Le 15ème en ébullition ? Non en colère !
L’hebdomadaire Le Point du 8 octobre consacre un supplément de 20 pages au 15ème arrondissement et en particulier aux grands projets en cours. L’occasion de faire nous aussi un point sur ces dossiers et quelques autres.
Sur chaque sujet, les journalistes n’ont guère fait dans l’investigation mais se sont contentés de juxtaposer et de mettre en forme les
présentations officielles faites par la municipalité de Paris et celle du 15ème, cette dernière relayant le gouvernement.
A ce jeu, nous avons remarqué qu’Anne Hidalgo, 1ère adjointe du maire de Paris et candidate aux régionales l’emporte par 15 citations directes contre 10 seulement à Philippe Goujon, député et maire du 15ème.
Mais peu importe car ce qui ressort aussi de manière frappante, c’est l’accord profond des deux pouvoirs sur à peu près tous les dossiers.
Même sur la vidéosurveillance, cheval de bataille obsessionnel de M.Goujon, à propos de laquelle, dans la campagne électorale des municipales de 2008, la « gauche » avait fait entendre une réticence. Mme Hidalgo affirme maintenant : « nous y sommes favorables car la sécurité est un droit ». Pas nous ! parce que le flicage des citoyens atteint à leur liberté mais ne diminue absolument le nombre de délits comme les exemples étrangers le montrent.
Sur le projet de « Tour Triangle » de 180 mètres d’altitude (210 dans d’autres versions) à la Porte de Versailles, Le Point donne la parole au promoteur, la foncière Unibail-Rodamco, également grand bénéficiaire de la rénovation des Halles.
Le promoteur nous ressort que, grâce à sa forme, l’immeuble de grande hauteur ne fera pas d’ombre, un peu comme les personnages des contes…
Il ne s’embarrasse plus des petites promesses d’équipements collectifs qui avaient été faites par la municipalité lors de la consultation bâclée de l’an dernier : que des bureaux et un centre de conférence de prestige.
Les nouvelles tours à Paris ne correspondent absolument pas à la réponse aux besoins des habitants et salariés, du 15ème comme de la région, mais bien à une volonté de rentrer dans la concurrence entre capitales financières au bénéfice des multinationales et des groupes immobiliers. Nous continuons à nous opposer au projet de Tour Triangle !
Nos interventions : http://pcf-paris15.over-blog.com/article-23012851.html -
M. Goujon est naturellement le 1er avocat de l’implantation sur 16 hectares à Balard, du « Pentagone » français voulu par Sarkozy.
Dans le cadre de la réintégration complète dans l’OTAN et de l’Europe de la défense, le gouvernement veut un QG centralisé de la « quatrième puissance militaire de la planète » (pas de quoi être fiers !) pour piloter des interventions guerrières partout dans le monde derriere les USA.
Cette conception, opposée à une politique de stricte défense nationale, se traduit aussi dans l’immobilier que l’on va imposer au 15ème. Une partie de la Cité de l’Air, les établissements de la Marine (maintenant DGA), y compris le fameux Bassin des carènes, équipement d’excellence pour la construction navale et véritable monument, doivent être détruits en 2010.
De surcroît, ce gouvernement, qui n’en finit pas de ruiner le pays et de l’endetter, veut avoir recours à « partenariat public privé » pour le financement des nouveaux bâtiments. Les groupes privés de travaux publics et de l’immobilier vont engraisser encore en touchant pendant des années des loyers de la collectivité, pour un montant total scandaleusement supérieur au coût réel de l’opération. Et dans le même temps, on va brader les immeubles actuels de l’Armée dans tout Paris suivant l’exemple désastreux de l’Imprimerie nationale.
Mme Hidalgo ne voit dans l’opération qu’« un projet que la Ville se doit d’accompagner ».
Sur les travaux à l’hôpital Necker et l’implantation du pôle mère-enfant, nous avons déjà dénoncé, ce qu’ignore évidemment l’article, comment les services d’autres hôpitaux (Institut de puériculture, Saint-Vincent-de-Paul, ex-Saint-Michel…) que l’on a fermés ou que l’on va fermer et ne se retrouveront pas dans le « pôle d’excellence » de Necker-Enfants malades, ainsi que les menaces sur des services adultes de Necker.
Sans notre action déterminée contre les projets du secteur Boucicaut après la fermeture de l’hôpital, (nos pétitions dont la dernière : « pour le droit de naître et de vieillir dans le 15ème), le pouvoir et la direction de l’AP-HP n’auraient sans doute pas créé et développer la maternité de Necker. On se souvient encore de la réunion de concertation en 2001, où lorsque les familles expliquaient qu’il fallait 8 mois d’avance pour avoir une place dans les maternités privées du 15ème, Mme Hidalgo répondait : « 8 mois, c’est moins que 9 ».
A Boucicaut, le compte n’y est toujours pas, même si enfin des bâtiments sont sortis de terre. Il n’y est pas, pas du tout, en termes de structures médicalisées pour les personnes âgées, ce qui avait été promis par M.Balladur pour faire passer l’opération de vente des hôpitaux Boucicaut, Broussais et Laënnec pour financer l’HEGP. Juste « quelques chambres » pour des personnes âgées dépendantes.
Il n’y est pas non plus en termes de logements sociaux, malgré une légère amélioration depuis la concertation de 2007 (voir notre analyse d’alors complétée depuis : Aménagements de Boucicaut ). Une moitié des logements construits seront livrés au marché, pour plus de 50% de la surface. Hidalgo et Goujon se disputent sur les détails architecturaux…
Le Conseil de Paris a adopté ce
29 septembre une délibération relative au Patronage laïque du 15ème arrondissement.
Nous avons dénoncé le projet de la municipalité de Paris de démolition du bâtiment historique et ce qu’il implique : l’éviction de l’association, la fin de ses activités indépendantes au service de la vie sociale, culturelle et démocratique du 15ème et de Paris.
La délibération du Conseil de Paris confirme l’existence de ce projet, pudiquement appelé « projet de réaménagement de la parcelle ».
Mais visiblement, la municipalité cherche d’abord à rassurer, sinon à amadouer l’association centenaire et les milliers d’usagers qui y sont attachés.
Avec sa délibération, la municipalité accorde, en fait renouvelle, enfin, une subvention de fonctionnement de 10.000 euros.
Par ailleurs, elle met, rétrospectivement à compter du 1er janvier 2009, à sa disposition à titre gratuit, le local qu’elle occupe 72 avenue Félix Faure et cesse de lui réclamer un loyer considérable.
Pas trop tôt !
En 2001, la bataille, à laquelle nous avons toute notre part, a amené la nouvelle municipalité à abandonner le projet de la municipalité Tibéri d’expulsion de l’association et de destruction du Patronage.
Mais il aura fallu 8 ans pour que la municipalité de gauche revienne sur la suppression de la subvention compensatrice de loyer dont bénéficiait l’association du Patronage Laïque pour l’occupation des locaux dont elle avait financé elle-même la construction et dont elle avait fait don à la Ville en 1927.
Mieux vaut tard que jamais ! Surtout pour ce que des années durant on nous avait dit impossible quand nous affirmions, à raison, le contraire !
Nous remarquons et nous retiendrons que les termes utilisés par l’adjoint au Maire de Paris, M. Hamou Bouakkaz, pour vanter les mérites du Patronage Laïque sont dithyrambiques : le Patronage, l’association et son immeuble, sont « l’orgueil du 15ème » ; ils seraient « victimes de leur succès », un « haut lieu de la vitalité démocratique parisienne, unique en son genre ». L’adjoint affirme aussi vouloir « sauver l’association ».
Voilà qui dépasse notre propre communication et son objectivité.
Mais alors pourquoi vouloir démolir le Patronage Laïque ?
Toutes les études montrent que le bâtiment du 72 avenue Félix Faure est sain et peut être réhabilité, sans une opération immobilière coûteuse. On parle de 3 millions d’euros.
Le prétexte avancé un moment par Mme Hidalgo de créer quelques logements sociaux sur la parcelle n’est pas repris par M. Bouakkaz. Nous le notons.
Aucune garantie n’est donnée, malgré les paroles laudatives, sur l’avenir de l’association du Patronage laïque, association locale, indépendante depuis sa fondation en 1892, y compris des mouvements qui prétendent représenter nationalement le mouvement laïque.
Aussi, nous considérons la délibération adoptée le 29 septembre 2009 pour ce qu’elle est : le minimum attendu depuis longtemps.
Nous saurons utiliser les arguments avancés pour défendre le Patronage contre tout projet de démolition. Nous ne serons pas dupes des flatteurs !
Comment s’y retrouver dans le 15ème
?
Peut-être est-ce parce que nous sommes dans un grand arrondissement de la capitale. Mais, c’est incroyable le nombre d’organisations politiques qui se manifestent (pour l’observateur et lecteur attentif) depuis quelque temps, se réclamant de la « gauche ».
« Gauche » populaire et citoyenne, « Gauche » populaire et antilibérale, Collectif de la « gauche » du même nom, Parti de la « gauche », « gauche » unitaire, Front de « gauche », également le vieux parti de ce bon M.Alayrac, discret conseiller de Paris, le parti radical de « gauche », et enfin, sans avoir fait le tour (il paraît qu’on aurait aperçu la « gauche » moderne mais c’est autre chose), la « gauche » tout court.
Mais pourquoi ce besoin si impérieux de se définir de « gauche » ?
La « gauche » et la « droite » sont deux notions politiques et culturelles relatives, marqué par l’histoire des deux derniers siècles. Mais leur contenu politique ne cesse d’évoluer, pendant que les partis politiques qui s’en réclament changent ou bien demeurent.
Communistes, nous nous concevons naturellement comme de « gauche » parce que nous faisons le choix du progrès contre la réaction, le choix de l’égalité et de la justice sociale.
Mais au-delà de cette référence, nous défendons une idéologie, un programme, nous avons une forme d’organisation, qui nous définissent et distinguent en tant que Parti. Et nous assumons cet engagement comme notre histoire.
Faire appel aux « valeurs » de « gauche », parfois réduite à un très vague sentiment social, ne serait-il pas un moyen, au contraire, de ne pas se définir trop précisément ? De rentrer dans le jeu de la bipolarisation institutionnelle et d’y obtenir une place (des places). Deux camps alternent au pouvoir, comme dans les pays d’Europe ou aux Etats-Unis, avec un fond idéologique commun.
S’éclater dans une multitude de groupes de « gauche », sous diverses dénominations, n’est-ce pas aussi le moyen de ratisser large ?
L’expression de la « gauche tout court » dans le 15ème, du nom du groupe unique au
Conseil municipal qui réunit quatre de ces organisations de « gauche » sous la houlette de la très sociale-libérale Anne Hidalgo semble l’indiquer.
Comme la participation d’à peu près les mêmes à la majorité régionale de M. Huchon auquel
nous venons de consacrer un article révélateur des orientations idéologiques, si peu éloignées de celles du pouvoir.
Pour nous communistes, combattre la droite sarkoziste, ce n’est pas combattre une équipe pour en placer une autre, c’est contribuer à mettre en échec, dès à présent sa politique au service du capital, en partant des luttes. Et c’est comme cela que nous concevons le rassemblement, l’union, y compris électorale, dans le 15ème, à Paris, dans la région comme dans le pays.
Au 226 de la rue de Vaugirard dans notre 15ème arrondissement se trouvait un immeuble du XVIIIème siècle : l’ancienne Auberge du Soleil d’Or.
Du bâtiment, il faut désormais parler au passé.
Bien sûr, nous ne pouvions qu’approuver l’objectif de réhabilitation des 21 logements délabrés et leur intégration au parc social, comme la construction de 16 nouveaux logements sur la parcelle (encore que nous ne comprenons pas pourquoi des financements du Conseil régional ont été mobilisés alors que l’opération n’entre pas dans ses prérogatives – mais c’est une autre question).
Mais la « rénovation » brutale s’est avérée être pratiquement une démolition-reconstruction qui n’a rien respecté des éléments anciens. Rien n’est plus identifiable du bâtiment historique.
L’Auberge du Soleil d’Or est pourtant un lieu historiques et non des moindres.
C’est de là que partit dans la nuit du 23 au 24 fructidor an IV (9-10 septembre 1796), le dernier épisode actif de la « Conspiration des égaux », mouvement politique organisé par Gracchus Baboeuf. A la suite de son échec, 131 personnes furent arrêtées, 30 fusillées.
Avec la « Conspiration de l’Egalité », pour la première fois dans l’histoire de notre pays, l’idée communiste était devenue un mouvement politique actif : pour la propriété collective, pour répartition égalitaire des richesses produites, contre la bourgeoisie accaparatrice du Directoire.
De ce passé, l’actuelle municipalité de Paris, suivant ses prédécesseurs, n’entend rien garder. Ni le bâtiment, ni sa mémoire.
Dans la brochure en couleurs de la « gauche » au conseil du 15ème, daté de juin 2009, diffusée à des dizaines de milliers d’exemplaires, le Soleil d’or dénaturé est présenté comme le lieu d’une conspiration royaliste de 1791 ( !) et d’une « autre républicaine en 1796 (complot du camp de Grenelle) dont le but était de renverser le directoire ».C’est tout !
Décidément, certains noms font mal.
Baboeuf, les Egaux, les origines françaises du communisme : une page de l’histoire que les possédants et
leurs serviteurs veulent toujours ignorer !
Nous demandons la pose d'une plaque commémorative!
Le Patronage laïque du 15ème menacé à nouveau par la municipalité de Paris !
La rumeur se vérifie.
La municipalité de Paris, menée dans ce cas par Anne Hidalgo, 1ère adjointe, projette bien de démolir le Patronage laïque du 15ème arrondissement, 72 avenue Félix Faure.
Déjà, lors de la campagne des municipales de 2008, nous avions alerté la population sur l’annonce étrange dans la propagande de Mme Hidalgo de la construction de logements précisément au 72 avenue Félix Faure.
Ces dernières semaines enfin, elle a bien voulu informé par écrit l’association et dévoiler une partie de ses intentions à l’occasion d’une réunion de pseudo « consultation » le 8 juillet. La démolition intégrale est programmée. Le projet immobilier est tellement ficelé que la 1ère adjointe est en état d’annoncer la construction de 18 « petits logements ».
Mais qu’est-ce que les municipalités de Paris ont depuis des décennies contre le Patronage laïque ?
En 2001, la municipalité Tibéri, avec l’ancien maire du 15ème Galy-Dejean, avait lancé la dernière attaque en date : étranglement financier, expulsion, démolition, projet immobilier…
La mobilisation des usagers et des riverains, avec l’association et le Comité de défense étaient parvenus, une nouvelle fois, à sauver ce lieu unique à Paris. Tous ensemble, nous avions réussi à en faire un enjeu de la campagne des municipales. Le PS et Anne Hidalgo, débarquant dans l’arrondissement, s’étaient ralliés alors à la défense du Patronage et la municipalité de Paris a changé et abandonné l’attaque.
Pourquoi revenir à la charge maintenant ?
A Beaugrenelle, à la Porte de Versailles, la municipalité montre qu’elle n’est jamais sourde aux appels des promoteurs immobiliers. Mais pour une parcelle aussi réduite que le 72, avenue Félix Faure, la principale raison du plan de démolition est ailleurs.
Ce qui est insupportable au pouvoir municipal, quel qu’il soit, c’est la liberté et l’indépendance à son égard du Patronage laïque, de l’association, indissociable du lieu qu’elle a créé et développé.
Historiquement, le patronage ne doit rien à la Mairie. Les militants du Patronage ont financé eux-mêmes par souscription populaire la construction en 1907. Ils l’ont cédé gracieusement en 1927 à la Ville qui ne leur appliquait en échange qu’un loyer réel symbolique (remis en cause par la droite).
Depuis 2001, avec son équipe d’animation dynamique et inventive, le Patronage a encore mieux joué son rôle essentiel au service de la vie culturelle, sociale, associative et démocratique de l’arrondissement et même au-delà.
26.000 usagers par an ! Des activités extrêmement diverses pour les jeunes, les familles, les associations, pour l’expression, dans le pluralisme le plus total, des organisations syndicales et politiques.
Un bilan irréprochable au regard des objectifs de l’association que nous avions mis en avant dans la bataille en 2001.
Aussi la municipalité commence à avancer d’autres prétextes, spécieux, parfois contradictoires, pour l’évincer.
L’habillage de consultation, nous venons de l’écrire, ne trompera personne. Le patronage lui-même et la population étant respectivement les 5ème et 6ème roues du carrosse.
Difficile de justifier la casse d’un lieu culturel au nom du logement social : 18 « petits » logements quand le projet de Tour Triangle accordé au promoteur Unibail à la Porte de Versailles, pour un complexe de luxe, représente l’équivalent de 400 logements.
Le bâtiment historique, outre sa façade pittoresque dans un 15ème en voie de bétonnage intégral, a été expertisé à plusieurs reprises. Sa structure est saine. Rien ne s’oppose à une réhabilitation, sinon le refus de la municipalité de Paris.
Enfin, dernière trouvaille, la municipalité tente de faire cautionner la démolition du Patronage par des associations nationales se réclamant de la laïcité ! Toute l’activité du Patronage correspond aux valeurs républicaines de laïcité, au niveau d’un quartier, d’une ville. Nous ne l’échangerons pas contre une plaque ou une cérémonie symbolique* !
Ne nous trompons pas ! Fermer puis démolir le Patronage, expulser l’association, même en promettant ceci ou cela : c’est la mort d’un lieu unique à Paris.
La municipalité de Paris qui a tant de sympathie pour ces « lieux alternatifs » à l’est de la capitale (surtout quand ils dépendent d’elle…) ne doit pas tenir un autre discours ici dans le 15ème.
Habitants du 15ème, militants associatifs, syndicaux ou politiques, militant de la liberté d’expression et de réunion, opposants au bétonnage de Paris, nous avons tous, aujourd’hui comme hier, de bonnes raisons de défendre notre Patronage.
NON à la démolition, OUI à la réhabilitation, promise depuis si longtemps ! SANS INTERRUPTION DES ACTIVITES QUOTIDIENNES!
Adressons-nous à Anne Hidalgo, à Philippe Goujon, maire UMP du 15ème, qui, muet, semble consentir pour l’instant !
Signons, faisons signer les pétitions de soutien du Patronage laïque !
* Sur la conception de la laïcité de Madame Hidalgo, nous renvoyons à ces propos lorsque la Ville et l’OPAC ont attribué les anciens bains-douches de la rue des 4 frères Peignot à une association religieuse pour en faire un lieu de prière : « La laïcité, pour nous, c’est de permettre à chacun, à chacune, d’exercer librement ses opinions, de pratiquer librement le culte, la religion qui est la sienne… (20 oct. 2003) ».
Pourquoi ne pas en avoir fait un lieu culturel ?
- Où en sont les 300m2 (sur 40.000 !) promis à des activités associatives sur le site de l’ancienne Imprimerie nationale quand Bertrand Delanoë a accordé le permis de construire à la scandaleuse opération de l’Etat et du promoteur Carlyle…
La défense de la Mémoire : oui ! La pêche aux voix : non !
Au Conseil d’arrondissement du 4 mai 2009, le groupe « la Gauche » unissant les élus du PS et ses satellites
présente un vœu relatif aux cérémonies commémoratives dans le 15ème.
Ils demandent que soient repeintes les grilles du Monument aux morts. Voilà un acte politique bien inoffensif et consensuel ! Mais il est erroné et mesquin de prétendre que le monument est
délabré.
Ces élus demandent que soit mise à disposition une sonorisation pour le déroulement de toutes les manifestations commémoratives. En ce qui concerne celle dont je m’occupe, celle de la Déportation
le dernier dimanche d’avril, je ne ferais pas le mauvais procès de ne pas reconnaître que la municipalité du 15ème accède maintenant à nos demandes et de bonne grâce.
Concernant la célébration du 19 mars, du cessez-le-feu en Algérie, j’espère qu’il en bien de même. Si ce n’est pas le cas, je m’associe à toute protestation de mes amis, anciens
d’Algérie.
Mais je dois manifester ma réprobation devant le vœu formulé par le groupe « la gauche ». Mon engagement communiste est connu et n’y changera rien. Le caractère mesquin du vœu n’aurait pas suffi à me faire prendre la plume.
Mais l’exposé de ses motifs, pour ces élus dont certains étaient présents à la cérémonie du 26 avril 2009, montre qu’ils n’ont rien compris. Nous ne commémorons pas la « déportation des populations discriminées pendant la seconde guerre mondiale », nous commémorons la déportation, l’extermination directe ou différée par l’esclavage dans les camps de la mort, des adversaires et des victimes du nazisme (avec la complicité du régime de Pétain): les RESISTANTS, les OTAGES, les déportés politiques suivant les critères raciaux, RACISTES de l’occupant.
Avant d’inventer des vœux qui reprennent les imbécilités dangereuses du discours dominant, les élus de « gauche » feraient mieux de prendre conseil auprès des premiers
intéressés.
Emile Torner, ancien déporté à Buchenwald et Langenstein
Beaugrenelle : un monument de Paris à détruire? Non, un quartier résidentiel à préserver !
Un journal national a organisé une enquête à l’occasion de l’exposition : « Le grand Pari(s) de l’agglomération parisienne » qui se tiendra à partir du 30 avril à la Cité de l’architecture. La question posée était : « dans votre Paris idéal, quel monument souhaiteriez-vous voir disparaître ? ». Une liste de monuments construits dans les 50 dernières années était soumise aux sondés.
Les réponses ne sont dans l’ensemble pas étonnantes. Elles correspondent à des idées largement répandues, sinon largement diffusées. Elles m’inspirent trois réflexions :
1- Certaines réalisations de l’architecture du 20ème choquent encore par leurs formes extérieures audacieuses, comme le Centre Pompidou (Beaubourg), troisième « monument » rejeté par les sondés. Il faudra encore attendre un peu pour que le jugement se fasse, en bien ou en mal, sur d’autres critères. La pyramide du Louvre ou de la Tour Eiffel constituent des précédents d’évolution radicale de l’opinion dominante.
2- Les tours, dans Paris intra-muros, sont très largement rejetées. La Tour Montparnasse (XVème) arrive en tête des « monuments » mal aimés. Le débat a eu lieu et continue. Les arguments contradictoires sont largement développés dans l’opinion. Les immeubles de bureaux de grande hauteur, surtout isolés, sont de plus en plus considérés comme une aberration urbanistique et environnementale, mal vécue par les riverains et les salariés qui y travaillent. Telle était aussi l’opinion de Bertrand Delanoë qui allait jusqu’à souhaiter la destruction de la Tour Montparnasse. Le voilà maintenant qui impose un projet de tour encore plus haute à la Porte de Versailles (XVème), la tour Triangle. Mais, parait-il, cet immeuble de 220 mètres de haut, destiné à héberger des bureaux de prestige, un complexe de conférence et un hôtel de luxe, ne fera pas d’ombre. Il y a un personnage comme ça qui avait perdu son ombre dans la littérature fantastique…
Les partisans de M. Delanoë ne manqueront pas de dire qu’il n’y que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Les politiciens aussi ! Surtout lorsqu’il s’agit de satisfaire les demandes d’un groupe immobilier comme Unibail-Rodamco, champion du CAC 40 pour l’utilisation des paradis fiscaux.
3- Que vient faire Beaugrenelle (XVème) dans les réponses proposées par les sondeurs ? Le quartier figure au deuxième rang des « monuments » décriés. Ce n’est pourtant pas un monument mais un quartier d’habitation et d’activités ! La réalisation d’urbanisme, inachevée, des années 60 et 70 a une mauvaise image, nous le savons. D’autant plus mauvaise que l’on en habite loin et que l’on n’en apprécie que l’esthétique. Toutes les enquêtes montrent que les habitants des immeubles de Beaugrenelle, HLM ou non, trouvent qu’il y fait bon vivre.
Une vaste campagne de dénigrement de Beaugrenelle a été orchestrée depuis des années pour justifier un immense projet immobilier spéculatif sur des terrains publics municipaux autour d’un nouveau centre commercial qui ajoute béton au béton. Le bénéficiaire dans ce cas est l’alter ego d’Unibail, le promoteur Gécina, qui défraie en ce moment la chronique économique par ses démêlés avec le promoteur espagnol Metrovacesa. Le projet de Gécina (et du groupe Apsys) soulève l’opposition des riverains et de leurs associations, soucieux de préserver les équilibres, notamment sociaux de leur quartier.
La crise financière et immobilière viendrait-elle mettre du plomb dans les ailes du projet ? A tel point qu’il faudrait reprendre la campagne médiatique de soutien ?
En tout cas, Beaugrenelle n’a rien à faire dans la liste des monuments à faire disparaître ! A moins de vouloir faire disparaître ses habitants de ce quartier en vue dans la concurrence immobilière mondialisée que se livrent les grandes capitales pour attirer les grands groupes capitalistes.
La lutte des riverains continue, notamment pour la préservation des équipements publics.
Emmanuel Dang Tran, secrétaire de la section du PCF Paris 15, auteur du livre, les « Paris de Delanoë » (éditions J.C. Gawsewitch – 2005).
NON à la destruction du Bassin des Carènes !
Le Bassin des Carènes, 8 boulevard Victor, est un monument historique de première importance.
De 1906 à 1992, pratiquement tous les prototypes des grands bateaux construits en France, navires de guerre, paquebots, voiliers de course… y ont été testés.
Le bâtiment lui-même, dû aux frères Perret, est une réalisation unique avec sa charpente en ciment armé, ses bassins linéaires et circulaires. Nous avions dénoncé l’abandon de leur activité régulière.
Aujourd’hui, l’Etat tente d’imposer un permis de démolir. Pour un projet immobilier et stratégique que nous rejetons. Constituer à Balard une sorte d’imitation du « Pentagone US » où seraient regroupées, au secret, les activités militaires au service de l’OTAN.
NON à l’intégration de la France dans le commandement militaire de l’OTAN ! Non à l’abandon des outils de notre défense et de notre marine nationales ! Non à la démolition du Bassin des Carènes dans le 15ème !
Un vœu va être adopté par le Conseil de Paris dans ce sens. Communistes du 15ème, nous en partageons le sens.
En 2007, la mobilisation des organisations syndicales et des usagers a permis de sauver, une première fois, la bibliothèque Vaugirard. Les communistes du 15ème l’avaient soutenue et y avaient pris part.
La municipalité de Paris avait fini, quelques mois avant les élections municipales, par annoncer l’abandon de son projet de fermeture.
Depuis, tous les arguments défendus par les syndicats se sont vérifiés.
La bibliothèque Vaugirard est restée l’une des plus fréquentées de Paris, en rapport avec ses dimensions. Contrairement à ce que prétendait Christophe Girard, adjoint au Maire de Paris à la culture, l’ouverture de la médiathèque Yourcenar ne l’a pas vidée.
Et pour cause, le 15ème arrondissement compte 235.000 habitants, sans compter les salariés qui y travaillent, le quartier Lecourbe de l’ordre de 25.000, à moins de 10 minutes de la bibliothèque Vaugirard. La bibliothèque Vaugirard est un exemple d’équipement culturel de proximité répondant aux besoins de tous, retraités, salariés, enfants…
Pourtant, voilà que la menace revient, un an après les municipales. A nouveau, les organisations syndicales alertent usagers et élus. La bibliothèque Vaugirard pourrait fermer, sinon dans les mois qui viennent, d’ici la fin de l’année.
Les dénégations de la municipalité de Paris et des élus du 15ème qui la défendent (M. Alayrac au Conseil d’arrondissement du 2 mars) ne sont, malheureusement, pas vraiment rassurantes. Le cabinet du maire de Paris indique que : « si la fermeture devait se faire, ce ne sûrement pas en 2009 » (La Parisien du 18 mars). En 2010?
Une chose est déjà actée : au Conseil de Paris de décembre 2008, a été votée la suppression de plusieurs postes budgétaires d’agents de Vaugirard.
Pour éliminer la bibliothèque Vaugirard, on commencerait par lui couper les moyens humains qui lui permettent de satisfaire les attentes des lecteurs? Nous refusons ce scénario.
Nous apportons à nouveau pleinement notre soutien aux agents des bibliothèques et à leurs organisations syndicales.
- Avec eux, nous exigeons que soient définitivement accordés les moyens humains et financiers garantissant la pérennité de la bibliothèque Vaugirard, que les postes budgétaires supprimés soient rétablis.
- Avec eux, nous contestons le choix de la municipalité de réduire au plan parisien de 30% les crédits d’acquisition de livres et de disques.
- Nous demandons des recrutements d’agents statutaires (et non des redéploiements d’un équipement à l’autre). A la médiathèque Yourcenar, le manque de personnel est si criant qu’il oblige à restreindre les horaires d’ouverture.
- Par ailleurs, les nombreux dysfonctionnements, révélant des erreurs de conception ou d’application dans un pays francophone, poussent aussi à revoir le nouveau système informatique « Vubis Smart » et le marché attribué en 2008 au prestataire privé anglo-saxon « Infor Library… ».
Les équipements culturels de proximité doivent être une priorité. Les bibliothèques municipales sont un outil indispensable et prioritaire de l’accès à la culture pour tous. Aucune restriction de l’offre n’est acceptable.
Paris a largement les moyens de financer le maintien et le développement de ses bibliothèques de proximité.
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