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Histoire - Notre mémoire

Mardi 22 juillet 2014 2 22 /07 /Juil /2014 19:43

La section du PCF Paris 15 déplore l'absence de commémoration du 50ème anniversaire de la mort de Maurice Thorez. Elle n'admet pas les articles primaires et anticommunistes publiés dans l'Humanité et l'Humanité-dimanche et le silence de la direction du Parti. Elle considère que cet anniversaire, celui d'un homme dont l'histoire s'est confondue avec celle du Parti, jusqu'à 800.000 adhérents dans les entreprises, les quartiers et les campagnes, dans le Parti de classe, jusqu'à aussi 28% aux élections nationales, doit être l'occasion d'une vaste réflexion sur l'histoire du PCF et sur son actualité. Elle prendra, pour sa part, toutes les initiatves possibles dans ce sens.

 

Commémorer Maurice Thorez (1900 – 11 juillet 1964) : une nécessité pour le PCF et les communistes

Repris de EDT pour Vivelepcf, 11 juillet 2014

140720_thorez.pngIl y a 50 ans, le 11 juillet 1964, Maurice Thorez, mourrait d’une congestion cérébrale à 64 ans. Le 16 juillet 1964, sous une chaleur torride, des centaines de milliers de communistes, de sympathisants, de travailleurs défilaient à Paris pour ses obsèques. Pendant plus de 30 ans, la vie de Maurice Thorez, secrétaire général (président à la toute fin) du PCF, s’est confondue avec l’histoire de notre parti, dans sa période la plus structurante, à travers les plus dures épreuves, au moment de sa plus forte influence dans le pays. Dans l’histoire collective du Parti communiste français, en lien avec le mouvement communiste international, la personnalité de l’ancien mineur, devenu dirigeant politique et homme d’Etat, a joué un rôle propre, souvent décisif.

Pour le 50ème anniversaire de sa mort, la direction actuelle du PCF n’a absolument rien organisé : pas une célébration, pas un colloque, pas même une déclaration.

Nous ne pouvons pas nous empêcher de faire le rapprochement, auquel invite la coïncidence de date, avec les centaines d’initiatives impulsées par la direction du PCF pour célébrer Jean Jaurès, le dirigeant socialiste. Le culte d’un ancêtre d’un côté, l’oubli, le reniement d’un père fondateur de l’autre.

Depuis le début de l’année 2014, on trouve 7 articles dans l’Humanité quotidienne faisant, de près ou de loin, référence à Thorez, contre près de 300 à Jaurès…  sans parler des suppléments et des numéros spéciaux célébrant ce dernier.

Ces choix mémoriels correspondent évidemment à la ligne politique poursuivie par la direction du PCF, celle de l’effacement de l’identité de classe du Parti pour n’en garder que le nom et le diluer dans une recomposition de « gauche ». Deux choses nous semblent importantes.

Premièrement, on peut et doit pousser la direction du Parti à assumer ouvertement ses choix, en l’occurrence le choix de ses références historiques.

Deuxièmement, pour Jaurès mais surtout pour Thorez, on peut et on doit relancer le débat et l’analyse critiques sur leur action, aussi sur leur conception de la voie vers le socialisme, d’un point de vue communiste, pour travailler à défendre et reconstituer le parti communiste de classe et de masse.

Loin de nous l’idée qu’il ne faille pas commémorer la grande personnalité historique et éclectique de Jaurès cette année ! Notamment pour contrecarrer les récupérations – même de droite – et le procès en béatification à « gauche ».  

Mais, d’un point de vue communiste, il y a un fossé entre d’une part, reconnaître dans Jaurès un maillon vers la constitution du parti ouvrier de type nouveau, du PCF et de l’autre, vouloir retourner aux conceptions de Jaurès. C’est bien ce deuxième objectif qu’embrassent la direction du PCF et celle de l’Humanité. Le changement par étapes du sous-titre de l’Huma, « d’organe central du Parti communiste français » à « Journal fondé par Jean Jaurès » le résume parfaitement. Pourtant, à une voix d’administrateur près en 1920 (le communard Camélinat), l’Huma restait aux mains des socio-démocrates…

Si Jaurès a très lentement évolué vers le socialisme, le marxisme, s’il a contribué à unifier un parti socialiste, s’il a créé l’Humanité, s’il s’est montré un défenseur sincère et courageux de la paix, ce n’est pas lui faire injure que de constater qu’il « exprimait l’idéologie des couches de la petite bourgeoisie sympathisantes avec le socialisme, et non l’idéologie de la classe ouvrière » (selon la formule de Georges Cogniot). Il ne s’est jamais sorti du parlementarisme et de la conception démocratique bourgeoise. C’est au retour à cela, avec l’abandon du Parti de classe, que travaillent les directions du PCF depuis la « Mutation » de Robert Hue. Jaurès à l’autre grand avantage d’être l’aïeul également de ces socialistes avec lesquels la direction du PCF veut tellement s’unir et se fondre.

Maurice Thorez, tout au contraire, est la personnification et un acteur principal de la constitution du Parti de classe en France.

Ostraciser la mémoire Thorez aujourd’hui s’expliquerait parce qu’il était et se disait ouvertement « stalinien ». Le seul article, très long, dans l’Humanité Dimanche sur le 50ème anniversaire est une tribune de l’historien, plutôt du psychologue de comptoir, Stéphane Sirot. Il n’a qu’une obsession, réduire Thorez à l’objet (même conscient et consentant) d’un culte de la personnalité, à un personnage fabriqué suivant les consignes de Moscou. C’est lamentable !

Oui, le culte de la personnalité et les aspects ridicules d’une dévotion organisée méritent d’être critiqués, au-delà de la remise dans le contexte. Thorez lui-même avait amorcé – trop tard – cette critique. Mais réduire Thorez et le PCF à cela, dans les pages de l’Humanité-dimanche, c’est insultant pour les communistes !

En 1935, en 1950, quel communiste français n’était pas « stalinien » d’une certaine façon ? Ceux qui en sont choqués aujourd’hui sont ceux qui veulent débaptiser le Parti, qui lui trouvent des valises de plomb à porter, ne supportent pas ses emblèmes. Avec ce parti pris, ces apparatchiks renégats devraient excommunier tous les dirigeants historiques du PCF. Tiens, pour un citer un par hasard, de second plan à l’époque, Paul Laurent (à moins qu’ils nous expliquent que Laurent ne disait pas ce qu’il pensait…). Ils ont de la place ailleurs.

Communistes, nous devons assumer ce passé, les erreurs, même tragiques, notamment les travers dans la prise de décision, la déformation du centralisme démocratique. Mais nous considérons que ce passé est aussi le nôtre et doit servir d’enseignement à ceux qui veulent continuer le Parti communiste français.

Tout communiste ne pouvait qu’être « stalinien » comme Maurice Thorez, d’une certaine façon, parce que Staline, c’était l’URSS et que l’URSS était à la fois le pays de la Révolution d’Octobre, le seul pays où le peuple et son avant-garde avaient battu le capitalisme et le point d’appui de tout le mouvement ouvrier, émancipateur, anticolonial dans le monde. Aussi parce que les échecs du stalinisme – sans parler des drames – sont apparus au grand jour plus tard, et toujours dans un contexte de lutte des classes mondiale et d’anticommunisme féroces.

Mais Thorez, c’est infiniment plus dans l’histoire de notre Parti et de notre pays. Ouvrier devenu intellectuel organique et homme d’Etat : les historiens sociaux-démocrates, formés à la subordination à l’idéologie dominante, peuvent ricaner, ergoter sur les reformulations de son autobiographie « Fils du peuple », mais Thorez l’était et en cela aussi, sans aucune discrimination pour les intellectuels de profession, il représentait le Parti et la capacité de tous les travailleurs à prendre leurs intérêts en main, à en faire l’intérêt général, grâce au Parti communiste.

A propos, c’est à Thorez ministre que l’on doit, entre autres, le statut de la fonction publique.

Thorez est aussi celui qui initie et incarne une certaine politique unitaire marquée par le rassemblement antifasciste, le Front populaire, la Libération. La non-participation au gouvernement en 36 est un choix controversé mais qui s’est vite avéré juste devant l’orientation de Blum.

Cette stratégie du rassemblement s’est exprimée en 1946 dans la fameuse interview au Times, où Thorez envisage d’autres possibilités de passage au socialisme que l’exemple russe. Mais chaque fois, la politique audacieuse d’union qu’il propose et met en œuvre avec ses camarades, se fait sur la base d’un PCF fort, en progrès, ancré dans la classe ouvrière. Cela ferait presque rire quand certains citent Thorez pour justifier des alliances électoralistes ou des « gauches plurielles ».

L’interview du Times, répondant à la fois à un contexte historique particulier marqué par les 28% du PCF aux législatives et la création des démocraties populaires, où les nationalisations étaient des concessions au mouvement ouvrier, a ouvert une perspective de prise du pouvoir par les partis des travailleurs que le système a mis des années à étouffer dans l’Union de la gauche. Mais la vision de Thorez reste féconde.

Il y en a assez aussi d’entendre citer Thorez par la droite régulièrement pour expliquer qu’il « faut savoir finir une grève » en oubliant d’ajouter la suite de la citation de 1935 « dès l’instant où les revendications essentielles ont été obtenues ». Thorez a été responsable syndical. Le rapport entre le Parti à l’entreprise et le syndicat sont une de ses préoccupations essentielles. Toute revendication doit être politisée mais toute action politique doit partir de l’objectif de la satisfaction de la revendication. La citation de 1935 a un précédent, explicité en interne en 1932 : « Savoir terminer une grève peut être plus important que la déclencher ; il faut apprendre à conclure parfois une sorte d’armistice, à ne pas insister sur toutes les revendications pour obtenir la rentrée avec un mouvement conscient de sa force et prêt à d’autres luttes ». Oui.

De Thorez, on devrait évoquer aussi, dans les contradictions historiques successives, l’engagement et les initiatives anticolonialistes, dès l’opposition à la guerre du Rif. De Thorez, on devrait évoquer le rejet de l’atlantisme et des prémices de l’Union européenne avec le Plan Marshall. De Thorez, on devrait étudier les analyses affûtées de la situation politique comme au congrès du PCF de Villeurbanne de janvier 1936, document historique essentiel, observation concrète d’une situation concrète, fidèle aux principes fondamentaux du marxisme-léninisme, à quelques mois de la victoire du Front populaire.

Oui Thorez se confond avec toute l’histoire du PCF. Il en a été un acteur dirigeant. Mais l’histoire, le fil de  ses événements, masquent parfois le principal. Pour nous communistes de 2014, le principal est peut-être que Thorez a été, là encore incarnation et acteur majeur de la construction du PCF comme Parti de classe et de masse, centré sur la lutte des classes, organisant et renforçant ceux qui ont le plus intérêt à la mener et qui portent la perspective politique révolutionnaire se jouant et se déjouant des pièges de la démocratie bourgeoise.

Oui Thorez peut continuer à inspirer les communistes, les marxistes-léninistes en France en 2014.

Il n’y a pas une bourgade qui n’ait son avenue Jean Jaurès. Il y a peu de villes qui ont une rue Maurice Thorez et ce ne sont pas n’importe lesquelles.

Oui l’héritage de Thorez est totalement révolutionnaire, donc guère récupérable par l’opportunisme !

Par PCF - Section Paris 15ème - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 7 juillet 2014 1 07 /07 /Juil /2014 12:33

131025 Huynh Apposition d’une plaque commémorative en hommage à Huynh Khuong An au 6, avenue de la porte de Brancion

Pcf Paris 15, 7 juillet 2014

 

Le Conseil de Paris des 7,8 et 9 juillet 2014, après approbation du Conseil d’arrondissement du 15ème, va adopter la délibération prévoyant l’apposition d’une plaque commémorative, 6 avenue de la Porte Brancion en hommage à notre camarade Huynh Khuong An.


Elle portera ce texte :


« Ici a vécu Huynh Khuong An dit Luisne (1912-1941), enseignant et résistant communiste, interné au camp Choisel à Châteaubriant, il fut fusillé avec vingt-six autres otages le 22 octobre 1941.»

 

En octobre 2013, pour le 73ème anniversaire de l’assassinat de Huynh Khuong An, notre secrétaire, membre du Conseil national du PCF, avait prononcé cet hommage à l’occasion d’une commémoration organisée par plusieurs associations d’amitié franco-vietnamienne.

 

HOMMAGE À HUYNH KHUONG AN dit LUISNE - 07/04/1912  -  22/10/1941

 

 

 

Samedi 26 octobre 2013, Paris, cimetière du Père Lachaise

Intervention d’Emmanuel Dang Tran, membre du Conseil national du PCF

Mesdames, Messieurs,

Je m’exprime aujourd’hui en tant que membre du Conseil national du Parti communiste français. Les conditions de préparation de la cérémonie n’ont pas permis d’écrire un message officiel. Mais, en une telle occasion, je sais pouvoir parler au nom de l’ensemble de la direction du PCF et des communistes.

Je tiens d’abord à adresser nos meilleures salutations aux représentants de l’Ambassade du Vietnam et du Parti communiste Vietnamien.

Je tiens aussi à adresser nos remerciements aux associations qui sont à l’origine de cette très heureuse initiative.

Nous commémorons cette semaine le 72ème anniversaire de l’assassinat par les nazis de 27 communistes, de 27 patriotes le 22 octobre 1941 à Châteaubriant.

La mémoire de ce martyre allait immédiatement devenir un symbole, un ferment pour le développement de la Résistance à l’occupant et à ses collaborateurs.

Guy Môcquet, Jean-Pierre Timbaud, Charles Michels et les autres, continuent d’alimenter l’histoire vivante du mouvement émancipateur de notre pays.

Parmi eux, dans le camp, parmi les martyrs, figurait un communiste, conséquent, courageux, comme les autres. Il avait une spécificité, celle d’être Vietnamien, Indochinois comme on disait alors improprement, Annamite comme il est écrit, également improprement, sur cette plaque même.

Huynh Kuong An était né à Saïgon en 1912. Il avait été envoyé tôt poursuivre ses études en France, jeune mais déjà imprégné par sa famille du sentiment patriotique et anticolonialiste.

Naturellement en France, il rejoint le Parti de la classe ouvrière, celui de l’anticolonialisme, le PCF.  Ses camarades lui confèrent rapidement des responsabilités. En 1936, il est devient secrétaire de l’Union des étudiants communistes, l’UEC, à Lyon. Il organise entre autres les contacts et la fraternisation avec les ouvriers, notamment des usines Berliet.

Après 1939, après le début de l’Occupation, il participe activement au maintien et à la reconstitution de l’organisation communiste, contre le capital français collaborationniste, contre l’occupant. Il s’attache notamment au maintien du contact avec l’Union soviétique. En 1940, il est nommé professeur à Versailles.

Il est arrêté en mars 1941, peu après sa compagne Germaine Barjon, qui a survécu au camp de concentration de Ravenbrück, et à qui il a adressé sa dernière lettre, très émouvante.

Il est assassiné par les nazis avec ses 26 camarades le 21 octobre 1941.

Au même moment, les communistes vietnamiens, guidés par Hô Chi Minh, affrontent les fascistes japonais, avec lesquels les colonialistes français ont cru pouvoir collaborer.

L’action et le sacrifice de Huynh Khuong An préfigurent l’engagement de nombreux hommes et femmes issus de l’immigration dans la Résistance, la constitution par les communistes des FTP-MOI.   

Le même choix de la cause des travailleurs, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes allaient alimenter, réciproquement, l’engagement des communistes français contre la guerre d’Indochine, certains, dans les pires conditions, au Vietnam même.

En ces temps où, plus que jamais, les exploiteurs s’efforcent d’opposer, de mettre en concurrence les travailleurs suivant leurs origines, des exemples que celui de Huynh Khuong An sont importants à honorer.

Avec Khuong Huynh An, nous célébrons le meilleur de l’amitié franco-vietnamienne.   Nous célébrons un des plus beaux exemples de la communauté d’idéal et de lutte entre les communistes français et les communistes vietnamiens. Indissociable de celle de ses camarades de martyre, nous célébrons une figure héroïque de l’internationalisme prolétarien, qui, avec eux, s’abattit sans haine en lui pour le peuple allemand.

 

 

Ci-dessous, en photo, les derniers mots écrits par Khuong Huynh An sur les une palissade des baraquements du camp de Châteaubriant et le texte de sa dernière lettre à son épouse.

 

  131025 plaque Huynh

 

DERNIERE LETTRE DE KHUONG HUYNH A SA COMPAGNE GERMAINE BARJON

 

Camp de Choisel ce mercredi 22 octobre 1941 à 14 heures

 

Ma chère Germaine,

Sois courageuse, ma chérie. C'est sans aucun doute la dernière fois que je t'écris.

Aujourd'hui, j'aurai vécu. Nous sommes enfermés provisoirement dans une baraque non habitée, une vingtaine de camarades, prêts à mourir avec courage et avec dignité. Tu n'auras pas honte de moi. Il te faudra beaucoup de courage pour vivre, plus qu'il n'en faut à moi pour mourir. Mais il te faut absolument vivre.

Car il y a notre chéri, notre petit, que tu embrasseras bien fort quand tu le reverras. Il te faudra maintenant vivre de mon souvenir, de nos heureux souvenirs, des cinq années de bonheur que nous avons vécues ensemble.

Adieu, ma chérie.

Mes baisers

Mes dernières caresses.

À tes parents mes affectueux baisers.

Huynh Khuong An

EN LIEN :

NOTRE HOMMAGE A CHARLES MICHELS

NOTRE HOMMAGE A GUY MOCQUET

 

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Mardi 10 juin 2014 2 10 /06 /Juin /2014 12:05

 

70ème anniversaire du massacre d’Oradour-sur-Glane

Pcf Paris 15, 10 juin 2014

 

Après le débarquement du 6 juin 1944, la division allemande SS « Das Reich » déployée jusqu’alors dans le Sud-Ouest est envoyée combattre en Normandie. Dans son ordre de mission, figure aussi, au passage, de réprimer la Résistance et d’intimider les populations. Dans cette œuvre sinistre, la division « Das Reich » se distingue par l’exécution de 99 otages à Tulle le 9 juin. Le 10 juin, elle perpétue le massacre de la quasi-totalité de la population du village d’Oradour-sur-Glane, 642 personnes, fusillées ou brulées vives, hommes, femmes et enfants. Avec le nazisme, la barbarie et le sadisme sont organisés et pensés comme un mode d’action. A Oradour, les SS reproduisent un schéma méthodique mis au point et expérimenté dans des centaines de localités en URSS ou à Lidice en Tchécoslovaquie.

140610_senon_oradour.jpg Nous reproduisons ci-dessous le témoignage d’une des rares rescapées d’Oradour, notre camarade Camille Senon, telle qu’elle a été interviewée par l’Humanité en 1994 (voir aussi dans l’Huma de ce jour le témoignage de Raymond Hébras). Elle a perdu son et une douzaine de membres de sa famille dans le massacre. Elle fait partie des quelques personnes rentrées assez tard de Limoges en tramway pour ne pas pouvoir regagner le village en feu. Camille Senon est devenue après-guerre, et restée jusqu’à l’aube des années 80, une militante et dirigeante importante de la CGT et du PCF aux Chèques postaux dans le 15ème et à la fédération CGT des PTT.

Elle continue encore et toujours d’accompagner, à 89 ans, des groupes, notamment des jeunes, à Oradour. Elle a exprimé publiquement récemment son effroi devant la montée du FN à Limoges mêmes – 17% aux municipales – le Parti de ceux qui minimisent les crimes nazis.

Elle continue à demander, comme les autres survivants, comme les associations, que toute la lumière soit faite sur l’origine du massacre et les donneurs d’ordres.

La plupart des criminels sont restés impunis, à l’exception d’un seul jugé par la RDA. Après la réunification, la RFA lui a accordé une pension de victime de guerre !

Oradour-sur-Glane : le pardon est impossible ! La vérité doit être faite !

 

 

« Nous voyions le village brûler devant nous » - Interview de Camille Senon, dans l’Humanité du 8 juillet 1994

 

 

 

MARIE-CAMILLE SENON rentrait ce soir-là chez ses parents, comme tous les samedis, au hameau du Repaire, tout près d'Oradour. Après une semaine de travail, la jeune fille prenait le tram, qui assurait trois fois par jour la liaison Limoges - Saint-Junien avec halte à Oradour. Lorsque Marie-Camille est arrivée à la gare de Limoges, au milieu de l'après-midi, il y avait bien des signes que quelque chose n'allait pas à Oradour-sur-Glane. Au point que, jusqu'au dernier moment, nul ne savait si le voyage allait être assuré. En début d'après-midi, un tram de manœuvre avait essuyé des rafales de mitrailleuses avant d'arriver au village, et le conducteur avait eu juste le temps de repartir au plus vite à Limoges. Avec, à son bord, un ouvrier tué. Impossible d'en apprendre davantage: les lignes téléphoniques étaient coupées.

Malgré cette situation inquiétante, après bien des hésitations, le tram partit. A cinq cents mètres avant l'arrivée, les SS stoppèrent le tramway.

«C'était le soir, se souvient Marie-Camille, et nous sommes restés longtemps à attendre devant Oradour qui brûlait devant nous. C'était comme irréel, nous voyions les flammes sortir du clocher de l'église. Nous entendions des rafales de mitraillettes. Nous avons vu des soldats incendier des fermes qui bordaient le village. Ils lançaient des objets et tout s'embrasait immédiatement, c'étaient des grenades incendiaires ou des plaquettes de phosphore.»

Les Allemands ont fait descendre les voyageurs pour Oradour et ont renvoyé le tram en direction de Limoges.

«Nous étions vingt-deux, dont quatre enfants. Nous avons été conduits à travers champs, après avoir traversé la Glane sur des troncs d'arbre, dans une ferme qui servait de PC aux Allemands. Il était environ 7 heures du soir. Nous ne savions pas encore que tous les habitants avaient été tués. Cela ne coupait pas l'appétit de sept ou huit SS attablés dans la cour, qui se tartinaient de larges tranches de pain avec des rillettes trouvées sur place (nous étions en pleine période où l'on tuait les cochons avant les foins).»

Marie-Camille se souvient d'un Alsacien (reconnaissable à son excellent français) qui lui a montré une grenade américaine et prétendu qu'on en avait trouvé dans toutes les maisons.

«L'homme ajouta que les femmes et les enfants brûlaient dans l'église. L'angoisse augmentait toujours. Nous échangions peu de paroles entre nous. Les soldats nous narguaient, nous disaient que nous allions mourir. «Vous avez peur, tout le monde a été tué», nous a dit l'un d'eux. Près de nous, ils creusaient une fosse, cependant que d'autres SS nous encerclaient.»

«Vers 22 heures, un officier est arrivé, visiblement surpris de nous voir en vie. Il nous a demandé nos papiers, qu'il n'a même pas regardés. Pourquoi nous a-t-il laissé repartir, je l'ignore. Peut-être pensait-il que nous n'avions rien vu...»

Marie-Camille Sénon avait perdu ce jour-là son père, son grand-père, tous ses cousins, son oncle, qui tenait le café du Chêne. Sa mère, en visite ce jour-là chez sa sœur, à quinze kilomètres de là, n'a pu traverser Oradour, déjà en flammes lorsqu'elle voulut rentrer le soir au Repaire.

Plus tard en 1953, Marie-Camille Sénon sera citée à comparaître comme témoin au procès de Bordeaux jugeant les treize Alsaciens et les... Allemands qui avaient participé au massacre. Elle se souvient s'être vu reprocher sournoisement son appartenance au Parti communiste français, ce qui mettait en doute son objectivité... On sait ce qu'il advint des accusés de Bordeaux, amnistiés par l'Assemblée nationale, à la seule exception de tous les députés communistes français et des députés socialistes du seul Limousin. Jusqu'en 1965, la liste des députés ayant voté cette honteuse amnistie était affichée à l'entrée du village martyr. Pour mémoire.

 

Propos recueillis par Jean-Paul Piérot. 

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Lundi 12 mai 2014 1 12 /05 /Mai /2014 10:59

8 mai 1945 : la nécessité de commémorer encore accrue en 2014 avec les événements d’Ukraine.

Pcf Paris 15, 8 mai 2014

140508_une_Huma_8_mai.jpg Le 8 mai 1945, il y a 69 ans, l’Allemagne nazie capitulait enfin, sans conditions, sous les efforts conjugués des armées alliées, des résistances nationales antifascistes. Cette victoire précipitait la capitulation du Japon nationaliste.

Le fascisme était vaincu. Les responsables immédiats d’un déchaînement inédit de violence, de crimes, de barbarie, de volonté d’anéantissement de peuples entiers, de racisme étaient défaits. Le monde recouvrait la paix.

L’anniversaire du 8 mai 1945 doit rester plus que jamais rester un repère historique majeur. Les peuples, notre peuple, ne doivent oublier ni les crimes, ni les sacrifices.

Hommage doit toujours être rendu aux dizaines de millions de combattants et de victimes de la 2ème guerre mondiale, à ceux qui ont permis, au prix souvent le plus fort, la libération de la domination fasciste.

Hommage à ceux qui venaient d’Amérique, de Grande-Bretagne, de France, des Forces libres comme des Forces de l’intérieur, parmi lesquelles tant de nos camarades communistes.

Hommage à ceux de tous les pays, y compris les résistants antifascistes allemands.

Hommage aux combattants et aux peuples de l’Union soviétique qui payèrent le plus lourd tribut à la reconquête de la paix et de la Liberté.

 

En 2014, la nécessité de cette commémoration est rendue encore plus impérieuse alors que des spectres fascistes se réveillent un peu partout en Europe et horriblement en Ukraine.

La disparition de l’Union soviétique et la restauration capitaliste ont ravivé les nationalismes et les prétentions impérialistes sur ses territoires.

 

Nous assistons avec effroi à l’arrivée au pouvoir en Ukraine à Kiev, dans un gouvernement issu d’un coup d’Etat, de formations néonazies dotées de milices puissamment armées (par qui ?). Elles se réclament des collaborateurs ukrainiens, sinistres complices des crimes nazis entre 1941 et 1945.

Depuis des semaines se succèdent des mesures et des campagnes xénophobes. Les populations juives, russes doivent supporter menaces et intimidations. Les opposants politiques sont pourchassés. Les militants du Parti communiste ukrainien notamment sont attaqués physiquement, lynchés, ses députés frappés en pleine séance du Parlement, exclus des débats. Les autodafés, les attentats se multiplient. L’horrible incendie volontaire de la maison des syndicats d’Odessa a fait plus de 40 morts.  

Les formations néonazies ont bien les méthodes des nazis. Les gouvernements des puissances occidentales ferment les yeux. Leurs médias, notamment les médias français, minimisent les exactions commises. Autant que possible. Les journalistes de la télévision allemande ARD ont quand même pu mener l’enquête et établir que nombre des morts de la place Maïdan – l’assassinat collectif qui a légitimé le coup d’Etat – avait été tués par les milices fascistes elles-mêmes.  

Les impérialismes américain et européens ont cherché à annexer économiquement les richesses, le marché et la main-d’œuvre ukrainiens en essayant d’imposer au pouvoir faible et corrompu du président Ianoukovitch l’accord « d’association » avec l’Union européenne. Leur objectif reste le même. Après l’échec de l’accord, ils n’ont pas hésité à soutenir et alimenter, politiquement et financièrement, les forces nationalistes et les néonazis dans leur offensive de déstabilisation du pays aboutissant au coup d’Etat. La colère sociale et les aspirations démocratiques de certains manifestants de la place Maïdan ont été cyniquement détournées.

Directement visé, le pouvoir russe, capitaliste, réagit pour défendre sa propre sphère d’influence. Il utilise le désarroi et la détresse des populations russes (de Crimée) et russophones du reste de l’Ukraine, mais aussi les indéniables imbrications économiques, historiques et culturelles entre Russie et Ukraine, l’antifascisme viscéral d’une partie de la population depuis la 2ème guerre mondiale.

Dans la violence, au risque de la guerre civile, d’une mainmise fasciste complète sur une partie de l’Ukraine, les impérialismes font monter les enchères pour préparer le compromis de répartition des zones d’influence.

Communistes, nous n’approuvons pas l’instrumentalisation par le pouvoir russe de la commémoration du 8 mai (en l’occurrence du 9 mai – les Soviétiques célébraient la signature de la capitulation à Berlin) et de l’antifascisme à des fins expansionnistes et militaristes.

Mais en ce jour, solennellement, nous appelons le président et le gouvernement de notre pays, la France, à dénoncer les exactions néonazies en Ukraine, à cesser de soutenir et à condamner le gouvernement usurpateur nationaliste et fasciste qui s’est installé à Kiev, à se désolidariser des positions des Etats-Unis et de l’Union européenne.  

Les conditions doivent être créées d’une expression démocratique réelle des populations d’Ukraine, libérées des pressions fascistes et impérialistes.


L’anniversaire du 8 mai appelle d’autant plus le rappel de quelques faits essentiels.

Les immenses espoirs de paix de la Libération ont rapidement été déçus. Le 8 mai 1945 même, et les jours qui ont suivi, le colonialisme français écrasait dans le sang des manifestations, inspirées de la célébration de la victoire, à Sétif notamment,  du peuple algérien, aspirant à son émancipation. Cette répression annonçait les terribles guerres coloniales.

Très rapidement, sous l’égide de l’impérialisme américain, les impérialismes européens s’associent dans ce qui allait donner naissance à la « Communauté européenne du charbon et de l’acier », CECA en 1951, puis à la Communauté économique européenne en 1957 rebaptisée Union européenne. Ils entendaient contrer le camp socialiste, les luttes des travailleurs que son existence et les acquis de la Résistance ont renforcées.   

Les institutions européennes se sont appliquées à restaurer l’impérialisme allemand, à reconstituer ses « konzerns », les groupes capitalistes qui avaient financé Hitler et prospéré sous le 3ème Reich – par exemple Siemens – y compris par l’exploitation de la main d’œuvre des camps de concentration, à recycler les anciens nazis.

 

Fidèle à sa vocation, l’Union européenne défend partout les intérêts des trusts capitalistes, soutient les guerres impérialistes, en Irak, Libye, au Mali etc., fait le lit du fascisme comme en Ukraine.

Avec constance, de façon larvée, certains s’appliquent sinon à remplacer l’anniversaire du 8 mai 1945, à l’identifier, dans une « fête de l’UE », avec celui du 9 mai 1950, date de l’annonce de la création de la CECA par un certain Robert Schumann, « père fondateur de l’UE », politicien qui avait voté les pleins pouvoirs à Pétain en 1940.

Giscard d’Estaing, qui avait déjà supprimé le 8 mai comme jour férié en 1975, remet ça. L’auteur de la « constitution européenne » prétend faire travailler un jour de plus les Français (le chômage, ça ne le trouble pas plus aujourd’hui qu’hier) et affirmer la « réconciliation franco-allemande ».

Après notre camarade Emile Torner, ancien déporté-résistant récemment décédé, nous disons que les peuples allemand et français n’ont pas à se réconcilier parce que, en tant que peuple, ils n’ont pas été fâchés : les résistants français s’abattaient « sans haine en eux pour le peuple allemand » et réciproquement. Mais avec les nazis, les fascistes, allemands ou d’autres pays, leurs complices, il n’y a pas de réconciliation possible.

Défendons les valeurs représentées par le 8 mai ! Vive le 8 mai !  

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Samedi 26 avril 2014 6 26 /04 /Avr /2014 18:34

Journée de la déportation – dimanche 27 avril 2014

140427_memorial_dachau.jpgLa cérémonie commémorative aura lieu dans le 15ème arrondissement devant la Mairie, au Monument aux morts, à 11h00 (rendez-vous à 10h45).

Nous reproduisons ci-dessous l’intervention de notre défunt camarade Emile Torner l’an dernier pour le 68ème anniversaire de la libération des camps de la mort.

Emile était très attaché à la personnalité de Marie-Claude Vaillant-Couturier, grande résistante communiste, déportée à Auschwitz et Ravensbrück. Marie-Claude Vaillant-Couturier a été témoin au procès de Nuremberg. Voici quelques extraits du récit qu’elle en a fait.

« ça me paraissait presqu’irréel. Nous nous étions dits : il n’est pas possible que nous mourrions toutes comme des rats. Il faut que ça se sache, que le monde le sache. Le tribunal de Nuremberg, c’était l’occasion suprême de le dire au monde. J’ai su par des journaliste qu’il y avait eu une certaine émotion car je suis passée très, très lentement et ils ont eu peur que je fasse un esclandre. Telle n’était pas mon intention. Je voulais simplement voir de près comment pouvaient être des hommes capables d’avoir accompli un tel crime et je voulais en même temps qu’ils me voient et que c’était par les yeux des millions de victimes, d’hommes, de femmes et d’enfants qui les voyaient et qui les jugeaient. C’est pour cela que je suis passée lentement ».

« En m’asseyant à la barre, je me dis : « Je parle pour toutes celles qui ne sont plus là. Pourvu que je n’oublie rien ».

« Quant au procès lui-même, je ne le trouvais satisfaisant, ni sur le fond, ni sur la forme. J’étais indignée par l’absence des dirigeants des grands Konzern allemands, le Krupp, Thiessen, Flick, Siemens, IG Farben, etc. qui, premièrement, avaient apporté leur soutien actif à la montée d’Hitler au pouvoir et ensuite avaient réalisé des profits monstrueux sur le sang versé et la vie de millions d’hommes, de femmes et d’enfants parmi lesquels les déportés raflés à travers l’Europe. »

Après Marie-Claude Vaillant-Couturier, avec notre camarade Emile Torner, en mémoire de tous leurs frères et sœurs de souffrance, exaltons la mémoire de celles et ceux qui « ont préféré la mort à l’esclavage et nous permettent ainsi de relever la tête dans le monde ».

 

Journée nationale du souvenir de la déportation, dimanche 28 avril 2013, cérémonie du 15ème arrondissement, devant le monument aux morts

 

Déclaration d’Emile Torner,

Ancien déporté à Buchenwald-Langenstein

Président de l’Association départementale des déportés, internés, résistants et patriotes de Paris

 

 

Mesdames et Messieurs les élus, chers camarades et amis, Mesdames, Messieurs,

Mes camarades m’ont confié la tâche de présider l’ADIRP de Paris, l’association départementale des anciens déportés-internés-résistants-patriotes.

Continuer à témoigner, c’est une bien lourde tâche pour nous, rares survivants, alors que notre nombre et nos forces déclinent inexorablement. Mais nous savons pourquoi nous le faisons et nous l’assumons encore, 68 ans après la libération des camps par les armées alliées.

Le temps presse. Jusqu’au bout, tout doit être fait pour établir, le plus incontestablement possible, la vérité, pour établir dans la société, « l’impossible oubli » de « l’indicible horreur » des camps de concentration. 

Mon camarade Charles Palant a relaté sa tragédie personnelle, les conditions de son retour. Mon ami, Maurice Obréjean, a évoqué le sort dramatique de sa famille. Notre camarade, Madeleine Rabitchov, qui regrette de ne pas être des nôtres, continue, courageusement, inlassablement à décrire ce qu’elle a vu : l’horreur absolue! Ainsi ces enfants juifs jetés vivants dans la chaux vive à Auschwitz.

A Langenstein, filiale de Buchenwald, mes compagnons et moi-même n’étions plus qu’un groupe d’esclaves destinés à être exploités jusqu’à ce que mort s’en suive, dans des usines souterraines, pour une durée calculée économiquement de 6 mois. A la Libération, 5 mois après mon arrivée, mourant, mangeant de l’herbe, je pesais 28 kilos!

Le système concentrationnaire nazi avait sa rationalité sinistre, tournée vers le profit de l’industrie et des konzerns allemands…

160.000 êtres humains, 85.000 résistants ou otages, 75.000 raflés suivant les critères raciaux de l’occupant, repris par le régime de Vichy, ont été déportés de France et conduits vers l’extermination immédiate dans les chambres à gaz ou vers l’extermination par le travail forcé. La moitié des premiers ont pu revenir grâce à la fin de la guerre, seulement 2.500 des seconds…

Saluons le travail des associations, des historiens, de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation. Une somme considérable de documents, de preuves, a été rassemblée. Mais contre le négationnisme, les révisionnismes, la Mémoire demeurera toujours un combat.

Le temps presse et, survivants, contrairement à nos espérances et convictions de la Libération, nous le vivons dans l’angoisse.

Pour l’instant, en France, on n’entend pas le bruit des bottes, sinon lointain et assourdi par le sable. Mais les déclarations et affiches xénophobes et racistes prolifèrent sur les ondes et les murs, sans parler d’internet. Des groupuscules extrémistes profitent de fins de manifestation pour tester leur agressivité. Des organisations, qui dissimulent bien mal leur filiation fasciste, atteignent en France, comme dans les autres pays d’Europe, des résultats électoraux inquiétants. Ils servent à détourner les peurs et détresses causées par le chômage de masse, par la crise du système économique.

Sans exagération, mais avec vigilance, voilà qui ne peut que nous rappeler un autre anniversaire. Il y a 80 ans cette année, Hitler accédait au pouvoir, en pleine crise économique. Le large soutien des tenants du système lui permet d’opérer en quelques mois un coup d’Etat aux apparences légales.

Dès 1933, les nazis ouvrent les premiers camps de concentration pour y torturer et enfermer les communistes, les syndicalistes, les antifascistes, les socialistes, puis tous les résistants démocrates. Dachau, dès le 21 mars !

s avril 1933, sont appliquées les premières mesures de discriminations antisémites.

En l’espace de 6 ans, c’est la guerre. En 12 ans, c’est le plus grand crime contre l’Humanité jamais perpétré, qui est également le pire désastre connu par le peuple allemand lui-même.

Le Parti national-socialiste n’avait rien de « socialiste » ni même de « national » !

L’horreur des camps avait une origine, une généalogie. C’est pour cela aussi, et même surtout, que nous témoignons !

En France, le fascisme n’est pas passé dans les années 30. Son avènement ne s’est produit que sous la coupe de l’occupant allemand, au sein de « l’Europe allemande », à la faveur de ce que l’historien, résistant et martyr, Marc Bloch a appelé « l’étrange défaite ».

N’oublions jamais que les 13.152 juifs, dont 4.115 enfants parqués dans le 15ème au Vel d’hiv en juillet 1942, avant de partir vers la mort via Drancy, ont été arrêtés par la police et la gendarmerie françaises !

En 2013, nous allons célébrer un autre anniversaire, celui du 27 mai 1943, le 70ème de la création du Conseil national de la Résistance, le CNR. L’importance de cette date ne doit manquer à personne.

L’unification des forces résistantes a eu des effets considérables dans la lutte pour le recouvrement de notre indépendance, pour la reconstruction du pays sur une base nouvelle.

Au cœur même des camps, le CNR a revivifié la résistance française. Ainsi à Buchenwald, un Comité des intérêts français a été constitué clandestinement, dans les pires conditions, avec à sa tête Marcel Paul, futur ministre communiste de la production et de la constitution d’EDF et de GDF nationalisés, et le colonel Frédéric-Henri Manhès, bras droit de Jean Moulin.

Une proposition de loi a été adoptée par le Sénat, le 28 mars dernier, pour faire du 27 mai une journée de commémoration nationale.

On ne peut que se réjouir de la quasi-unanimité des sénateurs de tous les partis en faveur de cette loi. Cependant, on ne peut que constater que l’œuvre du CNR est détruite pan par pan, année après années, par les majorités parlementaires successives auxquelles ils appartiennent…

Le 15 mars 1944, le CNR adoptait le programme qui allait largement inspirer les grandes réformes de la Libération.

Il estimait nécessaire « l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ». Aux yeux de tous, elles avaient trahi.

Les classes possédantes se sont révélées et disqualifiées dans la collaboration. La classe ouvrière a été la « seule classe, qui dans sa masse, sera restée fidèle à la patrie profanée » comme l’a si bien exprimé François Mauriac.

Le programme du CNR a représenté un compromis national, partant de cette expérience de la guerre, vécue par le peuple dans sa chair.

Ce compromis issu de la guerre a permis le relèvement du pays, des acquis sociaux et démocratiques aussi importants et féconds que les nationalisations des grands services publics et la sécurité sociale.

Mesdames, Messieurs, 68 ans après la Libération, la force de l’expérience de la Résistance et de la Déportation, se retrouve encore dans l’unité des votes au Sénat. Cette unité, je la retrouve au premier rang de cette cérémonie. Je m’en félicite, je vous en remercie. Je sais qu’elle reflète un sentiment fort animé par le mouvement populaire.

Du plus profond de mon expérience, parlant pour moi-même, mais certain d’exprimer le sentiment de mes camarades, je souhaite que cette unité s’exprime dans la fidélité et la défense des acquis de la Libération, si chèrement payés par la Résistance et la Déportation. Je vois à quel point notre combat pour la Mémoire rejoint les luttes d’aujourd’hui !

Mesdames, Messieurs, permettez-moi de conclure par l’avertissement célèbre d’un nos camarades allemands, déporté à Sachsenhausen et Dachau, le Pasteur Martin Niemöller.

Quand ils sont venus chercher les communistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les juifs,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas juif.

Quand ils sont venus chercher les catholiques,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas catholique.

Puis ils sont venus me chercher,
Et il ne restait personne pour protester
 

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Mercredi 5 février 2014 3 05 /02 /Fév /2014 04:43

Honorons la mémoire d’Anne-Claude Godeau et Jean-Pierre Bernard et de tous les martyrs de Charonne!

Pcf Paris 15, 5 février 2014

Charonne3.gif Il y a 52 ans, le 8 février 1962, périssaient au métro Charonne Anne-Claude Godeau, Jean-Pierre Bernard et sept de leurs camarades cégétistes et, pour six d’entre eux, communistes. Ils ont succombé aux coups de la police de l’Etat gaulliste, dirigée à Paris par le préfet Papon, ancien collabo. Ils avaient manifesté pour la paix immédiate en Algérie et contre les exactions des groupes fascistes de l’OAS.

Honorons la mémoire de ces militants ! Anne-Claude Godeau était employée aux Chèques postaux dans le 15ème. Elle avait 24 ans. Jean-Pierre Bernard, 30 ans, était dessinateur aux télécoms à Montparnasse, secrétaire de la section du PCF-Pasteur.

Leur sacrifice allait susciter un immense mouvement. Le million de manifestants le 13 février en hommage aux victimes de Charonne, rassemblés à l’appel principalement de la CGT et du PCF, allait couper court aux dérives fascistes du pouvoir et accélérer les pourparlers de paix en Algérie.

Début 1962, le pouvoir gaulliste a fait une croix depuis longtemps sur « l’Algérie française ». Mais il prolonge la guerre colonialiste, menée successivement depuis 1954 par les gouvernements de « gauche » (socialistes) et de droite, pour préserver au maximum les intérêts de l’impérialisme français après l’indépendance (pétrole, essais nucléaires au Sahara etc.). En métropole, il fait tout pour que la défaite de l’impérialisme français ne renforce pas les positions de la classe ouvrière et de ses organisations révolutionnaires, qui y ont contribué aux côtés du peuple algérien. Le pouvoir gaulliste, notamment sa police, se montre ainsi très complaisant avec les fascistes et terroristes de l’OAS qui multiplient les attentats des deux côtés de la Méditerranée.

Le massacre de Charonne est un massacre d’Etat, tout comme le massacre raciste de manifestants algériens à Paris, jetés dans la Seine le 17 octobre 1961.

La tentation est toujours présente chez les capitalistes, à la moindre de difficulté, de recourir à la répression, à l’extrême-droite et au fascisme. Ce constat vaut malheureusement pour aujourd’hui.

Anne-Claude Godeau et Jean-Pierre Bernard étaient conséquents dans leur engagement social et politique aux PTT indissociable de leur engagement internationaliste.

Le 9 février 1962, les parents d’Anne-Claude Godeau recevaient sa dernière lettre à Nantes : « Ce soir, je vais à une manifestation à la Bastille, encore interdite par le Préfet de police. Vraiment on fait tout pour protéger l’OAS ».  

 

Communiqué du 13 février 1962 du Parti communiste français

(NB : il n’est question que de 8 morts à cette date parce que le 9ème, Maurice Pochard, alors dans le coma, devait décéder quelques jours plus tard)

Les huit martyrs antifascistes du 8 février 1962 entrent dans l’histoire. Aujourd’hui à Paris et dans la France entière, notre peuple arrête le travail pour rendre un hommage solennel et grandiose à ses fils et ses filles héroïques tombés pour sa liberté : Jean-Pierre Bernard, Fanny Dewerpe, Daniel Féry, Anne Godeau, Edouard Lemarchand, Suzanne Martorell, Hyppolyte Pina, Raymond Wintgens. Cet adolescent de 16 ans, ces trois femmes, ces quatre hommes, ces travailleurs s’étaient retrouvés jeudi dernier dans les rues voisines de la place de la Bastille, mêlés à des dizaines de milliers d’autres antifascistes, communistes, socialistes, chrétiens, républicains de toutes tendances et de toutes confessions. Ils sont tombés glorieusement dans la lutte contre les criminels de l’OAS sous les coups d’un pouvoir qui, toujours complaisant envers les fascistes, ne cesse de frapper les défenseurs de la liberté. Le Parti communiste français incline ses drapeaux devant les huit martyrs. Sept d’entre eux, Jean-Pierre Bernard, Fanny Dewerpe, Daniel Féry, Anne Godeau, Edouard Lemarchand, Suzanne Martorell, Hyppolyte Pina, étaient des communistes, nos camarades et nos frères de lutte et d’idéal. Le militant ouvrier Raymond Wintgens, comme nos camarades, a donné sa vie pour l’honneur et l’avenir libre de notre patrie. Le Parti communiste français adresse aux familles des héros antifascistes ses condoléances émues et l’assurance de son entière solidarité. Les travailleurs, tous les démocrates de France entoureront de leur sollicitude les parents des martyrs et tout particulièrement les enfants à qui l’agression de jeudi  enlevé un père ou une maman. Le souvenir de ceux qui furent massacrés un soir de 1962 parce qu’ils criaient leu haine du fascisme et leur volonté de lui barrer la route restera à jamais dans les mémoires des Français et des Françaises. Leur sacrifice ne sera pas vain. Au lendemain du crime, pour manifester leur indignation et leur colère, les travailleurs et les démocrates se sont retrouvés plus unis que jamais. Ils y trouveront de nouvelles raisons d’agir pour rassembler les forces de notre peuple afin d’écraser l’OAS, de combattre le pouvoir personnel et d’ouvrir la voie à l’avènement d’une véritable République. Gloire éternelle aux héros du 8 février 1962 ! Vive la liberté ! Le fascisme ne passera pas !  

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Vendredi 24 janvier 2014 5 24 /01 /Jan /2014 17:29

Disparition d’Odette Laurain, figure de la Résistance dans le 15ème arrondissement

Nous apprenons avec une grande tristesse le décès de notre amie Odette Laurain.

Avec notamment son époux Jean Laurain, avec Alcide Morel, aux côtés des résistants communistes et de ceux de toute obédience, Odette Laurain était une figure de la Résistance dans le 15ème, dont la modestie ne pouvait faire oublier l’engagement. La discrétion de ses obsèques ce jour aura correspondu à sa personnalité.

Elle était titulaire de la Croix du Combattant et de la Croix du combattant volontaire de la Résistance.

Jusqu’au bout de ses forces, elle a continué à militer et à témoigner pour la mémoire des combats et des idéaux de la Résistance, partagés dans l’unité par ses acteurs.

En 2005, Odette Laurain s’associait à l’appel des anciens déportés et résistants contre la constitution de l’UE du capital, lancé par nos camarades communistes du 15ème, pour le droit du peuple français à disposer de lui-même.

Emile Torner, ancien déporté résistant, président de l’ADIRP de Paris, Henri Derrien ancien secrétaire d’arrondissement du PCF Paris 15, ancien conseiller de Paris, Emmanuel Dang Tran, secrétaire de la section du PCF Paris 15, membre du Conseil national du PCF, expriment, au nom de tous les camarades de la section, leur condoléances attristées à la famille d’Odette, à son cousin, à l’Association nationale des anciens combattants de la Résistance (ANACR), dont elle était présidente dans le 15ème.

Résister, c’est exister !  

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Lundi 11 novembre 2013 1 11 /11 /Nov /2013 21:32

1914-2014. Cent ans après, Hollande, nouveau sergent recruteur de l’ « Union sacrée » derrière les intérêts du capitalisme.

EDT pour Vivelepcf, 11 novembre 2013

131111_Hollande_1918.jpg

Qu’est-ce qu’il y a de plus atroce et révoltant dans le discours de François Hollande ouvrant le 7 novembre un an de commémoration du centenaire du début de la Grande guerre ?

Peut-être ce passage où Hollande salue « l’engagement » des 430.000 soldats coloniaux et estime leur rendre la pareille, « honorer une dette d’honneur », « en ce moment même au Mali ». La continuité fait froid dans le dos. En 1914, l’impérialisme français était allé chercher de la chair à canon dans les pays qu’il avait envahis et qu’il exploitait. En 2013, il envoie ses troupes chez eux garantir la poursuite du pillage de leurs ressources énergétiques (un moment menacé par les conséquences de sa propre guerre en Libye).

Dans sa conception de « l’Union sacrée » – même s’il prend garde à ne pas utiliser l’expression – Hollande trouve une place pour tout le monde. On ne s’étonne pas que Jean-François Copé se soit enthousiasmé pour son discours.

Dans son amalgame – utilisons ce mot -, Hollande recrute rétrospectivement et très large.

Rassembleur sans limite, il embrigade même Jaurès, affirmant : « En juillet 1914, il y avait ceux « qui, comme Jaurès, dénonçaient la funeste mécanique des alliances et les méfaits de l’impérialisme. « Mais, reconnaissons-le comme un fait, lorsque la mobilisation générale fut proclamée, il n’y plus qu’un seul pays, une seule nation, une seule armée ». Qu’aurait fait Jaurès ? Aurait-il suivi l’immense majorité des dirigeants socio-démocrates comme Guesde ou Blum dans la machine de guerre « républicaine », dans la trahison de la résolution de la conférence de la 2ème Internationale de Bâle en 1912 ? Peut-être, de par le caractère idéaliste de son pacifisme. Mais ceux qui ont commandité son assassinat le 31 juillet 1914, puis qui acquittèrent son assassin, ne le pensaient pas ainsi !

Hollande admire cette 3ème République qui « se révéla plus forte que les Empires centraux » … dans la défense de son impérialisme. Il célèbre Clémenceau qui a continué à faire fonctionner le Parlement. Cet éloge de la démocratie bourgeoise plaira sans aucun doute à Jean-Luc Mélenchon qui fait de Clémenceau pendant l’Union sacrée un modèle de sa conception parlementariste de la 6ème république (en lien: Le modèle de 6ème république? L’Union sacrée de 14-18!). 

Hollande réincorpore également les Fusillés pour l’exemple : « Vaincus par l’angoisse, l’épuisement … , certains furent condamnés de façon arbitraire et passés par les armes ». Il ordonne qu’un panneau leur soit consacré au musée des Invalides… Après Jospin et Sarkozy, il veut les fusiller une deuxième fois !

Ils n’ont pas été exécutés parce qu’il combattait la mal-bouffe dans les tranchées ! Ils ont été tués, oui « pour l’exemple », oui souvent au hasard, parce qu’ils exprimaient le rejet massif des atrocités d’une guerre par les soldats qui en avaient assez de subir pour des intérêts qui ne les concernaient pas, qui allaient peut-être s’organiser pour le dire, qui étaient peut-être prêts à fraterniser avec les poilus de la tranchée adverse. Ils les ont été fusillés parce qu’en Russie notamment, une autre perspective de fin de guerre, naissait des révolutions de 1917 et que la République française redoutait la contagion.

Plutôt aucune reconnaissance « républicaine » que cette récupération historique !

Hollande, dans la suite de tous ses prédécesseurs depuis les années 20, flatte la mémoire des Poilus pour mieux la trahir.

Non, ils ne se sont pas engagés pour l’immense majorité, ils ont été appelés, encadrés, conduits au casse-pipe par un appareil d’Etat au service d’un système économique, soûlés à la gnôle pour aller à la mort. C’est insulter les uns et les autres que de mettre sur le même plan les conscrits de la 1ère guerre mondiale et les résistants de la 2ème comme le fait Hollande. Il faut se souvenir des souffrances, honorer le martyre, le courage des combattants de la 1ère guerre mondiale mais ne jamais oublier qu’ils sont morts pour des objectifs de guerre qui n’avaient rien à voir avec l’intérêt des peuples.

Passons sur les phrases de Hollande qui semblent obligées maintenant dans chaque discours mémoriel pour mentionner De Gaulle ou pour rappeler la « Shoah » et les « Justes » tels que l’Etat d’Israël les reconnaît. Sans commentaires ici, hors sujet !

Hollande recrute rétrospectivement pour mieux recruter aujourd’hui ! Là encore, il n’oublie personne. Dire que nous en avons pour plus d’un an de cette propagande !

L’éducation nationale et l’Université vont être mobilisées. Gageons que les professeurs sauront manifester une certaine indépendance à l’égard de l’idéologie dominante ! Hollande assure des moyens directs à cette dernière, de façon très inquiétante. « Les partenaires publics, mais aussi privés, les grandes entreprises ont également choisi de soutenir les initiatives etc. ». Les marchands de canons d’aujourd’hui vont défendre la mémoire des marchands de canons d’hier ! Toujours avec la bénédiction de la République !

Hollande annonce un effort particulier pour intégrer chaque famille à sa propagande mémorielle. Presque tous les Français ont au moins un père, un grand-père, un arrière-grand-père qui a participé à la grande boucherie. « Les registres matriculaires des 8 millions de soldats français seront mis en ligne » pour « construire un pont entre ces histoires personnelles et l’histoire nationale ». Après celle de leurs aïeux, la mobilisation générale des descendants pour mieux les intégrer dans la version officielle de l’histoire !

Hollande voit aussi au-delà des frontières. Il promet le défilé sous l’Arc de triomphe de militaires de 72 pays ayant participé à la première guerre mondiale avec une place d’honneur à l’Allemagne… Commémorer la guerre par les armes ! La venue du très controversé président de la République fédérale allemande, Joachim Gauck, défenseur de la mémoire de ses parents nazis et de celle de son père criminel de guerre, nostalgique de la grande Allemagne est annoncée à nouveau.

Pour rester les mêmes sur le fond, les buts de guerre de l’impérialisme français et de son porte-parole du moment ont changé dans la forme. La mobilisation générale à laquelle appelle François Hollande en 2013 vise d’abord et avant tout à renforcer l’Union européenne du capital.

En 2013, les impérialismes européens, affaiblis relativement depuis 1914 – se complètent plus qu’ils ne se combattent – même s’ils se combattent encore, parfois férocement. L’Union européenne est leur instrument collectif pour écraser les acquis sociaux et démocratiques de leur propre peuple comme pour prétendre à des parts de marchés dans la domination du monde.

Tout le souvenir de 14/18 doit aller légitimer cette Europe récriée de plus en plus fortement par les peuples. L’UE, ce serait la paix, l’union des peuples. Les peuples de l’ex-Yougoslavie, unifiée dans la douleur après la 1ère guerre mondiale, en ont fait à nouveau la triste expérience avec l’UE, deuxième bras armé de l’OTAN. Mettre en concurrence les travailleurs de chaque pays, avec l’euro, attiser la xénophobie : oui l’UE de 2013 est bien la fidèle héritière des puissances de 1914 !

Hollande a précisé sa pensée. La mobilisation générale à laquelle il appelle pour l’UE, en mémoire de 1914, a un sens pour la France : « Réformer, réunir, réussir », la politique de casse sociale et économique qu’il poursuit dans l’intérêt des puissances d’argent.

En appeler aux mânes des morts de 14/18 pour justifier sa politique d’austérité, celle de Sarkozy, il fallait le faire. Ce discours lamentable et effrayant l’ose.

Son état d’esprit, celui de Hollande, mais surtout celui de ceux qui l’ont commandité, fait peur. La continuité est effrayante dans le capitalisme de 1914 et de 2013. La hiérarchie des puissances a changé mais le péril demeure, celui de la guerre localisée ou globale, celui que le capitalisme porte comme « la nuée porte l’orage ».

Aussi de 14/18, nous devons inviter à se souvenir des souffrances et de la cruauté inouïes endurées par les combattants et les populations.

Nous devons inviter à réfléchir, encore et toujours, à pourquoi cette guerre ne fut pas « la der des ders », à identifier ses causes.

Le constat et l’analyse de nature inter-impérialiste de cette guerre, de la faillite de la social-démocratie et de ses responsabilités ont été établis.

Du rejet de la guerre impérialiste, du rejet de la trahison social-démocrate sont nés les partis communistes dont le Parti communiste français, se détachant de la collaboration avec le système des socio-démocrates.

Communistes d’aujourd’hui, cet aspect reste fondamental dans notre engagement, pour la justice sociale, pour la paix, pour le socialisme.

A contre-courant de l’idéologie déployée par M. Hollande, nous ne cesserons dans l’année qui vient de rappeler tout cela.

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Vendredi 25 octobre 2013 5 25 /10 /Oct /2013 15:10

HOMMAGE À HUYNH KHUONG AN dit LUISNE - 07/04/1912  -  22/10/1941

 

131025 Huynh HOMMAGE À HUYNH KHUONG AN  

Samedi 26 octobre 2013, Paris, cimetière du Père Lachaise

A l’initiative de l’Association des Vietnamiens du Val-de-Marne et de l’Association Amitiés franco-vietnamiennes du Val-de-Marne. 

 

Intervention d’Emmanuel Dang Tran, membre du Conseil national du PCF


Mesdames, Messieurs,

Je m’exprime aujourd’hui en tant que membre du Conseil national du Parti communiste français. Les conditions de préparation de la cérémonie n’ont pas permis d’écrire un message officiel. Mais, en une telle occasion, je sais pouvoir parler au nom de l’ensemble de la direction du PCF et des communistes.

Je tiens d’abord à adresser nos meilleures salutations aux représentants de l’Ambassade du Vietnam et du Parti communiste Vietnamien.

Je tiens aussi à adresser nos remerciements aux associations qui sont à l’origine de cette très heureuse initiative.

Nous commémorons cette semaine le 72ème anniversaire de l’assassinat par les nazis de 27 communistes, de 27 patriotes le 22 octobre 1941 à Châteaubriant.

La mémoire de ce martyre allait immédiatement devenir un symbole, un ferment pour le développement de la Résistance à l’occupant et à ses collaborateurs.

Guy Môcquet, Jean-Pierre Timbaud, Charles Michels et les autres, continuent d’alimenter l’histoire vivante du mouvement émancipateur de notre pays.

Parmi eux, dans le camp, parmi les martyrs, figurait un communiste, conséquent, courageux, comme les autres. Il avait une spécificité, celle d’être Vietnamien, Indochinois comme on disait alors improprement, Annamite comme il est écrit, également improprement, sur cette plaque même.

Huynh Kuong An était né à Saïgon en 1912. Il avait été envoyé tôt poursuivre ses études en France, jeune mais déjà imprégné par sa famille du sentiment patriotique et anticolonialiste.

Naturellement en France, il rejoint le Parti de la classe ouvrière, celui de l’anticolonialisme, le PCF.  Ses camarades lui confèrent rapidement des responsabilités. En 1936, il est devient secrétaire de l’Union des étudiants communistes, l’UEC, à Lyon. Il organise entre autres les contacts et la fraternisation avec les ouvriers, notamment des usines Berliet.

Après 1939, après le début de l’Occupation, il participe activement au maintien et à la reconstitution de l’organisation communiste, contre le capital français collaborationniste, contre l’occupant. Il s’attache notamment au maintien du contact avec l’Union soviétique. En 1940, il est nommé professeur à Versailles.

Il est arrêté en mars 1941, peu après sa compagne Germaine Barjon, qui a survécu au camp de concentration de Ravenbrück, et à qui il a adressé sa dernière lettre, très émouvante.

Il est assassiné par les nazis avec ses 26 camarades le 21 octobre 1941.

Au même moment, les communistes vietnamiens, guidés par Hô Chi Minh, affrontent les fascistes japonais, avec lesquels les colonialistes français ont cru pouvoir collaborer.

L’action et le sacrifice de Huynh Khuong An préfigurent l’engagement de nombreux hommes et femmes issus de l’immigration dans la Résistance, la constitution par les communistes des FTP-MOI.  

Le même choix de la cause des travailleurs, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes allaient alimenter, réciproquement, l’engagement des communistes français contre la guerre d’Indochine, certains, dans les pires conditions, au Vietnam même.

En ces temps où, plus que jamais, les exploiteurs s’efforcent d’opposer, de mettre en concurrence les travailleurs suivant leurs origines, des exemples que celui de Huynh Khuong An sont importants à honorer.

Avec Khuong Huynh An, nous célébrons le meilleur de l’amitié franco-vietnamienne.   Nous célébrons un des plus beaux exemples de la communauté d’idéal et de lutte entre les communistes français et les communistes vietnamiens. Indissociable de celle de ses camarades de martyre, nous célébrons une figure héroïque de l’internationalisme prolétarien, qui, avec eux, s’abattit sans haine en lui pour le peuple allemand.

 

 

Ci-dessous, en photo, les derniers mots écrits par Khuong Huynh An sur les une palissade des baraquements du camp de Châteaubriant et le texte de sa dernière lettre à son épouse.

 

  131025 plaque Huynh


DERNIERE LETTRE DE KHUONG HUYNH A SA COMPAGNE GERMAINE BARJON

 

Camp de Choisel ce mercredi 22 octobre 1941 à 14 heures

 

Ma chère Germaine,

Sois courageuse, ma chérie. C'est sans aucun doute la dernière fois que

je t'écris.

Aujourd'hui, j'aurai vécu. Nous sommes enfermés provisoirement dans une baraque non habitée, une vingtaine de camarades, prêts à mourir avec courage et avec dignité. Tu n'auras pas honte de moi. Il te faudra beaucoup de courage pour vivre, plus qu'il n'en faut à moi pour mourir. Mais il te faut absolument vivre.

Car il y a notre chéri, notre petit, que tu embrasseras bien fort quand tu le reverras. Il te faudra maintenant vivre de mon souvenir, de nos heureux souvenirs, des cinq années de bonheur que nous avons vécues ensemble.

Adieu, ma chérie.

Mes baisers

Mes dernières caresses.

À tes parents mes affectueux baisers.

Huynh Khuong An

EN LIEN :

NOTRE HOMMAGE A CHARLES MICHELS

NOTRE HOMMAGE A GUY MOCQUET

Par PCF - Section Paris 15ème - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 22 octobre 2013 2 22 /10 /Oct /2013 01:20

Le 22 octobre 1941, CHARLES MICHELS, député communiste du 15ème, était exécuté avec 26 de ses camarades par l'occupant allemand à Chateaubriant, dont Guy Môcquet. 

Nous reproduisons ci-dessous le témoignage, magnifique hommage, de notre camarade Jean Roger (1911 - 1989), dirigeant du PCF Paris 15ème, ancien conseiller de Paris communiste et ancien résistant et déporté lui-même, publié en 1962 dans les "Nouvelles du 15ème", alors notre journal local.


 

 

 

22 octobre 1941 : Jean Roger perd un grand ami et vingt-six camarades ! Jean Roger, ancien ouvrier chez SAUTER-HARLE, (conseillé municipal à et conseiller général de la Seine de 1953 à 1965) a connu Charles Michels, avant la guerre de 1939.


CHARLES MICHELS, mon ami (par Jean Roger)

Le 22 octobre 1941, revenant d’un rendez-vous clandestin dans le 14ème, un titre frappe mes yeux dans un journal « collabo » : 27 fusillés en réponse à l’exécution à Nantes, d’un officier allemand . Le cœur se serre à cette annonce mais lecture faite, c’est la stupeur, la douleur qui m’étreignent : Charles Michels, Jean-Pierre Timbaud… les autres… Mes camarades, mes copains, mes amis… Bien des morts ont jalonné le combat de la résistance à l’oppression, bien des noms, des visages ont disparu ; bien des vides enregistrés au retour de déportation. Mais Charles Michels, Jean-Pierre Timbaud, cela a été et reste un grand, un immense vide.

Pour gagner les quelques sous dont la maman avait besoin

Dans quelques jours 21 ans auront passé depuis l’exécution. Je revois la silhouette vigoureuse, athlétique de Charles, sa chevelure blonde ondulée, son sourire, son regard un peu de biais qui lui laissait une légère ride sur le côté gauche de l’œil, son faciès de boxeur qui était le résultat de combats qu’il avait livrés, tout gosse, pour gagner quelques francs qui devaient aider la maman à nourrir ses frères et sœurs à la maison. Quand on plaisantait sur son nez écrasé, Charles, bonhomme, disait : « qu’est ce qu’il ne faut pas faire pour gagner sa vie » et partait de son franc éclat de rire. Oui, qu’est ce qu’il ne t’a pas fallu faire pour gagner le pain de la famille, mon cher Charles, et combien cette boutade montrait ta sensibilité à l’égard des tiens, de ta mère dont tu parlais toujours avec émotion et respect.

Un élu communiste 

Cette sensibilité, cet amour du prochain animait Charles Michels dans tous ses actes de parlementaire. Quand le dimanche matin il était libre, on le voyait dans le 15ème arrondissement, arpentant les rues, discutant, expliquant. Combien de fois, ensemble avons-nous parcouru la rue du Commerce de la Motte-Piquet à l’église de Grenelle. C’était une véritable équipée. A peine avions-nous fait quelques mètres dans la rue que les gens du quartier avaient repéré la silhouette sanglée dans la gabardine bleue de Charles. On se passait le mot : le député est là, on venait à lui, on l’interpellait du seuil des boutiques. C’était un renseignement, une explication, une démarche à demander ; sans se départir de son sourire, Charles Michels leur expliquait, conseillait, enregistrait sur un petit calepin qu’il avait toujours sur lui. Doué d’une grande mémoire, quand il reconnaissait quelqu’un pour lequel il était intervenu, il s’enquerrait des suites données à la requête dont on l’avait chargé, si la réponse avait tardé il disait : « Bon, on va recommencer, il faut secouer la poussière des bureaux ». Combien il était heureux d’obtenir quelque chose pour tous ces simples gens de l’arrondissement, comme il se sentait responsable devant eux !

Sans t’en douter, Charles, et sans que je m’en doute moi-même à l’époque, quelles leçons tu m’as données sur le rôle d’un élu communiste.Si Charles Michels aimait les humbles, les travailleurs, les petites gens, ceux-ci le lui rendaient bien. Pas un compte-rendu de mandat fait par lui sans que les gens s’y pressent nombreux. Rue Saint- Charles, place du Commerce, rue Fondary, les préaux étaient toujours pleins, du monde dans les couloirs, dans la cour. Charles avait une façon bien à lui de capter son auditoire. Il rendait simples les problèmes les plus compliqués par un langage direct, sans emphase, accessible à tous. Gamin de Paris, il avait le parler primesautier, gentil, moqueur mais jamais vulgaire, où les images ironiques, savoureuses faisaient rire aux larmes l’auditoire toujours captivé. La réunion terminée, les consultations commençaient. On venait à lui pour pousser une discussion soulevée, ou bien pour un cas personnel que le compte-rendu du député avait enhardi à lui poser, Charles Michels sortait son fameux calepin et prenait note. Quelle tendresse dans sa voix quand timide, une personne âgée venait à lui : « Alors, grand-mère, qu’y a-t-il pour votre service ? ». A nous qui lui disions, « Tu n’es pas fatigué », il répondait en riant : « Si, mais qu’est ce que ça fait, c’est mon travail ! ».

 

La bataille pour la classe ouvrière, pour le pays

Que de souvenirs à évoquer concernant Charles Michels. Il faudrait des colonnes pour le faire. Il y eut, en octobre 1936, la grève des « gourmets » où la police assiégeant et attaquant les locaux de la rue Violet, Charles Michels accompagnait les blessés, - il était blessé lui-même d’ailleurs – à l’usine métallurgique voisine de Sauter-Harlé. Nous (je dis cela parce qu’alors j’étais chez Sauter-Harlé) étions aussi en grève. Ensemble le lendemain nous partions en délégation auprès du ministère de l’intérieur, Roger Salengro, pour protester contre les brutalités policières.

Il y eut après Munich la manifestation partant du Patronage Laïque, parcourant la rue du Commerce, la Motte-Piquet, l’avenue Charles Floquet et se rendant, après plusieurs heures avec la foule à l’Ambassade Tchécoslovaque, Charles Michels, Jean-Pierre Timbaud en tête. Notre dernière discussion eut lieu le soir de la saisie de « l’Humanité » et de « Ce Soir » après le pacte de non-agression germano-soviétique, en août 1939. Longtemps, à quelques-uns nous parcourions la rue de Vaugirard, discutant tout comme si nous ne pouvions nous résoudre à la séparation. Je me rappelle les dernières paroles de Charles, me serrant la main, : « Ne t’en fais pas ça sera dur, mais on les aura ! ».

Oui, Charles on « les » a eus, et pour cela, tu as donné ta vie. Mais le combat n’est pas fini. Va, Charles Michels, tu as pour ceux de ma génération, ceux plus âgés, l’exemple qui nous inspire ; pour les jeunes qui ne t’ont pas connu, tu seras aussi l’exemple car nous nous devons de leur expliquer ce que tu étais : un ouvrier, un homme dans toute l’acception du terme, un Français, un ami.

Par PCF - Section Paris 15ème - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

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