Mensonges d’État sur le déficit de la SECU
Le gouvernement prétend continuer la casse de la SECU en prétextant un pseudo déficit. En effet, alors que celui-ci est estimé à 11 milliards d’euros, le rapport de la Cour des comptes est clair :
une partie des taxes sur le tabac n’est pas reversée à la Sécurité sociale, manque à gagner 7,8 milliards ; Sur l’alcool, idem, - 3,5 milliards ; sur les primes d’assurance, - 1,6 milliards.
la taxe des industries polluantes n’est pas reversée : manque à gagner, 1,2 milliards, idem pour la part de la TVA, - 2 milliards ; les retards de paiement pour les contrats aidés, - 2,1 milliards, et pour les entreprises, - 1,9 milliards.
Il faut rajouter à ces 20 milliards de recettes non perçues, les dizaines de milliards des exonérations patronales non compensées. La Sécurité sociale est viable à condition qu’on lui verse ce qui lui est dû.
Cependant aujourd’hui le gouvernement est forcé de reconnaître que ce ne sont pas les dépenses qui sont en cause mais bien les recettes qui se réduisent de façon importante. C’est l’aveu que ce ne sont pas les excès des assurés qui plombent la Sécu mais le pillage organisé par le gouvernement et ses cadeaux au patronat. Il veulent faire le même coup pour les retraites et ce dès 2010. Il faut agir !
Démolition de l’hôpital public,
Les hôpitaux publics sont étranglés financièrement. Le plan d’économie de 3007 millions d’euros imposé aux établissements de l’Assistance Publique, intervenant après les précédents, année après année met maintenant en danger de mort notre système de santé. Ce sont une nouvelle fois des fermetures d’hôpitaux, des restructurations, des suppressions d’emplois : 1200 sont supprimés rien que pour 2009. Il faut agir, personnel et usagers, et arrêter cette spirale infernale.
Et des centres de Sécu…
Les fermetures des centres de Sécurité sociale posent désormais un problème considérable aux usagers sociaux et aggravent les conditions de travail du personnel. Il faut savoir qu’en 1982 la CPAM de Paris comptait 55 centres de Sécurité sociale qui jouaient pleinement leur rôle de proximité et rendaient des services de grande qualité. Au 31/12/2008 il n’en restait que 22 à 26 (en comptant les points d’accueil spécifiques). Dans les 6e et 15e arrondissements existaient 6 centres au 31/12/2008, il n’en reste que 2 aujourd’hui. Les assurés sociaux sont ainsi obligés d’effectuer des déplacements plus longs (comme les usagers des hôpitaux) et, anomalie supplémentaire, ne sont même pas informés de la fermeture de leur centre. La direction de la CPAM Paris, comme La Poste, pensait qu’en installant des machines cela allait supprimer la venue des assurés sociaux à l’accueil. Paris raté !
Le traitement des dossiers fait, lui, l’objet d’un dépeçage monstre :
les nombreuses feuilles (saumon) des médecins sont dédiés à une boite postale dans le 10e. Il faut bien entendu payer un timbre !
les appels téléphoniques sont traités sur une plateforme en composant un seul numéro (3646),
les dossiers d’accidents du travail sont traités en un seul point dans le 12e et les assurés n’ont pas le droit de s’y rendre ni même d’appeler un interlocuteur.
Les dossiers d’indemnités journalières sont traités en 6 secteurs sur Paris sans là aussi que les assurés puisse s’y rendre ou téléphoner.
La nouvelle carte vitale est éditée par une entreprise privée et cela pose de nombreux problèmes de dysfonctionnements en cas de retour et de rejet de la demande de carte.
Le changement d’affiliation de caisse prend 1 mois à 1 mois et demi par manque de personnel. Idem pour les dossiers CMU.
Depuis juin tous les centres sont fermés le jeudi pour traiter les dossiers mais le problème n’est pas pour autant résolu alors que les prestations sont réduites, ce qui est anormal. Il y a besoin urgent de création massive d’emploi. Le personnel fait des efforts considérables, subit le mécontentement légitime des assurés mais voit chaque jour la situation s’aggraver…
Répression et harcèlement moral pour imposer ces mauvais coups
Il est bien évident qu’une telle politique antisociale engendre logiquement de forts mécontentements comme ont pu l’attester de nombreuses luttes. Il est tout aussi évident que pour faire passer ces mesures toutes les pratiques sont bonnes, pressions, intimidations, harcèlement moral, sanctions, répression antisyndicale puisque ce sont les délégués syndicaux qui animent les luttes…
A l’association Protection Sociale de Vaugirard, Fonds Marie-José Chérioux, 91 bis rue Falguière, atelier protégé, le délégué syndical CGT qui avait protesté contre le changement arbitraire de poste d’une jeune handicapée se voit harcelé de lettres de reproches à répétition (+ de 8 en quinze jours) et sanctionné d’un avertissement. Dans le même temps, il lui est demandé de réaliser des études les plus diverses, en plus de son travail, qu’il n’arrive pas à rendre à temps subissant de nouveaux reproches. La tension est telle qu’il se voit prescrire un congé de maladie pour cause d’angoisse.
Alors, qui est responsable de ces congés maladie et du coût qu’ils engendrent ? La gestion par le stress n’est-elle pas une cause de ces entreprises de démolition humaines qui peuvent se terminer, l’actualité récente nous le rappelle, par l’autodestruction du salarié ? Une personne qui ne peut plus lutter, se défendre, qui subit les brimades, les injustices quotidiennes, le harcèlement n’est-elle pas par nature sujette à ce type de comportement ?
Il s’agit là d’un système qui, partant de la logique de la valorisation de l’argent détruit l’être humain. La démolition de la SÉCU, celles des hôpitaux, la fermeture de Caisses répondent à cette logique. La réalisation de ces noirs desseins implique la mise au pas de l’Homme, c’est ce qui explique le harcèlement et la répression antisyndicale. C’est pour organiser la lutte sur ces questions, en lien avec le vécu quotidien de chacun, au plus proche du terrain que l’union locale CGT de Paris 15e de organise ce rassemblement durant lequel sera tenue une conférence de presse.
A plusieurs reprises, nous avons informé sur ce site des discussions entre patronat et syndicat, commanditées par le gouvernement en 2008, pour « réformer » la médecine du travail.
Elles se sont achevées le 11 septembre 2009.
Le protocole d’accord correspond, malgré quelques modifications, au projet initial du Medef.
Le Medef entend toujours vider la médecine du travail de ses prérogatives pour préserver la santé des salariés et prévenir les risques professionnels.
Il voudrait encore réduire la fréquence des consultations médicales, tous les trois ans au lieu de deux, éloigner les médecins du travail de l’entreprise, leur substituer d’autres acteurs non médicaux et non protégés par leur statut, revenir sur toutes les conquêtes et l’esprit de la loi de 1946 que l’on doit au ministre communiste Ambroise Croizat.
Les organisations syndicales, toutes ou presque, devraient refuser de l’approuver et, donc, le rendre caduc. La CGT se prononcera le 20 octobre mais dénonce déjà des « éléments de reculs inacceptables ».
Le rejet de la plupart des syndicats n’était pas gagné d’avance. Il ne l’est peut-être pas entièrement encore.
Même s’il est sûr que l’actualité dessert le patronat sur ce sujet.
Le gouvernement ne peut pas prétendre appeler à des négociations sur le « stress au travail », après la médiatisation des conditions d’exploitation des salariés dans plusieurs entreprises emblématiques, et couvrir un projet qui élimine l’acteur principal de son dépistage.
Mais même si la contre-réforme prévue est mise en échec, la nécessité de la lutte reste entière pour que cessent la baisse constante du nombre de médecins du travail et l’extinction organisée par le pouvoir de cette spécialité médicale.
Nous reproduisons ci-dessous les dernières analyses du collectif « Sauvons la médecine du travail » qui a contribué à ce que les « négociations » ne se passent pas en catimini.
Il n’y a pas d’accord. Le texte du MEDEF est mort-né. : les communiqués syndicaux
Communiqué de presse n° 5 du Collectif « Sauvons la médecine du travail »
Le rejet unanime du projet de « modernisation de la médecine du travail », élaboré par le MEDEF, était la première condition indispensable à la rénovation de la prévention médicale des risques professionnels. C’EST FAIT.
Les 9 mois de négociation et les 8 séances de discussion entre les partenaires sociaux sur ce protocole commandité par Xavier BETRAND, alors ministre du travail, se soldent par un échec. La proposition très cohérente du MEDEF visait à détruire les fondements actuels de la prévention des risques professionnels issus de la loi Croizat de 1946. Son rejet par l’ensemble des syndicats doit être pris en compte par le gouvernement et le législateur.
La démédicalisation, entérinée par ce protocole d’accord, aurait abouti à la disparition de la seule spécialité médicale dont l’objet est le lien entre la santé et le travail. Le protocole organisait le remplacement des médecins par des infirmiers, sans statut protégé et sans compétence médicale. Les organisations syndicales l’ont refusé. « Nous n’acceptons pas que la pénurie des médecins du travail justifie une médecine « au rabais » pour les salariés et un affaiblissement de la prévention des risques professionnels » (FO). « La CFDT interpelle le gouvernement pour [...] qu’il se saisisse de la question de la démographie médicale ». « La CFE-CGC interpelle les pouvoirs publics dans leur responsabilité de formation des médecins en nombre suffisant ». « Le rôle des infirmières [...] serait lui étendu essentiellement faute de médecins du travail en nombre suffisant » ( CFTC.)
S’en remettre au patronat, c’est ce principe que le protocole avait pour objet d’inscrire dans la loi. Actuellement, la loi confie aux médecins du travail les missions de prévention médicale des risques professionnels. Les employeurs doivent leur en fournir les moyens (locaux, personnels, matériels, examens, organisation et formation continue). Le MEDEF proposait de changer cette loi, en transférant ces missions aux directeurs des services interentreprises de santé au travail (SST), c’est-à-dire aux employeurs eux-mêmes. Leurs Conseils d’Administration devaient être composés majoritairement d’employeurs (2/3) ; les commissions de contrôle, dépossédées de leurs prérogatives, notamment en ce qui concerne le droit d’opposition à la mutation ou au licenciement des médecins du travail, alors que ce droit d’opposition doit être étendu de façon à ce que tout « Intervenant en Prévention des Risques Professionnels » bénéficie d’un statut de « salarié protégé ». L’indépendance professionnelle exige que les préventeurs soient à l’abri des pressions de ceux qui les paient. Pour reprendre les termes de la CFE-CGC, il se serait agi du « détournement d’un système qui doit être au seul service de la santé des salariés ».
Une prestation dégradée. Pour le MEDEF, les salariés n’ont pas vraiment besoin de médecin s’ils ne sont pas malades. Ils ont encore moins besoin d’un médecin spécialisé, le médecin du travail, qui connaisse leurs conditions de travail et les liens avec leur santé. C’est ainsi qu’il proposait de faire de la prévention sans examen médical des salariés, en espaçant les visites tous les 3 ans, avec des aménagements de cette règle en fonction des ressources médicales, des bassins régionaux d’emploi, et de la nature du salariat (précaires, intérimaires, salariés de particuliers employeurs). Il était prévu le remplacement des obligations réglementaires par des recommandations facultatives, et la disparition des « quotas » (maximum de salariés ou d’entreprises en charge ou d’examens pratiqués par médecin du travail plein temps). Dès lors, FO en appelle « au sérieux ; le passage d’une visite annuelle à une visite bisannuelle n’a pas sauvé la médecine du travail et a même déresponsabilisé l’état en matière [..] du développement de la spécialité. [..] Comment détecter les risques émergents le plus en amont possible s’il n’y a plus de visite médicale régulière et rapprochée ? Comment détecter les risques psychosociaux si les salariés ne sont pas vus régulièrement par le médecin ? ». Pour la CFE-CGC « Les employeurs proposent que les salariés puissent rencontrer leur médecin du travail tous les 3 ans, voire plus si une dérogation régionale est accordée. Au delà des traitements différents des salariés suivant les régions les dispositions [..] vont modifier considérablement le système de santé au travail au détriment des salariés surveillés ». Pour la CFDT, une des faiblesses du texte réside dans « l’espacement de la visite obligatoire à trois ans sans garanties significatives »".
L’aptitude et l’inaptitude définies du point de vue patronal. Actuellement ces notions n’ont pas de définition légale. Le médecin du travail les apprécie au cas par cas, en fonction des risques pour la santé que le salarié encourt du fait de son poste de travail. Le protocole du MEDEF proposait une définition écrite dépendant exclusivement de la capacité du salarié à effectuer la totalité des tâches prescrites. Cette définition binaire qui a le mérite d’une "simplicité" radicale (apte ou inapte), revenait à supprimer toute notion, même élémentaire, d’aménagement de poste et d’adaptation des tâches à l’homme. C’était un recul social programmé par le biais, ainsi que le souligne la CFDT, d’une « définition trop large de l’inaptitude ».
Une voie express pour le licenciement des malades. La proposition d’accord du MEDEF prévoyait que le médecin conseil déclenche une procédure obligatoire de retour au travail pendant l’arrêt de travail. L’employeur serait libéré de ses obligations de reclassement dès la visite de reprise. Après cette visite unique, et dans un délai de 21 jours (pendant lesquels l’indemnisation resterait à la charge de l’assurance maladie), le salarié déclaré inapte selon les critères du MEDEF serait licencié. Les voies de recours, aujourd’hui possibles auprès de l’inspection du travail, seraient renvoyées à des dispositions non précisées. FO souligne que « La remise en cause de la procédure d’inaptitude n’a rien à faire dans un accord traitant de la modernisation de la médecine du travail », et s’insurge « contre le refus des employeurs de prendre leurs responsabilités en se défaussant sur la sécurité sociale [...] c’est aux employeurs de payer les salariés en attente de licenciement [...] pas encore en situation de chômeur, mais toujours avec un contrat de travail ». La CFTC précise : « L’initiative des arrêts de travail de longue durée conduisant à l’inaptitude reviendrait au médecin conseil de la sécu, et non plus au médecin du travail qui ne ferait que siéger dans une commission qui gère les inaptitudes. Ce qui au passage ne ferait que pousser davantage le salarié vers la porte de son entreprise et non favoriser son maintien dans l’emploi ».
La décision officielle de la CGT ne sera connue que le 20 octobre, mais la délégation s’est prononcée défavorablement.
Le protocole du MEDEF, mort-né après 9 mois de gestation, est sorti par la porte. Il ne doit pas revenir par la fenêtre. Le ministre du travail, Xavier DARCOS, annonce son intention de reprendre le sujet. Il doit le faire en tenant compte de ce rejet unanime des représentants des salariés et des avis des médecins du travail.
Avant tout, il faut inverser la démographie des médecins du travail.
Le gouvernement doit prendre des mesures pour assurer rapidement les moyens d’un réel exercice préventif moderne pour tous les salariés (des entreprises du secteur privé et du secteur public.) Ce sont les médecins du travail qui doivent rester maîtres d’œuvre de cette prévention médicale des risques professionnels.
La pluridisciplinarité des actions préventives est indispensable. Elle ne doit pas être le prétexte pour organiser la dégradation des moyens et de la qualité de la prévention professionnelle. C’est aux professionnels, dans les SST, de concevoir et d’organiser cette dernière, sous la coordination du médecin du travail. Ils doivent aussi obtenir des garanties d’indépendance, quel que puisse être le mode de gouvernance adopté.
La définition de l’aptitude et de l’inaptitude questionne non seulement des principes médicaux, déontologiques et éthiques mais également les principes juridiques (responsabilité patronale ou validité des contrats de travail). Elle est une authentique question politique relevant d’un débat parlementaire. S’il faut inscrire dans la loi les critères de validité « médicale » d’un contrat de travail, c’est par une proposition de loi qu’il faut le faire. Car cela dépasse le cadre d’un accord patronat - syndicats. La santé ne peut être négociée et faire l’objet d’un contrat.
La direction, la gestion, la gouvernance, le contrôle social des SST sont également des questions politiques qu’il convient de débattre comme telles. On ne peut pas s’en remettre aux seuls employeurs pour la prévention médicale des risques professionnels. Les employeurs sont responsables des risques professionnels. Ils doivent assurer les coûts de leur prévention médicale et technique en fonction des risques et du nombre de salariés qui y sont exposés. Le financement de la prévention des risques professionnels doit être, comme l’a voulu le législateur de 1946, déconnecté de tout système assurantiel, fût-il celui de la sécurité sociale.
Certes, les effets du travail sur la santé ont une dimension collective, mais leur prévention ne relève pas pour autant de la santé publique, car seuls les responsables des conditions de travail doivent assumer les conséquences financières, civiles et pénales des risques professionnels auxquels le travail expose les salariés.
La
défense de l’hôpital public contre la politique du gouvernement devrait être déclarée « grande cause nationale ».
L’exemple des Etats-Unis est éloquent. Voilà où veulent nous amener nos dirigeants : dépenser plus pour être moins bien soigné, 16,3% du PIB consacrés aux dépenses de santé, contre 10% en France, pour des résultats très inférieurs, une inégalité d’accès aux soins qui laissent 15% de la population sans aucune couverture et 30% avec une couverture réduite. Et un lobby des financiers de la santé qui est en état de s’opposer à la plus timide réforme.
Pour ne pas en arriver là en France, une grande majorité existe. La Loi Bachelot a fait quasiment l’unanimité contre elle, au printemps.
Le monde hospitalier, médecins compris, s’est élevé contre « l’hôpital-entreprise », contre le dépeçage du service public de soins, de recherche et d’enseignement universitaire.
Les nouvelles « agences régionales de santé » pourront livrer certaines activités, « rentables », lucratives, aux cliniques privées, sur les nouveaux « territoires de santé ». Les directeurs d’hôpitaux pourront être issus du privé, passer du public au privé, avec tous les tentations que l’on imagine. Des médecins pourront être embauchés complètement hors statut.
Dans le même temps, le pouvoir prive l’assurance maladie et l’hôpital de ses moyens, en particulier en multipliant les exonérations de cotisations patronales (32,5 milliards en 2009, 12 milliards de plus que le soi-disant « déficit » pour cette année).
Les mêmes, directeurs d’ARS, et directeurs d’hôpitaux, seront mandatés pour tailler dans le vifs. Cliniques, assurances privées, certains secteurs mutualistes sans principe, se réjouissent déjà de la manne.
La loi Bachelot poursuit et aggrave la logique financière de la « tarification à l’activité » des soins. Leurs conséquences n’ont pas tardé pour se faire durement sentir.
Début juillet, la suppression de 2600 postes dans le CHU était déjà annoncée, au nom d’un « déficit » fabriqué de 480 millions d’euros, dont 800 aux Hospices civils de Lyon et 700 à l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris. Presque dans chaque hôpital, des activités sont externalisées au plus grand bénéfice du privé à court terme (la restauration à l’hôpital Necker…).
Confrontée à une opposition d’une amplitude inhabituelle, Bachelot et le gouvernement ont fait passer leur loi en catimini. Ils ont joué sur le calendrier des élections européennes, faisant voter la loi au Sénat le 5 juin. Le 22 juin, Bachelot s’est même permise d’enlever à la dernière minute la seule concession faite au médecin : l’obligation de demander un « avis notifié écrit » au Conseil médical des hôpitaux est devenu par un amendement de dernière minute une simple « consultation ».
Peut-on considérer une bataille qui n’a pu vraiment être menée comme perdue ? Nous répondons non.
A notre échelle, comme d’autres camarades du PCF dans d’autres départements, nous avons fait la démonstration des possibilités de rassemblement.
466 signatures à l’hôpital Necker,
259 à l’hôpital Pompidou,
67 à l’hôpital Vaugirard,
de toutes les catégories et étant loin d’aller au bout des choses, 95 aux Chèques Postaux, une centaine à la RATP-Croix-Nivert montrant les potentialités d’intervention des autres services publics, des centaines dans les quartiers : la défense de l’hôpital public, sous tous ses aspects, le droit à l’accès aux soins, la défense du service public, la défense du pouvoir d’achat avec la part socialisée du salaire qu’est la cotisation sociale, est un point de convergence crucial de toute l’opposition à la politique du pouvoir.
Dans de nombreuses villes, la mobilisation s'est renforcée, même au cœur de l’été. A Amiens contre la fermeture de l’hôpital nord, à Albi, à Besançon, dans l’Ouest-Var… contre les suppressions d’emplois, à l’Assistance publique en général et en particulier contre le changement de statut et le passage sous la tutelle de l’ARS, etc…
Les conditions d’un vaste rassemblement pour l’hôpital public sont plus que jamais réunies. Communistes, contribuons à construire ce Front de lutte en apportant des perspectives précises :
- abrogation de la Loi Bachelot
- remise en cause de la tarification à l’activité
- suppression des exonérations de cotisations sociales
patronales (comme même Philippe Seguin, président de la Cour des comptes, doit en reconnaître la nécessité).
Allons-y ! Faisons avec tous ceux qui sont prêts à se battre, qui y ont intérêt, sans attendre !
Un dialogue « social » qui ressemble à une partie de chuchotements !
Qui le sait ? Une négociation entre organisations patronales et syndicales est engagée depuis 6 mois pour fixer les conditions d’une « réforme » aussi grave pour l’avenir de la médecine du travail qu’a pu l’être la loi Fillon pour les retraites. Aucun débat public, pratiquement aucun article de presse : les principaux intéressés, les salariés, sont soigneusement tenus à l’écart.
Un dialogue « social » où le Medef est maître d’école.
L’initiative de la « réforme » revient au gouvernement. Le Medef a débarqué avec son texte, étonnamment accepté comme base de discussion. Puis sept réunions plénières se sont échelonnées pour en aménager les contours.
Pour le Medef, la dernière réunion, fixée au 11 septembre 2009, devra être « conclusive ». Restera ensuite au gouvernement à sortir les décrets et le projet de loi correspondant à la remise en cause intégrale de tous les acquis historiques de la loi de 1946.
La priorité du pouvoir et du Medef : sortir le médecin du travail de l’entreprise.
« Démographie défavorable », « pénurie qui va s’aggraver », les médecins du travail seraient comme une espèce en voie de disparition. Une « fatalité » devant laquelle le représentant du Medef appelle à être « réalistes ».
Pourtant les médecins du travail ne sont pas des pandas ! Pour les reproduire, il suffit de les former. La demande est forte, pressante. Les conditions existent. Mais pour le Medef et le gouvernement, évidemment c’est exclu.
Puisque l’on ne formera pas les médecins du travail qu’il faut, on supprime leurs attributions. Les visites périodiques seraient espacées (tout les 4 ans et encore) les privant de tout sens. D’autres intervenants des services de santé au travail que les médecins pourraient assumer certaines prérogatives. La fonction de prévention dans l’entreprise, l’objectif d’adaptation des postes de travail seront délaissés. Etc.
A nouveau, l’Europe sert de support aux casseurs de droits sociaux. A l’obligation de visites médicales à l’entreprise pour chaque salarié, une directive européenne, que rien n’oblige à appliquer, prétend substituer un accès médical facultatif pour celui qui en fait la demande expressément (à l’employeur !).
La mainmise patronale, si souvent dénoncée, serait encore renforcée avec la substitution de médecins du travail, salariés protégés par leur statut et leur compétence, par d’autres intervenants beaucoup plus dépendants, comme avec la « gouvernance paritaire » des services de santé au travail.
User les salariés jusqu’au bout puis les jeter comme inaptes, n’est-ce le rêve des patrons avides de profits ? Ne les laissons pas détruire la médecine du travail !
Faire le plus de bruit possible avant et après le 11 septembre pour contrecarrer ce projet : voilà ce que peuvent faire de mieux ceux qui sont dans le camp des travailleurs !
Nous reproduisons ci-dessous une déclaration, très claire, du collectif « Sauvons la médecine du travail » et renvoyons, une nouvelle fois vers son site internet ( http://www.slmt.fr ) où, notamment, les principes de la médecine du travail, gagnés en 1946, sont très bien expliqués.
Pas d’accord sur cette « réforme de la santé au travail »
Après 6 mois de discussion, les partenaires sociaux aboutissent à un protocole d’accord prêt à signer le 11 septembre 2009. La démédicalisation de la prévention des risques professionnels est utilisée pour installer un contrôle sanitaire entre les mains des employeurs.
Une modification de la loi de 1946 confierait aux directions des services de santé au travail (SST), donc aux employeurs, la prévention médicale des risques professionnels en lieu et place des médecins du travail. Cela serait facilité par leur décimation en cours.
Des Conseils d'Administration (CA) majoritairement employeurs (un tiers MEDEF/CGPME, un tiers employeurs, un tiers salariés), des commissions de contrôle sans pouvoir et des commissions médico-techniques sans attribution, ne permettraient plus la concertation interne et le choix des orientations au sein du SST.
Des personnels des SST sans indépendance, sans garantie du secret médical ou de protection, fourniraient des services à la seule demande des employeurs.
Des conditions d’agrément assouplies, des recommandations facultatives à la place d’obligations réglementaires limiteraient l'intervention et la responsabilité de l’Etat.
La disparition des médecins spécialistes de l'interface santé/travail conduirait à séparer les questions de santé de celles du travail. D'actions du médecin sur le milieu du travail (tiers temps), il ne serait plus question : la prévention médicale des risques professionnels disparaîtrait au profit d'une promotion générale de la santé publique, sans rapport avec les risques professionnels du poste de travail. La prévention de l’altération de la santé du fait du travail serait remplacée par une gestion des risques totalement contrôlée par les employeurs. Les relations entre l'état de santé du salarié et le poste de travail ne seraient plus au centre des actions de prévention. Il n'y aurait plus de prise en charge individuelle des risques professionnels.
Dans la perspective d’un alignement régressif sur la directive européenne qui prône un accès médical facultatif, un suivi sanitaire serait organisé. Il comporterait des visites médicales d’embauche de sélection qui donneraient lieu à une aptitude ou une inaptitude "couperet", définies pour la première fois de façon restrictive comme l'absence de « contre indication physique ou psychique à la tenue du poste de travail ». Elles ne permettraient plus au médecin du travail de proposer des restrictions, des aménagements de poste ou des préconisations préventives.
Le rythme des visites serait modulé en fonction des ressources médicales. Dans le meilleur cas, un entretien médico-professionnel serait réalisé par un infirmier. Tous les 4 ans, une visite médicale hypothétique serait pratiquée par un médecin dont la spécialité aura disparu. Les motifs de surveillance renforcée seront réduits. Face à un problème de santé, c’est l’infirmier qui déciderait de l’opportunité d’une visite médicale !
Le contrat de travail ne serait plus protégé par l’arrêt médical. Dès 45 jours d’arrêt maladie, le médecin conseil de l'assurance maladie déclencherait une visite pour informer l’employeur d’une éventuelle inaptitude. La reprise mettrait fin à l'obligation de reclassement pour l'employeur. L’inaptitude serait décidée en une seule visite. Le licenciement serait prononcé dans les 21 jours. La contestation serait portée devant une commission médico-légale indéfinie. Le maintien dans l’emploi serait réglé par l’employeur pendant l’arrêt, l’inaptitude expéditive, la contestation illusoire. Ceci constituerait un moyen de contrôle et de réduction des arrêts de travail.
Le financement de ce suivi sanitaire des salariés n'a pas été discuté. Certains proposent même d’en exonérer les employeurs, pourtant responsables des risques !? Un pilotage hiérarchisé, du haut vers le bas, est envisagé. Un rapprochement structurel avec les CRAM est proposé pour offrir des moyens directs pour la chasse aux arrêts de travail.
Quel syndicat osera signer un tel texte ?
Le 9 juillet 2009
Groupement national Sauvons La Médecine du Travail
Pour le retrait de la loi Bachelot !
Semaine décisive pour faire capoter la loi Bachelot
En force mais en sourdine. Le gouvernement continue à manœuvrer pour tenter de faire passer sa loi contre l’hôpital, malgré l’ampleur de l’opposition du monde hospitalier et, de plus en plus, de l’ensemble de la population.
Il a ainsi fait voter la loi par le Sénat discrètement dans la nuit du 5 juin 2009, deux jours avant les élections européennes. Utiliser une échéance politique, qui ne remet pas en cause sa politique, pour en occulter une autre…
La procédure parlementaire va se poursuivre maintenant par l’examen de la loi par la Commission mixte paritaire réunissant des députés et des sénateurs puis par le vote de ses conclusions par les deux assemblées. La loi ne sera en tout état de cause pas promulgué d’ici plusieurs mois.
Le temps est plus que jamais à faire capoter la loi Bachelot, au lendemain d’une élection où le parti au pouvoir n’est soutenu que par 1 Français sur 7, alors que l’opposition à la Loi Bachelot et à la marchandisation de la santé rassemble au moins 5 Français sur 7.
Cette semaine sera décisive. Le 13 juin est organisée une nouvelle journée d’actions et de manifestations interprofessionnelles à l’appel des organisations syndicales. C’est une nouvelle étape pour faire encore monter la convergence pour faire capoter la loi Bachelot, pour ouvrir la perspective politique par une première défaite de la politique du pouvoir au service du Medef.
L’alternative politique part des luttes aujourd’hui. Le résultat des élections européennes le montrent.
Dans le 15ème, notre pétition a déjà rassemblé
dans les hôpitaux :
- 337 signatures à l’hôpital Necker
- 278 signatures à l’hôpital Pompidou
- 75 signatures à l’hôpital Vaugirard
dans d’autres entreprises :
- 143 signatures à la RATP-Croix-Nivert
- 112 signatures aux Chèques Postaux
- 55 à l’Institut Pasteur
…
dans les quartiers (marchés et métros):
- 6000 tracts distribués, 227 signatures
Nous continuons ! Comme des camarades dans toute la France.
L’avenir de l’hôpital public,
c’est notre affaire à tous,
Unissons-nous pour exiger
le retrait de la loi BACHELOT !
A l’hôpital, le projet de loi Bachelot est rejeté de toutes parts.
Les syndicats des personnels médicaux et non médicaux, le Conseil de la Caisse nationale de l’assurance maladie, la Conférence des présidents de commissions médicales d’établissement, le Conseil supérieur de la fonction publique hospitalière… Tous sont contre. C’est exceptionnel. Dans un appel national, 25 professeurs de médecine accusent : « la loi Bachelot porte en elle la disparition de la médecine hospitalière au profit d’une médecine mercantile. Le maître-mot de la loi n’est plus la santé mais la rentabilité financière ».
L’hôpital dejà malade de la loi du profit.
Depuis plus de 20 ans, les gouvernements successifs étranglent financièrement l’hôpital public. L’argent qui devrait revenir à l’Assurance maladie (comme à toute la Sécurité sociale) est massivement siphonné pour nourrir les profits des entreprises (33 milliards d’euros d’exonérations annuelles de cotisations sociales).
Au nom de « déficits » ainsi fabriqués, de « réforme » en « réforme », le pouvoir organise la pénurie et le déclin de l’offre publique de soins : suppression de milliers d’emplois, de lits, de services, d’hôpitaux, dégradation des conditions de travail, des statuts des agents… La situation devient critique. Dans le même temps, les patients doivent payer de plus en plus cher : forfait hospitalier, franchises, longs séjours, cotisations mutualistes. Cette politique fait le jeu des groupes privé lucratif qui s’enrichissent sur le dos du secteur public (ex : les 87 millions de profits en 2008 de la Générale « de santé », cotée en bourse).
La loi Bachelot s’attaque structurellement à la base du système public de santé.
Elle veut soumettre l’hôpital public et tous ses acteurs à des autorités qui seront missionnées pour le démanteler. Les nouvelles « Agences régionales de santé » (ARS) contrôleront la carte sanitaire dans les « territoires de santé », la répartition des financements et des activités qu’ils pourront transférer directement (des « parts de marché » !) au secteur privé lucratif. Les futurs directeurs d’hôpitaux (qui pourront être issus des groupes privés) disposeront des pleins pouvoirs sur les services et le projet médical.
Quels critères ? Des critères purement comptables, dans la suite de la « tarification à l’activité » et du rationnement de l’offre publique de soins: il y aura des maladies (et des malades) rentables et des maladies non rentables. Les pathologies lourdes, la recherche et l’enseignement seront considérés comme des coûts. Les praticiens pourraient être rémunérés au rendement !
Le gouvernement tente de passer sa loi en force d’ici l’été.
Elle sera discutée au Sénat à partir du 12 mai, au moins jusqu’au 20 mai.
L’adoption
définitive prendra encore des semaines. Une nouvelle journée de grève et de
manifestation de tous les personnels médicaux et non-médicaux est fixée au 14 mai.
Le gouvernement redoute visiblement que la mobilisation gagne l’ensemble du pays. Car nous sommes tous des patients potentiels. Le cri des professionnels nous alarme tous.
Le pouvoir craint que tous ceux qui luttent, par millions comme on l’a vu encore le 1er mai, s’unissent contre une loi emblématique de sa politique de recul social, de montée des inégalités et de gâchis financier.
Le retrait de la loi Bachelot est le
préalable à toute véritable réforme
garantissant l’avenir de l’hôpital public.
Bachelot voudrait acheter les médecins qui dénoncent la médecine « mercantile »!
« … le Parlement va-t-il voter la loi “Bachelot” qui porte en elle la disparition de cette médecine hospitalière au profit d’une médecine mercantile ? Le maître-mot n’est plus la santé mais la rentabilité. La préoccupation centrale n’est plus le malade mais le compte d’exploitation de l’hôpital. Et les premières victimes en seront les patients et les soignants. (…)
La pensée marchande dont se prévaut cette loi réduit le qualitatif au quantitatif, le malade au tarif de sa maladie. Dans le même temps on organise des suppressions massives et injustifiées d’emplois d’infirmières et d’aides-soignants. ... »
Extraits de l’appel lancé le 16 avril 2009 par
25 professeurs de médecine des hôpitaux publics.
Le renfort de nouveaux médecins au mouvement pour le retrait de la loi Bachelot affole le gouvernement. Une première pièce, et non des moindres, de sa politique en faveur des fauteurs de crise pourrait tomber.
Après la publication de « l’appel des 25 », la ministre a commencé par dire que les professeurs ne savaient pas lire.
Ensuite, elle a proposé d’augmenter les soins en honoraires libres, c’est à de dire de renforcer la marchandisation à l’intérieur de l’hôpital public. C’est elle qui ne sait pas lire! L’Appel dénonce précisément la « médecine mercantile ».
M. Fillon, son prédécesseur Raffarin (et l’ex-ministre PS Evin) volent au secours de Mme Bachelot. Ils promettent de modifier la loi. Pour associer les médecins au déclin organisé de l’hôpital public, comme lors de la mise en place des « pôles » et de la T2A?
Non! Le mouvement qui traverse l’ensemble de la communauté hospitalière et le pays est beaucoup plus profond. Il exige en préalable le retrait de la loi Bachelot.
Voir l’ensemble de notre dossier.
Dont:
Tract général: "retrait de la loi Bachelot"
Analyse et contre-proposition à la loi Bachelot
Mobilisation inédite le 28 avril, avant celle du 1er mai, gagner le retrait de la loi Bachelot
(tract – nouvelle version 22 avril)
GREVE ET MANIFESTATION DES PERSONNELS DANS L’UNITE AVEC LES MEDECINS
Mardi 28 avril, 11h00
de Montparnasse au Sénat, en passant par le ministère de la Santé
AP-HP: une provocation!
Le gouvernement vient de faire voter un budget de l’AP-HP programmant 1200 suppressions d’emplois (700 équivalent temps plein) pour 2009.
Aggraver la pénurie de personnel, alors que la situation est déjà à la limite: c’est une provocation! Une provocation alors que le chômage s’envole. Une provoca-tion quand on voit la distribution de milliards d’euros pour renflouer les banques et défendre les profits.
Le lien est direct avec la Loi Bachelot (voir au dos)
Suppressions d’emplois, de lits, de services, d’hôpitaux, dégradation des conditions de travail, des statuts: la loi Bachelot est l’instrument pour prolonger les « réformes » destructrices précédentes.
Elle veut instaurer un cadre institutionnel (Agences régionales de santé, gouvernance des hôpitaux…) fait pour accélérer le démantèlement de l’hôpital public, la désorganisation du système de soins, au profit des intérêts privés, des groupes privés de «santé». Son passage en force s’accompagne d’ailleurs d’une campagne révoltante de dénigrement de l’hôpital public.
La droite à l’Assemblée a ajouté à la loi une disposition attaquant frontalement le statut et la cohésion de l’AP-HP en la soumettant à l’agence régionale.
Un rassemblement de plus en plus large
pour exiger le retrait de la loi et les vraies réformes, notamment les finan-cements dont l’hôpital public a besoin. La mobilisation des personnels avec leurs organisations syndicales s’intensi-fient. Elles rencontre une sympathie et un soutien croissants des patients.
Les médecins rejoignent de plus en plus nombreux le mouvement, suite entre autres à l’assemblée du 24 mars à l’Ecole de médecine et à l’appel de 25 éminents professeurs.
Ils mettent en accusation la logique financière de la loi et demandent, sans ambiguïté, le retrait de son volet hôpital.
Après les naufrages pour le service public des « réformes » précédentes, la tarification à l’activité (T2A), le plan hôpital 2007, toute la communauté hospitalière sait qu’elle doit s’unir sur le fond. Les avances catégorielles que Bachelot ne va manquer de faire vont contre l’intérêt de l’immense majorité de tous les personnels, médecins compris.
Le projet de loi revient discussion le 12 mai au Sénat.
C’est le moment de changer l’ordre des choses. Le 28 avril, les syndicats de l’AP-HP, plusieurs organisations de médecins, appellent à manifester.
L’hôpital au cœur de la convergence des luttes
L’avenir de l’hôpital public est une question d’intérêt général, comme la défense de l’AP-HP, pôle d’excellence de réputation mondiale.
Les luttes pour l’hôpital, l’exigence du retrait de la Loi Bachelot prennent place parmi les premières revendications du mouvement unitaire interprofessionnel qui se développe contre la politique du pouvoir et du Medef.
Les convergences de luttes relèvent de l’évidence. Les dangers de « l’autonomie » (en fait de la dépendance au privé) sont ainsi les mêmes qu’il s’agisse de l’université ou de l’hôpital.
Le 19 mars, nous avons été trois millions dans les rues, du privé comme du public. La manifestation unitaire du 1er mai sera le nouveau point de rassemblement de toutes les luttes, de toutes les colères.
Les forces existent pour gagner une autre politique tout de suite, pour gagner le retrait de la Loi Bachelot.
Communistes des hôpitaux, des entreprises et des quartiers, nous mettons nos propositions, notre action au service de cette perspective d’alternative immédiate, partant du mouvement populaire.
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