Sous forme de tract (PDF) à l'occasion de la manifestation nationale du 22 octobre
Politique industrielle ?
Accompagner le déclin pour nourrir les profits du Medef ou gagner le développement pour répondre aux besoins du pays!
Il n’y a pas d’un côté un « bon » capitalisme, « productif dans l’économie réelle », et un « mauvais » capitalisme financier sujet à des « dérives ». Non ! Il n’y a qu’un seul capitalisme qui par définition recherche à tirer de l’exploitation du travail un profit maximal, forcément financier (dividendes, de rachat d’actions…) pour les possédants. Il est nécessaire de le rappeler !
Dans la période actuelle, en France, cette quête de profits passe par la destruction de pans entiers de la production industrielle, la suppression de centaines de milliers d’emplois, l’intensification de l’exploitation des salariés restant en activité.
La « crise », la propre crise du capitalisme lui-même, sert à la fois de prétexte et d’instrument au Medef, aux grandes entreprises « françaises » pour l’accélération du processus. Ils l’ont préparée depuis des années à coup de restructurations, d’éclatement des grandes unités de production, d’externalisations, de développement de la sous-traitance, de débuts de délocalisation.
Aujourd’hui les conséquences sont extrêmement graves pour le pays, dramatiques pour les salariés.
15% de l’emploi industriel a été détruit pendant que le chômage partiel, la précarité et la « flexibilité » ont encore été accrus. Ce qui n’empêche pas les profits des entreprises industrielles de se porter toujours bien en attendant, eux, des jours encore meilleurs: 35 milliards d’euros pour celles du CAC 40 sur les six premiers mois de 2009.
Pilier fondamental de l’économie, dans un grand pays développé, l’industrie en France ne répond plus globalement à la demande en France (encore moins aux besoins réels de développement et de consommation non satisfaits).
L’exemple emblématique de ce recul est le secteur automobile, dans un des rares pays du monde disposant de la maîtrise de toute la filière. En 2004, cette industrie dégageait un solde commercial positif de 13 milliards d’euros. En 2008, pour la première fois depuis la guerre, le solde commercial est devenu négatif de 2,9 milliards d’euros. Pour le seul premier semestre de 2009, le trou atteint déjà 2,6 milliards d’euros. La responsabilité principale est à chercher dans la stratégie de PSA et de Renault, puissamment aidés par l’Etat, de favoriser la délocalisation de leurs sous-traitants et de leurs propres productions, grâce à l’UE, dans les pays à bas coûts de production.
Dans de nombreux secteurs, la destruction de l’outil industriel risque de conduire rapidement à une perte de potentiel et de savoir-faire lourde à remonter.
L’insistante campagne idéologique pour convaincre les travailleurs que la France n’aurait plus vocation à produire des biens de base mais devrait se diriger uniquement vers la haute-technologie est battue en brèche par les faits : le recul dans tous les secteurs dans le cadre d’une concurrence tout aussi vive.
La défense de l’industrie en France, dans toutes les branches, de l’emploi industriel est une priorité nationale. Il faudrait être naïf pour compter sur le pouvoir au service du Medef pour la mener.
Au sujet de l’industrie, Sarkozy est le roi de l’esbroufe. Les métallurgistes de Gandrange en savent quelque chose. Sa politique se situe strictement dans la continuité et l’aggravation de celle de ses prédécesseurs.
Elle s’inscrit entièrement dans l’encouragement des délocalisations, de la mise en concurrence généralisée des travailleurs, que portent l’UE, le Traité de Lisbonne, l’OMC (dirigée par le PS, Lamy…).
Dans ce cadre, au nom de la « compétitivité », le pouvoir continue à distribuer toujours plus d’aides au patronat, aux dépens des dépenses publiques et sociales, de la consommation populaire, pourtant moteur d’une croissance saine. Aux 90 milliards d’euros par an issus des cadeaux précédents, il se permet d’ajouter 12 milliards d’euros avec la suppression de la taxe professionnelles dans le budget 2010. Ces « aides » se retrouvent, même celles qui transitent par les PME, dans les profits des grands groupes. Pourtant, comme l’admet même la Cour des comptes, les exonérations de cotisations sociales patronales n’ont aucun effet perceptible sur l’emploi… mais plombent la Sécurité sociale.
Cette logique de la concurrence et du moins disant social touche la commande publique de l’Etat comme des régions. Ainsi l’Ile-de-France a choisi en 2006 le groupe canadien Bombardier, dont la production en France est minime, plutôt qu’Alstom pour le « marché du siècle » de 4 milliards d’euros du renouvellement des trains de banlieue.
En termes de politique de formation et de recherche, les effets d’annonce cachent de nouveaux cadeaux financiers sans objectifs précis ni contrôle avec les « pôles de compétitivité » ou la remise en cause des bacs professionnels.
Depuis la « crise », les interventions du gouvernement, au volontarisme certes bien mis en scène, sont toujours rentrées dans le jeu du patronat, par exemple en refusant d’imposer un repreneur réel pour Molex ou Continental. A quoi servent les 6,5 milliards de prêts à taux avantageux pour les constructeurs automobiles ?
Qu’attendre maintenant des « états généraux de l’industrie » de Sarkozy sinon le piège, la tentative d’intégrer les salariés et leurs organisations syndicales à la cogestion de la crise, à la recherche d’un « moindre mal » qui légitime l’ensemble d’une politique d’accompagnement de la casse progressive de l’industrie et de recul social ?
A cette logique, depuis des mois, des mouvements de lutte hautement responsables, malgré la détresse des salariés, menés avec les organisations syndicales, se développent et opposent une perspective de résistance.
Les salariés de la SBFM dans le Morbihan ont réussi à créer le rapport de force pour obliger Renault, leur donneur d’ordre à assumer ses responsabilités. A Marseille, la mobilisation se construit contre l’abandon des chantiers de réparation navale. Les Molex à Villemur-sur-Tarn, par leur long mouvement, ont fait la démonstration de la stratégie destructrice de leur patron et de la complicité du gouvernement. Etc…
Ces luttes, ce potentiel de résistance rejoint les mobilisations des agents des services publics. Le lien est direct. Les services publics sont une condition du développement industriel. SNCF, RATP, EDF, GDF, Poste, France Telecom, fonction publique : d’importantes possibilités de convergences de lutte avec les salariés de l’industrie existent dans les semaines qui viennent.
Notamment pour imposer d’autres choix en faveur de l’industrie !
Le refus de la logique du dumping social :
- Pour la hausse du SMIC à 1600 euros net et le rétablissement dune échelle mobile des salaires.
- Pour l’indemnisation à 100% du chômage partiel.
- Pour la suppression des avantages fiscaux et « sociaux » aux heures supplémentaires.
Remise en cause de toutes les aides publiques aux entreprises :
- Extinction de toutes les exonérations de cotisations sociales patronales (32 milliards d’euros pour 2009).
- Pas d’aide en nature sans contrepartie, contrôle et réversibilité.
- Remplacement de la taxe professionnelle par un dispositif équivalent pesant sur la plus-value des entreprises.
Développement de la recherche et de la formation sous tutelle publique.
Des droits nouveaux pour les salariés et la collectivité :
- Nous faisons nôtre les propositions de la CGT d’attribuer aux CE un droit de veto suspensif sur les plans de licenciements et de restructuration.
- De constituer des comités interentreprises entre sous-traitants et donneurs d’ordres.
Le maintien et le développement des filières industrielles, répondant aux potentiel et aux besoins du pays, ne peut pas se faire sans l’intervention démocratique des salariés et de la collectivité.
Nous nous prononçons pour la (re)nationalisation d’entreprises industrielles centrales, dans des secteurs clefs, comme l’automobile, les chantiers navals, la métallurgie, l’aéronautique…
Le gouvernement est prêt à prendre des participations pour renflouer le capital mais pas à laisser à la collectivité des moyens d’action sur la stratégie de développement industriel.
Une véritable politique industrielle implique enfin le refus de l’application de nombre de directives européennes de délocalisation et de mise en concurrence des travailleurs et l’essor d’une logique de coopérations entre pays d’Europe et d’ailleurs.
Pourquoi il faut faire de Goodyear une lutte nationale.
Le cas des usines Goodyear d’Amiens est exemplaire, dans tous les sens du terme.
D’un côté, le patronat industriel expérimente toutes les méthodes, pressions, chantage, illégalité pour imposer des formes d’exploitation invivables, supprimer des emplois et à court terme des activités en France.
De l’autre, les salariés avec leurs syndicats, en tout premier lieu, le syndicat CGT de l’usine d’Amiens-nord, résistent avec courage et détermination à l’agression patronale et construisent le rapport de force à partir des luttes, en déployant actions et propositions, pour défendre l’emploi et l’industrie.
Depuis 2007, la direction de Goodyear a en tête un plan de restructuration pour ses usines d’Amiens (2500 salariés sur deux sites). Elle conditionne de futurs investissements à Amiens et le maintien de 80% des emplois (avec tout de même 450 à 500 suppressions de postes en trois ans) à l’adoption d’une nouvelle organisation du temps de travail pour les travailleurs postés : les 4/8. Les ouvriers travailleraient en quatre équipes, 7 jours sur 7, avec une rotation : 2 jours de suite en équipe du matin, 2 en équipe d’après-midi, 2 en équipe de nuit puis 2 de repos.
Cette organisation du travail serait dévastatrice aussi bien pour la vie de famille (plus de 30 week-ends sautent) que pour la santé des salariés. Elle est d’ailleurs, pour l’instant, non conforme avec la convention collective du caoutchouc, donc illégale.
La CGT a fait la démonstration qu’une organisation en 5/8 serait plus efficace tout en maintenant les effectifs et en préservant la santé des salariés.
Mais la direction n’en a cure.
Il apparaît de plus en plus nettement qu’elle cherche des prétextes pour détruire une partie des activités, se concentrer sur des productions de pneumatiques spéciaux plus rentables et délocaliser le reste. D’ailleurs les suppressions d’emploi ont déjà donné lieu à des provisions financières depuis 2006.
La multinationale avance masquée. Elle tente de culpabiliser les salariés et leurs syndicats et ne veut pas assumer le coût médiatique et aussi économique de ses choix de casse.
Tous les moyens sont bons pour faire pression sur les salariés pour qu’ils acceptent d’eux-mêmes de sacrifier leur santé et une partie de leur vie, sans aucune assurance sur le devenir de l’entreprise. Promesses de primes et récompenses d’un côté, menaces de l’autre, en particulier de licencier, dès septembre 2008, 402 des 1450 salariés d’Amiens-Nord. Car, à Amiens-nord, avec la CGT, les salariés ne se laissent pas du tout faire. Ils ont déjoué le vote bidouillé organisé par l’entreprise qui a essayé d’opposer les salariés de jour, non concernés par les 4/8, contre les salariés postés. 64% de l’ensemble des salariés (72% des ouvriers postés) ont refusé le chantage de la direction.
Devant son échec, pour faire passer un « accord » d’entreprise, la direction a obtenu la signature de deux syndicats inconsistants dans l’usine, la CFTC et de la CGC.
La CGT, majoritaire, a courageusement fait valoir son droit d’opposition en juillet.
Depuis le patron s’acharne et redouble de menaces. Ce ne sont plus 400 mais 1000 emplois qui seraient supprimés « dans quelques mois » dans l’usine d’Amiens-Nord, les premières lettres de licenciement devant partir dès l’été.
Il se répand dans toute la presse pour accuser la CGT d’être responsable des licenciements, à quoi elle répond que c’est lui qui enverra les lettres.
La direction a également assigné 5 élus CGT pour blocage de l’usine, alors que c’est elle-même qui a instauré un lock-out illégal pendant cinq jours. La supercherie était tellement grosse que les tribunaux l’ont déboutée.
Derrière tout cela, n’oublions pas le contexte et l’inquiétude de centaines de familles. Le haut niveau de la lutte ménée par les militants syndicaux a donné des points de repère solides et démonté les manœuvres vicieuses du patronat. La conduite du mouvement, esquivant les provocations, associant actions de luttes, réflexions et propositions collectives est vraiment remarquable.
Le cas de Goodyear est d’autant plus important qu’il constitue un précédent, après quelques autres (Bosch, Continental, …) de chantage à l’emploi pour dégrader les conditions de travail, en particulier l’organisation du temps de travail. Cette situation risque de se généraliser après l’adoption, cet été même, de la loi sur le temps de travail et la « représentativité » syndicale qui donne la primauté aux accords d’entreprise (là où le patronat est le plus en position de force) sur les accords de branche.
Autant de raisons pour faire connaître et relayer la lutte des salariés de Goodyear. Pour l’instant, les licenciements sont bloqués pour cause de non respect des règles de consultation du CHSCT…
La fédération CGT de la chimie organise une manifestation nationale à Amiens le 16 septembre. Tout le secteur du caoutchouc en France est directement concerné par le même type d’attaques. Tout le bassin d’emplois d’Amiens est concerné par les menaces sur Goodyear. Le cas est emblématique de l’avenir que le patronat industriel, tout métier confondu, réserve au potentiel de production français. Le patron de Renault vient d’annoncer des profits records en même temps que 6000 suppressions d’emplois. Goodyear affiche des profits de 150 millions de dollars sur les trois premiers mois de l’année.
Les communistes d’Amiens ont manifesté leur soutien aux Goodyear. Pour les communistes, la défense de l’industrie en France et celle du droit du travail sont des enjeux politiques majeurs. Il est possible d’élargir considérablement le rapport de force.
Les institutions politiques, de la commune à l’Etat, doivent être placées devant leurs responsabilités et leurs contradictions. Goodyear doit devenir une lutte nationale.
Peut-on négocier « en amont » des régressions sociales historiques?
Le 11 janvier, 4 syndicats ont signé avec le Medef un accord remettant gravement en cause le statut du travail, notamment en allongeant les périodes d’essai des CDI ou en créant des contrats à durée incertaine, en recul aussi bien sur les dispositions des CDD que des CDI. Le gouvernement est à l’origine de ces négociations et s’apprête à transformer l’accord en loi. Les syndicats signataires estiment avoir limité les dégâts et obtenu une compensation, dérisoire, en terme de continuité après licenciement des droits à formation et à couverture complémentaire.
La CGT n’a pas signé. Mais pourquoi a-t-elle participé à la négociation et avoir ainsi donnée une légitimé à son aboutissement? Dans un conflit, n’est-il pas plus logique dans l’intérêt des salariés, que la phase de négociation arrive après l’expression du rapport de force? Qui plus est, sur de tels reculs sociaux.
A la RATP, la SNCF et l’EDF, l’initiative unilatérale des directions syndicales, dont la confédération CGT, de suspendre le mouvement au plus fort de la grève contre la casse des régimes spéciaux en échange de négociations sur la base du gouvernement suscite aussi des interrogations et critiques parmi les syndiqués. Le résultat de cette démarche de négociation est connu : pour l’instant, tous les points combattus par les salariés, allongement de la durée de cotisation, décote, fin de l’indexation des pensions sur les salaires… sont inscrits dans les décrets applicables au 1er juillet et la dynamique de la lutte a été désamorcée.
La montée du débat sur cette stratégie est saine et indispensable à l’heure où la construction des convergences de lutte entre tous les salariés est décisive pour mettre en échec la nouvelle phase du démantèlement de notre système de retraite solidaire par répartition.
Imprimerie Nationale : soutenir les grévistes et tirer les leçons politiques du passé.
Déclaration de la section PCF du 15ème et de retraités communistes de l’IN
Les salariés de l’Imprimerie nationale (IN) du site de Choisy-le-Roi sont en grève depuis le 21 janvier contre la suppression de 77 emplois sur 120 et pour le reclassement des personnels. Des camarades de la section du PCF de Paris 15ème, anciens de l’entreprise, sont aller apporter notre soutien à cette lutte. Beaucoup d’autres le font et se montrent à Choisy en ces temps de campagne électorale.
Le cas de l’IN n’en finit plus, malheureusement, d’être instructif sinon édifiant. Cette fois sur le plan politique la différence entre un parti de lutte pour les travailleurs, ce que doit être le PCF, et un parti de « gauche » ou « d’extrême-gauche » opportuniste. Nous sommes bien placés pour en parler, pour pousser un coup de gueule, à propos de l’IN que notre section, les communistes du 15ème ont défendue depuis des décennies.
Nous avons toujours démontré que la délocalisation de l’IN de l’usine et du siège historiques de 15ème (850 emplois en 2004) signifiait la mort de l’entreprise. La défense de l’IN s’articulait sur trois axes : 1- le refus de la liquidation des missions de service public, des commandes de l’Etat, des administrations et des entreprises publiques. 2- le rejet du double statut des personnels (finalement imposé en 93 par le gouvernement PS) puis la lutte pour l’assimilation des conditions d’emploi des différentes catégories statutaires de personnels. 3- le rejet de la délocalisation, synonyme de liquidation du potentiel industriel, l’un des plus modernes de France jusqu’à la fin.
Nous n’avons jamais démordus de ces positions, qui avaient permis de sauver l’IN plusieurs fois dans le passé (tentative déjà en 1967).
Dans la dernière période avant la liquidation du site parisien (1999/2004), nous avons démasqué les boniments de la direction de l’entreprise et du gouvernement. La « dette » était fabriquée artificiellement. Le projet de délocalisation, finalement à Choisy, prévoyait dès le départ, comme les mêmes s’en confiaient à la presse économique, la suppression des 4/5èmes des emplois et à court terme la cession du site au privé. Nous avons été également les seuls, bien malheureusement, à dénoncer le projet de vente des bâtiments et terrains publics au fonds de pension US Carlyle. Maintenant, cette gabegie organisée de l’argent public est reconnue par tous.
Pendant que nous animions la lutte sur ces bases, il est édifiant de rappeler l’attitude des autres organisations politiques et des élus.
Le PS. Les gouvernements PS partagent à parts égales avec la droite les responsabilités dans la casse de l’entreprise (de Charasse en 1992 à Fabius jusqu’en 2002). A Paris, en 2002, déjà en campagne électorale, Mme Hidalgo vient apporter son soutien hypocrite aux salariés en mouvement. Hypocrite parce que le PS ne s’est pas opposé à la délocalisation alors que la municipalité de Paris avait les moyens de le faire.
Elle pouvait la bloquer en ne délivrant pas (au nom de la préservation de l’emploi) les permis de démolir et de construire au fonds de pension Carlyle, racheteur choisi par le gouvernement. Elle s’est bien abstenue de la faire, malgré la revendication que nous avons portée. Aujourd’hui en 2008, le bureau national du PS apporte son soutien aux grévistes de l’IN à Choisy. Merci !
A notre stupéfaction, nous avons découvert que des élus du PCF du Val-de-Marne organisaient la délocalisation avec la direction de l’entreprise. Nous les avons contactés pour leur expliquer la situation. Sans succès. Les intérêts électoralistes à court terme (cantonales 2004) ont prédominé. 850 emplois détruits, 120 créés de façon précaire! Aujourd’hui, ils se succèdent pour défendre le service public à Choisy. C’est bien mais c’est beaucoup trop tard !
Enfin, parlons de la LCR, plutôt de sa mascotte médiatique, Olivier Besancenot, qui lui aussi est venu à Choisy. Il a beau jeu, c’est sûr, devant l’héritage de la « gauche plurielle ». Il peut aussi joué le vierge de passif politique à l’IN : on n’y avait jamais vu un seul militant de son groupement se battre pour elle. Jamais, ce n’est pas tout à fait exact. En 2003, un tract épisodique a abordé la question de l’IN. Au moment où nous nous battions contre la délocalisation, il venait entériner la chose en pleurant que l’on ne construise pas sur les terrains des logements sociaux. Le titre ne s’inventait pas : « Gutenberg ne veillera plus longtemps sur la rue de la Convention ». La LCR aurait pu plaider l’ignorance. Mais quand on ne sait rien, on se tait ! Que Besancenot aille se montrer dans les entreprises en lutte, ce n’est pas négatif puisque cela amène une horde de journalistes et porte une attention sur les conflits. Mais des postures ne font pas un parti de classe, ancré dans la réalité des luttes, de la lutte des classes. Un parti comme c’est la raison d’être du PCF de l’être !
Le cas de l’IN n’en finit plus, malheureusement, d’être riche d’enseignements.
Oui, aujourd’hui, communistes du 15ème, nous assurons les salariés de l’IN de Choisy, comme ceux de Douai de notre totale solidarité !
PS : nous constatons que la Ville de Paris a transféré le marché de l’impression du Bulletin municipal officiel de l’Imprimerie Nationale à une entreprise privée.
Journée d'action. Jeudi 18 octobre.
La manifestation partira à 14h30 de République direction Nation par le boulevard Voltaire.
Un nouveau tract est en préparation pour les prochains jours - pour le moment, nous reprenons les textes ci-dessous réactualisés).
ATTENTIFS ENSEMBLE!
à défendre la Sécurité sociale
à défendre la retraite solidaire par répartition attaquée dans tous les régimes,
à défendre le service public contre la privatisation (GDF) ou la privatisation rampante (SNCF, RATP,…)
Manifestons le samedi 13 octobre à Paris à 14h00 pour le droit à la santé, contre les « franchises » médicales, pour la juste réparation des accidents du travail et maladies professionnelles
Soutenons l’action, à partir du 18 octobre, des agents de la SNCF, de la RATP, d’EDF-GDF...
Les six semaines de grève des ouvriers de PSA Citroën Aulnay ont posé un jalon important dans le développement des luttes. Saluons leur courage! Amplifions la solidarité !
Chèques à l’ordre de CGT-PSA-Citroën, boulevard André Citroën, 93600 AULNAY-SOUS-BOIS. Concert de solidarité, samedi 14 avril, de 14 à 18 heures, au Gymnase André Wallon, rue Jacques Anquetil à Bobigny
Les 500 ouvriers grévistes de l’usine Citroën d’Aulnay-sous-bois ont décidé mardi 10 avril de mettre fin à leur mouvement débuté il y a six semaines. Seules des revendications importantes, mais secondaires, sur le prix des repas et des transports, sur des primes, ont été satisfaites mais l’heure n’est pas à l’amertume. La signification pour l’avenir de leur action se mesure à l’écho national qu’elle a commencé à rencontrer. Elle se mesure aussi aux moyens mis en œuvre par la direction de PSA et le MEDEF pour les contrer. D’abord les pressions « traditionnelles », puis la tentative de remplacement des grévistes par des intérimaires, mise en échec par voie de justice. Ensuite, devant la persistance du mouvement, ils ont dû déployer leurs relais médiatiques (TF1, articles du Monde…) pour le dénigrer, avec le soutien approprié de syndicats de division. Loin de tout « maximalisme », les revendications des grévistes sont aussi simples que légitimes. Partant d’une entreprise emblématique de l’industrie française, ces exigences pouvaient rapidement s’étendre. C’est bien ce qui a inquiété la direction de PSA et le MEDEF. - Augmentation des salaires de 300 euros par mois pour tous avec un salaire d’embauche minimum de 1525 euros net - Possibilité de départ en préretraite pour les 600 salariés de plus de 55 ans - Embauche des 700 intérimaires permanents sous CDI. Pour des ouvriers à qui on a demandé un effort de productivité de 300% depuis 1980, ce n’est que justice que de gagner de quoi vivre décemment alors que depuis 7 ans, PSA a engrangé plus de 9 milliards d’euros de profits, largement redistribués en dividendes aux actionnaires. Dans l’entreprise, la plupart des non grévistes les partagent même si les pressions, les contraintes de la vie les ont dissuadés de suivre la grève. Chez les sous-traitants, dans beaucoup d’autres entreprises industrielles, dans le pays tout entier, des ouvriers, des employés s’y sont reconnus. La détermination des grévistes a mis en question les choix de gestion au service de la finance. Criant misère devant toute revendication salariale, la direction de PSA a su trouver 2,8 milliards d’euros pour s’engager dans une vaste opération de rachat de ses propres actions pour soutenir le cours en bourse. Au même moment, elle fermait l’usine de Ryton en Grande-Bretagne dont la relance n’aurait demandé que 200 millions d’investissements. Le nouveau PDG de PSA Streiff vient de présenter les grandes lignes du plan « Cap 2010 ». Comme dans les choix de Ghosn chez Renault, il n’est pas difficile d’y voir la priorité accordée à la logique financière contre l’emploi, l’investissement et la production en France. L’obsession de M. Streiff : la « baisse des coûts ». Au début de l’année, il a préparé le terrain à des réductions d’effectifs. Des patrons comme M. Streiff ou M. Ghosn savent fabriquer des déficits quand il s’agit de casser de l’emploi. On peut leur faire confiance là–dessus. Un vaste (nouveau) processus de « restructuration », de démantèlement de l’industrie automobile nationale a commencé. Les sous-traitants sont les premiers à être pris à la gorge par la stratégie financière, à subir les délocalisations. 20000 emplois supprimés l’an dernier, 25000 menacés à court terme. Aujourd’hui les sous-traitants, demain les salariés des grands groupes. Le mouvement des ouvriers de PSA Aulnay a posé une pierre dans le mouvement général contre ce scénario de casse, pour la sauvegarde et le développement de l’industrie automobile française. Les responsabilités politiques sont directement posées. Cinq candidats de « gauche » à la présidentielle sont venus soutenir les grévistes. Cela a été une bonne chose pour le mouvement mais cela ne doit pas se limiter à un effet électoraliste. Les communistes proposent de relancer une véritable politique industrielle nationale appuyée sur un secteur public renforcé, de développer l’intervention publique cas par cas en refusant le choix de l’impuissance devant les grands groupes industriels et la finance, de refondre les relations entre donneurs d’ordre et sous-traitants, de taxer les réimportations de produits et composants dont les fabrications ont été délocalisées… Ils proposent aussi de porter immédiatement le SMIC à 1500 euros net.
Les luttes tiennent aujourd’hui une place décisive pour imposer une alternative à la politique au service du MEDEF et du capitalisme mondialisé d’où qu’elle vienne et d’où qu’elle viendra. Solidarité avec les grévistes de Citroën Aulnay ! Saluons leur courage!
Les salariés des Monoprix en lutte ! Imposons des mesures contre la précarité et pour les salaires!
La semaine dernière, plus de 400 salariés de 25 Monoprix de Paris, dont deux du 15ème, se sont mis en grève à l’appel de la CGT. Ce mouvement s’inscrit dans le développement, malgré la répression patronale, de la lutte pour des conditions de travail et des salaires décents. Chez Monoprix, la réalité a deux faces, intimement liées. D’un côté, le chiffre d’affaires de cette enseigne « moyenne-haute gamme » progresse fortement à 3,8 milliards d’euros pour 2006. Sa maison-mère, le groupe Casino s’est réjoui d’une augmentation de son bénéfice opérationnel de 7,9% à 1,043 milliard d’euros en 2006. De l’autre côté, la vie des salariés, caissières, vendeurs, magasiniers devient de plus en plus intenable. La majorité des salaires sont au niveau du SMIC ou en dessous. La direction généralise les contrats à temps partiel imposé, de 30 heures, de 20 heures, soit 1000 ou 600 euros par mois. Les journées de travail n’en sont pas moins interminables du fait du travail fractionné. Les problèmes de loyers, transports, de garde d’enfants sont un défi permanent.
La montée du mouvement revendicatif à Monoprix va compter dans les négociations salariales prévues cette semaine. Elle permet aussi aux salariés d’être plus forts face aux pressions des directions, à l’individualisation des conditions de travail. Nous avons participé à la sensibilisation des clients sur cette réalité (voir le conflit de février au Monoprix Boucicaut) ou à la question de société posée par les projets d’ouverture du dimanche – (Monoprix Convention à Noël 2005).
La lutte à Monoprix pose aussi directement la question politique de la lutte contre la précarité et les bas salaires dans la campagne électorale et pour la suite. M. Sarkozy, en particulier, se propose d’aggraver le démantèlement du droit du travail. Le rapport de forces existe pour inverser cette politique notamment sur des exigences précises :
- l’interdiction du temps partiel imposé avec dans un premier temps la priorité accordée aux travailleurs à temps partiel pour les heures supplémentaires. - la limitation stricte des contrats à durée déterminée et de l’intérim à des missions exceptionnelles. L’abrogation du CNE. - l’interdiction de la journée de travail fractionné (limitation du nombre et de la durée des interruptions).- moyens nouveaux à l’inspection du travail.
Concernant les salaires: - faisons monter l’exigence de la revalorisation du SMIC à 1500 euros net tout de suite; - supprimons les encouragements à la pratique des bas salaires que constituent les 23 milliards d’euros d’exonérations annuelles de cotisations sociales patronales (qui sapent le financement de la Sécurité sociale) ou la Prime pour l’emploi (qui fait payer par les contribuables une part de la rémunération du travail à la place du patronat).
Quand les bénéfices des entreprises du CAC 40 atteignent 100 milliards d’euros, que les dividendes des actionnaires bondissent à 38 milliards, le futur gouvernement ne pourra pas expliquer que les moyens n’existent pas ! Les salariés des Monoprix vont intensifier leur mouvement, sans trêve électorale. Soutenons leurs revendications qui nous concernent tous !
Gallois désigne lui-même les vrais défenseurs d’Airbus : les peuples !
Dans plusieurs interviews récentes données à la presse, le PDG français Gallois estime qu’Airbus est victime du « poison des conflits nationaux ». C’est l’hommage du vice à la vertu. Après-demain, 16 mars, aura lieu une nouvelle grande journée de lutte et manifestation des salariés d’Airbus et de l’aéronautique notamment en France et en Allemagne. Voilà les « conflits » sociaux « nationaux » qui dérangent la stratégie de privatisation et de course au profit financier qui a fragilisé Airbus et que M.Gallois veut aggraver avec son plan Power 8.
Car au niveau des autorités françaises et allemandes, il n’y a guère de conflit réel. Les gouvernements successifs des deux pays ont procédé de concert depuis 8 ans. Ils ont privatisé partiellement leurs parts respectives d’Airbus. Puis ils ont chacun laissé faire la gestion financière désastreuse du privé. Maintenant, devant les dégâts de Power 8, ils continuent l’un et l’autre à plaider l’impuissance, alors qu’ils détiennent toutes les clefs s’ils jouent leur rôle d’actionnaires de référence.
Pendant 30 ans, la coopération internationale a parfaitement fonctionné aboutissant aux succès que l’on connaît. Il n’y a absolument aucune raison pour que ce modèle ne recommence pas à fonctionner. Aucune sauf la volonté du patronat européen, des gouvernements « libéraux de « gauche » ou de droite, et de l’UE de pousser la privatisation jusqu’au bout. En mettant en scène des tensions nationales, en essayant, en vain, d’opposer les salariés des différents pays, ils poursuivent un objectif : transformer Airbus en multinationale capitaliste, éventuellement sous le couvert plus correct d’en faire une « entreprise européenne » intégrée.
Ils savent, M. Gallois sait, qu’il existe, au plan national, des rapports de forces qui peuvent mettre en échec leur projet. La victoire du NON à la Constitution européenne en France et aux Pays-Bas, pour le plus grand intérêt de tous les peuples d’Europe l’a confirmé sur un autre plan.
Aujourd’hui, il est plus important que jamais de développer les luttes et leurs convergences dans chaque pays et pour nous en France pour contraindre le gouvernement, l’actuel comme celui qui sera issu des élections, à repousser le plan Power 8 et à restaurer la formule du succès d’Airbus : la coopération publique internationale.
La question d’Airbus n’est pas que l’affaire des salariés d’Airbus et de ses sous-traitants. Elle concerne tout le pays, d’autant plus qu’elle est exemplaire de la politique de casse de notre industrie. 82% des Français soutiennent la lutte des salariés d’Airbus. Nous le constatons en militant, la nécessité de la renationalisation est une évidence pour beaucoup. Sur ces bases solides, travaillons à des mouvements de solidarité dans toutes les entreprises ! Plaçons cette question au cœur de la campagne électorale !
Liens : - Notre tract du moment en version courte. - Article : l’UE au chevet d’Airbus pour mieux l’achever. - En rase motte: Huchon prétend aider Airbus!
AIRBUS : arrêter la casse, re-nationaliser, restaurer le modèle de coopération internationale
Les carnets de commandes d’Airbus sont remplis pour 6 ans et demi. Mais le plan « Power 8 » du PDG d’EADS Gallois programme la destruction de 10 000 emplois dont 4300 en France et la cession de 6 sites en Europe. Cherchez l’erreur !
8 ans de privatisation ont dépouillé Airbus et rompu avec la formule du succès. Il faut le rappeler: les réussites technologiques et commerciales d’Airbus sont le résultat d’une coopération publique engagée depuis 1970 entre quatre Etats. Le groupe français nationalisé Aérospatiale était le pilier du Consortium Airbus. Le gros porteur A380 dont on a célébré le lancement en 2005 est la dernière réalisation issue de cette structure publique d’investissement, de recherche et de production.
Que s’est-il passé entre temps ? En 1999, le gouvernement Jospin décide la privatisation partielle, un bradage, d’Aérospatiale. 20% du capital est mis en bourse pendant que le groupe Lagardère devient actionnaire de référence. La fusion avec le groupe allemand Daimler finit de faire prédominer le capital privé dans le nouveau groupe EADS. L’objectif de rentabilité financière à court terme prend immédiatement le pas sur l’objectif industriel, la recherche, l’emploi, les conditions de travail, le maintien et le développement des savoir-faire… Le gouvernement de droite a poussé cette dérive. Le PDG Forgeard avait résumé la nouvelle philosophie se « réjouissant d’avoir économisé 1 milliard sur les investissements pour satisfaire les actionnaires ». En quelques années, ceux-ci ont accumulé les dividendes sur la base des réalisations du public mais en sapant l’avenir. A l’automne 2006, on apprend que d’importants retards de livraison sont à attendre pour le A380, dus précisément à des défauts d’organisation et de personnels. Juste avant la chute du cours en bourse, Forgeard vend ses stock-options et empoche 3,75 millions d’euros de plus-values et Lagardère encaisse 1,5 milliard en vendant la moitié de ses parts.
Inacceptable! Le plan Power 8 veut faire payer la facture du pillage aux salariés d’Airbus et de ses bassins d’emploi, tout en aggravant les causes de l’échec, le but est de basculer la plus grande part de la production vers la sous-traitance extérieure, notamment pour le futur A350, pour comprimer les salaires, contourner les acquis sociaux, faciliter les délocalisations, comme déjà au Mexique, en Chine ou en Russie où une chaîne d’assemblage serait déplacée.
Devant la forte mobilisation des salariés et de l’opinion publique, les candidats à la présidentielle, issus des majorités successives qui sont responsables de la situation et du désengagement de la puissance publique, sont obligés de convenir de la nécessité d’une intervention de l’Etat. Mais laquelle ! Peut-on admettre que l’on mobilise des fonds publics pour renflouer les caisses vidées par Lagardère, pour « atténuer » les effets des plans (anti)sociaux dans les régions tout en laissant prédominer la logique du privé qui coule Airbus ? NON ! N’en déplaise aux serviteurs du MEDEF, la démonstration est faite: la gestion publique a été efficace économiquement et socialement, la gestion privée conduit Airbus au crash.
Il faut arrêter les frais, revenir au plus vite à la formule qui a fait la réussite d’Airbus. 1- Le gouvernement français, l’actuel comme celui qui sera issu des élections, doit repousser le plan Power 8, empêcher toute suppression d’emploi et délocalisation. Il en a le pouvoir avec ses 15% du capital et ses moyens de pression sur Lagardère. 2- La participation française d’Airbus doit être intégralement renationalisée. Lagardère doit rendre l’argent ! 3- C’est la condition pour restaurer le modèle de coopération internationale avec nos partenaires européens. Le contrôle public ne peut s’effectuer sans les Etats. Nous refusons la fuite en avant proposée avec la transformation de la structure internationale Airbus en « entreprise européenne » intégrée. Cette dernière ne pourra être qu’une multinationale capitaliste, comme le réclame explicitement Sarkozy.
La mobilisation des salariés en France comme en Allemagne s’étend. Après les manifestations du 6 mars, une journée d’action est prévue le 16 mars. Le cas d’Airbus est exemplaire de la logique de destruction que porte le capitalisme mondialisé. La bataille pour Airbus, entreprise emblématique, peut et doit faire converger d’autres luttes. Pas de trêve électorale! C’est à contribuer à développer ce rapport de forces décisif pour changer que nous nous appliquons pendant la campagne électorale. C’est le contenu à donner au vote communiste en 2007.
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