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Histoire du PCF

Dimanche 8 novembre 2009

Ce texte a été distribué ce matin sous forme de tract sur les marchés du 15ème avec un accueil globalement positif.


Célébration de la destruction du Mur de Berlin : le capitalisme en crise à la recherche de légitimation 

 

Quel matraquage ! Depuis des semaines, on n’entend plus parler que de ça dans les postes. Autant ils avaient été assez discrets, il y a dix ans pour commémorer le 10ème anniversaire, autant les dirigeants politiques et les media sont prolixes et dépensiers pour célébrer le 20ème anniversaire de la destruction du Mur de Berlin. Jusqu’à M. Delanoë qui avance les éclairages de Noël sur les Champs Elysées avant que Mme Merkel soit invitée aux fêtes du 11 novembre par Sarkozy.

 

Communistes, nous sommes bien les derniers à nous désintéresser de ces événements et de leur signification. Pourquoi et comment le pouvoir soviétique de Gorbatchev a-t-il organisé la fin des expériences socialistes issues de la Révolution d’octobre 1917 ? Pourquoi et comment, entre autres, a-t-il laissé tomber la RDA, orchestré la chute du Mur de Berlin et permis l’incorporation de la RDA dans l’Allemagne capitaliste ?

 

Aujourd’hui, les media s’efforcent de tout mélanger.

En 1989, cela faisait déjà longtemps que les communistes, à l’est et à l’ouest, en particulier les communistes français, avaient engagé l’analyse critique du socialisme à l’est, qu’ils avaient commencé à faire la part des choses entre :

la postérité féconde de la révolution de 1917 pour le mouvement révolutionnaire de tous les pays, le rôle décisif de l’URSS et des peuples soviétiques dans la victoire contre le fascisme, le point d’appui jusqu’au bout que le « camp socialiste » a représenté dans la lutte des classes mondiale contre l’impérialisme, pour les travailleurs des pays capitalistes, pour les peuples opprimés (pensons à la décolonisation…)

les acquis nombreux, réels, en URSS et dans les pays de l’est, pour les travailleurs et la population

les erreurs, les déformations du socialisme qui ont conduit à des épisodes tragiques de leur histoire.

les dysfonctionnements durables d’un système que nous avons soutenu jusqu’au bout parce qu’il pouvait être réformé dans un sens socialiste.

Nous continuons à analyser cette expérience. Sans tabou ! Dans le « bilan », les éléments négatifs n’annulent pas les éléments positifs et vice versa.

Sans accepter les jugements de ceux qui crachent dans la soupe, de ceux qui sont passés du jour au lendemain, de dirigeants « communistes » à dirigeants des nouveaux régimes capitalistes. Ils sont une illustration du problème.

Nous continuons à analyser cette expérience parce que c’est une nécessité dans la poursuite de notre combat de tous les jours pour la justice sociale, contre le capitalisme, pour le socialisme. Parce que nous sommes et restons marxistes et communistes !

 

Aujourd’hui, nous constatons que le capitalisme ne cesse pas d’avoir besoin d’exorciser le seul système qui lui a tenu tête au 20ème siècle pour essayer de retrouver une légitimité.

 

Combien de millions de chômeurs en plus depuis le début de la « crise » ?

Le capitalisme la fait payer très cher, sa « crise », aux peuples. Depuis que sa domination est unilatérale sur le monde, que de reculs pour le plus grand nombre des salariés, retraités, jeunes de France, en termes d’accès aux soins, à l’éducation, aux services publics, aux vacances, à la culture, en terme de niveau de vie, d’assurance pour son avenir et celui de sa famille !

Sécurité, emploi, logement, éducation… tout ce qui était garanti par exemple en RDA…

 

L’Union européenne a été fondée en 1957 à l’instigation des USA dans l’intérêt des multinationales et dans l’hostilité pays socialistes. Elle est devenue depuis 1989/91 un relais zélé de la mondialisation capitaliste, une machine à broyer systématiquement les acquis sociaux et démocratiques des pays membres.

L’élargissement de l’UE à l’Europe de l’est a été le moyen d’établir une concurrence libre et soi-disant «  non faussée » avec des travailleurs qualifiés mais sous-payés, tirant l’ensemble des salaires et droits sociaux vers le bas. Pour les pays de l’est, l’élargissement s’est fait sur la base de la destruction de quasiment tout leur appareil productif et leur système social antérieur. Bravo à « l’unification » de l’Europe sous le joug de la finance capitaliste !

 

C’est cette réalité que les Sarkozy, Merkel, Clinton… veulent masquer sous un feu d’artifices, cette réalité qui a conduit 55% des Français à voter contre le projet de « constitution européenne » en 2005, 65% des électeurs des pays de l’UE ont refusé de voter aux dernières élections européennes, malgré l’engagement et les pressions de la quasi-totalité des politiciens.

Car en termes de démocratie politique, de choix entre blanc bonnet et bonnet blanc dans les pays capitalistes « libres », il y aurait beaucoup à dire et à relativiser.

 

La destruction d’un mur coupant une ville en deux est évidemment un symbole fort.

Mais combien de nouveaux murs depuis 1989, matérialisation des dominations capitalistes et impérialistes? 18.000 kilomètres ! entre les Etats-Unis et le Mexique, en Palestine occupée, etc…

 

L’anticommunisme, primaire ou non, se déchaîne aujourd’hui, du côté de ceux qui exploitent les travailleurs. Travailleurs, jeunes, retraités : adhérez au PCF !

 

Lire aussi:

A la Porte de Versailles, devant le Palais des expositions, au moment du salon Batimat.

Un bout de Mur de Berlin disposé dans le 15ème : non au consensus droite/gauche au service de la vision capitaliste de l’Histoire ! 

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Mercredi 21 octobre 2009

Ce 22 octobre 2009, nous honorons la mémoire de Charles MICHELS.

 

Il y a 68 ans, le 22 octobre 1941, les nazis assassinaient Charles MICHELS, député communiste du 15ème arrondissement (Javel), en même temps que 26 de ses camarades à Châteaubriant dont Guy Môquet.

Lire aussi notre tract: non à la récupération de la mémoire de Guy Môquet

Un dépôt de fleurs doit avoir lieu jeudi 22 octobre à 12h00 sous la plaque commémorative au 36bis rue des Entrepreneurs.

Nous vous renvoyons vers le magnifique portrait de Charles Michels, le militant ouvrier, communiste et syndicaliste (fédération des travailleurs des cuirs et peaux), l’homme de masse, le lutteur, le précurseur de la résistance, portrait écrit par son camarade et ami Jean Roger (cliquez sur le lien), lui-même responsable du PCF dans le 15ème.

 

 

 

La notice biographique de l’Assemblée nationale donne aussi honnêtement une idée de l’élu de choc qu’il fut, comme nos camarades anciens nous l’ont toujours décrit :

MICHELS (Charles)

Né le 6 mars 1903 à Paris (13e). Député de la Seine de 1936 à 1940.

Issu d'une modeste famille de travailleurs, dès sa onzième année il est ouvrier dans la chaussure. Puis, père de famille, prenant sur ses loisirs pour développer ses connaissances, il acquit la confiance de ses camarades qui le chargèrent de grandes responsabilités syndicales. Il adhère au parti communiste en 1926 et devient secrétaire général de la fédération ouvrière des cuirs et peaux dès 1929.

Le parti communiste le présenta aux élections législatives des 26 avril et 3 mai 1936 dans la 3e circonscription du XVe arrondissement de Paris. Au premier tour, sur 13.095 inscrits et 11.816 votants, il obtint 3.258 voix contre Boucheron, député sortant de la gauche radicale présenté sous l'étiquette concentration républicaine, 2.883 voix, Marceau Pivert S.F.I.O., 2.353, Duteil, unité ouvrière, 1.059 voix, Lafay, concentration républicaine, 788 voix. Au second tour, Charles Michels rassembla les voix du front populaire avec 6.614 suffrages contre Boucheron 3.924 et Lafay 732.

A là Chambre, Michels appartint aux commissions de l'Algérie, colonies et pays de protectorat ainsi qu'à la commission de l'hygiène.

Ses propositions sur le certificat de travail des ouvriers à domicile, les allocations familiales et les congés payés de ces mêmes travailleurs, ainsi que sur le commerce et l'industrie de la chaussure témoignent de la constance de ses soucis syndicaux et professionnels. Par ses interventions, il démontra sa capacité d'adaptation aux problèmes politiques plus vastes : budget de l'Imprimerie nationale, amnistie des indigènes, personnel domestique, Tunisie, chômage, sociétés sportives en déplacement, ouvriers âgés.


La vigueur de son action parlementaire lui valut le 9 janvier 1940 la peine de la censure avec exclusion temporaire, bientôt suivie de la déchéance de son mandat de député, le 20 février suivant, avec celle de presque fous les députés communistes.

 

Ses derniers mots sur une planche du baraquement du camp :

 


Quelques minutes avant leurs exécutions, les 27 martyrs communistes de Châteaubriant purent graver à la va-vite quelques derniers mots sur des planchettes de leur baraquement. Courageusement, les résistants communistes du pays de Châteaubriant parvinrent à les conserver. Elles furent remises au Musée d’Histoire Vivante de Montreuil.

 

Voici la photographie de la planche gravée par Charles Michels sur laquelle on peut lire : « vive la France soviétique, Ch. Michels ».

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Samedi 3 octobre 2009

Un bout du « Mur » dans le 15ème !

Un morceau de Mur de Berlin, en fait un modeste pan de béton, a été « inauguré » en juin dernier à la Porte de Versailles par les hautes autorités municipales de Paris, du 15ème et de la ville de Berlin.

Le Conseil de Paris du 30 septembre 2009 est revenu sur cette manifestation en votant l’acceptation de l’entrée dans le patrimoine parisien de ce bout de béton « taggué » (estimé 60.000 euros).

 

En séance au Conseil de Paris :

 

Nous n’avons pas été surpris d’entendre le maire UMP du 15ème, Philippe Goujon entonner avec emphase et outrance le couplet de la « liberté » retrouvée en 1989, de « l’hideuse barrière », de « l’oppression », du « drame » et même de « l’esclavage » organisés à l’est et en RDA.

 

On a beau les entendre sans cesse, ces paroles scandaliseront toujours ceux qui, comme moi connurent vraiment l’esclavage dans les camps nazis et purent apprécier dans leur chair la solidarité des antifascistes allemands puis celle de l’Etat qu’ils fondèrent, la République démocratique allemande, tandis que la RFA et les Etats-Unis protégeaient et promouvaient nos anciens tortionnaires. Passons !

 

Dans l’exposé des motifs de la délibération, Bertrand Delanoë, absent en séance, est allé jusqu’à parler de « crime contre l’Humanité » : autre amalgame qui me révulse !

Avec un peu plus de retenue, comme en juin Anne Hidalgo, l’adjoint PS, Pierre Schapira a ajouté ses mots à ceux de M. Goujon. Pas de surprise non plus de ce côté-là.

 

Le jeune « Président » du groupe des élus PCF et de « gauche », M. Yann Brossat, que je n’ai pas l’honneur de connaître personnellement malgré mes nombreuses années d’engagement communiste à Paris, a approuvé « bien évidemment » la délibération défendue par l’UMP et du PS et les a suivis sur le thème des « libertés », faisant juste remarquer qu’il fallait y prêter attention partout de la même façon. En juin, Catherine Vieu-Charrier, adjointe PCF au maire de Paris à la mémoire et au monde combattant, que je connais bien mieux inspirée habituellement, était aussi présente officiellement à la cérémonie Porte de Versailles.

 

Communistes du 15ème, nous ne nous coulons pas dans ce consensus là!

 

Ces prises de positions de représentants de notre parti m’obligent, au nom de mes camarades de la section du PCF du 15ème et j’en suis sûr, de bien d’autres, à apporter quelques éléments de réflexion qui rentrent en opposition frontale avec la campagne qui recommence à propos du 20ème anniversaire de la Chute du Mur de Berlin.

 

Une remarque d’abord : je ne vois pas d’abord en quoi la Ville de Paris aurait vocation à commémorer le Mur de Berlin qui ne fait pas partie de son histoire.

 

L’idéologie dominante est celle des vainqueurs. L’effondrement des Etats socialistes à l’est a laissé les forces capitalistes, leurs media et leurs historiens imposer largement leur vision de l’Histoire, en France aussi. S’ils le font avec autant d’insistance aujourd’hui, j’y vois aussi le signe de leur peur devant la crise de leur propre système et l’actualité remontante de l’alternative socialiste.

 

Communistes, nous ne partagerons jamais cette version de l’Histoire parce que nous ne sommes pas de ce camp là.

 

Nous avons soutenu les pays de l’est, non pas aveuglément mais lucidement par rapport à notre engagement. Aujourd’hui, nous assumons, analysons, de manière critique, même très critique ce passé, cette expérience, jalon du combat contre le capitalisme, pour le socialisme et le communisme. Ceux qui s’y refusent, renient ce passé, font un autre choix que celui de continuer le PCF !

 

On ne saurait imputer la responsabilité de la construction du Mur aux seules RDA et URSS.

 

Le Mur de Berlin a été la matérialisation d’un affrontement entre deux systèmes totalement antagoniques.

L’ouest capitaliste utilisait Berlin-ouest, aberration géographique, pour saigner la RDA, ses forces vives et son économie, en y concentrant des richesses refusées à ses propres peuples.

L’édification du Mur de Berlin, mur de protection contre l’ingérence étrangère, a été une condition nécessaire pour permettre l’accélération du développement économique et social de la RDA socialiste. Cela s’est vérifié au bénéfice de tous les Allemands de l’est.

Cette réalité s’est encore vérifiée, 28 ans plus tard, autrement. Depuis 1989, 20% de la population a dû quitter le territoire de l’ex-RDA, dont l’appareil productif, notamment industriel, a été ruiné.

 

Un mur entourant une ville est un symbole terrible. Mais parlons de liberté !

 

Les Allemands de l’est étaient-ils privés de la liberté de circulation ? Non !

Rappelons d’abord que le Mur enserrait Berlin-Ouest et non la RDA.

Les citoyens, les familles, les jeunes est-allemands avaient toutes la possibilité de partir en vacances tous les ans, y compris à l’étranger, principalement dans les autres pays de l’est. Sur ce plan, du droit, de la liberté de partir en vacances, on ne peut que constater que la situation s’est considérablement dégradée. En France, cet été, plus d’un ménage sur deux n’est pas parti. Et combien peuvent se payer à leur guise des vacances à l’étranger ?

 

La RDA : une grande prison ? Comment se fait-il alors qu’une majorité de sa population éprouve pour cette époque une profonde nostalgie si manifeste que les media de RFA ne savent pas comment la relativiser ?

La RDA représentait un autre modèle de société, où l’argent, la concurrence entre les individus ne prédominaient pas, où il n’y avait ni pauvreté, ni exclusion, ni violence dans les ensembles de logements sociaux. Cette réalité passée, insupportable aux capitalistes, ne signifie pas du tout qu’il n’y avait pas de problème en RDA, des problèmes graves et également politiques. Mais, loin d’une prison, cette société offrait sur bien des points des conditions d’émancipation individuelle que n’offre pas la RFA.

 

Les travailleurs de l’ouest ont aussi payé cher la chute du Mur et des pays socialistes. L’affaiblissement puis la disparition des pays socialistes a « libéré » les régimes capitalistes des pays de l’ouest d’un contrepoids politique et d’un contre-modèle social et n’a pas coïncidé par hasard avec le début d’une période de profonde régression des acquis sociaux et démocratiques, services publics, sécurité sociale, droit du travail.

Cela aussi mesurons-le quand on parle de liberté.  

 

Je m’arrête à ces quelques considérations, peu contestables, très lacunaires, mais suffisantes pour montrer l’inacceptable posture historique et morale que se donnent les serviteurs politiques des intérêts capitalistes, dont font partie les élus de Paris.

 

Sur l’expérience des constructions socialistes à l’est, considérées aussi dans toute leur période, bien des questions de fond restent en ouvertes. Elles sont une des préoccupations, un des sujets majeurs de réflexion des communistes que nous sommes. Une question par exemple : comment ces Etats ont-ils pu s’écrouler à un moment où les coups portés par l’adversaire de l’extérieur ne semblaient pas décisifs.

 

Nous ressentons l’obligation de nous poser ces questions pour continuer notre engagement communiste, l’action au service du monde du travail dans la lutte des classes, l’histoire si souvent glorieuse, de notre parti, le PCF.

En aucun cas, nous n’acceptons d’y répondre par le reniement, l’acceptation de l’idéologie dominante.

Fût-ce pour protéger quelques strapontins municipaux !

 

Emile Torner, PCF Paris 15

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Jeudi 14 mai 2009

Inauguration de la place Marie-Claude Vaillant-Couturier à Paris

 

Jeudi 14 mai à 17h45 sera inaugurée une place à Paris du nom de Marie-Claude Vaillant-Couturier (1912-1996). Le rendez-vous est à l’angle de la rue du Pont Louis-Philippe et de la rue Geoffroy l’Asnier.


Sera honorée la mémoire de la femme politique, de la grande militante communiste, de la résistante, déportée, qui fut témoin au procès de Nuremberg et continua sans relâche à témoigner.

 



Marie-Claude Vaillant-Couturier a adhéré au PCF en 1934 en riposte au lendemain de la manifestation fasciste du 6 février. Dans les années 30, elle est responsable de l’Union des jeunes filles de France aux côtés de Danielle Casanova et Jeannette Vermeersch. Elle épouse le dirigeant communiste Paul Vaillant-Couturier qui meurt peu après en 1937. Dès 1940, elle s’engage dans la Résistance en rapport direct avec la direction illégale du PCF. A la Libération, à peine rentrée du camp de concentration de Ravensbrück, elle est élue membre du Comité central et PCF. Candidate du Parti, elle est élue députée de la Seine puis du Val de Marne jusqu’en 1973 lorsqu’elle propose à ses camarades que Georges Marchais lui succède. Elle sera deux fois une vice-présidente respectée de l’Assemblée nationale. En toute circonstance, elle défend sans concessions la politique de notre parti.

 

Parallèlement, dans un autre volet de son engagement, la cause des femmes, elle devient après la guerre la première secrétaire de la Fédération démocratique internationale des femmes.

 

De Marie-Claude Vaillant-Couturier reste aussi évidemment dans l’histoire le témoin de la Déportation, du système concentrationnaire nazi. Arrêtée en février 1942, elle est déportée à Auschwitz dans le convoi des 230 Françaises du 24 janvier 1943. Elles en franchissent l’entrée en chantant la Marseillaise. Marie-Claude Vaillant-Couturier est transférée ensuite au camp de Ravensbrück que délivre l’armée soviétique.

Témoin au Procès de Nuremberg en 1946. Elle militera jusqu’au bout pour cette mémoire, notamment contre toutes les tentatives révisionnistes et négationnistes, à la Fédération nationale des déportés résistants et patriotes (FNDIRP) puis comme première présidente en 1990 de la Fondation pour la mémoire de la déportation.

 

Elle est décédée en 1996.

 

« Ce que nous pouvons laisser comme message aux jeunes, ce que la Résistance nous a appris, c’est que lorsqu’une cause nous paraît juste, il faut lutter pour elle, quels qu’en soient les risques pour soi ». Marie-Claude Vaillant-Couturier.

 

 

Le témoignage de Marie-Claude Vaillant-Couturier au procès de Nuremberg, sur le site de la FNDIRP :

 

http://www.fndirp.asso.fr/temoigmcvc1.htm

 

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Lundi 27 avril 2009


Photo: Mémorial de Buchenwald (ex-RDA) - groupe sculpté de Fritz Cremer
(un film de la cérémonie sera prochainement mis en ligne)

 

Dimanche 26 avril 2009, comme tous les ans, une cérémonie était organisée dans le 15ème arrondissement à l’occasion de la Journée nationale de commémoration de la Déportation. On peut se féliciter d’une assistance plus nombreuse, notamment des élus, ce qui n’a espérons-le, rien à voir avec la proximité des élections européennes.

Les jeunes du Conservatoire de musique de la rue Bargue, visiblement émus, ont (très bien) dit plusieurs poèmes et chanté le Chant des partisans et le Chant des Marais.

Notre camarade Emile Torner, ancien déporté à Buchenwald-Langenstein, président de l’Association départementale des anciens déportés, internés, résistants et patriotes de Paris a prononcé une allocution dont nous reproduisons le texte ci-dessous. Le lien entre a la crise des années 30 qui a développé les conditions de la montée du fascisme et la situation d’aujourd’hui invite particulièrement à réfléchir cette année.

Notre camarade Charles Palant, ancien déporté à Auschwitz III, Buna-Monowitz et Buchenwald, a lu le message des associations nationales et appelé l’assistance à méditer ces propos de Jean Jaurès : « La fidélité aux morts ce n'est pas de porter leurs cendres, c'est de porter leur flambeau! »

 

 

Journée nationale de la déportation  dimanche 26 avril 2009 - Commémoration devant le monument aux morts du 15ème arrondissement.

Allocution d'Emile TORNER ancien déporté résistant à Buchenwald et Langenstein, président de l’ADIRP de Paris, représentant de la FNDIRP au comité d’entente du 15ème.

 

Monsieur le Député-Maire,

Monsieur l’adjoint au Maire du 15ème chargé des anciens combattants

Madame la Première-adjointe au Maire de Paris,

Mesdames et messieurs les élus du 15ème arrondissement,

Mes chers camarades anciens déportés,

Mesdames et messieurs représentant les associations d’anciens combattants et membres du comité d’entente du 15ème,

Mesdames et messieurs les représentants des organisations syndicales et partis politiques du 15ème,

Madame le professeur du conservatoire municipal de musique du 15ème et ses élèves,

Messieurs les musiciens de la police nationale,

Mesdames et Messieurs les porte-drapeaux,

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, chers amis, chers camarades,

 

Permettez-moi tout d’abord de vous remercier pour votre présence. Présents parmi nous, Charles Palant, ancien déporté à Buna-Monowitz-Auschwitz III et Buchenwald, qui lira l’Appel commun des associations, Maurice Obréjan, ancien déporté à Auschwitz, Buchenwald et Langenstein s’associent à moi.

Je transmettrai notre salut à Madeleine Rabitchov, déportée à Auschwitz et Ravensbrück, membre du comité international de Ravensbrück, en convalescence et à André Hallery, déporté à Auschwitz-Sachsenhausen- Buchenwald, empêché.

 

Nous commémorons aujourd’hui le 64ème anniversaire de la libération des camps d’extermination et de concentration. Le dernier dimanche d’avril a été fixé comme journée nationale d’hommage aux victimes du plus grand crime jamais perpétré contre l’Humanité.  Il doit le rester.

 

Jusqu’aux derniers jours de la guerre, les nazis n’ont cessé de convoyer des cargaisons humaines vers l’enfer concentrationnaire.

160000 êtres humains ont été déportés de France. 76000 le furent au titre des critères racistes de l’occupant. Plus de la moitié furent exterminés dès leur arrivée. 2500 seulement sont revenus.

Plus de 80000 ont été déportés pour faits de résistance ou à titre de répression. Moins de la moitié sont revenus, libérés à temps par les armées alliées de la mort certaine que leur promettait le régime d’esclavage, de torture, de froid, de faim, le régime d’extermination par le travail qu’ils ont enduré au profit de l’effort de guerre nazi et de l’industrie allemande.

Le 23 juillet 1944, les troupes soviétiques entraient à Majdanek, premier camp libéré et découvraient avec effroi l’enfer organisé des camps de concentration. Les nazis en déroute n’avaient pas eu le temps d’éliminer toutes les traces de leurs crimes, dont 800000 paires de chaussures. 

Le 27 janvier 1945, l’Armée rouge libère l’infâme complexe de concentration et d’extermination d’Auschwitz- Birkenau.

Le 11 avril 1945, les déportés du camp de Buchenwald parviennent à se libérer eux-mêmes à l’approche des troupes américaines. Vers 15h00, les résistants coupent le courant qui circule dans les barbelés qui enserrent le camp. Marcel Paul est alors parmi eux dirigeant de la Brigade française libératrice. Il deviendra le ministre à qui notre pays doit la constitution d’EDF et de GDF.

Il faudra attendre jusqu’au 8 mai 1945 pour que l’ensemble des camps soit libéré.

Soviétiques, Anglais, Américains, autres alliés, nous gardons une reconnaissance éternelle à nos libérateurs et nous n’accepterons jamais les tentatives honteuses de les assimiler à nos bourreaux.

 

Le 15ème arrondissement a payé son tribut à la barbarie nazie. Les plaques sur nos murs en témoignent, nos rues portent les noms de nombreux martyrs de la liberté.

C’est aussi dans notre arrondissement que se situait le Vélodrome d’hiver.  Les 16 et 17 juillet 1942, 13152 juifs, dont 4115 enfants sont raflés par les policiers et gendarmes français, au petit matin, à leur domicile, les enfants à la porte des écoles. Plus de 7000 d’entre eux furent parqués dans des conditions épouvantables au Vélodrome d’Hiver. Presque tous finirent assassinés dans les chambres à gaz de Birkenau.

 

Il y a 64 ans, rescapés, nous rentrions hagards, décharnés, méconnaissables à nos familles, pour ceux qui en avaient encore. Chacun de nous est partagé et le restera entre la volonté de taire l’indicible pour gagner un impossible oubli et la nécessité de témoigner pour que cela ne se reproduise plus jamais.

Les images de l’horreur côtoyée durant des mois hantent toujours nos souvenirs. Pour nous autres, rares rescapés encore vivants, jamais la nécessité de rester fidèles aux serments prononcés sur les places d’appel des camps et de témoigner ne nous a paru aussi impérieuse.

Nous jurions alors de  « suivre le chemin de la participation à la grande œuvre de l’édification d’un monde nouveau, libre et juste pour tous… en souvenir de nos millions de frères assassinés par le fascisme nazi et de ne jamais quitter ce chemin… »

Ce monde dont nous rêvions à la Libération n’est pas devenu réalité. Nous avons compris que nous devrions sans cesse lutter, aujourd’hui encore.

Lutter pour la paix quand les guerres de dominations frappent plusieurs parties de la planète et que la course au surarmement s’emballe à nouveau.

Lutter encore et toujours pour le respect de la dignité humaine dont l’obsession de nos bourreaux était de nous priver.

Quelle désillusion de voir la torture continuer d’être pratiquée par tant de pays, dont certains se disent démocratiques, comme certains dirigeants le reconnaissent maintenant.

Lutter encore et toujours contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. Car rien n’est jamais acquis.

Lutter encore et toujours contre le fascisme. Le « ventre est encore fécond d’où a surgit la bête immonde » a écrit le dramaturge. 

 

Pour nous, anciens déportés, la course contre la montre est engagée. Mais, même dans l’urgence, nous ne confondons pas vitesse et précipitation.

Notre préoccupation est d’asseoir définitivement des réalités historiques. Anciens déportés et militants de cette mémoire, nous exigeons que la spécificité des sites concentrationnaires soit respectée et que leur soient donnés les moyens nécessaires pour poursuivre efficacement nos missions historiques et pédagogiques.

Défendre efficacement la mémoire, porter les enseignements de ces heures sombres, c’est s’adresser d’abord à la raison et non au sentiment, c’est démonter le système concentrationnaire et ses causes. 

Cette conviction nous anime lorsque nous témoignons dans les classes des écoles.

 

Dès 1943, le Conseil National de la Résistance, fondé dans la clandestinité par Jean Moulin à l’initiative du général de Gaulle, analysait les causes de la montée du fascisme et du nazisme. Son programme, le programme du CNR devait inspirer la reconstruction du pays à la Libération. Il visait à restaurer une république sociale, centrée autour du progrès et de l’intérêt général.

Ne laissons pas remettre en cause les acquis sociaux et démocratiques majeurs remontant à cette époque, fruit de la dure expérience de notre Nation.

Souvenons-nous que c’est en partant de préoccupations sociales, de la détresse et de la désespérance, du chômage de masse que le nazisme a obtenu le soutien populaire dans l’Allemagne des années 30. Beaucoup comparent la crise économique que nous connaissons avec cette période. Soyons donc encore plus vigilants !

Nous refusons l’injustice sociale et l’écrasement des plus faibles qui firent le lit du fascisme.

Nous nous sommes battus, beaucoup de nos camarades sont morts pour la restauration de l’indépendance de notre pays et de la souveraineté de son peuple, pour un monde de fraternité, pour la coopération sincère entre tous les peuples, contre tout nationalisme.

Nous nous sommes retrouvés dans les camps, patriotes de différents pays, y compris l’Allemagne. Comme le fascisme avait tenté de diviser sur le sol national Français juifs et Français non juifs, Français et étrangers, les nazis s’appliquèrent à nous jeter les uns contre les autres, à nous soumettre à une concurrence sordide, devant l’extermination par le travail, devant la mort. Ils avaient établi une odieuse hiérarchie des « races » et des peuples dont dépendait un système de quotas de déportés par pays.

Beaucoup de ceux qui ont survécu des camps le doivent à la solidarité, à l’union dans la lutte des patriotes de tous les pays.  Ne l’oublions pas !

Aujourd’hui, nous commémorons le plus monstrueux crime contre l’Humanité.

Les jeunes sont plus que jamais l’objet de toute notre attention. Nous voulons leur donner tous les moyens de constituer la relève pour transmettre notre mémoire et asseoir définitivement la vérité historique de ce que nous avons connu, entre autres contre les entreprises toujours renouvelées des révisionnistes et négationnistes.

Nous voulons que cette journée soit un moment intense de témoignage, pour la vigilance devant l’oubli, pour la mobilisation contre toute résurgence de l’idéologie nazie.

Ce combat n’est pas que le nôtre mais celui de vous tous, de la Nation tout entière.

« Ce que nous pouvons laisser comme message aux jeunes, ce que la Résistance nous a appris, c’est que lorsqu’une cause nous paraît juste, il faut lutter pour elle, quels qu’en soient les risques pour soi ». Faisons nôtre cette parole de Marie-Claude Vaillant-Couturier.

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Mardi 10 février 2009

Le 8 février 1962, 9 manifestants contre la guerre d’Algérie et les crimes de l’OAS étaient tués au métro Charonne.


Parmi eux 8 communistes dont Anne-Claude Godeau, employée aux Chèques postaux dans le 15ème et Jean-Pierre Bernard, dessinateur à la direction des télécommunications du boulevard de Vaugirard, secrétaire de la section ParisXV-Pasteur, père de trois enfants.


Un hommage leur sera rendu, comme chaque année, au nom du PCF et de la CGT

Jeudi 12 Février

Hommage à Anne-Claude Godeau : rendez-vous à 11h00 devant l'immeuble des Chèques Postaux, impasse Bourseul, métro Vaugirard

Hommage à Jean-Pierre Bernard : rendez vous à 12h30 devant l'ancienne direction des télécoms de Région Parisienne, 18 boulevard de Vaugirard


Anne-Claude Godeau avait 24 ans. Originaire de Nantes, elle était venue chercher du travail à Paris comme tant d’autres provinciales. Elle fut bientôt mêlée au grand mouvement des travailleurs parisiens. Elle avait adhéré aux Parti communiste aux Chèques Postaux où elle travaillait à la brigade B du service bancaire.

Le soir du jeudi 8 février 1962, avec d’autres camarades des CCP, elle était allée crier sa colère contre les crimes de l’OAS, cette organisation criminelle fasciste qui entendait désespérément maintenir la domination coloniale sur l’Algérie, dont un nouvel attentat venait de défigurer la petite Delphine Renard.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes participaient à la manifestation pacifique à l’appel de la CGT, du PCF, du Mouvement de la Paix et d’autres organisations démocratiques.


Se montrant complice des fascistes, le pouvoir répond par le déchaînement prémédité de violence policière. Un certain Maurice Papon était alors Préfet de police de Paris. Le même avait fait jeter à la Seine le 17 octobre 1961 des centaines de manifestants algériens.


Il y eut 9 morts le 8 février 1962, écrasés au métro Charonne, assassinés par le crime d’Etat du gouvernement d’alors.


Dès la nuit, les agents des chèques débrayaient.


Le 13 février, la CGT prend l’initiative d’un mot d’ordre d’arrêt de travail national, suivi par d’autres organisations syndicales. Un million de personnes défilent dans les rues de Paris en hommage aux martyrs de Charonne. L’opinion évolue en faveur d’une fin rapide de la guerre d’Algérie. Le 19 mars 1962, l’ordre de cessez-le-feu est donné.


Souvenons-nous d’Anne-Claude Godeau, de Jean-Pierre Bernard et de leurs camarades, de leur engagement pour la paix, pour un monde plus humain, plus fraternel, engagement et lutte malheureusement toujours d’actualité dans le monde et dans notre pays.


Le 9 février 1962, les parents d’Anne-Claude Godeau recevaient sa dernière lettre à Nantes : « Ce soir, je vais à une manifestation à la Bastille, encore interdite par le Préfet de police. Vraiment on fait tout pour protéger l’OAS ».


A la une des "Nouvelles du 15ème" le 10 février 1962, hebdomadaire du PCF Paris 15

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Lundi 9 février 2009

Il y a 65 ans, le 8 février 1943, l’occupant nazi assassinait cinq jeunes résistants, élèves au lycée Buffon, boulevard Pasteur dans le 15ème arrondissement.

Nous reproduisons l’hommage que leur rendait, 20 ans après, dans les colonnes des « Nouvelles du 15ème », alors hebdomadaire du PCF 15ème, Alcide Morel, membre fondateur de l’Unité combattante « Valmy », membre du Comité local de Libération du 15ème et président du comité du 15ème de l’ANACR.

En fin d’article, vous trouverez aussi les dernières lettres des cinq jeunes fusillés à leurs parents qu’il faut lire, non pas pour s’émouvoir, mais comme « testament de la plus pure résistance ».

  

 

Extrait des Nouvelles du 15ème du 17 Février 1963
 

Aujourd’hui devant le Lycée Buffon

Nous irons nous recueillir en hommage aux 5 jeunes martyrs

 

La longue liste des élèves et professeurs de Buffon, qui, de 1940 à 1944, tombèrent sous les balles nazies ou disparurent dans les camps de la mort est le témoignage authentique et douloureux du rôle éminemment patriotique du Lycée du Boulevard Pasteur qui, dès les premiers jours de l’occupation, sous l’impulsion de son professeur d’histoire Raymond Burgard, devint l’un des premiers centres actifs de la résistance estudiantine et universitaire.


Début octobre 1941, à travers les salles du Lycée, les portraits de Pétain sont lacérés ; dans les couloirs et les cours, tracts et mots d’ordre anti-collaboration circulent sous le manteau ; sur les murs sont collés des papillons dénonçant la trahison de Vichy.


Le 11 novembre, 22ème anniversaire de la défaite allemande, ceux qui formeront le « groupe des Cinq étudiants du Lycée Buffon » entraînant plusieurs milliers de leurs camarades des écoles et du quartier latin aux Champs Elysées et à l’Etoile : première manifestation au grand jour d’une Résistance qui va se heurter à la sauvage intervention de la soldatesque hitlérienne ; il y eut de nombreux blessés ; des quantités d’arrestations furent opérées dont celle d’un des fils du professeur Burgard.


En janvier 1941, le numéro 1 du journal clandestin « Valmy » (composé avec une imprimerie rudimentaire et dont j’étais l’un des rédacteurs) diffusé dans le Lycée stimule l’ardeur des jeunes . Le dimanche 11 mai, jour de la Fête de Jeanne d’Arc, leurs groupes nombreux se joignent à la manifestation de masse, dont Burgard et moi-même prenons le commandement, à la statue des Pyramides, devant le siège du PPF où ont lieu les accrochages et au quartier général de la Wehrmacht rue de Rivoli… La répression s’abat aussitôt sur la capitale… Mais le coup de feu de Fabien ne tardera pas à éclater à Barbès ; le « Front National » se crée ; le C.N.R. prend corps.

 

Un seul ennemi : l’envahisseur

 

Dans toute la France envahie et asservie, les jeunes réfractaires sans distinction – des scouts catholiques ou protestants aux Jeunesses Communistes (qui manifestèrent rue du Commerce en juin 1941 ; ce qui me valut une enquête de la police) commencent à se chercher, se rattachent à des réseaux, forment des maquis ; pour eux « un seul ennemi, l’Envahisseur ».


Pendant ce temps à Londres, où se nourrissent déjà les « inconditionnels », le souci primordial de l’Etat-major civil et militaire gaulliste (j’en parle en connaissance de cause) c’est la discrimination sociale et l’ostracisme politique. L’axe Paris-Bonn-Madrid est latent.

Le numéro de « Valmy » du 14 juillet 1941 (imprimé convenablement et largement répandu)  « à la gloire de la Révolution Française » souleva l’enthousiasme des Lycéens et durcit leurs positions.


Le 1er avril au soir et à mon journal rue Gramme, Burgard et moi rédigeons un projet d’Appel aux Forces Civiques. Le 2 au matin, Burgard est arrêté dans son appartement rue Pérignon.


Le 16, les lycéens et lycéennes de tout Paris envahissent le Lycée Buffon au chant de la Marseillaise, aux cris de « Libérez Burgard ». Et ils annoncent la formation du « Front National des Etudiants ».


Dès lors, Buffon sera le point de mire de la surveillance et des coups de la police allemande et de la milice aux aguets boulevard Pasteur et rue de Staël… Dès lors aussi, ensemble ou séparément, les jeunes intensifieront et élargiront leur action : attaques armées quai de Tokyo et quai Malaquais, coups de main rue de Vaugirard et rue de Bucci, sabotage des voies ferrées et d’aérodromes en Seine et Marne, destruction des pylônes du poste émetteur de Saint-Adresse par des F.T.P.F du « Groupe Valmy ».


Il a suffi d’un vil « collaborateur », soi-disant réfugié d’Europe Centrale, pour que ces gosses héroïques tombent entre les mains des brigades spéciales de la Gestapo. Arthus (17 ans), Baudry (19 ans), Grelot (18 ans), Legros (18 ans), furent arrêtés les 3 et 4 juin 1942, Benoît (17 ans le 22 août). On les incarcéra à la prison de Fresnes d’où Baudry et Legros tentèrent en vain de s’évader.


Le 15 octobre 1942, un jugement sommaire du tribunal de la Luftwaffe les condamna à la peine de mort.


Le 8 février 1943, à 11 heures, tandis que le canon de Stalingrad forgeait le destin du Monde, ils firent face courageusement au fusilleurs du sinistre Champ de Tir de la Porte de Sèvres. Les suprêmes adieux qu’ils écrivirent à leurs parents nous sont restés comme le plus beau et le plus haut testament de la plus pure résistance.


Comme s’il avait honte de son crime, le bourreau à croix gammée fit transporter secrètement les dépouilles dans un recoin du cimetière d’Ivry.


Aujourd’hui, leurs cendres ont été tranférées dans la crypte de la Sorbonne à quelques pas du Panthéon où le nom de leur maitre Raymond Burgard (décapité à la forteressede Cologne en juin 1944) a été gravé…

 

Maintenant que les idéaux de la résistance sont désavoués

 

O Morts, qui avez « suivi le chemin de l’Honneur », qui pourrait vous oublier ?


Au seuil de ce Lycée Buffon, haut lieu de la Résistance, où votre souvenir demeure, nous irons nous recueillir.


Unis et fervents, en présence de vos familles, nous vous honorerons…


…A l’heure où les idéaux de la Résistance sont désavoués, et où les criminels de guerre nazis se voient libérés et réhabilités, tandis que les mensonges de l’Europe fasciste d’il y a 20 ans sont à nouveau et officiellement proclamés, notre plus grand désir dne sra-t-il pas de vous demander pardon…

 

Alcide MOREL,

Membre fondateur de l’Unité Combattante « Valmy », Membre du Comité Local de Libération, Président du Comité du XVème  Arrondissement de l’Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance.

 

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Lettres écrites par cinq Élèves du Lycée Buffon fusillés par les Allemands

 


Lettre de Jean Arthus

Paris, le 8 février 1943,

Mon Grand Chéri,

Je ne sais si tu t'attendais à me revoir, je m'y attendais.
On nous a appris ce matin que c'était fini, alors, adieu ! Je sais que c'est un coup très rude pour toi, mais j'espère que tu es assez fort et que tu sauras continuer à vivre en gardant confiance en l'avenir.
Travaille, fais cela pour moi, continue les livres que tu voulais écrire, pense que je meurs en Français pour ma Patrie.
Je t'embrasse bien.

Adieu, mon grand Chéri,

Jean Arthus


Lettre de Jacques Baudry

Mes Pauvres Parents chéris,

On va m'arracher cette vie que vous m'avez donnée et à laquelle je tenais tant. C'est infiniment dur pour moi et pour vous. J'ai eu la chance de savoir, avant de mourir, que vous étiez courageux. Restez-le, surtout ma petite maman que j'embrasse de tout mon pauvre cœur.
Mes pauvres chéris, j'ai accepté le combat, vous le savez. Je serai courageux jusqu'au bout. La guerre sera bientôt finie. Vous serez quand même heureux dans la paix, un peu grâce à moi. Je veux retourner à Dieu à côté de pépère et mémère. J'aurais voulu vivre encore pour vous aimer beaucoup. Hélas ! Je ne peux pas, la surprise est amère !
J'ai eu les journaux. Nous mourons en pleine victoire. Exécution ce matin à onze heures. Je penserai à vous, à Nicole. Hélas ! mes beaux projets d'avenir ! Qu'elle ne m'oublie pas non plus, ni mes parents !
Mais surtout, que la vie continue pour elle, qu'elle profite de sa jeunesse.


Jacques Baudry



Lettre de Pierre Benoit

Paris, le 8 février 1943,

mes Chers Parents, Chers amis,

C'est la fin !... On vient de nous chercher pour la fusillade. Tant pis. Mourir en pleine victoire, c'est un peu vexant, mais qu'importe !... Le rêve des hommes fait événement…
Nano, souviens-toi de ton frangin. Jusqu'au bout, il a été propre et courageux, et devant la mort même, je ne tremble pas.
Adieu, petite Maman chérie, pardonne-moi tous les tracas que je t'ai faits. J'ai lutté pour une vie meilleure ; peut-être un jour, tu me comprendras !
Adieu, mon vieux Papa. Je te remercie d'avoir été chic avec moi. Garde un bon souvenir de ton fils.
Tototte, Toto, adieu, je vous aimais comme mes propres parents.
Nano, sois un bon fils, tu es le seul fils qui leur reste, ne fais pas d'imprudence.
Adieu tous ceux que j'ai aimés, tous ceux qui m'aimaient, ceux de Nantua et les autres.
La vie sera belle. Nous partons en chantant. Courage. Ce n'est pas si terrible après six mois de prison.
Mes derniers baisers à vous tous.


Pierre Benoit.


Lettre de Pierre Grelot

Paris, le 8 février 1943

Maman chérie, Papa et Jacques chéris,

Tout est fini, maintenant. Je vais être fusillé ce matin à onze heures. Pauvres parents chéris, sachez que ma dernière pensée sera pour vous, je saurai mourir en Français.
Pendant ces longs mois, j'ai beaucoup pensé à vous et j'aurais voulu plus tard vous donner tout le bonheur que votre affection pour moi méritait en retour. J'ai rêvé tant de choses pour vous rendre heureux après la tourmente. Mais, hélas ! mes rêves resteront ce qu'ils sont.
Je vous embrasse beaucoup, beaucoup. La joie de vous revoir m'est à jamais interdite. Vous aurez de mes nouvelles plus tard.
Je vous embrasse encore et toujours, mes parents chéris. Gardez toujours dans votre cœur mon souvenir…
Adieu, Maman, Papa, Jacques Chéris, adieu…

Pierre Grelot


Lettre de Lucien Legros.

Paris, le 8 février 1943.

Mes Parents Chéris, mon Frère Chéri,

Je vais être fusillé à onze heures avec mes camarades. Nous allons mourir le sourire aux lèvres, car c'est pour le plus bel idéal. J'ai le sentiment, à cette heure, d'avoir vécu une vie complète.
Vous m'avez fait une jeunesse dorée : je meurs pour la France, donc, je ne regrette rien. Je vous conjure de vivre pour les enfants de Jean. Reconstruisez une belle famille...
Jeudi, j'ai reçu votre splendide colis ; j'ai mangé comme un roi. Pendant ces quatre mois, j'ai longuement médité ; mon examen de conscience est positif, je suis en tous points satisfait.
Bonjour à tous les amis et à tous les parents.
Je vous serre une dernière fois sur mon cœur.

Lucien Legros. 

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Mercredi 28 janvier 2009
Avis à ses anciens camarades

Mardi 3 février 2009
à partir de 17h00
au 130 rue Castagnary, Paris 15ème, métro porte de Vanves, bus 95, 89, Tramway T3

La section du PCF du 15ème arrondissement rendra un dernier hommage à

André MORONI, militant ouvrier communiste, ancien résistant, ancien secrétaire du Comité d'arrondissement du PCF 15ème, ancien membre de la direction de la fédération de Paris du PCF, ancien militant syndical et responsable de l'UD-CGT, ancien Conseiller de Paris et conseiller général de la Seine

décédé à l'âge de 83 ans le 17 janvier 2009


Lien vers notre avis de décès

 

Nous avons appris le décès de notre camarade André Moroni, samedi 17 janvier 2009, à l’âge de 83 ans. Au nom de toute la section du PCF Paris 15ème, nous lui rendons hommage.

 

André est arrivé dans le 15ème en 1947. Il travaillait comme ouvrier métallurgiste à l’Alsthom-Lecourbe où il militait également syndicalement à la CGT.

 

Il avait déjà plusieurs années d’engagement communiste derrière lui, ayant adhéré en 1943 au Parti. Résistant, il avait été responsable des jeunesses communistes à Paris et des « Forces vives de la jeunesse patriotique ». A la Libération, il s’engage dans la 1ère armée française.

 

Ses qualités politiques le conduisent rapidement à des responsabilités dirigeantes, dans les sections, au niveau de tout l’arrondissement ainsi qu’au sein de la fédération de Paris. Il est membre Comité fédéral à partir de 1953, puis du bureau et du secrétariat.

De 1960 à 1970, il est 1er secrétaire du Comité d’arrondissement du PCF, qui regroupe alors toutes les sections du 15ème, 8 puis 10, d’entreprises et de quartiers.

Il est de toutes les batailles, qu’il coordonne, dans cette période marquée par le début des attaques contre l’industrie et l’essor de la spéculation immobilière dans notre arrondissement. Notamment en 1968.

Il fait alors du journal local du Parti, les « Nouvelles du 15ème », dont il anime l’équipe de rédaction, un hebdomadaire de masse, en phase avec le mouvement des luttes.

Il est également candidat aux législatives de 1962, 1967 et 1968 dans la circonscription de Javel. De 1959 à 1965, il est conseiller de Paris du 15ème et conseiller général de la Seine.

 

Dans les années 70, il est appelé à des responsabilités syndicales au sein de l’Union départementale CGT de Paris dont il fait partie du bureau.

 

A partir des années 70 et notamment du 22ème congrès du PCF, sa réflexion politique le conduit à exprimer son opposition avec ce qu’il considère comme un virage réformiste du Parti. Les évolutions ultérieures le confirment dans cette analyse, notamment la participation au gouvernement après 1981.

 

En 1983, il lance le bulletin « Faits et analyses ». Pendant plus de 20 ans, il s’adresse régulièrement aux militants communistes, les appelle à réagir à la transformation progressive du Parti en parti réformiste, à sa liquidation.

 

Toujours adhérent dans le 15ème, il participe aux réunions et à l’activité de la section jusqu’à ce que la maladie le frappe. Il y expose ses réflexions qui sont écoutées et discutées.

Au 30ème congrès, il approuve l’orientation décidée majoritairement par notre conférence de section, tout en conservant ses positions personnelles.

 

Aujourd’hui, nous tenons à rendre hommage au militant et au dirigeant du PCF, qu’il a été notamment dans le 15ème, dévoué et efficace dans la bataille de classe.

Nous saluons l’engagement sans concession de notre camarade. Sa lucidité politique, son refus de l’opportunisme et de l’entrisme gauchiste, l’auront amené à refuser toute compromission, tout compromis.

Notre pensée va aussi à ses proches.

 

André ayant donné son corps à la science, il n’y aura pas d’obsèques.



 
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Vendredi 23 janvier 2009

 

Nous avons appris le décès de notre camarade André Moroni, samedi 17 janvier 2009, à l’âge de 83 ans. Au nom de toute la section du PCF Paris 15ème, nous lui rendons hommage.

 

André est arrivé dans le 15ème en 1947. Il travaillait comme ouvrier métallurgiste à l’Alsthom-Lecourbe où il militait également syndicalement à la CGT.

 

Il avait déjà plusieurs années d’engagement communiste derrière lui, ayant adhéré en 1943 au Parti. Résistant, il avait été responsable des jeunesses communistes à Paris et des « Forces vives de la jeunesse patriotique ». A la Libération, il s’engage dans la 1ère armée française.

 

Ses qualités politiques le conduisent rapidement à des responsabilités dirigeantes, dans les sections, au niveau de tout l’arrondissement ainsi qu’au sein de la fédération de Paris. Il est membre Comité fédéral à partir de 1953, puis du bureau et du secrétariat.

De 1960 à 1970, il est 1er secrétaire du Comité d’arrondissement du PCF, qui regroupe alors toutes les sections du 15ème, 8 puis 10, d’entreprises et de quartiers.

Il est de toutes les batailles, qu’il coordonne, dans cette période marquée par le début des attaques contre l’industrie et l’essor de la spéculation immobilière dans notre arrondissement. Notamment en 1968.

Il fait alors du journal local du Parti, les « Nouvelles du 15ème », dont il anime l’équipe de rédaction, un hebdomadaire de masse, en phase avec le mouvement des luttes.

Il est également candidat aux législatives de 1962, 1967 et 1968 dans la circonscription de Javel. De 1959 à 1965, il est conseiller de Paris du 15ème et conseiller général de la Seine.

 

Dans les années 70, il est appelé à des responsabilités syndicales au sein de l’Union départementale CGT de Paris dont il fait partie du bureau.

 

A partir des années 70 et notamment du 22ème congrès du PCF, sa réflexion politique le conduit à exprimer son opposition avec ce qu’il considère comme un virage réformiste du Parti. Les évolutions ultérieures le confirment dans cette analyse, notamment la participation au gouvernement après 1981.

 

En 1983, il lance le bulletin « Faits et analyses ». Pendant plus de 20 ans, il s’adresse régulièrement aux militants communistes, les appelle à réagir à la transformation progressive du Parti en parti réformiste, à sa liquidation.

 

Toujours adhérent dans le 15ème, il participe aux réunions et à l’activité de la section jusqu’à ce que la maladie le frappe. Il y expose ses réflexions qui sont écoutées et discutées.

Au 30ème congrès, il approuve l’orientation décidée majoritairement par notre conférence de section, tout en conservant ses positions personnelles.

 

Aujourd’hui, nous tenons à rendre hommage au militant et au dirigeant du PCF, qu’il a été notamment dans le 15ème, dévoué et efficace dans la bataille de classe.

Nous saluons l’engagement sans concession de notre camarade. Sa lucidité politique, son refus de l’opportunisme et de l’entrisme gauchiste, l’auront amené à refuser toute compromission, tout compromis.

Notre pensée va aussi à ses proches.

 

André ayant donné son corps à la science, il n’y aura pas d’obsèques.

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Lundi 20 octobre 2008

Résistants et patriotes de tous les pays, et non partisans de l’Europe supranationale !

 

     L’an dernier, le président nouvellement élu s’aventurait à une entreprise de récupération de la mémoire du jeune communiste, Guy Môquet, fusillé à Châteaubriant avec 26 de ses camarades, le 22 octobre 1941. Mal lui en a pris, tant la célébration de l’engagement politique, social et patriotique de notre martyr allait à l’encontre de sa politique au service du capitalisme mondialisé.

 
     Cette année, mes amis enseignants m’alertent sur une nouvelle tentative de récupération. Il s’agit maintenant de transformer l’hommage à Guy Môquet en célébration de l’Union européenne, de « l’Europe unie » à l’occasion de la semaine de propagande « L’Europe à l’école » pour reprendre le texte de la circulaire du directeur général de l’enseignement scolaire.

 

     Comme beaucoup mes camarades, au cours de ma déportation, comme déjà dans la Résistance en France, nous avons naturellement fraternisé avec des résistants de tous les pays. Cette solidarité s’est avérée décisive pour la survie de milliers d’entre nous à Buchenwald. Les communistes allemands, autrichiens, tchèques notamment, jouèrent un très grand rôle dans la résistance dans le camp.

Les uns et les autres, nous nous sommes retrouvés unis parce que nous combattions pour l’indépendance et la liberté de nos nations respectives, contre le nazisme et son projet européen, le « Reich de 1000 ans ».

     Nous combattions chacun pour la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes, pour la paix, contre les conséquences des politiques menées dans les années 30.

 

     Aussi, je n’accepterai pas que soient aujourd’hui instrumentalisés notre engagement, le sacrifice suprême de certains d’entre nous, pour la cause d’une Union européenne militarisée, construite contre les acquis sociaux et démocratiques nationaux, contre la souveraineté des peuples, telle qu’elle s’est par exemple exprimée lors du référendum de 2005 contre le projet de constitution supranationale.

 

     Chacun, chaque ancien résistant, peut avoir son opinion sur l’UE. Les autorités françaises n’ont pas le droit de travestir l’engagement des patriotes pendant la Résistance, pour l’indépendance des nations, l’amitié entre les peuples, la paix.

 

 

Emile Torner, ancien déporté-résistant, Buchenwald-Langenstein, KLB – 81655.

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