26 octobre 2013: Hommage à Khuong An Huynh fusillé à Châteaubriant le 21 octobre 1941

25 Octobre 2013 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Histoire - Notre mémoire

HOMMAGE À HUYNH KHUONG AN dit LUISNE - 07/04/1912  -  22/10/1941

 

131025 HuynhHOMMAGE À HUYNH KHUONG AN  

Samedi 26 octobre 2013, Paris, cimetière du Père Lachaise

A l’initiative de l’Association des Vietnamiens du Val-de-Marne et de l’Association Amitiés franco-vietnamiennes du Val-de-Marne. 

 

Intervention d’Emmanuel Dang Tran, membre du Conseil national du PCF


Mesdames, Messieurs,

Je m’exprime aujourd’hui en tant que membre du Conseil national du Parti communiste français. Les conditions de préparation de la cérémonie n’ont pas permis d’écrire un message officiel. Mais, en une telle occasion, je sais pouvoir parler au nom de l’ensemble de la direction du PCF et des communistes.

Je tiens d’abord à adresser nos meilleures salutations aux représentants de l’Ambassade du Vietnam et du Parti communiste Vietnamien.

Je tiens aussi à adresser nos remerciements aux associations qui sont à l’origine de cette très heureuse initiative.

Nous commémorons cette semaine le 72ème anniversaire de l’assassinat par les nazis de 27 communistes, de 27 patriotes le 22 octobre 1941 à Châteaubriant.

La mémoire de ce martyre allait immédiatement devenir un symbole, un ferment pour le développement de la Résistance à l’occupant et à ses collaborateurs.

Guy Môcquet, Jean-Pierre Timbaud, Charles Michels et les autres, continuent d’alimenter l’histoire vivante du mouvement émancipateur de notre pays.

Parmi eux, dans le camp, parmi les martyrs, figurait un communiste, conséquent, courageux, comme les autres. Il avait une spécificité, celle d’être Vietnamien, Indochinois comme on disait alors improprement, Annamite comme il est écrit, également improprement, sur cette plaque même.

Huynh Kuong An était né à Saïgon en 1912. Il avait été envoyé tôt poursuivre ses études en France, jeune mais déjà imprégné par sa famille du sentiment patriotique et anticolonialiste.

Naturellement en France, il rejoint le Parti de la classe ouvrière, celui de l’anticolonialisme, le PCF.  Ses camarades lui confèrent rapidement des responsabilités. En 1936, il est devient secrétaire de l’Union des étudiants communistes, l’UEC, à Lyon. Il organise entre autres les contacts et la fraternisation avec les ouvriers, notamment des usines Berliet.

Après 1939, après le début de l’Occupation, il participe activement au maintien et à la reconstitution de l’organisation communiste, contre le capital français collaborationniste, contre l’occupant. Il s’attache notamment au maintien du contact avec l’Union soviétique. En 1940, il est nommé professeur à Versailles.

Il est arrêté en mars 1941, peu après sa compagne Germaine Barjon, qui a survécu au camp de concentration de Ravenbrück, et à qui il a adressé sa dernière lettre, très émouvante.

Il est assassiné par les nazis avec ses 26 camarades le 21 octobre 1941.

Au même moment, les communistes vietnamiens, guidés par Hô Chi Minh, affrontent les fascistes japonais, avec lesquels les colonialistes français ont cru pouvoir collaborer.

L’action et le sacrifice de Huynh Khuong An préfigurent l’engagement de nombreux hommes et femmes issus de l’immigration dans la Résistance, la constitution par les communistes des FTP-MOI.  

Le même choix de la cause des travailleurs, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes allaient alimenter, réciproquement, l’engagement des communistes français contre la guerre d’Indochine, certains, dans les pires conditions, au Vietnam même.

En ces temps où, plus que jamais, les exploiteurs s’efforcent d’opposer, de mettre en concurrence les travailleurs suivant leurs origines, des exemples que celui de Huynh Khuong An sont importants à honorer.

Avec Khuong Huynh An, nous célébrons le meilleur de l’amitié franco-vietnamienne.   Nous célébrons un des plus beaux exemples de la communauté d’idéal et de lutte entre les communistes français et les communistes vietnamiens. Indissociable de celle de ses camarades de martyre, nous célébrons une figure héroïque de l’internationalisme prolétarien, qui, avec eux, s’abattit sans haine en lui pour le peuple allemand.

 

 

Ci-dessous, en photo, les derniers mots écrits par Khuong Huynh An sur les une palissade des baraquements du camp de Châteaubriant et le texte de sa dernière lettre à son épouse.

 

  131025 plaque Huynh


DERNIERE LETTRE DE KHUONG HUYNH A SA COMPAGNE GERMAINE BARJON

 

Camp de Choisel ce mercredi 22 octobre 1941 à 14 heures

 

Ma chère Germaine,

Sois courageuse, ma chérie. C'est sans aucun doute la dernière fois que

je t'écris.

Aujourd'hui, j'aurai vécu. Nous sommes enfermés provisoirement dans une baraque non habitée, une vingtaine de camarades, prêts à mourir avec courage et avec dignité. Tu n'auras pas honte de moi. Il te faudra beaucoup de courage pour vivre, plus qu'il n'en faut à moi pour mourir. Mais il te faut absolument vivre.

Car il y a notre chéri, notre petit, que tu embrasseras bien fort quand tu le reverras. Il te faudra maintenant vivre de mon souvenir, de nos heureux souvenirs, des cinq années de bonheur que nous avons vécues ensemble.

Adieu, ma chérie.

Mes baisers

Mes dernières caresses.

À tes parents mes affectueux baisers.

Huynh Khuong An

EN LIEN :

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