Agenda

18 mai 2008: Manifestation nationale pour l'école - 13h00 Opéra, direction Bastille via République - notre dossier Education nationale
22 mai 2008: mobilisation pour la défense de la retraite solidaire par répartition.

Nos initiatives:
17 mai 2008: débat public
"état et avenir du mouvement communiste en Italie" avec Andrea Catone, 16h30, 46 rue d'Ulm, Paris 5ème.
28 mai 2008: réunion publique dans le 15ème. "Organiser sa colère pour lutter et gagner une alternative politique". Propositions des communistes du 15ème. 18h30 au Patronage Laïque, 72 avenue Félix Faure, paris 15ème.
Vendredi 21 décembre 2007
Réseau PCF "Proposition, action, lutte des classes" de La Courneuve:

Des pages des mémoires de Mounette Dutilleul (1939-1941) en ligne sur internet: http://trcamps.free.fr/Mounette%201939.html

Mounette Dutilleul, adhrénte du PCF depuis 1927, était une grande figure de la résistance communiste. Elle a notamment joué un rôle important dans la réorganisation du Parti après 1939. Arrêtée en 1941, elle a été déportée à Ravensbruck. Après la guerre, Mounette Dutilleul a milité près de 50 ans dans les organisations du parti du 15ème arrondissement, jusqu'à sa mort en 1996. Beaucoup de camarades se souviennent de son efficacité et de son dévouement militants.
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Mardi 24 avril 2007

Affligeant mais éclairant

Réflexions après le Conseil national du PCF du 24 avril 2007 


Ils sont contents d’eux !
Le 1,93% ne suscite aucune remise en question du côté des dirigeants nationaux du PCF. Au contraire, ils n’ont cessé au CN d’hier de se féliciter de leur « formidable » campagne. A peine certains expriment-ils une déception devant le score. Pas mérité, trop injuste ! Mais il y a des forces majeures contre lesquelles on ne peut rien : les media et surtout le « vote utile ».

Pourtant la logique du « vote utile » n’a pas balayé tout le monde et notamment pas Besancenot qui gagne 300000 voix. Pourquoi ? Pas de réponse du côté de l’équipe de campagne de Marie-George. Quelques membres du CN se hasardent à avancer des explications : les media, encore eux, auraient joué pour Besancenot parce qu’il n’a pas fait sa priorité du rassemblement et de la victoire de « toute » la gauche (derrière Ségolène). Aveu implicite que la campagne de Buffet aurait elle-même alimenté le vote utile !

Je renvoie à notre 
déclaration commune
pour notre analyse sur les causes de l’échec cuisant et la stratégie suicidaire (meurtrière) poursuivie pendant la campagne par la direction. Mais à quoi et à qui est destinée cette véritable méthode Coué ?

Une seule chose a changé dans le discours de la direction depuis décembre. Pendant quatre mois, elle a éliminé toute référence au PCF, Marie-George allant jusqu’à se défendre dans les media d’être la candidate du Parti. Souvenons-nous que dans les consultations de l’automne, le nom de Marie-George était proposé comme « candidate antilibérale », elle-même se mettant en congé du PCF. Cette stratégie d’effacement et d’abandon du contenu du vote communiste sont, selon nous, les premières causes de l’échec. Dans les dix derniers jours de la campagne, alors que les sondages étaient au plus bas, la référence communiste est revenue timidement, en petit, « en bas de l’affiche ». Depuis dimanche soir et singulièrement au CN, la direction ne parle plus que du résultat du PCF, du recul du « vote communiste ».

On voudrait faire porter au Parti communiste le chapeau du naufrage électoral de la « gauche populaire et antilibérale », on ne s’y prendrait pas mieux !  La direction pratique elle-même la pédagogie de la fatalité du recul du PCF.

Puisqu’elle exclut toute autocritique, logiquement, la direction entend poursuivre la même stratégie comme si de rien n’était. Pour le second tour, elle reprend le slogan « battre la droite et réussir durablement à gauche ». Quand il faudrait appeler à faire barrage à Sarkozy, parce qu’il porte outrageusement les options du MEDEF et de l’impérialisme, la direction continue d’entretenir l’illusion d’une véritable politique « de gauche » avec le social-libéralisme, hier engagé pour le OUI, aujourd’hui tendant la main à Bayrou ! Les remettre à « gauche » du haut du 1,9%, comme c’est crédible ! On continue à se détourner des luttes qui seront pourtant décisives dans tous les cas de figure. Même stratégie égale mêmes résultats prévisibles, notamment pour les législatives, avec des nuances locales, espérons-le.

Le CN a décidé de la tenue d’un congrès extraordinaire à la fin de l’année, en se laissant des marges sur les dates et son organisation. A priori, c’est une décision inévitable à laquelle nous appellerions dans le cadre d’un fonctionnement normal pour que la direction rende des comptes et en tire les conséquences. Mais on peut se douter que ce ne sera pas l’ordre du jour et l’on connaît la capacité des directions à boucler un congrès (malgré des failles). A la suite du CN, on peut envisager pire que la continuité. Plusieurs intervenants autorisés ont évoqué un congrès « ouvert » à des non-communistes, vraisemblablement de la gauche social-démocrate « antilibérale ». D’autres ont mentionné la tenue fixée d’un congrès du PGE à l’automne que suivrait le congrès extraordinaire. On sait que la « recomposition » des gauches avec l’éradication des partis communistes est en route en Europe et que le PGE en est un acteur zélé. Le PDS allemand finit de se dissoudre dans le « parti de la gauche » ouvertement social-démocrate et pro-européen. En Italie, Refondation communiste prépare la même transformation.

La direction du PCF envisage-t-elle un même scénario que ses comparses du PGE, d’autant plus si le rapprochement PS-UDF se concrétisait ? C’est ce que l’on pourrait déduire de l’intervention au CN de Jean-François Gau, un des inventeurs de la Mutation. Il estime que la « question de la raison d’être du PCF est posée comme elle se pose dans tous les pays ». L’adhésion à une « gauche antilibérale » pourrait ne pas être incompatible avec le maintien d’un PCF croupion, syndicat d’élus satellisés au PS, mais gardant la propriété du nom. Ce choix n’est évidemment pas incompatible non plus avec le pôle de « radicalité » que réclament les refondateurs, précurseurs du processus de liquidation qui adoptent maintenant, c’est cocasse au CN, une posture d’opposants gauchistes.

Un communiste averti en vaut deux. Alors avec 10 ans d’expérience de la mutation-liquidation du Parti ! Nous connaissons aussi très bien la méthode utilisée par la direction pour se déjouer des résistances des communistes : la mise à l’écart graduelle des opposants. La dévitalisation des organisations de base du Parti éloigne les militants les plus engagés dans les luttes. A chaque congrès, à chaque stade de la mutation, des camarades opposants s’en vont. Aujourd’hui, 90% des effectifs de 1994 ont disparu. A chaque étape, la direction s’appuie sur l’attachement au Parti (parfois matériel), du légitimisme d’un nombre suffisant de ceux restent. Un des objectifs de la direction dans la campagne, pensons à Bercy, a bien été de ressouder à elle des milliers d’adhérents et de les associer au résultat. Elle a même joué pour cela de la peur de disparition du parti que ses propres orientations favorisent. En décembre, la réaction de milliers de communistes (d’ex et de sympathisants), la persistance du phénomène communiste, ont mis en échec l’opération d’élimination du Parti avec les collectifs antilibéraux. Pendant la campagne, la direction s’est évertuée à atténuer la crise de confiance pour mieux aller dans la même direction.

Pourquoi rester dans cette galère nous demande-t-on souvent ? Parce que le parti communiste est un outil irremplaçable au monde du travail pour combattre le capitalisme. L’acharnement anticommuniste, sans rapport avec le 1,9% le confirme. Parce que le PCF est un acquis politique également irremplaçable (pour un bon moment encore) du mouvement ouvrier en France par ce qu’il représente dans l’Histoire et l’inconscient collectif du pays. Les limites des expériences de certains de nos (bons) camarades à reconstituer un PC en dehors me le confirment. Parce que la direction du Parti arrive à des contradictions insurmontables dans son processus de liquidation. La question du nom, de sa signification (même si elle s’applique à la dévaloriser) est essentielle. Peut-on se dire communiste et être opposé à la propriété collective des moyens de production et d’échange ? Parce que peu à peu, avec retard et frustration, de plus en plus de communistes s’organisent et se coordonnent pour faire face et défendre leur parti. Les grains de sable ont commencé à s’agréger au 33ème congrès.

Un camarade me disait : « heureusement que les séances du CN ne sont pas retransmises à la télé ; ça dégoûterait les collègues et les camarades ». Il n’y a aucune possibilité de remettre l’appareil dirigeant sur les rails de la lutte des classes. Il n’y a aucune chance d’y remettre le parti par une bataille d’appareil. Je ne me suis jamais fait la moindre illusion là-dessus. La perspective est dans notre capacité à faire vivre le point de vue communiste malgré la ligne de la direction, en contradiction avec l’idéologie dominante de la mondialisation capitaliste et de son relais européen, l’UE. Elle est dans notre capacité à faire vivre nos organisations du parti, cellules, sections, groupes…, malgré la stratégie de la direction, sur des bases de classes et sur le lieu de l’exploitation, à faire des (ré)adhésions. C’est en étant fidèles à notre engagement que nous pourrons sauvegarder et reconquérir le PCF, plus que jamais nécessaire face au capitalisme mondialisé. Tout pas dans ce sens est déjà valable en lui-même.

Emmanuel DANG TRAN, secrétaire de la section PCF Paris 15, membre du CN du PCF

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Vendredi 6 avril 2007
Une tribune publiée de nos camarades du Réseau communiste de Fontenay-sous-Bois: une contribution au débat et à notre bataille pour l'avenir du Parti.

Nous ne nous résignons pas!

"Cesser de jouer à ce Monopoly où toutes les cases sont la propriété des capitalistes."

Par Jacques Damiani et Alain Depoilly, réseau communiste de Fontenay-sous-Bois, Réseau communiste de Fontenay-sous-Bois.

Aujourd’hui, dans l’élection présidentielle, une question se pose à tous : que devient le Parti communiste français ? La situation révèle a confusion idéologique engendrée par la mutation du Parti, ses dirigeants s’éclatent dans tous les sens. D’un côté les communistes refondateurs, qui appellent à soutenir la candidature de José Bové, de l’autre les communistes dits unitaires qui appellent en principe à ne soutenir personne pour la présidentielle, mais qui pour les élections législatives constituent un mouvement (Gauche unie antilibérale) qui aura pour objectif de présenter des candidats dans chaque circonscription. Pour finir, les communistes dits officiels, Marie-George Buffet et la quasi-totalité des élus, qui se présentent à l’élection présidentielle sous l’étiquette de la gauche populaire antilibérale. Dans tous les cas de figure, le Parti communiste disparaît du paysage électoral pour toutes les élections à venir. Mais pas seulement, les communistes refondateurs et unitaires remettent en cause sa forme d’organisation en parti, au profit de celle d’un mouvement, association, réseau, plus apte disent-ils à unir les forces de gauche antilibérale. Si nous nous engageons dans cette voie, ce n’est plus une union où chacun peut garder son identité et sa capacité de décider et d’agir dont il est question, mais bien d’une fusion. Des questions se posent aussi aux communistes dits officiels, qui se présentent sous l’étiquette gauche populaire antilibérale (contre la volonté de la gauche antilibérale qui présente un candidat) : est-ce la meilleure façon de défendre l’identité communiste ? N’est-ce pas rajouter à la confusion, que de laisser penser qu’entre une candidature de la gauche antilibérale et une candidature communiste, il n’y a aucune différence ? Nous sommes un certain nombre d’adhérents du Parti communiste à penser qu’il y a une différence. Une candidature antilibérale, ce n’est pas une candidature anticapitaliste et encore moins une candidature communiste. L’antilibéralisme conteste uniquement certaines conséquences du capitalisme, pas ses causes. Aussi, nous pensons que notre Parti ne doit pas disparaître du paysage électoral, non pour des raisons de boutiquier, qui feraient passer l’intérêt de leur Parti avant celui du peuple de gauche, mais au contraire parce que le peuple de gauche a besoin dparti qui remet en cause, non seulement le libéralisme, mais aussi les bases du système capitaliste. Le communisme ne peut pas se dissoudre dans l’antilibéralisme. Il faut tenir compte de la leçon de la dernière élection présidentielle. Les travailleurs, les salariés qui chaque jour voient leurs conditions de vie se dégrader, attendent de nous communistes autre chose que des calculs électoralistes où des aménagements au système capitaliste. Ils attendent que nous soyons porteurs d’espoir, d’un projet de société qui ne ferme pas leur entreprise, moderne, efficace, rentable ; par pure spéculation financière. Ils attendent que leur santé, l’éducation de leurs enfants, leur retraite ne soient plus sacrifiées pour maintenir les taux de profits des actions en Bourse ou des fonds de pension étrangers. Ils attendent que l’Europe ne leur impose plus l’ultralibéralisme et d’être citoyen d’une nation sans pouvoir. Ils entendent changer les bases de la société, pour ne plus jouer à ce Monopoly où toutes les cases sont la propriété des capitalistes. Aussi, il faut que le Parti communiste redevienne ce qu’il était, un parti révolutionnaire, qui a le courage de dire qu’il ne peut y avoir de pouvoir politique sans pouvoir économique et qu’il ne peut y avoir de pouvoir économique sans propriété économique. Nous voulons redonner un sens au mot et au vote communiste. La gauche (antilibérale, anticapitaliste) est actuellement divisée, parce qu’on a voulu la fusionner dans un même mouvement antilibéral. Or, cette gauche a des approches différentes pour remettre en cause la société capitaliste. En conséquence, personne n’a voulu se mettre derrière personne, cela était prévisible. L’échec de cette fusion met en évidence que c’est uniquement en constituant une véritable union où chacun garde son identité, en se battant les uns à côté des autres (CPE, référendum) que nous pourrons battre la droite. Cette véritable union ne passe pas par l’effacement du Parti communiste, voire par sa disparition, comme certains le souhaitent. En effet, les travailleurs, les salariés ont besoin de l’union de la gauche antilibérale et anticapitaliste pour battre la droite, mais cette union a besoin d’un Parti communiste fort. Pour que notre Parti puisse jouer son rôle de parti révolutionnaire au service des citoyens, il faut qu’il sorte de cette mutation-fusion-liquidation. Mais il faut aussi qu’il reste uni. Par conséquence, pour maintenir l’unité et pour ne pas nous tirer une balle dans le pied : Nous appelons à voter pour Marie-George Buffet.

 

 

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Mardi 13 février 2007

Nous partageons l’indignation de nos camarades de Douai et invitons les communistes à intervenir auprès de Mme Borvo (nicole.borvo@senat.fr) pour qu’elle sorte la direction du PCF de ce que nous espérons n'être qu'un faux pas. PCF Paris 15ème

MEETING DU CRIF A LA MUTUALITE, communiqué de la section de Douai du PCF

Dans son édition datée des 11 et 12 février « Le Monde » publie une publicité du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France) appelant à un « meeting » à Paris, à la Mutualité le 13 février « contre la menace iranienne ». L’Iran est présenté dans cet appel comme « un danger mortel pour la paix dans le monde » dans la mesure où : 

Il défierait  « le concert des Nations Unies par un programme nucléaire militaire »
Il a organisé
« une conférence négationniste internationale »

Il multiplie « les appels à rayer Israël de la carte » 

Il est indiqué dans cette publicité « qu’ont donné leur accord de principe pour prendre la parole à ce meeting », entres autres : François BAYROU, Bertrand DELANOE, Ségolène ROYAL, Nicolas SARKOZY, … et Nicole BORVO.

Que l’on retrouve dans une telle aventure celui qui, dans son discours de Toulon il y a quelques jours, s’est placé à l’ombre de Le PEN après s’être placé sous celle de BUSH à l’automne dernier, ne surprendra personne. On connaît la ligne atlantiste de l’UDF.  Que le maire de Paris, comme la candidate socialiste, soient présents ne surprendra pas beaucoup plus : les déclarations de Mme ROYAL sur l’Iran, qui vont bien au delà des résolutions de l’ONU, sont connues, de même que la mansuétude dont elle  fait preuve, comme  DELANOE,  à l’égard du mur de l’apartheid en Palestine, pourtant condamné par plusieurs résolutions internationales.

Mais que la sénatrice de Paris, dirigeante nationale du PCF, participe à une entreprise dont les responsables n’ont que mépris pour le droit international et les résolutions de l’ONU, et notamment le droit du peuple palestinien à un Etat, est proprement ahurissant. Antisémitisme et révisionnisme sont intolérables, et doivent être combattus. Mais après la guerre menée par Israël contre le Liban et la Palestine l’été dernier, après la décision du président américain de poursuivre et renforcer la guerre contre le peuple irakien avec 21500 soldats supplémentaires, après les menaces de frappes américaines et israéliennes sur l’Iran une telle présence à la Mutualité, le 13 février, ne peut être qu’un encouragement aux agressions américaines et israéliennes au Moyen Orient. C’est d’autant plus inacceptable que le peuple américain vient de montrer massivement, il y a deux semaines, sa mobilisation contre la guerre et la politique de Bush.

Non, les responsables du PCF n’ont pas à se transformer en supplétifs des USA et d’Israël. Ils ont tout au contraire à faire naître en France une mobilisation de masse, y compris par des manifestations unitaires, pour la paix et la reconnaissance des droits du peuple palestinien, comme  pour le droit à la liberté et à l’indépendance nationale des peuples du Moyen Orient. Douai le 12/02/2007

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Mercredi 20 décembre 2006

L’heure n’est pas à la dissolution du PCF mais à son ressourcement

 La mascarade des collectifs antilibéraux n’a que trop duré. Le spectacle donné, les 9 et 10 décembre derniers, à l’Ile St Denis, est affligeant. Nous voulons réconcilier la population avec l’action politique ? Que peuvent penser ceux qui souffrent du chômage, de la précarité, de l’incertitude du lendemain, des délocalisations et des plans sociaux de ces palabres stériles entre boutiquiers d’officines groupusculaires coupeurs de cheveux en quatre ? L’ambition, nous dit-on, est de rassembler celles et ceux qui ont œuvré à la victoire du non au référendum sur le projet de Constitution européenne. Parfait ! Mais où sont les forces qui ont permis ce succès ? Les socialistes partisans du non sont (presque) tous rentrés au bercail. Ils se sont rangés derrière la bannière de la candidate du oui, Ségolène ROYAL. L’extrême gauche –LO et la LCR– a ses propres candidats. Que pouvons-nous d’ailleurs espérer de ces organisations, dont la raison d’être a toujours été de diviser le monde du travail et de le conduire dans des impasses ? Alors que reste-il ? Une multitude de chapelles ne représentant qu’elles-mêmes. Et nous leur courons après en leur proposant un marché de dupes. Rassemblons-nous, leur disons-nous, mais il va de soi que la mieux placée pour représenter ce mouvement est Marie-George Buffet. Ils hurlent à la duperie. Le pseudo-rassemblement est donc au bord de l’explosion et sa crédibilité auprès de l’opinion publique est évidemment nulle. Dans cette tempête dans un verre d’eau, où sont donc nos concitoyens, ceux-là mêmes qui ont fait la victoire du non, qui rejettent la mondialisation capitaliste et ses ravages et qui voudraient bien voir enfin se dessiner une perspective fiable ? Ils n’y sont pas et ils se moquent comme d’une guigne de ces collectifs fantoches. Le désarroi, dans lequel nous les plongeons, ne peut que les conduire soit à l’abstention par écœurement, soit à des votes défouloirs ou nauséabonds par dépit, soit à un vote utile au 1er tour par crainte d’un second 21 avril. Il est donc temps d’en revenir à quelques « fondamentaux ». Pourquoi le Parti Communiste Français a-t-il vu le jour ? Parce que la classe ouvrière et le monde du travail avaient un urgent besoin d’une organisation, qui leur soit propre pour défendre leurs intérêts de classe face au capital et préparer la nécessaire transformation sociale. La social-démocratie s’était fourvoyée dans la collaboration avec la bourgeoisie et le désastre de la première guerre mondiale. Le peuple était démuni. Il lui fallait cet outil de résistance et de conquête. Autre époque ? Sans doute. Mais dans quelle situation sommes-nous ? Le Parti socialiste, à l’épreuve du pouvoir, n’a-t-il pas sombré dans l’acceptation d’une société capitaliste indépassable et tout juste réformable à la marge ? Jamais son programme, les déclarations de sa candidate n’ont été à ce point marqués du sceau du renoncement au changement de société. Evidemment, nous avons un problème : notre Parti a plongé dans le même gouffre, en participant à des gouvernements de reniements. Pensons-nous nous en sortir en nous diluant dans un agglomérat de groupuscules inopérants ? Ce serait signer notre disparition. Ce ne serait pas rompre avec la période précédente, car si la question de ministres « communistes » devait se reposer, je suis convaincu que nous y retournerions, notre présence sous les ors de la République palliant notre inexistence politique et l’absence d’un projet révolutionnaire clairement défini (la notion de « visée communiste », que nous employons, est à ce point floue que l’horizon du changement parait inatteignable). Le non a ouvert ou, plutôt, révélé un vaste espace politique, de même que les mobilisations contre le CPE, pour la retraite ou la Sécurité Sociale, il appelle à ce que les millions de nos concitoyens disposent à nouveau d’une organisation pour combattre le capital dans ses mutations destinées à prolonger sa domination et construire une société de transformation sociale. L’heure n’est pas à la dissolution du Parti communiste mais à son ressourcement. Le vide politique est béant. Qu’attendons-nous pour le combler ? Cela implique de rompre clairement et visiblement avec nos stratégies de compromission d’hier avec la social-démocratie et de marginalisation d’aujourd’hui. Il nous faut retrouver le terrain des luttes sociales – le champ est vaste -, notre rôle d’éveilleur des consciences et de porteur d’une société alternative au capitalisme. Le premier geste réside dans l’entrée en campagne sans plus aucun retard d’un(e) candidat(e) communiste aux élections présidentielles et de candidat(e)s communistes dans chaque circonscription pour les élections législatives. Georges HAGE, Vétéran du Parti Communiste, Doyen de l’Assemblée Nationale.

 

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Jeudi 30 novembre 2006

A propos de gauche, par notre camarade JF Autier (fédération de la Dordogne)

Dois-je m'en excuser ? Les difficultés actuelles du rassemblement antilibéral, construction politique qui ne me semble pas répondre aux attentes clairement manifestées du peuple de France, ne parviennent pas à m'émouvoir. Le 29 mai 2005, les Français n'ont pas seulement dit "non" au TCE, ils ont dit "non" à l'Europe telle qu'ils la vivent, et dont Volskwagen (après Renault) rappelle aux Belges qu'elle est au service du capital. La gauche antilibérale propose-t-elle de sortir de l'euro, de Maastricht, ou d'arrêter la fuite en avant dans cette Europe dominée par le capital ? Non. Novembre 2005, un sondage Louis Harris pour Libération nous apprend que 61 % des Français "jugent le capitalisme négatif". Oui, vous avez bien lu : le ca-pi-ta-lisme. Jamais nos concitoyens n'avaient été aussi nombreux à porter un tel jugement : c'est historique. La gauche antilibérale propose-t-elle d'en finir avec le capitalisme ? Non. Le même sondage de novembre 2005 nous apprend que parmi les 61 % de Français qui "jugent le capitalisme négatif", on trouve 38 % des électeurs UMP-UDF. La gauche antilibérale se propose-t-elle de les rassembler pour en finir avec le capitalisme et construire une société non-capitaliste ? Non. Voilà pourquoi je n'ai pas de regret que cette construction politique, qui veut diviser le peuple de France en "peuple de gauche" et donc "peuple de droite", disparaisse. De toute évidence, ceux qui s'agitent dans cette gauche antilibérale ont oublié que la seule vraie division du peuple de France, elle se trouve entre exploités et exploiteurs. Il serait temps que les communistes, organisés et inorganisés, se retrouvent pour faire des propositions aux 61 % de Français qui "jugent le capitalisme négatif". Jean-François Autier
jean-françois.autier@wanadoo.fr

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