité de la fabrication des trains Bombardier sont faites à l’étranger, au Canada et en Europe de l’est, une minorité seulement sur le site de Crespin dans le Nord (auquel Alstom aurait pu sous-traiter une partie du marché, s’il l’avait obtenu).
Avec la crise, l’attribution de ce marché géant, de 2,7 milliards d’euros (4 milliards avec les rames en option) est encore plus gênante politiquement. D’autant que 8 régions de province viennent justement de faire le choix d’Alstom et de la production en France pour une commande groupée de 100 TER.
Pour la deuxième tranche du renouvellement des trains de banlieue parisienne, gagnons que la production en France l’emporte !
Faisons de la politique des commandes publiques un sujet de la campagne des prochaines élections régionales.
De même que la lutte contre la marchandisation des transports en Ile-de-France, pour le monopole public RATP/SNCF.
SNCF : les grèves que les media minimisent, le plus souvent, sont les plus significatives !
Le 20 octobre 2009, les cheminots étaient appelés à la grève par trois organisations syndicales. C’était la première journée de grève nationale à la SNCF depuis un an, suivant de nombreuses luttes locales.
Le succès de cette grève « carrée », d’un seul jour, malgré la compromission active et le travail de sape du syndicat autonome, montre le potentiel de mobilisation des cheminots pour s’opposer à la privatisation rampante, en commençant par celle de l’activité fret.
La direction de l’entreprise, le gouvernement, les media à sa botte, s’en sont bien rendu compte et se sont efforcés d’en minimiser l’impact.
En chiffres d’abord. Après avoir reconnu 30% de grévistes, la direction a revu son chiffre à 21,7%. En réalité, 31,6% du personnel, toutes catégories confondues, a fait grève, jusqu’à 34% à 16h30.
Les media, qui nous ont habitués, même avec des taux de grévistes très inférieurs, à montrer des « usagers » excédés pour les dresser contre les cheminots, ont choisi cette fois, de mettre l’accent sur le niveau de trafic maintenu malgré la grève.
Alors qu’avec le « service minimum », et l’obligation scandaleuse de se signaler 48 heures auparavant, la direction connaissait exactement les conséquences du mouvement, elle a feint de constater un meilleur niveau de circulation que prévu.
Nous ne pouvons y voir qu’une campagne pour démoraliser les cheminots grévistes ou non avant une éventuelle confrontation beaucoup plus dure dans les semaines et mois à venir.
Le mouvement du 20 octobre était en effet fort aussi de son contenu.
Au sujet du fret, il a dénoncé la casse prévisible de 6000 emplois, les effets sur l’environnement des transports par camions remplaçant les wagons isolés, complètement en contradiction avec le discours gouvernemental sur le « Grenelle de l’environnement », la privatisation en voie, le mensonge des 7 milliards d’euros d’investissements annoncés.
Il a su aussi faire le lien avec la poursuite de la privatisation rampante de toute l’entreprise, son éclatement en 5 entités, les conséquences pour les usagers (dégradation du service, tarifs…).
Alors que le mouvement contre le projet de loi de casse du statut de La Poste et de marchandisation du courrier se développe fortement, que des journées de lutte sont prévues, notamment dans l’Education nationale le 24 novembre, que la mobilisation s’étend dans l’industrie, le pouvoir redoute une action de grande ampleur à la SNCF (et à la RATP), un nouveau novembre/décembre 95 en 2009 !
Voilà pourquoi il essaie d’étouffer les conditions objectives qui existent pour le construire.
Plus que jamais, l’heure est à la convergence des luttes !
Souffrance au travail à France Telecom : toujours la machine à broyer le service public
Faire très attention lorsqu'on évoque les suicides "professionnels"
Dans les années 2003/2004, avec Marie-Claude Beaudeau, alors sénatrice communiste du Val d’Oise, nous avons été amenés à étudier le
développement de la souffrance au travail à France Telecom et ses causes. Ce travail a conduit notamment à la plusieurs actions, et à la publication du livre de Dominique Decèze, « France
Telecom, la machine à broyer », conçu comme témoignage et comme outil politique.
Nous sommes en effet arrivés à la conclusion que les méthodes de « gestion des ressources humaines » utilisées à France-Télécom, souvent aberrantes au premier regard quels que soient les critères d’efficacité envisageables, visaient avant tout à casser irrémédiablement le service public, sa culture et les personnels qui la portent, notamment vu la proportion, toujours majoritaire aujourd’hui, de fonctionnaires parmi eux.
Nous vous renvoyons vers plusieurs de nos tracts qui le décrivent et sont toujours d’actualité.
Lutter contre la souffrance au travail à France-Télécom, c’est toujours lutter contre le processus de privatisation, France-Télécom étant des grands services publics, l’un des premiers à avoir été attaqué, notamment à cause de la rapidité des changements technologiques.
Un point très important par rapport à la médiatisation, à nouveau, ces jours-ci des cas de suicides. Le suicide est à la fois un drame et un acte totalement contreproductif.
Rien n’est plus faux et irresponsable que de laisser courir l’idée que les suicides seraient des signaux d’alerte qui permettraient d’accélérer la recherche d’une solution. C’est le contraire.
Un suicide a toujours plusieurs origines, même quand une cause professionnelle est évidente. C’est un acte désespéré de renoncement, aussi à la lutte. Même s’il fait parler, il n’aide pas à la riposte collective mais contribue à aggraver le climat de fatalisme et de résignation.
Syndicalistes de terrain, médecins du travail, le savent et savent combien il est délicat d’accompagner le deuil des familles et des collègues tout en poursuivant et amplifiant l’action collective.
Aucun politicien responsable, même croyant bien faire, ne saurait utiliser les cas de suicides.
Seul le développement de la lutte dans et hors de l’entreprise, en pointant le processus de privatisation dans tous ses caractères, permet de contrecarrer la « machine à broyer ».
Transdev livré à Veolia ! Ville par ville, région par région, au niveau du pays : ne laissons pas la collectivité être dépossédée des transports urbains!
Il fut un temps où la Caisse des dépôts et consignations (CdC) était appelée la « bras armé » de l’Etat. Depuis une vingtaine d’années, elle est plutôt devenue le bras des gouvernements pour désarmer l’Etat et la collectivité.
Le 23 juillet 2009, on annonce que la CdC va céder le contrôle à Véolia-Transports de la société Transdev dont elle est l’actionnaire principal (70%), à côté de la RATP (25%). Techniquement, l’opération prendra la forme d’une fusion qui permettra à Véolia de s’emparer de Transdev sans rien débourser.
Selon la presse, la prescription vient directement de l’Elysée. Le Président prétend affecter à la CdC un rôle central dans son plan de « relance ». On voit lequel : aider les entreprises capitalistes les plus prédatrices à capter en France et à l’international entreprises et marchés publics.
Transdev est un gros morceau, un beau cadeau. La société regroupe 46.000 salariés dont 18.600 en France où ses filiales gères des réseaux de tramway de Nantes, Grenoble, Montpellier, Mulhouse, Strasbourg, Orléans, Valenciennes et le futur tram de Reims, ainsi que 70 réseaux d’autobus.
Transdev est issu de l’action de développement des transports, suivant un objectif d’intérêt général, depuis les années 70 de la Société central d’équipement du territoire, la SCET, filiale de la CdC, puis ensuite de l’acquisition, avec les fonds publics de la CdC de nombreux réseaux locaux. Techniquement et financièrement, le secteur public, la CdC et la RATP ont ainsi constitué un bel ensemble intégré. Elles ont fait belle la mariée pour que le pouvoir la livre maintenant à une multinationale.
Cette perspective ne date pas d’aujourd’hui. Depuis des années, depuis le gouvernement Jospin (nous devons le dire), la gestion de Transdev, qu’il s’agisse des conditions d’exploitation et de travail en France ou de la politique d’acquisition tout azimut à l’étranger, 60% de l’activité maintenant, obéissent à une logique de concurrence généralisée et à une stratégie de privatisation.
A Reims, chez les Cars d’Orsay (Essonne) et à la CEAT (Essonne et Val de Marne), pour s’en tenir à quelques exemples, les salariés avec la CGT ont mené plusieurs luttes déterminées ces derniers mois pour les salaires, les conditions de travail.
La privatisation va entraîner de nouvelles dégradations aux dépens des salariés mais aussi directement des usagers et des finances des collectivités locales qui la paieront cher. Seules comptent pour des entreprises comme Veolia la loi du profit, la course au marché mondial. On observe cette évidence dans tous les secteurs où Veolia est actif.
Avec ce coup en plein cœur de l’été, le pouvoir franchit une nouvelle étape dans la marchandisation intégrale du secteur des transports urbains, en concordance avec le règlement européen de mise en concurrence censé être applicable au 3 décembre 2009.
Constituer un juteux marché européen, voire mondialisé, le livrer à un oligopole de quelques grandes multinationales en asservissant les collectivités publiques, voilà l’objectif.
Des moyens existent pour mettre en échec ce projet et lui opposer un service public national d’entreprises publiques, municipalisées, régionalisées ou nationalisées sur la base de la coopération dans l’intérêt général (y compris, le cas échéant, au plan international) entre chaque entreprise.
- Dans l’immédiat, dénonçons l’opération de privatisation, et ses ressorts, de Transdev.
- De nombreuses collectivités locales (villes, communautés d’agglomération, régions) sont directement concernées, en tant que donneurs d’ordre de réseaux dont Transdev est l’opérateur, dont beaucoup de collectivité de « gauche ». Elles peuvent et doivent réagir contre le passage sous la coupe de Véolia. Militons pour cela !
- Dans de nombreuses villes, les luttes des agents des transports sont autant de points d’appui pour le service public. Notamment le succès à Marseille des traminots de la RTM qui ont empêché la mainmise de Veolia-transports sur le nouveau tramway et sauvegardé le statut de la Régie.
- La défense du service public de l’entreprise nationale RATP est au centre de la bataille nationale. Avec le SNCF en Ile-de-France, elle représente plus de la moitié des transports en commun du pays.
Une offensive de long terme est menée par le pouvoir et la direction qu’il nomme, pour mettre en concurrence et privatiser les réseaux publics d’Ile-de-France et faire de la RATP et de la SNCF des prédateurs sur le marché international. La région de « gauche » a fait le choix d’accompagner, sinon d’anticiper cette évolution.
La question est immédiatement posée d’imposer une autre politique : la défense et l’extension du monopole public d’entreprise publique RATP/SNCF sur les transports urbains d’Ile-de-France.
La RATP est actionnaire à 25,6% de Transdev. Transdev détient 8 réseaux d’autobus en banlieue de Paris, représentant près de 2000 salariés et 1200 autobus*. Ils doivent être pleinement intégrés dans l’entreprise nationale RATP. La Région, les autres collectivités locales, aux côtés des agents, doivent peser de tout leur poids, décisif.
Veolia voudrait donner à la RATP, en échange des ses actions, des réseaux de transports à l’étranger : c’est inacceptable.
Comme il est inadmissible que les conditions d’accomplissement du service public, de travail et de rémunération ne soient pas les mêmes partout dans la même région, à la RATP, dans les entreprises de Transdev et dans leurs filiales.
Ces enjeux peuvent et doivent être posés, loin des préoccupations politiciennes et électoralistes, dans la campagne des élections régionales de l’année prochaine.
*Liste des réseaux Transdev en Ile-de-France : Cars d’Orsay (Essonne – Les Ulis…) ; CEAT (Essonne-Val-de-Marne, Sainte-Geneviève-des-Bois/Champigny sur Marne) ; Flexité (Seine-et-Marne, Savigny-le-Temple) ; Interval (Seine-et-Marne, Montereau-Faut-Yonne) ; n°4 Mobilités (Seine-et-Marne, Roissy-en-Brie) ; AMV (Seine-et-Marne, Lagny) ; STBC (Seine-et-Marne, Chelles) ; Transdev-Espaces (Seine-et-Marne, Meaux) + des entreprises spécialisées (Roissy-aéroports, cars de tourisme…).
* Liste de filiales de droit privé de la RATP en Ile-de-France à intégrer à la RATP : Les Cars Perrier (Yvelines), les cars Giraux (Yvelines-Val d’Oise), CTVMI (Yvelines)…
Mardi 16 décembre, trois wagons transportant du fioul pour la Compagnie parisienne de chauffage urbain
(CPCU), ont déraillé des voies ferrées de la gare Montparnasse. L’un d’entre eux a manqué de deux mètres de s’écraser en contrebas sur le trottoir de la rue Castagnary. Fort
heureusement, il y a eu plus de peur que de mal.
Mais les moyens mobilisés pour sécuriser le secteur, bloqué pendant deux jours, la grue spectaculaire utilisée pour dégager le wagon soulignent combien l’accident ne peut pas être rangé au rang des anecdotes.
A nouveau, en pleine ville cette fois, est posée la question de la dégradation de l’état du réseau ferré. Les incidents, les dysfonctionnements se multiplient, notamment sur le réseau secondaire, mais aussi par exemple sur les lignes des RER. Des responsables syndicaux tirent la sonnette d’alarme sur la sécurité et l’avenir du réseau lui-même. Le constat est confirmé par des rapports officiels, plus ou moins bien intentionnés.
Sans moyens nouveaux conséquents, des milliers de kilomètres de voies pourraient ne plus être exploitables d’ici quelques années.
Cette évolution préoccupante a des causes et des responsables : les gouvernements successifs qui préparent le terrain à la privatisation de la SNCF. En 1997, le service public ferroviaire a été éclaté. L’établissement public Réseau ferré de France, coupé du reste de la SNCF, a été créé. A RFF on a confié la propriété et la gestion des infrastructures. En cassant l’unicité du réseau et de l’exploitation, les gouvernements ont l’objectif de préparer la mise en concurrence de l’exploitation, de transformer progressivement la SNCF en opérateur de type privé, de dégager des marges de profit pour de futurs actionnaires.
A RFF public, la majeure partie des dettes et des investissements les plus lourds. Aux opérateurs destinés à être privés, les profits d’exploitation.
Depuis 1997, le RFF a la responsabilité du financement et de la gestion du réseau. Mais seule la SNCF et ses agents, avec les qualifications et l’excellence du service public nationalisé, sont restés en état d’assurer le travail d’entretien, ce qu’elle fait en tant que prestataire de service pour le compte de RFF.
Dans cette nouvelle configuration, l’accélération de la dégradation du réseau provient de deux raisons, toutes les deux liées à la privatisation:
1- RFF ne se voit pas doter des moyens pour entretenir et de développer le réseau selon les besoins du service public. Il manquerait de 500 millions à un milliard d’euros par an. L’investissement public, notamment de l’Etat, est très insuffisant alors que les contribuables régionaux sont lourdement mis à contribution notamment pour l’extension des lignes à grande vitesse. Les bénéfices d’exploitation de la SNCF, qui s’envolent (1 milliard en 2007), issus de tarifs de plus en plus prohibitifs, sont détournés de l’investissement dans les infrastructures de réseau.
2- Dans la perspective de privatisation, la direction de la SNCF fait le choix de sacrifier à la loi du profit la qualité de l’entretien (comme de la maintenance). Des milliers d’emplois qualifiés sont supprimés. Le recours à l’externalisation et à une sous-traitance précaire s’étend… L’immense majorité des retards sont dus à la logique de privatisation que les luttes des personnels dénoncent, et non au terrorisme, ni aux chasseurs !
Le gouvernement actuel veut tirer prétexte du problème que sa politique a alimenté pour l’aggraver en poursuivant le démantèlement du service public SNCF. Il cherche à enlever le travail d’entretien du réseau. Non rentable, cette activité n’intéresse pas les groupes privés qui convoitent la SNCF.
C’est tout le contraire qui s’impose :
- mettre en fin à la politique de désorganisation des services de maintenance et d’entretien de la
SNCF
- reconstituer entièrement l’unicité du service public ferroviaire en réunissant RFF et SNCF, en rétablissant le monopole public sur l’ensemble de
l’activité ferroviaire en France.
- diriger, en cohérence,
l’argent des bénéfices d’exploitation de la SNCF vers l’investissement et l’entretien.
- accroître les investissements publics, beaucoup plus efficaces car correspondant aux besoins, et beaucoup moins
coûteux à l’usager et au contribuable que les financements privés, pour entretenir et développer le réseau et l’ensemble du service public.
C’est tout cela qui se trouve en fait à l’origine d’un accident spectaculaire comme celui de la rue Castagnary. Et il faut le dire et l’expliquer !
La
manifestation occultée des cheminots le 19 juin 2008
Tarifs SNCF : augmentations dans toutes les directions ! Un avant-goût de privatisation.
A l’occasion des départs en vacances, beaucoup d’entre nous vont expérimenter les nouveaux tarifs de la SNCF. A ces prix là, pas intérêt à être déçus du voyage ! Ceux qui pensaient échapper à la hausse des carburants en prenant des trains électriques en seront pour leurs frais. Les privatiseurs du rail comptent bien récupérer leur part du gâteau.
Les nouvelles grilles tarifaires ont un but : tirer globalement le maximum d’argent des voyageurs. En mire : la rentabilité financière et la privatisation.
D’abord, il y a l’augmentation « habituelle », au 1er juillet : 2,5% pour les trains Corail et les TER. Elle préfigure celle des tarifs TGV prévue pour le 1er janvier, avec une certitude, elle sera bien supérieure aux 2% d’augmentation de l’année dernière. 2,5% : c’est déjà bien plus déjà que l’augmentation des salaires.
Mais ces chiffres sont trompeurs et une augmentation peut en cacher beaucoup d’autres, bien plus élevées. La nouvelle politique commerciale de la SNCF est inspirée des pratiques peu scrupuleuses des compagnies aériennes. Officiellement, la modulation des tarifs selon des offres promotionnelles, la date de réservation devraient permettre de remplir davantage les trains et faire faire des économies aux usagers prévoyants. En réalité, sauf cas exceptionnel, ces pratiques ne font décoller que les tarifs.
SOURNOISEMENT ET INSIDIEUSEMENT !
Exemples :
- Les « périodes de pointe » sont étendues ou bien les horaires des TGV sont de plus en plus souvent décalés vers ces heures. Les prix spéciaux qui sont appliqués, sans rapport avec la distance kilométrique, variables d’une minute à l’autre, au gré de l’offre et la demande, sont fréquemment de 30 à 50% plus chers.
- Dans la même logique, la refonte du calendrier « bleu/blanc » pour les corails, qui définit les plages horaires où s’appliquent les tarifs réduits, se traduit par une extension des périodes « blanches » (6h30-8h et 17-18h30) plus chères de 33% pour les voyageurs sans carte et de 50% pour ceux disposant d’une carte commerciale, c’est-à-dire les publics fragiles économiquement: jeunes, enfants accompagnés, personnes âgées !
La majorité des voyageurs n’ont pas véritablement la possibilité de partir hors des « périodes de pointe » qu’ils voyagent pour leur travail ou qu’ils partent en week-end : un week-end qui commence le samedi après midi pour finir le dimanche matin…
- Depuis octobre 2007, changer de billet jusqu’au jour du départ est aussi devenu payant. La direction de la SNCF a trouvé deux formules. Soit le voyageur paie un billet « pro », deux euros plus cher, et peut encore bénéficier des anciennes conditions d’échange et de remboursement. Soit il prend un billet « loisirs » et il est taxé de 10 euros pour un échange, 3 s’il a acheté une carte commerciale.
- La direction de la SNCF joue aussi sur un contingentement des places à tarifs promotionnels, sur lesquelles elle base sa publicité. Elles sont si peu nombreuses que très peu de voyageurs en bénéficient réellement. De plus, s’il faut passer deux heures sur internet pour décocher une réduction, on ne voit pas le gain de la « grande vitesse ».
- Enfin tout est fait pour que les usagers ne maîtrisent pas les grilles tarifaires. Les brochures ont été supprimées. Le site internet est délibérément incompréhensible. Les distributeurs ne donnent pas toutes les possibilités.
LES USAGERS PAIENT LA NOTE DE LA CASSE DES PRINCIPES DU SERVICE PUBLIC devant une logique purement marchande
Tous les principes du service public sont bafoués : l’égalité, l’absence de logique lucrative, l’investissement tourné vers la qualité du service, sa fiabilité, la sécurité…
Les agents de la SNCF, formés à ses principes, restent le rempart principal à la privatisation. Le gouvernement et la direction de l’entreprise l’ont compris en cassant leur statut, en restreignant leur droit de grève au nom du « service minimum ». En ce qui concerne les guichets, la direction fait pression sur les agents, en modulant les primes par exemple pour les inciter les agents à faire du chiffre, à pousser à la dépense, à dissimuler les offres les plus avantageuses… Vainement en général.
OU VA L’ARGENT DES VOYAGEURS ?
A l’investissement pour un meilleur service? Non ! Aux cheminots ? Encore moins ! Ils ont déjà perdu 2% de pouvoir d’achat cette année.
Aux profits financiers actuels et futurs !
En 2007, la SNCF a déjà dégagé près d’1 milliard d’euros de bénéfices. Guillaume Pépy, son PDG, a annoncé les objectifs pour 2012 : 50% de croissance du chiffre d’affaires ! Il se flatte que la SNCF dispose de « 3 à 4 milliards pour aller à la conquête de l’Europe et d’entreprises mondiales » dans le cadre de la mise en concurrence généralisée du secteur ferroviaire, avec l’application des directives européennes.
Le but est de transformer la SNCF, entreprise nationalisée par le Front populaire, structurante pour toute l’économie du pays, en une multinationale rapportant le plus haut taux de profit possible et le maximum de dividendes à quelques groupes capitalistes et se disputant avec d’autres groupes comme Véolia ou la Bundesbahn les marchés les plus juteux.
Dans cette perspective, toutes les activités jugées moins lucratives à court terme, sont de plus en plus délaissées. Les lignes secondaires et régionales sont sinistrées au niveau de l’entretien. Les gares secondaires ferment. Des milliers d’emplois qualifiés sont supprimés. Les conditions de travail se dégradent dangereusement. Les retards se généralisent ? On va vers des accidents graves comme en Grande-Bretagne.
De plus en plus souvent, on fait payer les investissements par les contribuables régionaux, les mêmes que les usagers. La séparation artificielle entre 1996 et 1998 de l’exploitation, laissée à la SNCF, et du réseau confié à la nouvelle entité RFF, Réseau ferré de France, visait déjà à isoler les activités les plus rentables et à renvoyer les investissements lourds vers la collectivité. La même intention préside au démantèlement de l’activité Fret L’augmentation des péages ferroviaires demandés par RFF à la SNCF, 30% du prix des billets, est directement répercutée aussi sur les tarifs. La création de RFF a cherché en outre à rendre possible la mise en concurrence, sur les mêmes voies d’exploitants différents.
Il est grand temps d’entrer tous en résistance, d’inverser cette logique, de reconquérir le service public.
Vous en avez assez de payer plus pour avoir moins de service. Vous en avez assez d’être pressurés. Vous en avez assez qu’un climat de défiance s’instaure entre chacun.
Les cheminots luttent pour défendre leur service public. Comme les postiers, les agents de la RATP, les personnels hospitaliers, les enseignants, les personnels de France télévisions. Tous, ils défendent des causes d’intérêt général. Salariés du privé, du public, chômeurs ou retraités, nous sommes tous concernés.
Réagissons ! Ne laissons plus faire ! Faisons monter la pression contre les tarifs injustes de la SNCF ! Défendons nos gares, nos guichets et nos lignes ! Défendons l’unicité du transport ferroviaire, l’intégrité de la SNCF contre les filialisations et les régionalisations ! Soutenons les cheminots !
Mettons en échec l’application en France en 2010 de la directive avec laquelle le gouvernement veut casser le monopole public national conquis en 1936 !
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