Front de Seine : le respect de l’environnement s’arrêterait-il là où commence l’intérêt des
promoteurs ?
Certains voudraient occulter la question de l’avenir de Beaugrenelle de la campagne des élections municipales. La population du quartier
et au-delà n’y a pas du tout intérêt. C’est le moment d’exiger des engagements fermes des futurs élus pour limiter l’étendue et les conséquences de la plus vaste opération immobilière spéculative
dans la capitale.
La menace sur l’environnement n’est pas la moindre.
Gécina et Apsys, les promoteurs, comme Anne Hidalgo, présidente de la Sem-Paris-Seine (ex-SEMEA15) ne sont jamais à court de superlatifs pour
vanter le label HQE octroyé aux bâtiments de leur projet de méga-centre commercial. HQE, cela veut dire « haute qualité environnementale ». La réalité du chantier commencé côté Place
Charles Michels est tout autre. Appartements voisins éventrés par les machines, sous-sol non étayé, gravats et poussières dans les parties toujours habitées… : pas très
« HQE » ! Il semble plutôt que les promoteurs se précipitent pour être en état de montrer un élément achevé de leur projet avant le 1er tour, au mépris des habitants et
de l’environnement, ce qui expliquerait aussi la rotation des engins aux heures de tapage nocturne. La tournure du chantier sur cet îlot (2% des surfaces supplémentaires) ne peut qu’alarmer sur
la suite.
L’une des obsessions du Maire de Paris sortant est de réduire la circulation automobile dans la capitale. Cette politique ne vaut pas pour le
15ème. Les mêmes ont beau nous expliquer que les millions de clients (de 14 à 25 millions de visiteurs par an venant d’une zone de chalandise d’un million d’habitants selon les propres
annonces d’Apsys) viendront à pied, en vélo ou en transports en commun (une seule ligne de métro à proximité), un afflux massif d’automobiles est évident. Engorgement des petites rues adjacentes,
bruit et pollution seront inévitables. Au conseil de quartier du 5 février, un ingénieur de la Ville est venu présenter un projet quasiment ficelé de réaménagement de la place Charles Michels
mais a dû avouer ne pas avoir été invité à prendre en compte les effets de l’implantation du futur centre.
La pression des puissances d’argent fait même craindre le pire sur d’autres aspects.
Ce quartier se situe dans la zone la plus inondable de Paris, d’anciens marais. Le plan de prévention du risque
inondation, PPRI, avait très strictement limité les possibilités de constructions nouvelles. Voici que la municipalité de Paris a fait voter une modification de ce PPRI sur mesure pour Gécina et
Apsys qui veulent augmenter les surfaces construites et creuser un troisième niveau en sous-sol pour installer un cinéma multiplexe. C’est complètement irresponsable !
Enfin, les promoteurs voudraient installer dix tours aéroréfrigérantes pour leur système de climatisation, dirigées vers les tours
d’habitation. Malgré l’intervention de centaines de riverains dans le cadre de l’enquête publique, la municipalité de Paris les avait autorisés en 2005. Depuis cependant, une
épidémie de légionellose vers la gare d’Austerlitz en 2006 faisant 2 morts, due à de telles tours, a confirmé les graves dangers que représentent ces équipements pour la santé publique. Un autre
système avec un réseau souterrain d’eau froide existe, sans risque sanitaire. Mais il faut l’amener dans le quartier depuis le centre Paris. On peut présumer que bien sûr les promoteurs ne
veulent rien payer. La Ville doit les y obliger. On y était presque grâce à la mobilisation opiniâtre des associations de quartier, qui ont reçu le soutien de dizaines de médecins. Bien que Anne
Hidalgo ait d’abord voté contre un vœu dans ce sens en conseil d’arrondissement, une délibération devait être adoptée au Conseil de Paris du 28 janvier 2008 pour décider de l’extension des
réseaux souterrains. Finalement, elle a été retirée au dernier moment par l’exécutif municipal, donc sous la responsabilité du Maire de Paris (le même, dans plusieurs discours sur
l’environnement, avait « préconisé » le raccordement des systèmes de climatisation au réseau souterrain).
Le constat se vérifie depuis le départ. Sur chaque aspect de ce projet Beaugrenelle, la municipalité et la SEM se mettent au service des
promoteurs, autrement dit de la loi de l’argent. Sur l’environnement comme sur d’autres points, cette opération est totalement contradictoire avec les belles annonces de la campagne. Seule la
mobilisation et la lutte modifient les choses.
Communistes, nous combattons résolument la spéculation immobilière. Nous nous battons pour le respect de l’environnement. Dans le
cadre de la campagne électorale, nous nous poursuivons notre engagement dans la lutte pour exiger :
-
un contrôle accru du chantier sur l’îlot Charles Michels.
-
une diminution globale des dimensions du centre commercial projeté et une analyse contradictoire, financée par le Ville, mais
avec également des experts désignés par les associations, des effets sur la circulation du projet.
-
L’abandon pur et simple de toute extension des constructions en sous-sol en zone inondable.
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Le raccordement pour Beaugrenelle et au delà (secteur Citroën/Boulevard Victor/futur ministère des affaires étrangères) de
toutes les constructions climatisées au réseau souterrain d’eau froide.
Ne laissons pas la loi du profit mettre en péril la santé et l’environnement dans le 15ème !