Défaite du NON au Traité de Lisbonne en Irlande : tous les moyens réunis de l’UE, du patronat européen et leurs alliés sont parvenus à déplacer 462.000 voix.
A l’échelle de l’UE,
l’Irlande est un petit pays avec 4 millions d’habitants. C’est une constatation objective.
En rien, elle n’autorisait les propos méprisants des eurocrates revanchards et leurs interventions indignes pour bafouer la souveraineté du peuple irlandais en forçant l’organisation d’un 2ème référendum après la victoire du NON au Traité de Lisbonne en 2008.
Quand on pense qu’aucun de ces politiciens, Merkel, Brown, Berlusconi… n’a osé demander son avis à son propre peuple, sans parler de Sarkozy qui a lui-même violé l’expression souveraine du peuple français en 2005 contre la « constitution européenne », en se gardant bien de le faire revoter sur Lisbonne.
Mais, toujours objectivement, face à peuple peu nombreux, malgré tout le fil à retordre que les Irlandais, ceux qui ont fait la campagne du Non, particulièrement les militants progressistes (dont les communistes) leur ont donné, les puissants de l’Union européenne ont réussi cette fois à emporter le morceau.
Vendredi 2 octobre 2009, le Oui au Traité de Lisbonne l’a emporté avec 67% des suffrages exprimés. Il n’obtient cependant que l’approbation de 40% des électeurs inscrits, l’abstention atteignant 42% (en baisse de 5% par rapport à l’an dernier).
Au total, le Non a perdu 257.000 voix et le Oui a gagné 462.000 voix.
Ce déplacement de 462.000 voix est à mettre en rapport avec les moyens, politiques, médiatiques, financiers qu’ont déployés les tenants du pouvoir et des milieux d’affaires d’Irlande comme de toute l’Europe et leurs alliés.
Tour à tour, ils ont alterné les promesses et les menaces sur un pays si fortement dépendant économiquement des multinationales qui l’ont plongé dans la « crise ».
Le patron de Ryanair a ainsi lancé une campagne planétaire pour faire pression sur ces compatriotes, n’hésitant pas comme d’autres, à jouer le chantage à l’emploi.
De leurs côtés, les politiciens irlandais ont fait semblant de croire que Barroso leur octroyait des « garanties » sur l’application de Lisbonne, bidon sous tous les aspects.
(La nécessité, soi-disant obtenue, d’un accord préalable du Parlement irlandais avant l’engagement de troupes irlandaises à l’extérieur par la future agence européenne de défense en dit long sur ce que les élus français de l’UMP et du PS ont accepté.)
Autre soutien de poids au Oui qui doit faire réfléchir dans tous les pays, celui de la Confédération européenne des syndicats (dont toutes les centrales françaises sont maintenant membres). La CES a non seulement appelé au vote oui mais a fait directement pression sur le Congrès irlandais des syndicats, qui s’était prononcé pour le Non l’an dernier.
Voici des extraits des propos tenus par John Monks, secrétaire général de la CES : "avant de voter "non", pensez à ceux qui ailleurs en Europe espèrent la victoire du "non" : les conservateurs britanniques, les nationalistes bornés, les racistes et les fascistes. L'Europe est un bien meilleur choix pour les travailleurs que tout ce que ces groupes pourront jamais offrir". "L'Europe n'est pas un menu à la carte où vous choisissez ce qui vous plaît. C'est un "paquet" entier qui a fait de grandes choses pour l'Irlande et d'autres et qui devra en faire davantage pour que nous puissions sortir de cette crise économique". No comments !
Le résultat de 2009 n’efface en rien la magnifique démonstration de résistance qu’a donnée le peuple irlandais. Elle a fait reculer pendant deux ans les eurocrates. Elle a contribué, après les votes de 2005 en France et aux Pays-Bas, de 1992 au Danemark à montrer l’absence totale de légitimité et les méthodes antidémocratiques de L’UE du capital.
Pour la suite, la balle reste dans le camp des progressistes de tous les pays européens.
Ils ont fait ce qu’ils ont pu pour soutenir les Irlandais dans la campagne (voir l’appel des partis communistes et ouvriers).
Mais il était et est primordial d’intensifier dans chaque pays, dans les conditions nationales, le combat contre l’UE du capital. Communistes français, c’est bien ce que nous pensons, notamment concernant notre pays.
La victoire du Non en 2005 a montré le niveau de discrédit du l’UE, notamment parmi les travailleurs. Il n’a cessé de se confirmer depuis, par exemple, avec l’abstention record aux élections européennes de cette année.
Au plan national, un clivage politique essentiel ne cesse de se confirmer : les partisans du Oui à l’UE du capital ne s’engageront pas fondamentalement pour une politique progressiste, alternative à celle du gouvernement et président actuels.
S’opposer avec plus de force à l’application des traités, directives et autres règlements européens, instruments et prétextes à la politique antisociale du pouvoir est une priorité. Comme refuser et dévoiler le mirage de « l’Europe sociale », telle qu’on vient encore de la servir aux Irlandais.
Prenons un sujet très actuel : pour arrêter le processus de privatisation de La Poste, il est nécessaire de gagner le retrait du projet de loi qui transpose la troisième directive européenne de marchandisation, en plus de changer le statut de l’entreprise.
On le voit, défendre et reconquérir le service public de La Poste, nous n’y arriverons pas dans l’union avec ceux, même de « gauche », qui ont voté ces directives, appliqué les précédentes, approuvé Lisbonne et qui persévèrent dans ces choix.
Encore tous nos remerciements aux Irlandais et aux organisations progressistes irlandaises qui ont fait gagné le Non en 2008 et se sont si bien battus en 2009 !
Un résultat des élections européennes éclipse tous les autres. 60,2% des électeurs inscrits se sont abstenus, auxquels il faudrait ajouter les 2% de bulletins blancs et nuls.
Deux comparaisons aident à interpréter ce chiffre jamais atteint :
1- Au référendum de 2005, l’abstention n’avait été que de 30%. On sait comment l’UE et les partis dominants en France ont décidé d’ignorer la décision démocratique du peuple français, comme celle du peuple néerlandais puis des Irlandais en réintroduisant la Constitution européenne rejetée avec le traité de Lisbonne. Il est logique que les peuples refusent de donner une caution démocratique aux politiciens et aux structures de l’UE qui les méprisent. Le Parlement européen sortant s’était lui-même prononcé à 90% pour la Constitution. L’abstention massive porte la persistance, la montée, du rejet de l’UE du capital. Ses traités, directives et règlements sont plus illégitimes que jamais pour casser les acquis sociaux et démocratiques nationaux.
2- Le 1er mai, l’Humanité titrait « 72% des Français soutiennent les revendications ». Ces derniers mois ont été marqués par des luttes de grande ampleur dans notre pays, dans un contexte de crise du capitalisme. A plusieurs reprises, le 29 janvier, le 19 mars, les travailleurs ont manifesté par millions. Le soutien à ce mouvement qui met en cause directement la politique du Président et du gouvernement et ses contre-réformes n’a cessé de s’étendre. Force est de constater que ce mouvement de fond, qui porte la perspective d’une alternative politique, ne s’est pas retrouvé dans la campagne des élections européennes. C’est l’autre enseignement de l’abstention qui atteint des sommets, parfois 75%, dans les villes ouvrières et les quartiers populaires.
Pour autant, en aucun cas, le gouvernement ne peut se prévaloir de l’expression d’un soutien majoritaire à sa politique. Ses partisans se sont logiquement davantage mobilisés. L’UMP arrive largement en tête mais son résultat, 28% des exprimés, ne représente guère qu’un Français sur 8.
Le PS subit, avec 17% des voix, la lourde sanction de son défaut d’opposition sur le fond à la politique européenne et aux choix nationaux du pouvoir. Les politiciens qui se présentaient comme « écologistes », ont, ce n’est pas la 1ère fois aux européennes (cf 1989), été mis en avant comme vote défouloir sans conséquence. Les travailleurs n’ont rien à en attendre. L’engagement ultralibéral et anticommuniste de M. Cohn-Bendit ne s’est jamais démenti pendant que l’opportunisme politicien de M. Bové s’affirme.
Comme des milliers de communistes dans tout le pays, nous avons mis au centre de notre action pendant la campagne électorale le contenu du vote communiste qui seul pouvait donner un sens au vote lui-même.
Dans la suite des campagnes de notre parti en 1992 contre Maastricht, en 2005 contre la constitution européenne, nous avons affirmé le refus de l’intégration dans l’UE du capital et de sa fatalité.
Nous avons mis en avant les possibilités de rassemblement et de convergences de tous ceux qui luttent pour commencer à faire plier le pouvoir dès maintenant.
Cette campagne militante, qui continue, a permis de multiplier les contacts, de réaliser des adhésions, de collecter des milliers de signatures pour le retrait de la Loi Bachelot contre l’hôpital public…
Mais nous vérifions aujourd’hui que la stratégie du « Front de gauche » a empêché notre parti de jouer pleinement son rôle pour l’alternative politique dans ces élections. Tous les communistes devront y réfléchir.
Malgré la force du NON de 2005 et le rôle qu’a joué le PCF dans cette victoire, malgré la crise du capitalisme et l’actualité renouvelée de nos fondamentaux idéologiques, malgré l’ampleur des luttes sociales, malgré le discrédit du PS (28% en 2004), les listes du « Front de gauche » stagnent par rapport aux les listes de rassemblement présentées par le PCF en 2004 : 6,05% des suffrages exprimés (2,4% des inscrits) contre, en 2004, 5,90% des exprimés (2,5% des inscrits). Elles n’ont pas détourné de l’abstention. Avec 1.038.000 voix, le Front de gauche sur toute la France fait moins que le vote communiste aux cantonales de 2008 dans une moitié du pays (1.150.000 voix rien que sur les 50% de cantons renouvelables).
Une première analyse dans le détail tend à montrer le Front recule souvent dans les villes ouvrières et les quartiers populaires, malgré l’action militante des communistes, mais capte une parti du vote socialiste, notamment dans les centres-villes. Ces résultats et l’émiettement des votes pour les autres listes permettent de faire réélire le même nombre de députés PCF, Jacky Hénin et Patrick Le Hyaric, et de faire élire à Strasbourg Jean-Luc Mélenchon et une militante associative, Marie-Christine Vergiat.
Le choix, imposé aux communistes par la direction du PCF, de la stratégie du « Front de gauche » et la campagne nationale ont brouillé nos positions, d’autant que Jean-Luc Mélenchon s’est rapidement imposé, c’était prévisible, comme porte-parole national. L’engagement « pro-européen » de la campagne (Mélenchon a été un ardent partisan de Maastricht), la perspective politique reportée à une victoire de la « gauche » en 2012 (déjà Mélenchon tend la main à Cohn-Bendit), la priorité donnée aux enjeux institutionnels ont dilué le sens du vote communiste.
Le caractère « unitaire » du Front de gauche, mis en avant malgré l’insignifiance de nos partenaires (2800 adhérents pour le Parti de gauche, 250 pour la « Gauche unitaire »), a révélé davantage un glissement sur les positions de fond historiques du PCF et un appel du pied à l’électorat socialiste qu’une démarche de rassemblement correspondant à l’aspiration à la convergence des luttes.
Nous continuerons à nous opposer à toute perspective de poursuite de la dilution du PCF dans ce type d’alliances aux contours et aux contenus incertains. La direction du PCF doit écarter sans ambiguïtés et définitivement le scénario de fusion dans un « parti de gauche » tel que Mélenchon et certains dirigeants du PCF le proposent. La place de notre parti est plus que jamais dans la lutte des classes.
Sans attendre, nous continuons notre action dans les luttes, dans les entreprises et les quartiers du 15ème. Le 13 juin a lieu une nouvelle et très importante journée nationale de manifestations à l’appel des organisations syndicales.
Dès cette occasion, montrons que le rapport de force pour mettre en échec la politique de Sarkozy-Fillon est toujours bien là. Les élections européennes ne pouvaient pas sonner l’heure de l’alternative politique. Les luttes et leurs convergences si !
Abstention : 47,2%
Blancs et nuls : 0,84%
UMP - Nouveau Centre : 25.856 voix – 37,60%
Cohn-Bendit : 15.379 voix – 22,37%
PS : 8.874 voix – 12,91%
MODEM : 6.333 voix – 9,21%
Divers droite (Rivière) : 2.355 voix – 3,42%
Front de gauche : 2.062 voix – 2,99%
FN : 1.934 voix – 2,81%
…
Combattre l’Union européenne, instrument régional de la mondialisation capitaliste
Extrait du texte alternatif du 33ème congrès : « Remettons le PCF sur les rails de la lutte des classes ! ».
En aucun cas, notre engagement internationaliste ne se confond avec un quelconque mondialisme qui nierait l’existence des nations, l’exigence de la souveraineté des peuples.
Nous considérons que le cadre national, pour ce qui concerne la Nation française, reste le lieu principal de la lutte des classes, de la résistance au capitalisme mondialisé. Par leur Histoire et leur cohésion, les nations constituent des freins, non seulement économiques, mais aussi sociaux et culturels, autant d’obstacles à la mondialisation. Elles sont le cadre le plus propice pour réaliser un rapport de forces politique favorable à la satisfaction des besoins du peuple, pour engager une rupture ouvrant la voie au socialisme.
Le capital l’a bien compris. Il pousse à l’intégration (à la désintégration) des nations dans des blocs régionaux, pour mieux soumettre les peuples.
L’Union européenne a été conçue dès le départ dans cet objectif. Ses promoteurs cherchent à imposer la marche vers une entité européenne supranationale sur laquelle les peuples n’auraient pas de prise démocratique mais où les multinationales seraient toutes puissantes. Ils cherchent à abattre le cadre majeur de l’expression démocratique des peuples, de la souveraineté populaire : la souveraineté nationale autrement dit le droit, souvent si chèrement acquis, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Tout projet de « constitution » européenne en est la négation même. C’est pourquoi les eurocrates cherchent par tous les moyens à en imposer une.
L’UE est une machine de guerre contre les acquis sociaux et démocratiques des peuples. Les traités européens, Maastricht, Amsterdam, Nice, les directives et les règlements de Bruxelles en sont les rouages. Ils servent de prétextes et de moyens à la politique de régression économique et sociale des gouvernements français pour démanteler les services publics, la Sécurité sociale, pour casser le code du travail, pour faire des coupes claires dans les dépenses publiques et sociales. L’UE organise la mise en concurrence des travailleurs (ex : Bolkestein), facilite les délocalisations, les flux de capitaux au service de la mondialisation capitaliste.
Combattre et récuser la dictature de l’UE au service du capital est une priorité pour les communistes français. Dans cette lutte primordiale, notre action doit viser à identifier les responsabilités, notamment celles des gouvernements, à situer les points de résistance nationaux pour vaincre le fatalisme et la résignation que l’UE alimente.
Dans la lutte contre l’UE, le niveau national reste déterminant. L’UE supranationale a été créée de toutes pièces par les gouvernements bourgeois et socio-démocrates nationaux pour mieux répondre aux exigences du patronat et du capitalisme en voie de mondialisation. Elle n’a aucune légitimité démocratique en elle-même et ne peut pas en avoir. Aujourd’hui, contrairement à ce que l’on s’implique à inculquer aux citoyens des différents pays, chaque traité, directive ou règlement est cosigné, en conseil européen, par le gouvernement et le président français. Chaque directive fait l’objet d’une « transposition » en droit français qui doit être approuvée par le Parlement. Les gouvernements français successifs se réfugient, se défaussent devant le peuple, derrière la « contrainte européenne » alors que ce sont eux qui adoptent les directives. Sur le plan institutionnel, la France conserve d’importantes possibilités de s’opposer à la dictature de l’UE, d’autant plus que la « constitution » européenne a été mise en échec.
Sur le plan politique, les convergences d’intérêt et de lutte potentielles sont telles que l’on peut gagner le rapport de forces au plan national pour mettre en échec la poursuite de l’ensemble de l’eurodémolition de Maastricht. L’application des traités, directives et règlements iniques et illégitimes a cessé d’être une fatalité. La victoire du NON au référendum, en France et aux Pays-Bas, au bénéfice de tous les peuples, vient d’ouvrir une brèche.
Nos positions sur l’Europe doivent découler de ces observations.
Rejet de tout l’édifice européen supranational existant et lutte contre toute tentative pour l’étendre :
- Opposition à toute « constitution » européenne, à tout « processus constituant ».
- Sortie de la France de l’euro et de la BCE avec rétablissement de la souveraineté monétaire et du franc et proposition de constituer une monnaie commune d’échange et de coopération.
- Dissolution de la Commission européenne.
- Sortie de la PAC pour sauvegarder notre agriculture.
- Rejet de « l’Europe des régions ».
- Rejet de tout élargissement de l’UE.
Refus de l’application en France des traités et directives européens, du pacte de stabilité que le vote du 29 mai vient d’invalider notamment concernant la mise en concurrence des travailleurs, des activités de service public…
Défendre EDF-GDF publiques, La Poste ou la Sécurité sociale, c’est la meilleure façon de s’opposer à Maastricht et aux directives européennes et de les mettre en échec.
Les luttes dans chaque pays restent déterminantes. Nous voulons les faire converger en Europe et au-delà. Les salariés, le peuple français ont besoin de développer des échanges entre Nations (européennes ou non) fondés sur des coopérations mutuellement avantageuses, par exemple entre services publics nationaux, dans les domaines de la recherche, des nouvelles technologies, de la protection de l’environnement, des échanges commerciaux internationaux notamment pour lutter contre le dumping social…
Rejetons le « mythe » européen !
Nous subissons une campagne idéologique de grande envergure, omniprésente, pour nous inculquer la nécessité de « l’Europe ». Tous les arguments sont bons pour justifier le soutien à l’UE du capital, même les plus ridicules ou les plus dangereux. On nous vante ainsi l’UE de la concurrence impitoyable entre les individus au nom de l’amitié entre les peuples.
Les forces du capital ont intérêt à prôner l’intégration européenne. Elles suivent leur logique de classes. Mais moins compréhensible est le raisonnement de ceux qui le préconisent tout en se réclamant de valeurs progressistes, de « l’antilibéralisme ».
Pour certains, construire « l’Europe » serait devenu la condition de tout progrès social. L’échelon supranational, les institutions de l’UE (même à « démocratiser radicalement ») seraient devenues le niveau décisif quasi unique de l’action politique. Ils ne cessent de clamer leur « besoin d’Europe ».
Même au nom des objectifs les plus généreux (les plus utopiques), c’est aller totalement à l’encontre de l’intérêt des peuples, des travailleurs de chaque pays que de chercher à légitimer, à relégitimer, l’UE supranationale du capital, une structure des institutions conçus contre eux, quasiment inaccessibles, le niveau où le rapport de forces est le plus défavorable et où les dés sont pipés dès le départ. Comment s’opposer à la casse d’un service public en France si on accepte la légitimité de la directive européenne qui lui sert de prétexte ou, ce qui revient au même, si l’on porte comme revendication la « réorientation » de ladite directive ?
Renoncer à se battre en France pour défendre les acquis sociaux et démocratiques de notre peuple, l’héritage des luttes, de la Révolution française, de la Commune de Paris, du Front populaire, du programme du CNR, de 1968 pour construire « l’Europe sociale » avec Blair, Merkel, Berlusconi, Sarkozy, Barroso ou encore Bolkestein, sans parler des dirigeants des pays d’Europe de l’est, quelle duperie !
Cela va à contresens du vote de résistance du 29 mai en France et aux Pays-Bas, qui aurait été suivi par bien d’autres victoires si les gouvernements n’avaient pris garde d’annuler les référendums prévus.
Des idées d’apparence progressiste se révèlent être des chimères dangereuses et contre-productives pour les luttes. Ainsi les mots d’ordre séduisants d’ « Europe sociale » (repris par tous les partisans du OUI…) ou de « services publics européens » valident l’intégration européenne, redonnent une légitimité aux eurocrates pour saper les services publics et les systèmes de sécurité sociale nationaux sur lesquels pourraient se construire des accords de coopération. Gardons-nous de les reprendre !
Non, une « autre UE » n’est pas « possible », et pour longtemps. Ce n’est pas dans ce cadre mais contre lui que nous avons une chance de faire grandir les coopérations entre les peuples pour s’opposer à la mondialisation capitaliste.
La direction du PCF a progressivement tourné le dos à ce qui avait toujours été l’analyse et les positions du Parti sur l’UE. Un tournant a eu lieu en 1998 avec l’abandon de la campagne contre le traité d’Amsterdam et l’Euro. Depuis, les glissements se sont succédé depuis la posture « euroconstructive », l’objectif de « réorientation progressiste de la « construction » européenne », jusqu’à s’inscrire maintenant dans la revendication d’un « processus constituant » et d’un « nouveau traité constitutionnel ». Ces positions sont partie intégrante et essentielle de la « Mutation » réformiste du PCF que nous remettons en cause. Le résultat du référendum, la campagne que nous avons menée nous confirment dans cet objectif.
Non au nationalisme et à l’impérialisme européens !
Les propagandistes zélés de l’idéologie dominante fustigent le supposé nationalisme des adversaires de l’UE. Défendre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, la souveraineté populaire, les acquis sociaux et démocratiques de notre peuple, défendre l’appareil productif national, les services publics à la française, est totalement à l’opposé du nationalisme comme avec les positions identitaires et racistes des Villiers ou Le Pen.
En revanche, il y a lieu de s’inquiéter de la volonté de développement d’un nationalisme européen que certains cultivent même sans s’en rendre compte.
Les démonstrations d’attachement passionné et irraisonné à l’Europe (« J’aime l’Europe »), les discours pour « renforcer l’Europe » et sa puissance, correspondent étroitement à la définition du nationalisme.
Dans le contexte d’affaiblissement relatif de leur puissance dans la mondialisation, la majorité des capitalistes français et des autres pays européens ont fait le choix de s’unir pour prolonger ensemble leur domination, non sans contradictions entre eux, en constituant une nouvelle puissance impérialiste, tantôt alliée, tantôt rivale des Etats-Unis, bientôt de la Chine.
L’euro se veut un concurrent du dollar comme monnaie de domination.
Cette volonté de puissance se retrouve sur le plan des relations internationales et sur le plan militaire, comme le projet de « constitution » l’a mis en évidence.
Notre rôle de communistes, dans la fidélité aux combats du PCF contre le colonialisme, le néocolonialisme français, contre la Communauté européenne de défense, est de dénoncer et de nous opposer sans faille à cet impérialisme naissant, néfaste pour les populations européennes, dangereux pour les autres peuples du monde, pour la paix.
Prétendre, comme le fait maintenant la direction mutante du PCF, que l’UE supranationale pourrait se constituer en acteur mondial, en bloc militaire intégré, pour oeuvrer en faveur de la résolution des conflits et du développement « durable » dans le monde, « en s’émancipant de l’OTAN », c’est au mieux de la naïveté.
Le peuple yougoslave porte dans sa chair les marques de cette logique qui a amené le PCF à ne pas mobiliser contre la guerre des Balkans (comme ensuite en Afghanistan).
- Affirmer le refus de l’application en France des Traités, directives et règlements de l’UE dont se sert le gouvernement pour casser nos acquis sociaux et démocratiques.
- Renforcer le seul grand parti à s’être opposé avec constance à l’UE du capital, notamment lors des campagnes du NON au Traité de Maastricht en 1992 et du
NON à la « constitution » européenne en 2005.
Le 7 juin, votez pour les candidats présentés par le PCF !
Conseil national du PCF du 24 octobre 2008
Intervention d’Emmanuel DANG TRAN, fédération de Paris
La crise financière souligne la raison d’être et la responsabilité du PCF. Elle l’appelle à redevenir lui-même, à retrouver des positions idéologiques qui lui sont naturelles.
Dans un récent tract national, on lit les revendications du SMIC à 1500 euros net et de renationalisations (condition de la crédibilité de la proposition du Pôle public financier). Enfin ! Que ne les a-t-on défendues en 2007 !
Mais au-delà, la situation politique illustre la nécessité de ruptures stratégiques que je ne vois toujours pas à l’ordre du jour ici.
D’abord en terme de perspective politique.
Nous n’aurions même pas, ai-je entendu, de nom à donner à notre alternative au capitalisme. Bonne question ! Et le socialisme ? La crise nous incite, plus encore, à y revenir, en tenant compte, certes, des expériences passées, dans toute leur complexité.
En revanche, notre perspective politique ne peut pas continuer à être celle, purement institutionnelle, d’une victoire électorale de la « gauche » derrière le PS !
De même, elle ne peut pas aller avec l’acceptation de la logique de l’intégration dans l’UE des multinationales.
La bataille de La Poste est effectivement l’une des batailles prioritaires dans la période. Elle illustre concrètement ces exigences de rupture.
En 2004, nationalement le Parti est passé à côté de la lutte contre la loi « antipostale » qui a planifié l’ouverture complète à la concurrence des activités courrier et qui a créé la « Banque postale ». Ne reproduisons pas les mêmes erreurs alors que le potentiel de mobilisation est toujours au moins aussi considérable dans le pays contre la suite du processus de privatisation.
La crise financière donne également toute son actualité au maintien de la propriété publique de la « Banque postale » et à sa réintégration dans sa maison-mère La Poste.
Peut-on mener cette bataille, parvenir au large rassemblement nécessaire des salariés et usagers, en restant main dans la main avec le PS ? Je pense que non.
Le PS porte une part déterminante de responsabilité dans les étapes précédentes du processus : de l’éclatement des PTT avec Quilès, à l’adoption des directives de marchandisation, en passant par la création en 1999 d’Efiposte, l’embryon de la Banque postale. Aujourd’hui, dans sa posture d’opposition, il ne remet même pas en cause ses choix passés.
Peut-on mener efficacement la bataille de La Poste sans contester l’application des directives européennes dans notre pays ? Je pense aussi que non.
J’ai relu avec intérêt un passage du rapport de Francis Wurtz au CN du 5 septembre : « aujourd’hui, nous devons aider à l’expression d’exigences de changements de fond sans nous soucier de la non-compatibilité de ces demandes avec les traités en vigueur ».
Oui ! Mais pour mettre en échec tout de suite la politique au service du capital en France et non pas en continuant à nous placer dans la perspective d’une réorientation des institutions européennes.
Nous sommes en pleine préparation du 34ème congrès. L’UE est une des questions importantes dont les communistes débattent.
Le référendum de 2005, ceux ensuite des Pays-Bas et d’Irlande ont montré les potentialités de résistance et d’alternative qui existent au plan national et international au projet capitaliste de l’UE. Dans le parti, sur la base de la campagne de 2005 notamment, beaucoup de camarades contestent la ligne actuelle consistant à s’inscrire, avec le PGE, dans la logique de l’intégration européenne, de la « réorientation », de la « renégociation » des traités. L’UE, ce projet dirigé depuis l’origine dans l’intérêt du capital et contre les peuples, perd de la légitimité. Ne participons pas à lui en redonner !
Toujours est-il que c’est une discussion de congrès.
Aussi, l’ordre du jour du CN d’aujourd’hui est un contresens. Comment pouvons-nous envisager la campagne des élections européennes, qui ont lieu dans plus de huit mois, et encore plus précisément la question des listes de candidats, sans tenir compte des résultats de la réflexion engagée parmi les communistes ?
Comment discuter maintenant des alliances électorales avant que les communistes aient fixé leurs objectifs pour les élections en lien avec leur analyse de la situation politique en France et en Europe ?
Je redoute que l’on cherche à forcer la main aux communistes pour faire perdurer les mêmes choix politiques sur l’UE. Ce qui a été évoqué sur le caractère « européen » de la campagne souhaitée, les références et les appels à la Confédération européenne des syndicats dont certains voudraient présenter des dirigeants, alors même que la CES a milité pour la constitution et encore récemment pour le oui au Traité de Lisbonne en Irlande me le fait craindre.
Je redoute aussi que l’on rentre à nouveau, avec les européennes, dans des combinaisons électoralistes cherchant à effacer le PCF, à forcer une recomposition à « gauche ». Une partie de la discussion d’aujourd’hui me rappelle celles, interminables et stériles, que nous avions eues sur les collectifs « antilibéraux ».
Sur le fond et par principe, je voterai donc contre le projet de résolution proposé.
Position commune de partis communistes et d’autres partis progressistes d’Europe sur le NON irlandais au Traité de Lisbonne
La victoire du NON en Irlande met fin au Traité de Lisbonne
Ce résultat revêt une grande importance et une haute signification politique en tenant compte qu’il a été obtenu dans un contexte d’immenses pressions de la part des principaux dirigeants de l’Union européenne. Il constitue une défaite significative du projet d’intensifier le néolibéralisme et le militarisme en Europe comme du modèle poursuivi par les gouvernements et les grands groupes économiques et financiers d’une Union européenne, conçue comme directoire des grandes puissances.
La direction du PCF a signé cette déclaration. C’est bien. Mais pourquoi ne le
faire savoir à personne en France ? Ni à la presse, ni aux communistes (rien même sur le site du parti), ni même au CN du PCF ? La version française est même
indisponible !
La coopération internationale entre partis communistes et progressistes existe hors du PGE. Il faut que cela se sache. Le Parti communiste portugais, initiateur de cette déclaration a d’ailleurs quitté le PGE.
Les partis communistes et autres forces de gauche et de progrès dans l’UE saluent la classe ouvrière et l’ensemble du peuple irlandais pour leur contribution inestimable à l’arrêt de la marche suivie par ce traité et se réjouissent du résultat qui exige la suspension immédiate des procédures de ratification.
Ils avertissent également qu’il n’y a pas place pour des manoeuvres dilatoires visant à contourner le rejet du traité, telles que celles qui ont suivi en 2005 les victoires du NON en France et aux Pays-Bas. Ils dénoncent la nature antidémocratique de l’ensemble du processus.
Ils expriment leur détermination à continuer la lutte pour une Europe s’engageant sur la voie de la justice sociale, de la solidarité et de la coopération entre peuples et pays, une Europe de paix entre Etats souverains, égaux en droit.
Les partis signataires :
Parti communiste des peuples d’Espagne, Parti de la gauche de Suède, Parti communiste du Luxembourg, Parti communiste d’Irlande, Parti des travailleurs d’Irlande, Parti communiste allemand, Parti du travail de Belgique, Parti communiste de Grande-Bretagne, Parti communiste du Danemark, Parti communiste espagnol, Parti communiste de Finlande, PCF, Parti communiste grec, Nouveau parti communiste des Pays-Bas, Parti communiste ouvrier de Hongrie, Parti des communistes italiens, Parti communiste portugais, Parti communiste de Bohême-Moravie
Lisbonne, 24 juin 2008
Traduction depuis l’anglais par vivelepcf.fr:
http://vivelepcf.over-blog.fr/article-20946395.html
La direction du PCF a signé cette déclaration. C’est bien. Mais pourquoi ne le
faire savoir à personne en France ? Ni à la presse, ni aux communistes (rien même sur le site du parti), ni même au CN du PCF ? La version française est même
indisponible !
La coopération internationale entre partis communistes et progressistes existe hors du PGE. Il faut que cela se sache. Le Parti communiste portugais, initiateur de cette déclaration a d’ailleurs quitté le PGE.
Sarkozy et le NON des Irlandais :
Interrogé ce lundi 30 juin sur France 3, Nicolas Sarkozy a trahi, à son tour, la conception du respect de l’expression des peuples
souverains que partagent les partisans de l’UE du capital, qu’ils soient de droite ou se disent de « gauche »: le mépris.
Les journalistes lui ont demandé s’il était pour que les Irlandais revotent, sous-entendu jusqu’à ce que le oui au Traité de Lisbonne leur soit arraché. Il a répondu : « je ne veux pas le dire ; ça donnerait l’impression de leur forcer la main ». Il a ajouté : « j’irai sur place et je verrai avec eux ».
En avril, l’Irish Daily Mail, grand quotidien irlandais avait dévoilé les raisons du choix de la date du référendum, d’après les indiscrétions, non démenties, d’une diplomate britannique ayant assisté à une réunion internationale de préparation.
Pourquoi si tôt, le 12 juin ? Pour le peuple n’ait pas le temps de lire le texte, certes ! Mais aussi en juin plutôt qu’octobre parce que Sarkozy est « complètement imprévisible » et que la présidence française de l’UE à compter du 1er juillet présente un « risque d’évolutions » préjudiciables, surtout en matière de politique de défense commune !
En prenant l’affaire aujourd'hui personnellement en main, Sarkozy, sans le vouloir, réconforte un peu les démocrates !
Plaisanterie à part, la brutalité de la politique de Sarkozy reflète crûment la nature du projet de l’UE que notamment les socio-démocrates s’efforcent, lorsque c’est leur tour de gérer les affaires du capital, de faire passer plus en douceur.
Ensemble faisons respecter le NON des peuples à l'UE du capital ! Le NON des Irlandais, confirmant celui des Néerlandais et le nôtre, nous renforce pour refuser les traités, directives et réglements avec lequels Sarkozy et tous ses alliés détruisent nos acquis sociaux et démocratiques.
Irlande, Pays-Bas, France : 3 votes populaires, 3 fois NON
L’UE des multinationales, ses traités, ses directives, ses promoteurs en France : DEFINITIVEMENT DISQUALIFIES !
Le peuple irlandais ne s’est pas laissé intimider.
Malgré l’intense campagne de propagande et les pressions internationales, il a rejeté sans ambiguïté le projet de nouveau traité de l’UE, dit « de Lisbonne » lors du référendum du 12 juin.
La conscience des réalités a prévalu sur les discours des eurocrates nationaux ou étrangers qui alternaient publicité et menaces, tout en essayant de masquer le contenu du texte que le gouvernement a refusé d’envoyer aux électeurs. Mme Merkel ou M. Barroso sont venus à Dublin vanter le Traité mais il n’a pas échappé aux Irlandais qu’ils n’avaient pas le courage de le soumettre au vote dans leurs propres pays.
Contrairement à l’image véhiculée, l’UE ne fait pas le bonheur des Irlandais depuis les années 80! Juste celui des multinationales, notamment américaines, pour lesquels l’île est devenue une tête de pont sur le marché européen.
Les avantages fiscaux dont elles bénéficient privent le pays de la majeure partie des rentrées possibles en même temps qu’ils tirent vers le bas les politiques publiques des autres pays de l’UE. Maintenant, les gouvernements des pays de l’est concurrencent à leur tour l’Irlande sur le terrain du moins-disant fiscal et menace son « modèle ».
Comme dans les autres pays, l’UE est synonyme de recul social, de recul démocratique, et aussi d’alignement sur la politique guerrière de l’OTAN, alors que le peuple irlandais est attaché à la neutralité de son pays.
Décontenancés, les eurocrates sont tentés de faire comme d’habitude : de mépriser la souveraineté et l’expression démocratique des peuples. Merkel et Sarkozy veulent continuer à faire ratifier le traité, pourtant maintenant juridiquement caduc, dans les autres pays. D’autres parlent de faire revoter les Irlandais jusqu’à obtenir un oui…
Mais les Irlandais ne sont pas seuls. Leur vote suit celui des Néerlandais et des Français en 2005 qui ont rejeté le projet de « constitution » européenne dont le traité de Lisbonne est la copie quasi conforme. Dans tous les pays, le refus s’affirme de l’UE au service du capitalisme mondialisé, de cette machine à broyer les acquis sociaux et démocratiques nationaux. La semaine dernière, elle a mis à l’ordre du jour une directive sur le temps de travail autorisant la semaine de 64 heures… Si des référendums avaient lieu, le NON l’emporterait probablement dans tous les pays.
Nous nous félicitons que le vote des Irlandais repose le débat dans notre pays, après le coup de force de février.
Le 4 février 2008, à Versailles, les parlementaires UMP, PS, UDF et Verts (à de rares exceptions près) ont bafoué l’expression du peuple en 2005. A l’unisson, Sarkozy, Bayrou, Hollande comme Delanoë ont ratifié en catimini le texte de traité rejeté par référendum populaire.
Il faut dire que l’UE sert de matrice à la politique « ultralibérale » de casse sociale, de privatisation, comme d’alignement sur l’OTAN… que leurs partis mènent à tour de rôle, en alternance. Les traités et directives que le président et le premier ministre français signent à Bruxelles leur servent à la fois de prétextes et d’outils pour imposer leurs mauvais coups en France.
Ces jours mêmes pour augmenter le temps de travail, pour laisser dépérir la filière pêche ou pour supprimer des milliers d’emplois publics au nom de Maastricht et de déficits budgétaires fabriqués.
Cela ne peut plus marcher ! L’UE au service du capital finit de perdre toute légitimité. Elle est disqualifiée !
Certains eurocrates s’en rendent compte. Ils vont chercher à proposer un plan B, un plan C, un plan Z, teinté de formules sur « l’Europe sociale » pour tenter de réhabiliter un projet tourné depuis le départ contre les peuples. C’est le rôle qu’une « gauche », notamment le PS, va tenter de jouer pour faire oublier sa collusion avec Sarkozy.
La présidence française de l’UE, à compter du 1er juillet, va être l’occasion de pousser ces débats en France.
Notre position est claire :
NON, toujours NON à l’UE supranationale du capital !
Ses traités, directives et règlements n’ont plus aucune légitimité pour s’appliquer en France contre la volonté et les intérêts de notre peuple.
Oui au développement de coopérations démocratiques, mutuellement avantageuses entre Etats souverains d’Europe (et au-delà).
Cette logique de coopération a fait le succès technologique et social d’un projet comme Airbus. La logique « libérale » cause maintenant la fermeture des usines en France et la confiscation des bénéfices par les actionnaires privés.
Comment faire avaler le traité de Lisbonne aux Irlandais ?
Réflexions entre eurocrates.
Le peuple irlandais sera le seul à pouvoir se prononcer sur la ratification du nouveau traité de l’UE, cette copie quasiment conforme de la « constitution » rejetée en France en 2005. La constitution nationale irlandaise l’impose. Le vote aura lieu le 12 juin prochain.
Ce pays de 4 millions d’habitants devient l’objet de toutes les sollicitudes des eurocrates. Angela Merkel et José-Manuel Barroso sont déjà venus soutenir le premier ministre Bertie Ahern et vanter le texte sur lequel ils ne veulent pas que leurs propres peuples votent. C’est la face publique, habituelle, de leur propagande concertée.
Une fuite, un « courriel » mal adressé, publié par le quotidien Irish Daily Mail, en a révélé la face cachée. Il s’agit d’un compte-rendu, rédigé par une diplomate britannique, d’une réunion au ministère des affaires étrangères irlandais regroupant des eurocrates de plusieurs de pays de l'UE. A l'ordre du jour : comment favroriser le vote Oui?
La diplomate relate comment la vice-présidente de la Commission européenne Wallström s’est ainsi engagée à reporter des projets qui ne seraient pas « favorables » à l’adoption du traité.
La diplomate explique que le gouvernement irlandais compte que les électeurs n’auront pas le temps d’étudier le texte et se laisseront influencer par les politiciens à qui ils font confiance, qu’il cherche éviter que la campagne ne porte sur le Traité lui-même mais sur les bienfaits supposés de l’UE.
Elle donne aussi la justification du choix de la date du référendum : juin plutôt qu’octobre parce que Sarkozy serait « complètement imprévisible » et que la présidence française de l’UE à compter du 1er juillet présenterait un « risque d’évolutions » préjudiciables, surtout en matière de politique de défense commune.
Doublement inquiétant ! Pour la démocratie et sur les perspectives internationales !
Le gouvernement irlandais craindrait aussi les accords de l’OMC.
Le texte dévoilé par l’Irish Daily Mail a suscité la colère des partisans du NON et d’une grande partie de la population devant le mépris que la classe politique dirigeante lui porte.
Pour l’instant, les sondages sont indécis. Mais certaines réalités pourraient prévaloir ici comme ailleurs.
L’Irlande est souvent citée comme 1ère bénéficiaire de l’intégration européenne. Quelle illusion ! La forte croissance de son PIB depuis le milieu des années 80 est loin d’avoir correspondu à une amélioration correspondante du niveau de vie. Le pays a en fait servi de tête de pont aux multinationales américaines en Europe. Mais les taux d’imposition très bas ont privé l'Irlande de la majeure partie des rentrées envidageables en même temps qu’ils ont tiré vers le bas les politiques publiques des autres pays. Maintenant, les gouvernements des nouveaux entrants des pays de l’est concurrencent à leur tour l’Irlande sur le terrain du moins-disant fiscal et menace son « modèle ».
En 2000, les Irlandais avaient déjà voté contre le traité de Nice. Ils avaient été rappelés aux urnes ensuite. Cette fois-ci ils ne seront pas seuls. Les Néerlandais et les Français les auront précédés.
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